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Digital-natives | Bloc-Notes de Bertrand Duperrin - Part 2

L’entreprise 2.0…dernière étape avant l’économie du projet ?

Il y a quelques mois je me demandais si nous n’étions pas sur la route d’une externalisation inéluctable des fonctions non structurantes de l’entreprise, ce qui entrainerait paradoxalement de mettre la création de valeur hors de l’entreprise pour se contenter de gérer son utilisation en fonction des besoins. Je ne dis pas que ce modèle me séduit, loin de là. Je me suis contenté à cette occasion de laisser mon raisonnement aller à son terme quitte à arriver à une conclusion qui ne présente pas que des avantages, loin de là. Question d’objectivité.

On m’a rappelé cette note dernièrement en me disant : “c’est plus réel que tu ne le penses, dans les grandes entreprises si on mesurait les ressources utilisées par le système, voire à contourner ou se battre contre ce dernier, comparativement à celles utilisées pour produire on ferait une crise cardiaque”. Venant d’un ami controleur financier adepte du contrôle absolu cela m’a laissé pensif.

Revenons sur le modèle d’organisation proposé par l’entreprise telle qu’elle se dessine dans le futur (peu importe comment on la nomme). Ayons un regard sur le modèle d’engagement proposé par les “digital natives” qui relève davantage du partenariat que du salariat stricto sensu. Regardons enfin la loi de Coase (la taille des entreprises est proportionnelle aux coûts d’acquisition…hors qu’en est il des couts d’acquisition de l’information aujourd’hui ?) dont je trouve qu’elle s’applique plus que jamais, mais pour une fois dans le sens du régime et non du surpoids de l’entreprise. Et pour finir regardons ce qui se passe chez innocentive par exemple, voire, plus près de chez nous, chez Expert-Desk (voir aussi ici). [Read more...]

Manager dans la complexité : Danone sensibilise ses futurs collaborateurs à ses valeurs via un jeu d’entreprise

Manager dans la complexité, c’est une des grandes tartes à la crème du moment. Cela ne signifie ni plus ni moins que les individus doivent aujourd’hui prendre en compte des facteurs sans cesse changeants au moment de décider. Toujours utile de le rappeler alors qu’on ne peut qu’être effrayé de voir que beaucoup font comme si de rien était et se rassurent en faisant comme tout restait aussi prédictible que par le passé, que restait binaire et programmable.

Reste que la complexité dépend également de la culture de l’entreprise, de ses valeurs. Il y a le strict nécessaire (les chiffres, le reporting), ce qui l’est également mais souvent considéré comme accessoire (le contexte, l’information non structurée) et la cerise sur le gateau : les valeurs d’entreprise dont le respect ne fait qu’ajouter à la complexité ambiante. Ajoutons également le fait de devoir prendre en compte des éléments extérieurs à l’entreprise. J’en parlerai dans un prochain billet mais je reste atterré par le peu de cas que beaucoup font de ce qui se passe hors de leurs murs : pas de veille, pas de détection des signaux faibles, pas de benchmark… On vit en se regardant entre nous et on devient victime du syndrôme NIH (Not Invented Here) ou MCID (My company is different), forme organisationnelle et managériale de la consanguinité.

Bref certaines entreprises sont culturellement plus attachées que d’autres à la prise en compte “des autres” dans les décisions de l’entreprise. Par “les autres” entendons les collaborateurs mais également ce qui touche à l’écosystème de l’entreprise, à la réalité sociale dans laquelle elle évolue. L’effet Riboud certainement.

Ce qui m’amène à vous parler de deux initiatives mises en œuvre chez Danone : le programme Danone Way Ahead et Trust by Danone. [Read more...]

Du travail au partenariat

De plus en plus de personnes se demandent à quoi ressemblera l’entreprise de demain. Bien malin celui qui pourra répondre à la question. Mais par contre il est des tendances qu’on ne peut ignorer : de la même manière que les baby boomers ont radicalement transformé les entreprises dans lesquelles ils sont entrés, les digital natives en feront de même avec l’entreprise d’aujourd’hui.

Un peu de prudence quand même : tout ce qu’on peut lire est un peu “surjoué” et nul doute que nos digital natives mettront un peu d’eau dans leur vin quant à certaines attentes dont ils se rendront compte qu’elles ne sont pas viables à long terme dans l’entreprise. Et tous ne sont pas non plus les mutants que l’on décrit. Mais il n’en reste pas moins qu’une tendance lourde de dessine.

Je mettrai également cette évolution en face d’un autre phénomène dont je parlais il y a peu : le risque (ou l’opportunité) de voir, pour des raisons économiques (coût de l’acquisition d’information) et sociologiques (meilleure valorisation individuelle) les individus se positionner à l’extérieur de l’entreprise, comme partenaires, prestataires, là où avant ils étaient salariés. Quand on met regarde cela à l’aune de ce que nous dit Gilles Martin sur la notion de temps de travail, on peut en tirer quelques perpectives.

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A venir : l’émergence du management 2.0. Mais quid des managers 2.0 ?

C’est un thème qui était ma ligne de conduite principale aux débuts de ce blog et que j’avais largement délaissé pour une raison simple : je m’étais longuement penché sur la manière dont les entreprises devaient fonctionner, mais une fois ceci fait il ne servait à rien d’épiloguer éternellement sur le sujet. Il fallait ensuite s’intéresser à ce qui allait rendre ces pratiques possibles (les outils) puis après avoir validé leur pertinence, penser à intégrer le tout de manière pragmatique dans l’entreprise. Maintenant que les outils commencent peu à peu à faire leur apparition, je pronostique que 2008 verra le début des changements liés au management et à l’organisation. Je parle bien du début, ne vous attendez pas à de grandes vagues : les outils arrivent peu à peu, il faut encore du temps pour que leur appropriation se fasse, et ce n’est qu’une fois l’appropriation réussie qu’il semblera évident qu’il y a tout intérêt à mettre en place des pratiques différentes (et ce même si la volonté de voir ces pratiques naitre précéde la mise en place des outils).

David Gurteen faisait justement dernièrement le rapprochement entre les usages du web 2.0 et le management 2.0 sur le fondement de ce que Gary Hamel écrivait à ce sujet dans The Future Of Management. Mais il posait également la question suivante : qui seront les managers 2.0 ? Seront ils les managers “1.0″ qui auront changé ? Faut il attendre que les premiers disparaissent du circuit pour voir une nouvelle génération prendre le pouvoir ? [Read more...]

Dessine moi un knowledgeworker 2.0

Un type de personnes aujourd’hui plus important à mon sens que les Digital Natives de la Génération Y car ils sont déjà dans l’entreprise, parfois même déjà à des postes à responsabilité. Ils ne sont pas loin des knowledgeworkers 1.0 qui eux sont déjà là depuis des lustres mais utilisent, eux les outils de la génération suivante. Ce sont ces hybrides qui seront les leviers du changement car faisant le lien entre deux générations qui n’ont rien à voir. J’ajouterai que les oublier pour se concentrer sur ceux qui arrivent et ceux que l’on attend de voir partir serait une grave erreur, en faire une génération perdue serait dramatique pour assurer une transition “douce” et efficace.

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Quel management pour l’entreprise de demain ?

Suite de mon compte rendu de la convention du MEDEF.

Je répond à cette question à longueur de billets sur ce blog, aussi cette fois ci j’en profite pour laisser parler les autres.

Une première vidéo qui présente les attentes des jeunes sur le marché du travail. Effectivement, on pourrait dire que cette nouvelle génération ne manque pas d’airs et qu’elle devrait avant tout apprendre l’humilité et faire ses preuves. Pas faux. Je pense d’ailleurs qu’on présente souvent les “Digital Natives” de manière un peu trop extremiste et qu’ils s’assoupliront quelque peu devant la réalité de l’entreprise. Mais il n’empêche qu’ils transformeront l’entreprise en profondeur et ce pour deux raisons :

- chaque génération d’entrants porte les valeurs de son époque et transforme l’entreprise qu’elle trouve. Ceux qui aujourd’hui pensent mettre les Digital Natives au pas ont eux même transformé l’entreprise en y rentrant, bousculant ceux…qui avaient transformé l’entreprise à leur époque.

- pour la première fois, en tout cas me semble-t-il, ce changement de génération coïncide avec une mutation profonde du contexte dans lequel opère l’entreprise. Et pour faire face aux transformations organisationnelles rendues nécessaires par le basculement dans l’économie de la connaissance, on va justement demander aux salariés de développer des qualités, des compétences, qui sont celles qui caractérisent cette nouvelle génération.



Et lorsqu’on parle de l’entreprise de demain, du management de demain, certains ne comprennent pas à quel point demain est proche. Ils pensent avoir le temps d’attendre, voire de se dire que ce “demain” ne les concernera pas alors que c’est déjà une réalité. Là encore je pense une question de génération : pour nos grands parents, le futur voulait dire plusieurs décennies, pour la génération de nos parents, le futur c’était un horizon de 20 ans…pour la notre que de changements sur des périodes de 3/5 ans. Pour les suivants ce sera encore pire. L’occasion de se demander aussi le sens de plans à plus de 3 ans…Quoi qu’il en soit l’organisation de demain est déjà à l’œuvre dans nombre d’entreprises et des entrepreneurs nous expliquent comment ils le vivent au quotidien. A commencer par Michel Hervé, dont je vous parlais ici et ici, un de mes “modèles” s’il en est, Tristan Colombet de Prizee, Mathieu Cortadellas de Beex (une société de conseil sans turnover ça fait rêver) et bien sur Loïc Le Meur qui nous parle de Seesmic. Les habitués de la blogosphère remarqueront au passage l’apparition de l’inégalable Vinvin dans la vidéo.Le mieux est donc de leur laisser la parole…