Si c’est important mesurez le. Si c’est nouveau construisez un nouveau référentiel

Résumé : quand le monde et l’économie se transforment, les référentiels existants sur lesquels on base notre réflexion et notre système de décision deviennent obsolètes. Pour s’adapter à son contexte présent et futur l’entreprise ne doit pas seulement avoir la vision de ce qu’elle doit devenir mais l’implémenter dans le quotidien des collaborateurs. Non pas superposer deux modèles opposés histoire de laisser la porte ouverte au changement sans prendre le risque de toucher à l’existant mais remplacer l’un par l’autre. Ce qui n’a de sens que si le collaborateur est doté d’outils et d’indicateurs qui valorisent et récompensent les actions qui sont cohérentes avec le nouveau modèle et non plus avec l’ancien. Ce qui permet également de mesurer l’impact du changement et mesurer le chemin parcouru. Quelque chose qui n’arrive jamais dans les projets entreprise 2.0 faute de réflexion sur les nouveaux référentiels. Heureusement, des exemple provenant d’autres types de projet nous montrent que lorsqu’on veut se donner la peine, le changement est possible et mesurable.

 

J’ai dernièrement été invité par Danone à discuter sur l’actualité de leur programme de responsabilité environnementale ce qui, aussi bizarre que cela puisse paraître, a été hautement instructif en matière de transformation organisationnelle avec des parallèles évidents avec les logiques d’entreprise 2.0 ou social business. Comment cela est il possible ? Lisez plutôt ce qui suit.

Danone a, comme beaucoup d’entreprises, compris la que la question environnementale allait être centrale dans son business. C’est à la fois une réalité culturelle qui n’a rien de nouveau (souvenons nous qu’Antoine Riboud disait il y a plus de 30 ans que la responsabilité de l’entreprise ne s’arrêtait pas à la porte de l’usine) et bientôt une réalité économique. Il y a en effet fort à parier que demain le carbone sera monétisé et qu’en effectuer une gestion efficace est source d’un avantage compétitif certain.

Comment s’y est pris Danone ? Tout d’abord en affirmant fortement cet attachement dans ses valeurs et son projet d’entreprise, et ce largement avant que la question environnementale ne devienne à la mode. Quiconque fréquente l’entreprise témoignera que les concepts de double projet ou triple bilan sont une réalité et une préoccupation partagée par tous. Ensuite il s’agit d’incarner la démarche, aller au delà des déclarations et transformer le discours en action. Pour cela Danone a nommé un VP Nature. La préoccupation environnementale a donc droit de cité au sommet du groupe. Mais puisqu’il s’agit d’une entreprise, qu’il y a des réalités économiques derrière tout cela et qu’il s’agit de changer la perception qu’on a de la valeur on y a ajouté un Directeur Financier Nature. La logique est évidente : nous entrons dans un monde où des choses qui étaient accessoire avant deviennent stratégiques. Il s’agit donc de les intégrer dans le calcul de valeur afin que ce qui ressemble à un coût avant l’ancienne vision devienne un investissement et une opportunité dans le monde de 2012.

L’entreprise a donc inventé les “green capex”, des choses très concrètes à mettre en place pour traduire cette vision et cette conscience dans le business. Avec une recherche de ROI sur 3 ou 5 ans pour se donner du temps, pour apprendre. Mais pour cela on manquait d’indicateurs pertinents. On aurait donc pu dire que tout cela n’était pas mesurable avec, in fine, la conséquence qu’on imagine : projet qui devient lettre morte car on est incapable d’en voir l’impact et car personne ne voit ni sa contribution personnelle au travers de ses choix ni même le sens économique de changer son modèle de raisonnement et de décision.

Danone a donc travaillé à la conception de nouveaux modèles permettant de mesurer l’impact de son activité en termes de carbone et les conséquences financière à court et long terme de l’ensemble. Expérimentations sur le terrain, mise en perspective de nouvelles données, travail empirique puis modélisation : l’entreprise a décidé de mesurer ce qui comptait…puisque cela comptait. C’est aussi simple que cela.

Tant qu’à faire cela a permis autre chose : la réduction de l’empreinte carbone fait partie du dispositif de mesure et d’évaluation des dirigeants. Comme ça chacun, à son niveau, dans sa business unit, dans son métier, est concerné.

Maintenant reste à donner du sens. Et c’était la raison de cette rencontre. Donner du sens c’est faire comprendre à chacun son rôle, son impact, sa contribution au projet. C’est aussi, devant deux choix, l’un économiquement performant dans l’ancien modèle et l’autre dans le nouveau, faire en sorte que le collaborateur fasse le bon sans avoir l’impression de mettre en péril la performance de l’entreprise et sacrifier son évaluation personnelle.

Pour cela Danone a co-innové avec SAP afin d’intégrer ce nouveau modèle dans ses outils de gestion, dans son système de management de la production. Il s’agissait d’implémenter le nouveau modèle dans le quotidien, dans le flux de travail et d’éviter la schizophrénie. Pas de contradiction ici : il y a désormais un modèle unique, une vision unique et non pas un idéal vaguement superposé à une réalité opérationnelle qui n’a rien à voir avec lui. Et tous les indicateurs, les outils de mesure, les outils supportant la gestion des processus le prennent en compte. SAP a donc fourni la technologie et Danone son capital savoir, sa propriété intellectuelle diront certains.

Quel rapport avec les projets “entreprise 2.0″ ? [Read more...]

Leçons sur le difficile positionnement des communautés dans l’entreprise

Résumé : si les communautés ont une valeur ajouté réelle pour l’entreprise, leur positionnement et leur pilotage reste encore une question au sujet de laquelle peu de certitudes existent. Par définition hors du flux de travail, la participation à une communauté ne crée qu’une valeur indirecte pour l’entreprise qui a employé un certain nombre de techniques pour la rapprocher du dit flux et d’une production de valeur concrète et tangible. Qu’il s’agisse de déguiser des groupes de travail en communautés voire de doter les communautés d’un niveau de structuration tel qu’elles en perdent leur réactivité et deviennent un poids pour l’entreprise, beaucoup de ces techniques ont montré leurs limites comme ce fut le cas récemment chez CISCO obligé de démanteler un système jusque là jugé exemplaire. La question centrale est de déterminer l’effort organisationnel maximal acceptable pour faire fonctionner la communauté et la mise en place de mécanismes qui rendent quasi-automatiques la réutilisation du capital qu’elle génère au sein de l’activité métier traditionnelle.

Il est désormais acquis pour tout le monde qu’au sein de l’entreprise les communautés viennent combler un vide en termes d’échanges et capitalisation des savoirs, en termes de collaboration également. Par contre les choses sont toujours aussi incertaines pour ce qui est de déterminer le positionnement et l’organisation des dites communautés dans l’entreprise.

Si on se fie à la plus élémentaires des définitions d’une communauté, il s’agit d’un groupe de personne désireuses de partager et échanger sur un sujet en dehors de tout procédé hiérarchique ou structurant. Une communauté a, bien sur, un objectif global et permanent (par ex. capitaliser et diffuser les meilleures pratiques sur un sujet) mais pas d’objectif spécifique arrêté dans le temps (par ex. Arriver à tel livrable, à résoudre tel problème pour tel jour). Et même si on peut “inciter” la communauté à rentrer dans ce genre de dynamique, les participants ne sont pas tenus par ce qui ne relève que de la suggestion eu égard à la définition même de leur poste et de leur mission.

Une approche “intégriste” de la communauté dans l’entreprise reviendrait donc à dire “laissez vivre les communautés qui ont du sens, qui existent vraiment et enlevez ce qui les empêche de fonctionner” et surtout “ne croyez pas que vous allez générer de la communauté à la demande quand bien même le sujet vous semble légitime”. Le sujet communautaire, s’il peut être suggéré, appartient aux salariés. On peut “encadrer”, faciliter, mais rarement imposer.

Cette approche satisfait peu la grande majorité des entreprises. Si on la suit on va toucher un peu moins de 10% des collaborateurs qui spontanément ont envie de participer et de contribuer en plus de leur travail. En effet, dans la mesure où on ne peut rien imposer à la communauté, l’entreprise ne peut pas “compter” sur elle dans le sens où on l’entend habituellement, par rapport à une équipe plus formelle qui se doit d’atteindre les objectifs qu’on lui fixe. Elle produira, à son rythme, des idées, des savoirs, que l’entreprise pourra mettre à profit une fois qu’ils seront disponibles. C’est bien la communauté qui est maitresse de son agenda ou, plutôt, l’entreprise ne l’est pas. Rien de mal à cela si on s’en tient à la conception “intégriste” de la communauté : elle produit des actifs intangibles, à réutiliser dans le cadre du business quotidien si on voit qu’ils soient créateurs de valeur, au rythme où elle entend les produire. (Ce qui nous ramène aux cartes de stratégie…). [Read more...]

Avec des tests de recrutement 1.0 vous avez…des managers 1.0

Résumé : le manager de demain devra acquérir un ensemble de savoir-faire et savoir-être adaptés à un monde numérique, en ligne, où l’information se traite en flux sur différents canaux. C’est la rareté de ces compétences qui, d’ailleurs, est un frein réel à l’engagement d’un processus de transformation des modes de travail aujourd’hui. Mais alors même que les entreprises peinent à prendre la mesure du problème et entreprendre les actions de formation nécessaires auprès de leur salariés actuels le fond du problème reste passé sous silence. En effet, dans le même temps, nombre de tests de recrutement, notamment appliqués aux managers, continuent à valider l’existence de compétences dans des mises en situation ayant lieu dans un contexte qui n’existe plus dans l’entreprise d’aujourd’hui.

L’autre jour je discutais de tests de recrutement avec quelques amis dont l’un allait justement passer par un “Assessment Center” en vue d’aller occuper un poste à responsabilité dans une grande entreprise. Cela n’a pas été sans me rappeler quelques souvenir de l’époque où j’œuvrais dans le conseil en RH et avais du me frotter plus d’une fois à l’exercice. Non dans le rôle de l’évalué mais des évaluateurs.

On passait donc en revue des différents exercices qui peuvent être proposés à un candidat dans ce type de situation et discutait du fait que si le scenario mis en place n’était pas adapté précisément au poste et à l’entreprise et les méthodologies choisies et appliquées avec rigueur, la méthode pouvait montrer ses limites.

Au nombre de ces tests un grand classique : le test dit “de la corbeille”. C’est une mise en situation lors de laquelle une personne doit remplacer au pied levé son supérieur malade, ou prendre une fonction dans un contexte inconnu. Un rapide brief sur l’entreprise “fictive”, son histoire, son marché, une présentation synthétique de quelques collègues clé….et une grosse corbeille de papier à trier. Ce sont des mémos, des rapports, des courriers émanant des collègues en question et le candidat doit en prendre connaissance et proposer un plan d’action. L’objectif d’un tel test est de valider la capacité d’une personne à comprendre rapidement un environnement, assimiler l’information, prioriser les choses, déléguer… le tous sous pression et avec une contrainte de temps. L’exercice est souvent éprouvant physiquement et nerveusement pour la personne et je me souviens avoir été surpris, à l’époque, par le nombre de personnes qui “explosaient” dès cette étape.

Réponse de l’ami en question : “Et tu crois vraiment que la personne qui va s’en sortir avec succès sera compétente pour le travail en question”. Moi : “Ben…sur l’ensemble des tests, s’ils sont bien conçus et menés rigoureusement pourquoi pas…”. Lui : “Sur ce que tu m’en dis c’est le meilleur moyen de valider des compétences qui ne sont pas suffisantes et vont créer de l’immobilisme dans les organisations à une époque où il faut vraiment se réinventer”.

En fait il avait totalement raison. [Read more...]

Vers un système d’information plus intelligent

Résumé : Quand on parle de travail sur l’information, on distingue généralement ce que la machine s’est peu a peu attribué, le traitement en masse de quantités de données selon des schémas pré-établis, et ce qui reste dévolu à l’humain, à savoir une approche plus qualitative et fine sur des données quantitativement importantes mais non dispersées et non structurées. Ce second point a amené les entreprises à s’organiser en conséquence entre ceux qui cherchent, préparent, et ceux qui exploitent. Une dichotomie qui risque d’être remise en cause dans un avenir très proche au fur et à mesure que la machine devient capable non seulement d’explorer des données non structurées mais, en plus, de comprendre une question et formuler une réponse.

Lorsqu’on regarde les grandes composantes d’un système d’information on voit immédiatement que deux grands pôles coexistent.

• Celui de la “mécanique”. Il s’agit des applications qui se sont substituées à l’homme parce que plus efficaces ou fiables que ce dernier pour certaines tâches, procurant ainsi un bénéfice substantiel tant en termes de vitesse et de qualité donc, autrement dit, en matières de coûts. Elles permettent de mécaniser des traitements de grande ampleur, répétitifs, demandant davantage de la puissance de calcul et de traitement que de l’intelligence et de la capacité de réagir face à l’imprévu.

• Celui de l’intelligence. Il s’agit des applications qui ne se substituent pas à l’humain mais sont supposées lui permettre de démultiplier ses capacités intrinsèques qu’une machine n’a pas. On parle ici des technologies de communication et de collaboration.

Si l’on se concentre sur le second point, il est évident qu’à ce jour une machine ne sait comprendre et interpréter des données non structurées avec la finesse nécessaire. Qu’il s’agisse de chercher, exploiter et prendre une décision en s’appuyant sur une grande masse d’information non structurées et sans qu’il existe nécessairement un historique permettant de savoir ce qu’est “une bonne décision”.

Sur cette partie la supériorité de l’homme sur la machine concerne la prise de décision. Pour le reste, ce qui touche à la recherche d’information, c’est davantage un fardeau pour lui, mais un fardeau nécessaire car si la machine dispose de la puissance nécessaire elle est incapable de faire face à l’enjeu d’une recherche qualitative et contextualisée de l’information.

Mais pour combien de temps encore ? [Read more...]

Médias sociaux et difficulté d’appréhender un bénéfice par ricochet

Pour convaincre les collaborateurs de faire leurs premiers pas sur des outils dits “2.0″ en entreprise il est impératif de leur montrer des bénéfices personnels rapides. Cela s’avère plus ou moins facile selon les outils.

Prenons les profils par exemple. Quel est mon intérêt de remplir un profil “riche” dans lequel je vais donner un maximum d’informations (d’ordre professionnel bien) sur moi et de savoir que plus je serai “socialement actif” par ailleurs plus ce profil s’affinera en fonction de mes lectures, de mes participations, des “tags” utilisée etc… ? L’intérêt est d’aider celui qui a besoin de moi à me trouver. Coté bénéfice direct on a vu mieux. Bien sur si les autres font pareil je vais pouvoir trouver mes “sauveurs” plus facilement et ça c’est un vrai plus. Mais la logique qui va me faire remplir mon profil en espérant que cela finisse par donner aux autres l’envie de le faire est assez lointaine pour que je n’en saisisse pas du tout l’intérêt immédiatement. Et puis n’oubliez pas que, comme tout le monde, je n’ai pas le temps. Donc ça attendra.

A l’heure où le microblogging d’entreprise devient un sujet à la mode se pose également la question du bénéfice “rapide et direct” à démontrer aux utilisateurs. Un des bénéfices est “donner de la visibilité sur ce que je fais pour éviter de répondre sans cesse aux mêmes questions”. D’accord…on aide les autres mais on se dit que le bénéfice par ricochet est tout de même moins nébuleux. Mais on peut aller un pas plus loin…

Dans une équipe, il arrive souvent que les autres prennent des décisions qui nous engagent. Ils sur-estiment notre disponibilité, décident d’une action sans savoir si elle est en cohérence ou non avec ce que l’on fait etc… et à la fin on doit s’expliquer, s’exécuter de mauvaise grâce ou rattrapper les pots cassés. Bien utilisé avec des scénarios d’usage adaptés au travail en équipe, le micro-blogging aide non seulement les autres à prendre de meilleures décisions…mais nous évite de subir l’impact de décisions prises en méconnaissance du contexte.

Le fait que la notion de partage d’information dans un contexte de “social media” produise un bénéfice pour l’auteur qui soit en général non pas direct mais par ricochet vous inspire t’il quelque chose de spécial pour l’implication des collaborateurs ? Est-ce une spécificité que l’on a trop méconnu ou dont l’impact a été sous-estimé ?

Le talon d’Achille de l’entreprise 2.0 ? La décision.

Partons du principe que l’entreprise 2.0 arrive, par le biais de logiques mêlant community management et management socio-collaboratif, a rendre l’information et les individus plus accessibles et identifiables dans le but d’accélérer et faciliter l’exécution au quotidien, résoudre des problèmes et collecter les idées qui permettront de construire les produits et les modes opératoires de demain. Même si cela semble séduisant, y a une faiblesse dans le raisonnement.

Toutes ces dynamiques, ces informations ne génèrent aucune valeur en soi. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles mêmes si la valeur de ces procédés est intuitivement admise, il reste un brin de logique dans l’esprit des décideurs qui fait qu’ils peinent à voir la valeur tangible derrière.

Toutes ces choses, ce capital informel, humain, organisationnel etc… ne créent en fait qu’un potentiel. Un immense potentiel, soit, mais uniquement un potentiel. On en revient à ce que je disais par rapport aux cartes de stratégie. Tout cela ne sert que si réutilisé dans le cadre du business structuré et formalisé. Pour cela, il y a plusieurs moyens.

La routine sociale : qui incorpore la réutilisation des données générées par les utilisateurs dans le workflow quotidien.

• La décision : qui fait que quelque chose de nouveau sera utilisé ou commencé.

C’est ce second point qui nous intéresse aujourd’hui.

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Qu’est ce qui fait la valeur d’une information partagée ?

Comme je le dis souvent, on s’en prend souvent aux outils alors que c’est l’usage qu’on en fait qui est fautif. C’est souvent ce qui fait qu’on considère que l’essentiel du Spam reçu en entreprise l’est de l’interne, voire souvent de ses supérieurs.

Tout ça pour vous dire que j’ai beaucoup aimé ce Dilbert sur le partage d’information. On peut également en déduire que le “lien” n’est rien sans la valeur ajoutée que constitue son analyse. A remettre en perspective de notre monde de réseau et de ce qui donne vraiment de la valeur aux liens que nous créons en permanence entre des personnes ou des informations entre elles ou entre des personnes et des informations.

Dilbert.com

Au delà du social CRM, le “social stakeholders management”

Je vous ai déjà dit deux mots de ce que m’inspirait le social CRM. C’est un pas inévitable vers la prise en compte de la nature nouvelle de la gestion de la relation client. Le client n’est plus seulement un objet marketing ou un élément d’un pipe commercial mais quelqu’un avec qui on construit et avance sur long terme, au delà de l’horizon nécessaire pas suffisant de l’obtention du sacro saint bon de commande. Et quelqu’un, d’ailleurs, avec qui on continue à travailler même si on n’obtient pas ce bon, d’ailleurs. Un prospect qui ne signe pas n’est pas quelqu’un qui vous fait perdre du temps mais quelqu’un qui a justement beaucoup à vous apprendre.

Il est évident que le social CRM va au delà de la mise en œuvre de nouveaux process, de nouveaux plans d’action. C’est, à mon avis, un principe d’action au regard duquel chaque acte de l’entreprise, des collaborateurs doit être en conformité. “Est ce qu’en décidant / faisant telle chose, je suis en accord avec cette ligne directrice”. Car, on le comprend aisément, impossible de valoriser le consommateur sans aligner les modes opératoires de toute l’entreprise…et traiter le collaborateur de la même manière. Il serait dangereux, en effet, de laisser le collaborateur dans une logique de “tais toi et travaille” alors même qu’on fait des pieds et des mains pour rester en phase avec l’extérieur. Le retour de bâton ne serait pas long à arriver.

Dans cette logique pourquoi exclure les partenaires, fournisseurs, sous traitants de la boucle ? Eux aussi ont leur place dans ce cercle vertueux.

Ajoutons également des enjeux qui ne sont pas qu’économiques ou orientés produit. Le marché à des attentes éthiques de plus en plus forte à l’égard d’un monde de l’entreprise qui s’est rarement montré exemplaire. Le “social business” n’est pas comme son nom peut le laisser croire l’adaptation des mécanismes d’entreprise à un monde interconnecté mais une vraie réalité sociétale.

Le social CRM n’est donc qu’un petit pan d’une logique autrement plus globale. C’est une extension du périmètre des parties prenantes, ou plutôt (enfin) leur prise en compte effective dans un modèle de gouvernance d’entreprise qu’il s’agira de décliner au quotidien.

Cela ressemblerait donc davantage à du “social stakeholder management”. Une logique globale à déployer en interne comme en externe et pas du micro-projet bricolé dans un coin sans cohérence avec la réalité du fonctionnement de l’entreprise. Je ne sais plus qui disait que le progrès ne valait que s’il était partagé par tous. Le meilleur moyen c’est de le construire ensemble, pas seulement par des pensées nébuleuses mais à travers le fonctionnement quotidien.

Socialiser son processus de décision

Une bonne idée de socialisation de process concerne le processus de décision. Je vous conseille pour commencer de lire cette note de David Guillocheau qui m’a inspiré cette réflexion. Laquelle note est elle même inspirée de l’interessante intervention d’Olivier Sibony, directeur associé chez McKinsey, paru dans La Tribune il y a quelques temps.

Que quoi parle t’on ?

Prendre les bonnes décisions est essentiel à une entreprise. Rien de nouveau ici. Par contre Olivier Sibony nous donne des chiffres intéressants.

Entre ceux qui ont utilisé les outils d’analyse les plus avancés et ceux qui reconnaissent en être très loin, l’écart de performance est important : 2,7 points de retour sur investissement les séparent. Mais ceux qui ont aussi suivi un processus de décision rigoureux et objectif enregistrent une performance bien plus importante : le gain est de 7,3 points de ROI. En d’autres termes, il y a trois fois plus à gagner à utiliser un bon mode de prise de décision !

Je pense que l’impact de la “bonne” prise de décision est évidente et le ROI assez clair pour justifier qu’on investisse dans ce qui permet d’y parvenir. Maintenant il semblerait logique que la solution soit dans des outils structurant la décision, dans la définition d’indicateurs pertinents. Rien de social a priori. Quoique.

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Mon Webcom 2009 en quelques mots

Vous en avez certainement eu une idée si vous avez la patience de suivre mes twitts d’hier mais avant de détailler tout cela dans de futurs billets voici ce qui m’a marqué lors du webcom qui vient de s’achever. Quelques pensées, idées, coups de cœur en vrac

• Ne pas refuser l’anormalité car elle préfigure la normalité de demain, et ce d’autant plus que les cycles qui permettent de passer de l’un à l’autre sont de plus en plus courts. Il faut au contraire la comprendre. Derrière cela tout est encore question de culture et de son impact sur les modes de prise de décision et la performance organisationnelle.

• L’”open” est le futur. Open stack, open mesh, open social. Oui mais il y a des cas ou je pense que l’open est contre productif, voire dangereux. Mais il s’agit du meilleur (et seul ?) moyen de lutter contre l’éclatement de la personne sur les plateformes sociales, privées et professionnelles et de passer d’un monde centré sur la plateforme à un monde centré sur l’individu. Tout a vocation a être open et portable. Tout ne doit toutefois pas l’être. Vers une open gouvernance nécessaire ?

• La transformation du modèle pyramidal en réseau. Ca tombe bien j’en parlais ce matin. Mais cela ne se fait pas au petit bonheur la chance et une phase d’analyse préalable est nécessaire. Sur ce point j’ai simplement été bluffé par les présentations de Jessica Lipnack de Netage et l’utilisation de l’Orgscope. Une démarche à mon avis indispensable pour penser un projet entreprise 2.0 sachant que quoi qu’on en dise il doit s’articuler sur la structure réelle de l’entreprise et son objectif qui est l’execution des tâches productives. Mais encore faut il savoir comment elle se font réellement.

• Puis les grands classiques : l’entreprise fait face à des challenges qui lui imposent d’adopter de nouveaux outils. Même si elle n’est pas récente pour ceux qui le connaissent, l’approche de Claude Malaison fondée sur des éléments démographiques, sociologiques et les dynamiques intergénérationnelles est toujours aussi pertinente. En tout cas plus que le rêve 2.0 qui arrive tout seul et qui produit des miracles au quotidien sans effort et par hasard. Autre point traditionnel, l’importance de l’”open innovation”, ou innovation ouverte et participative sur lequel Innocentive fait référence à juste titre au regard de son expérience.

• Et une petite touche familiale pour finir. La très raffraichissante intervention de Cyrille de Lasteyrie (CEO de Hellotipi) a eu un double intérêt. Celui de montrer qu’on pouvait délivrer un message fort par le storytelling sans jamais évoquer un produit. Ou peut être justement à cause de cela. Le second c’est qu’il nous amène à réflechir à la dimension sociologique du social media, aux préoccupations des individus en termes de confidentialité, de respect de la vie privée et aux dynamiques trangénérationnelles que rend possible l’adoption massive de tels outils dans notre société. Nul doute que l’entreprise aura à apprendre de ce qui se passe dans ces réseaux familiaux car l’individu qui passe la porte du bureau est le même que celui qui partage avec sa famille les photos du petit dernier. Et derrière des changements comportementaux contraints ses aspirations et ses peurs restent les même dans son esprit.

Un dernier petit mot sur la conférence elle-même. Le Wifi marchait parfaitement ce qui est plutôt une exception dans ce type d’évenement. Dommage pour les “absents”, le live quant à lui n’avait pas la bande passante nécessaire mais d’ici peu toutes les interventions seront disponibles en ligne (faut bien  que quelque chose cloche sinon une conférence ne serait pas une conférence).

Il s’agit de ma second présence à Webcom (toujours en mai..pas assez courageux pour subir le climat de la session de novembre). Je limite ma présence aux conférences diverses pour éviter l’effet “bocal” qui veut qu’à force de se parler entre convaincus on oublie les vrais gens des vraies entreprises. Ici beaucoup de “vrais” gens en quête de réponses à leurs questions, on a davantage l’impression de transmettre quelque chose que se gargariser entre nous. J’aime. J’aime aussi l’ambiance, unique, de webcom. Bien sur il y a les conférences (intéressantes, pas de blabla qui ne sert qu’à valoriser l’intervenant sans que personne n’en retire quoi que que soit), les contacts d’affaires…mais aussi un contact humain avec les gens, la ville, que je ne trouve nulle part ailleurs. Et un événement d’affaire qui vous enrichit également personnellement c’est tellement rare.

Vu le prix, ça vaut la peine de traverser l’Atlantique. De toute façon nous n’avons malheureusement pas l’équivalent en France en termes de conférence orientée “web, business et entreprise”. Dommage.