Des dirigeants dans le brouillard

Pour sortir de la crise il importe de mobiliser les conseils d’administation afin de prendre les décisions adéquates. Rien ne neuf me direz vous. Sauf qu’il ressort de ce document de chez McKinsey que c’est tout sauf gagné.

Trois raisons sont avancées :

• les conseils d’administration obéissent à des procédures et des rituels immuables. Calendriers définis annuellement, documents et ordres du jour fixés de longue date.

Il peut sembler aberrant que les personnes qui président aux décisions statégiques soient ainsi enfermées dans de tels carcans mais telle est la réalité, avec les effets que l’on imagine en terme de réactivité.

• des modes d’intéraction non appropriés. Il s’agit souvent d’un moment de discussion consensuel, sans confrontation, où l’on se contente de valider ce qui a été défini en amont. Ca n’est en aucun cas une instance de réflexion d’où sortira une idée novatrice.

Il semble donc que les seules raisons qui peuvent amener un board à devenir tumultueux sont des logiques de pouvoir, pas des logiques stratégiques.

• Le fait que la majorité des membres soient peu en prise avec l’économie réelle. Ils préfèrent adopter des stratégies de “conservation” en attendant que les choses passent sans essayer de reprendre l’initiative.

As a result, they will find themselves struggling to withstand tough conditions and badly positioned in the new environment.

Conclusion de McKinsey : il faut leur apprendre à abandonner les idées reçues, à penser autrement afin de trouver les moyens d’une stratégie qui ouvre sur l’avenir au lieu de se scléroser sur le présent. Tout l’inverse d’une demi-stratégie donc.

Une crise pas si économique que ça

Tout le monde s’accorde pour dire que l’heure est venue de reconstruire une sorte de nouvel ordre économique, les dérives du système financier ayant amené les conséquences que l’on sait. Mais cela amène souvent à occulter ce que je considère comme étant une défaillance du management. Alors, comme dans l’histoire de la poule et de l’œuf difficile de dire qui de l’économique ou du management a commencé mais force est de reconnaitre qu’ils se sont joyeusement entraidés.

J’écrivais il y a peu que la logique sans bon sens menait à la catastrophe et je m’inquiétais des entreprises n’ayant qu’une demi-stratégie c’est à dire recherchant en exclusivité l’exploitation du moment présent sans jamais penser à utiliser leurs ressources pour également préparer l’avenir. Ce qui, pour en donner une représentation imagée, amène à promettre une performance linéaire voire exponentielle alors qu’il s’agit davantage d’une courbe connaissant une limite haute.

Il y a quelques temps mon opinion était confirmée par une note de Jon Husband qui attirait mon attention sur une interview d’Henry Mintzberg où celui disait qu’il s’agissait plus d’une crise de management qu’une crise économique, position que je partage en partie. J’en ressors que :

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Lorsque la demi-stratégie mène droit à la crise

Je vous parlais il y a quelques temps des problèmes rencontrés par les entreprises qui se focalisaient sur une demi-stratégie. La conclusion évidente était que qui ne s’intéresse qu’à maintenir le passé a bien du mal de préparer le futur.

Remarquez, à quoi bon préparer le futur puisque que tout va très bien aujourd’hui et que continuer comme on a toujours fait garantit prévisibilité et donc sécurité ? Parce qu’un jour tout d’un coup ça n’est pas le passé qui vous rattrape mais le futur hypothétique qui devient un présent bien réel. Et ce jour là il arrive ce que l’économie mondiale connait depuis peu.

Il ne s’agit pas là de tout changer mais plus simplement de faire en sorte que l’entreprise continue à tirer profit de son passé tout en préparant son futur. Aujourd’hui elle s’arrête à la première phase de ce processus, néglige ses actifs immatériels et se met en danger. Le lien vous semble lointain, voire tiré par les cheveux ? Il ne l’est pas tant que ça.

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Dites ? Vous n’auriez pas vu ma stratégie quelque part ? J’en ai perdu un bout en route…

C’est la question que pourraient se poser nombre d’entreprises. En fait elles n’ont pas perdu leur stratégie, mais en ont simplement oublié une moitié en route.

Comme je l’ai déjà dit il y a un vrai risque de confondre la fin et les moyens. Ce qui concrêtement se traduit par considérer tout projet comme un objectif final alors que l’objectif est l’impact du projet sur l’organisation, à évaluer une formation plutot que l’évolution des performances à sa suite, à se contenter de recueillir des idées quand l’objectif est leur mise en oeuvre, et, pour conclure, à considérer que le fonctionnement de l’entreprise est le but de l’entreprise.

C’est ce dernier point que nous allons approfondir. Chaque service devient sa propre justification, chaque collaborateur également. Le but sous-jacent à nombre d’intiatives ou directives est de justifier et maintenir ce qui existe. A priori cela peut paraitre logique…

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