La réduction des coûts : la fausse bonne idée de l’entreprise en temps de crise

Résumé : Quand les temps sont durs les entreprises n’ont qu’une préoccupation : réduire les coûts. Une altitude salvatrice pour peu qu’on ne la confonde pas avec sa lointaine cousine : la réduction des dépenses et des investissements. La réduction des dépenses peut être la saine conséquence d’une réduction des coûts mais ne la remplace pas. Réduire les coûts demande de s’interroger sur son efficacité opérationnelle et l’organisation du travail. Dépenser moins ne signifie pas toujours produire mieux et lorsqu’on oublie de s’intéresser à ce second aspect du problème, on ne fait que précipiter l’entreprise dans une spirale négative.

Ca a été, et c’est toujours, le leitmotiv des entreprises (et de leurs actionnaires) depuis que la situation économique s’est dégradée : il faut réduire les coûts. Alors tout y passe : les postes supprimés, les projets gelés, la moindre dépense passée à la loupe… enfin, rien que de très logique (sauf pour les personnes concernées)

Au départ cela m’a inspiré la plus basique des réflexions : si toutes ces dépenses et ces personnes ne servaient à rien, pourquoi donc les avoir conservé si longtemps ? Puis une seconde : aussi longtemps que je me souvienne coût n’a jamais été synonyme de dépense, fut-ce dans le langage courant ou dans le vocabulaire plus spécialisé de la finance.

Ce qui me ramène à une anecdote qui date de l’époque où j’étais étudiant. Un simple exercice concernant le cas d’une entreprise qui n’arrêtait pas de perdre de l’argent. Reflexe basique : je commence à regarder les postes de dépenses inutiles ou facultatifs et je m’empresse de faire le ménage dedans avant de regarder les choses plus en profondeur. Par chance cela contribue à remettre les comptes dans le vert…le miracle a eu lieu et pas besoin d’aller plus loin. Et bien évidemment tous mes “collègues” avaient peu ou prou eu le même réflexe.

Vient alors l’heure du débrieffing avec le professeur qui pourrait être résumée en une phrase. “Messieurs alors qu’il fallait regarder les couts vous avez sabré dans les dépenses pour remettre les comptes dans le vert. Laissez moi vous dire que vous auriez pu suivre votre logique jusqu’au bout : vendre appareils, stocks…et tous les actifs, puis fermer l’entreprise. Vous seriez arrivés à ce qui semble être votre objectif : une entreprise à zéro dépense. Laissez moi vous dire qu’elle ne risque pas de créer grand chose mais au moins elle ne perdra rien.”

En fait l’outil de production, l’organisation et le business model étaient tellement inadaptés que cette entreprise ne pouvait gagner d’argent. On pouvait donc atificiellement tricher à court terme en coupant dans les dépenses mais cela ne durait pas et il fallait recommencer jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien. Sans compter le fait qu’à chaque phase de réduction des dépenses on détruisait un peu plus du potentiel qui aurait permis à l’entreprise de redémarrer si on avait pris le problème par le bon bout.

“Mais, bien sur repenser toute la stratégie et la production prend du temps et c’est compliqué alors vous avez été au plus simple, au plus rapide. Dans la vraie vie on vous aurait surement récompensé pour ça. Mais si ça devait arriver dans votre avenir prenez la prime et partez en courant car cela signifie que vous avez fait rentrer votre entreprise dans un cycle qui la ménera à un jour ou l’autre à sa fin”.

Réduire les coûts n’est pas réduire les dépenses. C’est diminuer le coût d’obtention du produit ou service vendu au client. C’est donc organiser ses ressources différemment pour arriver à la même chose avec un coût moindre. Dans le cas en question ç’aurait été investir dans des machines plus performantes, augmenter le budget de l’innovation et revoir l’organisation du travail pour arriver à davantage d’efficacité collective.

Oui mais ce raisonnement à une limite : il vaut sur un marché en croissance. Sur un marché qui stagne ou qui est en récession, si on produit “mieux” on a besoin de moins de ressources donc cela conduit à une limitation des dépenses.

D’où la première conclusion : réduire les dépenses est une bonne chose si c’est la conséquence d’une reconfiguration plus efficace du travail. Si réduire les dépenses signifie “éviter d’avoir une approche globale du travail” c’est le début de la fin car, de manière tendancielle, on est dans la logique de “l’entreprise à zéro dépense” qui n’a de fait plus les ressources pour se réinventer ni pour créer quoi que ce soit.

Mais on peut également réduire les coûts sans toucher aux dépenses. Cela signifie trouver de nouveaux marchés. Impossible en période de crise ? A moins de favoriser les contacts entre l’entreprise et son écosystème, les dynamiques de co-creation de valeur, l’agilité interne qui permet de concevoir et améliore en permanence les business models. Impossible ? Regardez donc les résultats de Cisco ces dernières années. Serait-ce du à l’obsession de Chambers qui en a fait une organisation obsédée par les “transitions de marché” ? Dans un genre un peu différent, peut on penser que le succès d’Apple en cette même période trouble réside en sa capacité à créer des marchés ? En tout cas deux entreprises qui ont tout fait sauf réduire la voilure lorsque d’autres se sclérosaient en attendant des jours meilleurs. Efficacité opérationnelle + capacité à comprendre le marché et l’anticiper sont donc les clés de la réussite. A condition de ne pas avoir mis à la porte tous ceux qui sont capables de rendre les choses possibles (et dont on se sépare en général vite car ils ne sont pas productifs dans l’instant mais aident à construire l’avenir).

Au fait nos parlions réduction des coûts ? Une bonne chose lorsqu’on ne la confond pas avec une réduction aveugle des dépenses. La vraie réponse n’est pas dans une approche locale des facteurs de production mais dans une vision systémique de la création de valeur. Travailler plus intelligemment quoi…

Etes vous “on demand” ? Ou “quand on pourra” ? L’entreprise 2.0 coté Client.

Qu’apporte le “social software” ? Rien par lui-même (l’outil n’est pas un outil de traitement, c’est que que les utilisateurs font grâce l’outil qui compte), mais par contre il permet de gagner en facilité donc, a priori, en performance et en productivité sur nombre de tâches quotidiennes a condition qu’on comprenne le besoin de s’organiser et de travailler quelque peu différemment (et sans pour autant remettre en cause les fondamentaux du travail et de l’organisation, simplement en jouant sur certaines modalités).

Il arrive souvent qu’un manager de terrain ne voit pas directement le bénéfice concret. Pour cela il faut souvent savoir prendre distance et recul par rapport à l’opérationnel, chose qui demande souvent un temps qu’on ne laisse guère aux hommes de terrain. Conséquence : le top management “voit” alors que l’homme de terrain s’interroge sans voir clairement le besoin auquel tout cela répond et à quoi sert de “socialiser” une partie de l’activité, rendre commune, publique, une partie de l’information. Et chacun sait ce que vaut une solution qui ne correspond à aucun problème existant (ou plutôt dont on a conscience de l’existence).

Une approche qui fonctionne parfois est de proposer à la personne en question de se mettre à la place du client. Je précise bien qu’un client peut être un client “externe” ou un client interne. Le rôle de son équipe est de satisfaire ou contribuer à satisfaire une demande du dit client et son rôle de manager est de contribuer à ce que cela se passe en temps et en heures sans être le plus souvent directement en rapport avec le dit client. D’ailleurs dans de nombreux cas le manager et le client ne finissent par se parler que lorsque les choses vont mal… Il est d’autant plus facile de se mettre à la place du client qu’on est souvent soi-même client. Client de prestataires externes mais également client de services internes (se rendre compte qu’on a les mêmes pratiques que celle qu’on reproche aux autres est parfois un grand pas vers le progrès).

NB : Ce billet s’adresse surtout aux gens du secteur des services. Aussi bizarre que cela puisse paraitre, l’industrie a depuis longtemps avancé sur l’élaboration de réponses aux enjeux dont nous allons parler plus bas.

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En savoir plus sur l’efficacité collective à l’heure du 2.0

Une intéressante initiative pour ceux qui veulent sauter dans le grand bain.

Pour accélérer le rythme d’innovation, gagner en réactivité et tenir compte des usages des TIC des nouvelles générations, les entreprises s’ouvrent de plus en plus aux outils 2.0. Les wikis, blogs et autres réseaux sociaux permettent de faire interagir en temps réel toutes les parties prenantes de l’entreprise  (salariés, mais aussi clients, fournisseurs…) et font émerger de nouveaux réseaux d’échange de connaissances. Mais ces outils dits « participatifs » ne suffisent pas à garantir l’efficacité collective. Mal accompagnés, ils peuvent même se révéler contre-productifs.

Que peut attendre l’entreprise de ces solutions technologiques ? A quelles conditions en exploiter tout le  potentiel ? En quoi cette révolution numérique fait-elle émerger un nouveau modèle d’innovation et  appelle-t-elle à réinterroger le travail collaboratif ? Sur quels autres leviers organisationnels et culturels s’appuyer pour favoriser la performance collaborative ? L’organisation est-elle appelée à changer – ou non –  de mode de travail et de management si elle veut rester compétitive ?

Pour mieux cerner ces questions, l’Anvie lance un groupe de travail inter-entreprises, animé par Richard  COLLIN, directeur de l’Institut de l’entreprise 2.0, Grenoble Ecole de Management.
Ce groupe de travail s’adresse aux responsables RH, DSI, communication, knowledge managers, intelligence  économique, R&D, innovation, responsables métiers et stratégiques… impliqués dans une réflexion ou le  pilotage d’une démarche collaborative au sein de leur entreprise.

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  • Diigo : mon nouvel outil de productivité (et j’espère le votre…)

    Pour ceux qui ne l’auraient pas remarqué j’ai abandonné delicious comme outil de bookmarking pour utiliser Diigo. Pour ceux qui se demandent comment les outils sociaux peuvent être source de synergie et améliorer leur productivité je pense que cet outil est l’exemple parfait. Je vous conseille d’aller lire ce que Frédéric de Villamil en dit ici et là.

    Je pense avoir beaucoup à gagner (et encore plus si mon “ecosystème” me suit) à utiliser cette plateforme plutôt qu’une autre. Pour ceux à qui la transition fait peur sachez que j’ai réimporté tout mon compte delicious, et que Diigo permet de maintenir son ancien compte à jour en republiant automatiquement vos bookmarks Diigo sur Delicious. Tout à gagner, rien à perdre, marche arrière possible (même si je n’envisage en aucun cas cette possibilité tellement je suis satisfait).

    Pour comprendre l’intérêt du social bookmarking pour vous et également dans votre entreprise, pour vos collaborateurs, regardez donc cette vidéo.

    Vous pouvez visiter mon profil ici, et mes bookmarks .

    Pour suivre ma veille, vous pouvez donc soit lire le billet que Diigo publie automatiquement chaque nuit avec mes liens du jour, soit suivre ma page Diigo (et son fil RSS) soit vous abonner à mon twitter.

    Rencontres ICC’07 : on se voit là bas ?

    Comme l’année dernière je suivrai avec attention ce qui se passe aux rencontres ICC’07 qui auront lieu la semaine prochaine prochaine. Je vous signale notamment les diverses conférences qui permettront de se faire une idée plus précise sur l’état de l’art et des réflexions sur des sujets tels que la veille, le KM, l’efficacité collective et leurs corolaires que sont la maitrise du risque et la conduite du changement (avec, en ce qui me concerne, enfin l’occasion de voir David Autissier “de visu”). Il suffit de demander un badge, c’est gratuit.


    Vous êtes invités aux Rencontres ICC’2007 “Innovation,
    Compétitivité, Connaissance” qui se tiennent les 2 & 3 Octobre
    au Palais des Congrès Porte Maillot à Paris. L’accès à cette
    manifestation unique et à l’ensemble du programme des conférences est
    libre.
    Consultez le programme et faites une demande de badge :

    http://www.rencontres-icc.com/

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