Lectures de vacances

Une fois n’estpas coutume j’ai plutot consacré mes quelques jours de vacances à des lectures distrayantes. Mais j’avais quand même glissé dans mes valises deux ouvrages qui méritent quelques lignes ici.

Tout d’abord Web 2.0: A Strategy Guide qui m’a laissé un sentiment mitigé. Un bouquin très complet et documenté, comme souvent chez O’Reilly. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le web 2.0 : quoi, pourquoi, comment ? “Strategies behind successful implementations” ? Surement. Mais en B2C uniquement. Si vous voulez faire la même chose à l’intérieur même de votre entreprise vous repartirez aussi dubitatif que vous êtes arrivés. Un livre à lire lorsque vous pensez surtout marketing et clients, pas si vous pensez d’abord à vos collaborateurs.

J’ai davantage trouvé mon compte avec The Starfish and the Spider: The Unstoppable Power of Leaderless Organizations. Ici on parle des organisations décentralisées. Le titre est inspiré de la comparaison entre l’étoile de mer et l’araignée, l’une étant dramatiquement handicapée lorsqu’on lui coupe une patte (voire la tête), l’autre se reproduisant  si on l’ampute d’une branche pour ne pas donner une étoile estropiée mais deux étoiles totalement valides. Sans ajouter qu’on ne visier le cerveau “central” de l’étoile…car elle n’en a pas. Qu’est ce qui fait que certaines formes d’organisations, économiques ou politiques, entreprises ou civilisations, ont survécu à toutes les attaques et d’autres, beaucoup plus puissantes en apparence, ont fini par décliner et disparaitre. Mais une organisation décentralisée ne se décrête pas, elle a besoin d’éléments constitutifs, Une certaine forme de leadership qui n’a rien à voir avec l’autorité et le pouvoir, une idéologie, et l’émergence d’un rôle inconnu ou non reconnu dans les organisations traditionnelles, le catalyseur, élément moteur de ces organisations et qui a à peu près toutes les caratéristiques opposées à celles d’un chef d’entreprise au sens traditionnel du terme.

Plus intéressant encore, et conscient qu’une entreprise ne peut fonctionner selon un modèle purement décentralisé, l’ouvrage se termine sur l’organisation hybride, alliant le meilleur des deux mondes

De l’intérêt d’une gestion de crise décentralisée : le cas Gustav

La crise se caractérise par son caractère soudain, imprévisible, et l’importance potentielle de ses conséquences. Elle impose à une organisation de réagir rapidement afin de se préserver, elle ainsi que ses composantes, autant que faire se peut.

Cela impose diverses choses. Décider de la manière dont on va réagir tout d’abord, ce qui suppose de disposer d’une information fiable et exhaustive. Ensuite réussir à faire passer les ordres, ce qui implique cette fois ci un flux d’information descendant reçu par tous. Et dans la mesure où il faut s’attendre à ce que soit le flux ascendant n’existe pas (donc manque d’information pour décider) soit il est impossible de faire redescendre l’information (incapacité pour les agents d’agir), il est essentiel de prévoir des flux décentralisés afin que les agents soient à même de se coordonner par eux même.

Tout cela participe, notons le, de deux phénomènes que j’ai pu évoquer ici par le passé : le fait qu’une organisation en réseau soit moins fragile face aux attaques qu’une organisation centralisée (voir les cas Toyota et Al Qaida ici), et la nécessité de donner un maximum de visibilité à l’action et aux informations de chacun de manière à  ce qu’en l’absence de coordination chacun puisse adapter sa stratégie à celle des autres. Remarquez que même si la tête de l’organisation est à même de faire son travail, si tout fonctionne bien, le fait que ses agents arrivent à se débrouiller sans repasser par le centre la décharge tout de même d’un grand poids. Quoiqu’il en soit, étant donné que nous parlons de crise, le fait qu’il existe des canaux de dérivation ne peut être qu’une bonne chose.

Je pense que tout le monde a, par l’observation ou l’expérience, le souvenir d’une situation de crise où personne ne savait ce qu’il fallait faire, où tout le monde manquait d’information sur la conduite à tenir et où le manque d’information empêchait de décider à son propre niveau et où le sommet peinait à avoir une idée claire de se qui passait et / ou à expliquer la conduite à tenir.

Vous connaissez Gustav ?

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