Génération Y et DSI : le divorce annoncé n’aura pas lieu, au contraire….

Résumé : les mythes qui entourent la génération Y tombent les uns après les autres. Après avoir fait figure de pourfendeur des rigidités des directions informatiques en raison de leur habitudes et des nouveaux usages qu’ils portent, il semblerait plutôt qu’ils soient rentrés dans le rang et acceptent avec joie ce qu’on leur donne. Leur opinion sur les DSI est même d’ailleurs très positive. Reste à comprendre les raisons de ces écarts. Peut être que pour ces générations la bataille est davantage sur les usages et le contenu du travail que sur les outils.

 

On a dit beaucoup de chose sur la fameuse génération Y. Notamment que cette génération habituée à utiliser des outils simples et efficaces ne tolérerait pas ce Jurassic Park informatique que représente le SI d’entreprise et serait à la tête de la fronde contre les directions informatiques coupables d’un dangereux immobilismes et peu à l’écoute des vrais besoins des utilisateurs finaux.

Les membres de cette génération sont désormais bien présents dans l’entreprise, arrivant désormais à des postes de management et l’heure est propice à un premier bilan. Les Y sont ils ces révolutionnaires de l’informatique d’entreprise ou, comme dans d’autres domaines où ils se sont révélés beaucoup plus consensuels qu’annoncé (voire craint…), s’accommodent ils de l’existant sans faire de vague ?

Forrester a récemment rendu public une étude intitulée “What Gen Y really thinks about your IT department” dont les conclusions sont pour le moins éloquentes. On y apprend notamment que :

• Les Y vieillissent et se font leur place dans l’entreprise. Ils sont désormais en position de changer les choses de l’intérieur plutôt que se plaindre.

• Ils ont bien conscience que leur équipement personnel est supérieur à leur équipement professionnel sans pour autant être plus enclins que leur ainés à amener leur propre matériel au bureau.

• Ils sont relativement satisfaits des outils que l’entreprise met à leur disposition…et le sont au moins autant sinon davantage que les générations précédentes.

• Ils voient la DSI comme un partenaire plutôt que comme un ennemi.

Alors, que penser de ces chiffres qui, à mon avis, ne surprendront pas grand monde et ne feront qu’acter l’écart que chacun peut constater au quotidien entre la manière dont les Y ont été (sur)vendus et la réalité qu’on observe sur le terrain. Plusieurs possibilités, l’une n’excluant pas nécessairement les autres :

• Le Y s’est acculturé et est rentré dans le moule en prenant de l’âge, des reponsabilités, et en découvrant la réalité des contraintes du monde de l’entreprise.

• Le Y n’est pas technophile, souvent moins que le X d’ailleurs. Ses enjeux sont d’abord sur les modes de fonctionnement, les usages, et pas sur les outils. Conclusion : les outils qu’on lui fournit conviennent très bien dans le cadre de travail qui est le leur, dans le contexte des modes de communication en de collaboration en vigueur dans les entreprises. Si le Y a un combat à mener il est davantage (et avant tout) sur l’organisation du travail et le management avant d’être sur les outils. La consumérisation de l’informatique d’entreprise aurait elle pour limite cette des usages ?

• Les DSI ne sont pas si ringardes qu’on veut bien le crier sur les toits et elles se mettent peu à peu au diapason des attentes des uns et des autres.

Votre avis ?

 

Et la meilleure plateforme de réseau social d’entreprise est……

Résumé : A un moment ou à un autre vient toujours la question de choisir un outil. Et très souvent la question que l’on pose au “spécialiste” est : “dis moi quel est le meilleur outil”. Une question difficile car vu le nombre de paramètres à prendre en compte il n’y a pas de “meilleur outil sur le marché” mais plutôt des “outils les mieux adaptés à un contexte donné”. Par contre, avec le recul et au fur et à mesure que les besoins et pratiques des entreprises deviennent matures, on voit une évolution des critères à prendre en compte pour qualifier le dit outil. Pour un projet scalable, pérenne, cohérent et éviter le syndrome de la “bulle sociale” sans lien avec le reste de l’entreprise, je me rend bien compte qu’une entreprise a plutôt intérêt à qualifier un environnement et des services applicatifs plutôt qu’une application en tant que telle.

Je ne peux compter le nombre de fois où on m’a demandé quelle plateforme de réseau social d’entreprise choisir, quelle était selon moi “la” meilleure. C’est une question à la quelle je n’ai jamais pu répondre.

Tout d’abord parce qu’il est impossible de suggérer un outil en dehors de son objectif. Voulez vous un outil pour visser une vis ou planter un clou ? Le tournevis et le marteau sont d’excellents outils pour bricoler mais si on ne connait pas le besoin principal de l’entreprise on peut l’amener à acheter le meilleur marteau alors qu’elle n’a qu’un problème de vis.

Ensuite parce que le choix d’un outil dépend d’un grand nombre de facteurs. Sa richesse fonctionnelle, son ergonomie (facteur très subjectif), la rapidité de mise en œuvre, le fait qu’il ne soit disponible qu’en mode Saas, en “on premise” ou qu’on ait le choix, sa capacité d’intégration avec l’existant voire avec les outils métier, le fait qu’il soit technologiquement cohérent avec l’essentiel de l’existant…sans compter un certain nombre de facteurs qui peuvent sembler exotiques à première vue mais sont essentiels à une entreprise dans un contexte précis. Selon le besoin, on appréciera différemment chacun de ces facteurs et chaque entreprise arrivera à un choix qui sera le sien.

Enfin parce que sera toujours non seulement un choix mais également une affaire de compromis. Quiconque a déjà essayé de mener une étude assez exhaustive en la matière ou est amené comme moi par son travail à connaitre et travailler sur un certain nombre de plateformes vous dira la même chose. Il n’existe aucun outil parfait sur le marché et, même si certains sortent du lot, un besoin précis amènera à élire un outil qu’on n’avait jamais considéré comme un possible premier choix. Pire encore : à force de voir et d’essayer de multiples plateformes, on finit toujours être déçu par celle qu’on choisit. Tout étant, je le répète, affaire de compromis, on choisit le “meilleur” compromis, qui correspond à 70, 80, 90% de l’outil “idéal” tel qu’on le réverait mais n’existe pas…et on passe son temps à se dire “ah…machin software ça il le fait mieux” alors que si on avait choisi “machin software” on passerait son temps à regretter une fonctionnalité précise de “truc soft” qu’on a choisi.

Le pire en plus avec le compromis c’est qu’à choisir ce qui convient “en moyenne” a tout, on peut se retrouver avec une outil qui ne répond vraiment à rien de précis et voir chaque direction métier trouver une solution alternative dans son coin.

Jusqu’ici ma réponse était donc : “essayez de trouver ce qui vous convient le mieux par rapport à votre propre besoin, en faisant attention à ne pas choisir un outil tellement neutre que s’il ne pose aucun problème il ne répond à aucun besoin”. Et une fois ce choix fait “apprenez à aimer ce que vous avez à défaut d’avoir ce que vous aimez”. Loin d’être satisfaisant.

Et là je ne parle même pas des cas où le choix de deux outils distincts s’impose.

Aujourd’hui j’ai fini par un peu affiner mes critères. [Read more...]

La fin du mythe du collaborateur middleware

Résumé : si les collaborateurs rechignent à utiliser la multitude d’outils, au demeurant utiles, mis à leur disposition c’est parce qu’on leur demande de faire l’effort d’articuler différentes logiques de travail, formes d’information, et combler les trous entre les silos applicatifs. Non seulement ils n’ont pas tous la capacité de comprendre cette articulation, d’avoir une vision globale des outils et de leurs usages, mais ils n’ont, de plus, pas le temps de jongler entre les outils et servir de passerelle entre ce qui se passe dans chacun. On a longtemps considéré que ce rôle de middleware incombait aux collaborateurs. On ne fera pas l’économie d’une intégration poussée des différents outils pour substituer un investissement technologique “scalable” à du temps humain qui ne l’est pas. Et contrairement à ce qu’on a pu croire, cela concerne également le “social software” d’entreprise.

Le moins qu’on puisse dire est qu’on ne rechigne pas à l’effort pour rendre le collaborateur plus productif et lui simplifier la vie même si, bizarrement, ce dernier n’a pas l’air d’apprécier les efforts faits pour lui à leur juste valeur. Pire, il rechigne à utiliser tous ces outils sur lesquels on a pourtant lourdement investi dans le but de l’aider à être efficace en lui simplifiant la vie. On a, un temps, cru qu’il en irait tout autrement avec ce qu’on fait rentrer dans la catégorie de l’enterprise social software car il s’agit d’outils qu’il connait et apprécie dans sa sphère privée, simples, suffisamment flexibles pour qu’ils s’adaptent à ses besoins plutôt que le contraindre à un mode de fonctionnement…Mais au final on se retrouve dans la même situation : une gamme incroyable d’outils pour faire face à tous les besoins quotidiens et finalement une utilisation relativement limitée.

Mettons nous à la place du collaborateur. Devant lui : un client mail, un portail, un outil de gestion documentaire, un ou deux outils métier, un réseau social d’entreprise, une messagerie instantanée… De quoi à la fois tout faire et trouver les solutions à tous ses besoins au regard de l’information et des personnes accessibles. Et des canaux pour tous les modes d’échange : structuré, destructuré, synchrone, asynchrone, au sein d’un groupe restreint orienté projet, de communautés ouvertes orientées “sujet”…

La vérité est qu’on a fait le pari que le collaborateur savait intuitivement articuler des logiques et des outils, servir de passeur d’information.

- articuler des logiques : travailler dans des outils métier et aller chercher les réponses lui permettant de prendre des décisions dans un réseau social par exemple.

- articuler des des outils : passer d’un CRM à un réseau social, puis à la GED, envoyer un mail, revenir au CRM pour retourner enfin chercher quelque chose sur le portail. Reconstituer le profil d’une personne en aggrégeant les informations contenues dans l’annuaire, puis ses contributions sur un réseau social, sa contribution à tel wiki d’entreprise ou programme d’innovation pour savoir s’il est bien la personne à contacter alors qu’il ne s’agit que d’une seule personne.

- passer l’information : une discussion ici permet de générer une information là, une information trouvée là sert de base à une discussion se passant ailleurs. Pour cela il faut faire passer d’un outil à un autre des informations. Un tableau venant d’un outil métier à partager dans un espace de travail, une discussion dans un groupe ou communauté quelconque à lier à une action dans le dit outil métier. Au mieux on fait des copier / coller, au pire des copies d’écran…et au final on s’épuise et on ne fait plus rien. [Read more...]

La sécurité de l’information est une chose trop sérieuse pour être confiée à des informaticiens

Résumé : une étude récente montre la dangerosité croissante des réseaux sociaux en termes de fuite d’information en se basant le l’étude du comportement d’un panel représentatif. Une conclusion un peu trop hative : elle ne fait que prouver que la sécurité de l’information n’est pas qu’une affaire de technologie mais d’usages, de comportements, une dimension que les directions informatiques ont du mal d’appréhender car ayant une vision technologie du problème et des solutions. Preuve à l’appui : il semblerait que les informaticiens aient le comportements les moins responsables, peut être justement parce qu’ils sont habitués à sécuriser des outils sans s’intéresser aux comportements.

Je suis récemment tombé sur une étude a propos de la dangerosité de certains outils au regard des risques de fuite d’information. On y apprend d’abord que l’email est le champion numéro un des fuites (mais est-ce une surprise ?) et que les réseaux sociaux progressent à vitesse grand V dans ce classement ce qui n’a rien de surprenant puisque l’utilisation de ces mêmes outils est elle même en hausse.

Lorsqu’on m’interroge sur la question ma réponse est invariablement la même : l’outil, quel qu’il soit, n’est pas dangereux. C’est son utilisation qui peut l’être. En version un peu plus imagée pour ceux qui ne comprennent le message la première fois : “un irresponsable est dangereux avec n’importe quel outil de communication, même un pigeon voyageur”. Et le meilleur moyen pour lutter contre l’irresponsabilité n’est pas dans l’interdiction mais l’éducation. En effet lorsqu’on on interdit sans éduquer (ou au lieu d’éduquer) on fait du contournement de l’interdiction un sport national avec des conséquences pires que la situation de départ.

Et ça n’est pas cette étude qui va me faire changer d’avis, bien au contraire. Le test mené pour arriver à ces conclusions est très intéressant :

Le test réalisé a consisté à soumettre une “friend request” à plus de 2000 utilisateurs (toutes professions confondues) de réseaux sociaux, puis de déterminer ensuite le type de détails révélés par les usagers. Le résultat est surprenant puisqu’il révèle que 86% des usagers ayant accepté la demande de l’amie “test” (une femme, donc) travaillent dans l’industrie informatique, dont 31% plus particulièrement dans la sécurité informatique. Raison invoquée pour accepter la demande : “le joli visage” de l’amie test pour 53% des personnes interrogées. Après une demi-heure de test, 10% des utilisateurs ayant accepté cette demande communiqueraient des informations personnelles comme leur adresse et numéro de téléphone. Deux heures plus tard, 73% d’entre eux commenceraient à révéler des information de nature confidentielle : sur leur lieu de travail, la stratégie d’entreprise, ou encore sur des logiciels ou produits technologiques encore non commercialisés. [Détails ici]

Plusieurs points sont à relever :

- des personnes acceptent une demande de mise en relation d’une inconnue. On en revient à mon postulat de départ. C’est l’individu et sa sensibilisation au sujet qui sont en cause et pas la nature de l’outil. Deux alternatives sont à explorer ici. Soit ils feraient exactement la même chose s’ils tombaient sur la même jolie jeune femme au bar du coin en sortant du travail et c’est tout un programme d’éducation qui est à penser au niveau de l’entreprise. Soit c’est le fait qu’ils soient en ligne qui leur fait perdre le sens commun et il faut simplement leur faire comprendre que les mêmes règles s’appliquent sur le web que dans la vie : on se suit pas un inconnu !.

Ajoutons sur le sujet qu’on a trouvé pire le que les réseaux sociaux : repas de famille, soirées entre amis etc… sont historiquement des sources de fuites beaucoup plus efficaces que des rréseaux sociaux. Je ne parle même pas des discusssions dans les trains, des personnes dont on peut lire l’écran de leur portable à condition d’être assis pas trop loin etc…

- les informaticiens sont encore plus “dangereux” que les autres : effectivement car ils pensent technologie et pas usages et n’envisagent par conséquent le risque ou la suppression de celui ci que par des mesures techniques. Un outil totalement sécurisé techniquement est une véritable passoire si on l’utilise mal. Des non informaticiens qui perçoivent le risque par rapport à la relation et non par rapport à l’outil sont peut être plus méfiants.

Conclusion : ce qui touche à la sécurité de l’information n’est pas qu’une histoire de technologie et les informaticiens ne sont pas les mieux placés pour appréhender la question dans son ensemble. La sécurité est une affaire de technologie et de comportements, cette seconde dimension ne pouvant être adressée que par le biais de campagnes adhoc.

Un exemple pour conclure : vaut il mieux un salarié averti des dangers qui va sur Facebook qu’un salarié non averti, à qui on bloque l’accès depuis son bureau mais qui y va depuis chez lui ou son mobile ? Le second est rendu inoffensif dans les murs de l’entreprises mais tant qu’il n’est pas éduqué il reste dangereux dès qu’il utilise un autre terminal.

Bien sur…il est plus facile d’appuyer sur le bouton “off” que de mettre en place un programme de sensibilisation à grande échelle. Mais ça ne résout finalement pas grand chose.

.

Empowered : le manifeste du marketing (voire de l’économie) de service

Je viens de finir la lecture d’Empowered de Josh Bernoff et Ted Schadler qui est en quelque sorte la suite de Groundswell qui avait connu un succès remarquable en son temps. Pour être honnête j’avais été relativement déçu par Groundswell. D’accord il s’agissait d’une photographie lucide de l’internet d’aujourd’hui, une photographie qui, soit dit en passant, devrait encore être regardée par de nombreux décideurs tant le décalage entre les usages du web et la compréhension qu’en ont un grand nombre de décideurs reste impressionnant. Mais au delà j’avais été déçu par les conclusions : bien sur il faut y aller, bien sur il y a des méthodes pour y arriver…mais ensuite ? Rien ne sert d’aller copiner avec l’internaute si c’est pour ne rien en sortir de valorisable, tant pour lui que pour l’entreprise.

Et bien c’est justement la dimension nouvelle apportée par “Empowered” : on sort de la sympathique discussion sur le web pour rentrer dans le dur : le réalignement nécessaire de l’entreprise sur la satisfaction du besoin client. Le postulat de départ est simple mais indiscutable : devant un client qui peut agir, prendre la parole, suggérer, comparer et impacter, le cas échéant, la réputation de l’entreprise, il faut des employés capables de se battre avec les mêmes armes. Comprenez : utiliser ses outils, le rencontrer sur son terrain et prendre les initiatives qu’il convient pour le satisfaire. De plus en plus le client trouvera la réponse à son besoin dans une initiative individualisée et faite sur mesure d’un collaborateur plutôt que dans la réponse généraliste et standardisée d’une entreprise qui essaie d’avoir réponse à tout sans avoir à trouver une réponse pour chacun.

Encore faut il pour cela que le collaborateur en question ait envie de le faire, et que l’entreprise non seulement ne lui mettre pas les bâtons dans les roues mais, au contraire, le mette dans les meilleures dispositions pour y parvenir. Et là on commence à aborder des logiques de management et de gouvernance informatique, de manière lucide et pragmatique. Bien sur certaines suggestions vont mettre mal à l’aise quelques organisations ancrées dans leurs vieilles certitudes mais elles sont faites avec lucidité et sont argumentées. Il n’est pas question d’abandonner tout contrôle et laisser faire n’importe quoi mais de faciliter dans un cadre sécurisé, tant au niveau légal qu’au niveau de la sécurité informatique. D’ailleurs, et c’est un bémol salutaire apporté à une forme de pensée dominante on reconnait que le collaborateur qui agit ainsi puisse être un danger pour lui et l’entreprise et qu’il convient de gérer un certain nombre de risques. C’est le premier grand apport de ce livre : pour une fois on ne traite pas le marketing comme une bulle isolée mais on remonte plus haut à l’intérieur de l’organisation pour aligner toute la chaine. Et le livre regorge d’exemples, de conseils, de bonnes pratiques et de moyens de s’auto-évaluer et se comparer aux leaders de son secteur.

Second apport, qui découle du premier, la notion de service. Le marketing devient du service. Comprenez, plutôt que dire “ils sont beaux mes produits” on dit “que puis-je faire pour vous”. Bien sur cela s’applique aux clients acquis pour qu’ils le restent et prêchent la bonne parole, mais cela a également valeur d’exemplarité pour ceux qui se demandent s’ils vont le devenir. Tiens d’ailleurs certains l’avaient déjà compris et d’autres pas. Et si je reprend mon autre cas fictif, Airsocial serait une compagnie qui “empower” ses salariés au contraire d’AirShy. Après le débat reste d’ouvert de savoir si le service se substitue au marketing ou si le marketing apprend le service.

Suffisamment de raisons pour se procurer un ouvrage qui pour une fois aborde la relation client autrement que sous l’angle du brassage de vent bon enfant en vase clos.

Maintenant cela nous amène à réfléchir sur pas mal de choses. Le postulat est qu’il existe dans l’entreprise des HERO (Highly Empowered and Ressourceful Operatives), ou plutôt des personnes qui ont la volonté de le devenir et qu’il faut aider dans cette démarche, pas sur celui que tout le monde est potentiellement un HERO, ce qui est une vision réaliste. Il envisage donc une relation entre le client et le HERO, lequel HERO doit être soutenu par le management, l’IT etc… Mais il est évident que le HERO peut avoir besoin de ses collègues qui eux ne sont pas HERO…ils veulent juste faire leur travail comme on leur a dit de le faire, sans prendre de risque et sans en faire plus. Que faire dans ce cas ? La conclusion non écrite de Empowered est que le service ne concerne pas que le client, mais chacun a vocation a devenir un client interne, aidé par des collègues “empoweré” et qu’au final, la notion de collaboration même à l’intérieur de l’entreprise risque d’être remplacée par celle de service.

Il y a quelques temps John Chambers parlait (entre autres) de “everything as a service”. Nous y voilà et “Empowered” pose, indirectement, la première brique de la notion d’économie du service. Pas comme on la comprend depuis 30 ans, mais comme elle devrait être.

Procurez vous sur le microsite dédié : http://www.forrester.com/empowered

Retour sur l’Enterprise 2.0 Forum : L’entreprise 2.0 et la fin du social washing

Capture d’écran 2010-01-23 à 00.12.50Je voudrais prendre quelques minutes pour faire un rapide retour sur le premier Enterprise 2.0 Forum parisien qui s’est déroulé les 17 et 18 mars derniers. Quelques mots sur le contexte tout d’abord.

J’étais à la recherche d’un événement vraiment professionnel sur le sujet à Paris. Qu’entend-je par “professionnel” ? Je ne supporte plus les présentations de 40 minutes où l’on vend un appartement témoin et où la conclusion est “c’est super ce qu’ils font mais je ne vois pas comment faire la même chose chez moi” et où on a la vague impression que plutôt qu’apporter des solutions à nos problèmes on nous vend un bout de rêve nappé d’un gros morceau de logiciel. Bref, le participant moyen repart avec des étoiles pleins les yeux mais se rend compte au moment du réveil que ça ne l’aide guère à avancer dans ses projets. Je ne parle même pas des événements où nous nous retrouvons entre experts, gourous, praticiens convaincus et échangeons sur nos certitudes avant de se rendre compte que ceux que nous sommes supposés aider n’étaient pas dans la salle.

C’est avec cette idée en tête que j’avais assisté à l’Enterprise 2.0 Summit de Franfort et avais été frappé par deux choses. Le format qui valorise l’échange au détriment des discours unilatéraux (échange avec le présentateur mais également entre les participants) et le fait que les sponsors, s’ils pouvaient être présents autour de l’événement et de la salle de conférence, n’avaient pas droit de cité sur scène pour vendre leur produit. L’idée est donc venue de reproduire ce schéma à Paris avec, pour la première édition, une ambition modeste eu égard au faible temps dont nous dispositions : montrer que c’était possible dans un format local et majoritairement en français, apporter non pas des discours mais une forte plus-value aux participants. Je pense que nous avons réussi et je peux déjà vous assurer que nous rééditerons l’expérience l’an prochain, forts de ce premier succès qui nous permettra de penser un peu plus grand (et surtout d’avoir non plus 2 mais 12 mois devant nous pour nous préparer).

Dernier point avant de rentrer dans le vif du sujet. On juge généralement ce type d’événement au regard de la qualité des interventions. La format que nous avons choisi ne s’en satisfait pas car il repose sur la participation active des participants (ce qui impose d’ailleurs de garder une taille “humaine” pour favoriser les échanges).  Et si j’ai eu un grand nombre d’échos positifs on le doit tout autant à la qualité du public qui posait les bonnes questions. Quand une salle n’est peuplée que de personnes qui doivent faire avancer ces projets en entreprise, le débat atteint de suite un niveau supérieur.rnrnAprès la forme, le fonds. Mes conclusions en quelques points. [Read more...]

Les préoccupations des directions informatiques : de bonnes idées trop cloisonnées

Je suis récemment tombé sur ce graphique mettant en évidence les préoccupations actuelles des directions informatique. Ce qui n’est pas sans m’inspirer certaines réflexions.

Premier point comme le mentionne l’auteur de l‘article où j’ai trouvé ce document, il n’y a rien de fondamentalement nouveau. Certains de ces sujets sont sur le feu depuis quelques années, d’autres depuis beaucoup plus longtemps. Parfois les noms changent au fil des années et des modes mais finalement on reste sur des tendances assez régulières.

Second point : le cloud computing arrive largement en tête de liste. Ce qui prouve, mais le fallait il, que le sujet est vraiment sur la table. Mais il ne faut pas faire dire aux chiffres ce qu’ils ne disent pas : s’intéresser à quelque chose ne veut pas dire l’adopter et peut parfois vouloir dire comprendre pour mieux combattre. Comme aime à le répêter un ami pilote, “si je m’intéresse aux accidents d’avion c’est pour les éviter, non pour en avoir”. Derrière, rien ne se dégage (pour moi l’écart entre 47% et 51% est tout sauf significatif).

Troisième point, le plus intéressant à mon avis : le lien entre nombre de ces sujets. Business Intelligence et Business Process Management : un enjeu actuel n’est il pas d’enrichir le BPM par la BI ? Wikis, blogs etc et outils de collaboration ne sont ils pas les deux cotés d’une même problématique ? Et d’ailleurs, pour enrichir la BI, ne faut il pas se demander comment capter la valeur contenue dans des informations moins structurées, véhiculées par les dits wikis, blogs et réseaux sociaux ? D’ailleurs cela tombe bien, les réseaux sociaux arrivent juste derrière dans le classement. Quand au Content Management n’est-ce pas l’alter ego formel des blogs et wikis. La encore, deux facettes d’une même chose.

Donc a première vue une certaine cohérence dont on ne peut que se réjouir. Par contre j’ai peur que tous ces sujets soient “pensés” indépendamment les uns des autres alors qu’au contraire il importe de les penser conjointement sauf à assumer le risque de voir se heurter, voire s’affronter, des projets qui sont au contraire supposés se compléter. N’oublions pas non plus que c’est de cette logique cohérente et unifiée dont sont demandeurs les métiers et non pas de projets technologiques isolés dont l’absence de cohérence a des impacts on ne peut plus négatifs sur leur adoption et la valeur qu’ils contribuent à générer sur le terrain.

Le Saas est il l’avenir de votre système d’information ?

Encore une question qui hante les nuits de nombres de personne. Plus sérieusement, à défaut d’empêcher quiconque de dormir cela pose des questions, crée des débats voire alimente une certaine confusion qui n’aide pas à faire avancer les choses. En effet, difficile de déployer des solutions tant qu’on est dans l’expectative au niveau de l’infrastructure.

Je vais donc essayer de faire un point sur le sujet, voire d’essayer d’y mettre mon grain de sel.

Quel débat ?

Pour faire synthétique, disons que l’entreprise qui  traditionnellement hébergé l’ensemble de son système d’information sur sa propre infrastructure voit arriver une nouvelle alternative, dénommée Software as A Service, permettant de fournir les applications via internet, en utilisant des services  hébergés non plus par elle mais par ses fournisseurs. Le débat pourrait simple (je gère tout moi même avec les coûts afférents, où je laisse les ennuis aux autres et je me contente de payer le service..) mais se posent des questions de sécurité, de confidentialité qui ne laissent pas l’entreprise indifférente. Des questions légitimes même si parfois la réponse est simple (mais encore faut il se poser la question) dans un contexte ou le poids des habitudes n’est pas neutre non plus.

[Read more...]

Faites le diagnostic “2.0″ de votre entreprise

Admettons l’évidence, le concept d’entreprise 2.0 demeure flou pour nombre d’entreprises, quand bien même elles en seraient moins éloignées qu’elles ne le pensent. Si, pour coller à leur réalité, on regarde la chose sous l’angle de la socialisation des process, on se rend compte qu’il y pleins de M. Jourdain dans les entreprises, qui ont une logique relativement proche mais pas “institutionnalisée” et non outillée. Bref on voit de petits ilots “presque 2.0″ sans pour autant voir beaucoup d’entreprise méritant la même appellation.

Pour une fois je vais essayer de faire court car je suis tombé sur un outil de diagnostic simplissime qui peut vous permettre de savoir où vous en êtes et, grossièrement, déterminer vers où doivent porter vos efforts.

Je vous invite donc à aller lire le billet d’où j’ai “volé” cette matrice.

Image 1

Où en êtes vous en termes de maturité technique ? Et en termes de pratiques “sociales”, mot qu’il ne faut pas confondre avec collaboratives : il y a une dimension liée à l’autonomie, à l’intrapreneuriat qui n’est pas négligeable. Déterminez à la fois ce que vous semblent être les éléments clé de la maturité technologique, les comportements clé de la dimension sociale et vous saurez où vous en êtes et, surtout, ce qu’il vous faut développer. Plus pertinent que se projeter vers une entreprise 2.0 pour le moins nébuleuse en appliquant des recettes magiques peu appropriées à votre propre situation.

En passant, cela se rapproche de ce que j’ai déjà écrit sur les synergies DSI/DRH sur un projet de ce type. Chacun des axes étant en effet une dimension rattachable à une de ces entités.