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Engagement | Bloc-Notes de Bertrand Duperrin - Part 2

Pas de plaisir sans travail dans les réseaux sociaux d’entreprise

Il y a quelques semaine de celà on m’interviewait sur les réseaux sociaux d’entreprise et notamment sur les dynamiques nouvelles qu’ils suscitent dans les organisations. Et ce, notamment, pour l’aspect “festif” qu’ils peuvent induire dans le rapport au travail. Avec pour base cet article diffusé par Bristish Telecom : “Social Networking : Time to ‘Party On’“.

Bien que d’accord sur le fond, et je pense que toute personne qui a un minium d’expérience sur la question sera d’accord avec l’article, il me semble aussi utile de prévenir contre une lecture au premier degré de l’article qui engendre souvent davantage une mauvaise compréhension du sujet qu’elle ne contribue à faire avancer les choses.

De nouvelles dynamiques et un nouveau levier d’engagement

Le fait de se servir de réseaux sociaux comme outil de travail quotidien change radicalement le quotidien (et je peux en témoigner). A minima pour ceux qui s’en serviront simplement pour “fluidifier” leurs tâches quotidiennes, avec un effet démultiplié pour ceux qui rentreront davantage dans la logique et en profiteront pour s’ouvrir à ce qui n’est pas leur périmètre humain et fonctionnel traditionnel et immédiat.

Nul doute que le fait de pouvoir disposer des informations et personnes les plus pertinentes apporte une réelle plus-value au travail quotidien et permet de réaliser ou de participer à des choses plus facilement, voire à des choses auxquelles on aurait jamais pensé.

Nul doute non plus que ces dynamiques qui permettent de s’intégrer dans un ensemble, développer des liens et sentir qu’on fait partie de quelque chose en étant plus qu’un numéro sur le registre du personnel voire une fiche impersonnelle sur l’annuaire d’entreprise a des effets bénéfiques à la fois sur le travail, l’engagement, la motivation des collaborateurs. Des ressorts qui ont toujours été efficaces mais le sont encore davantage avec les générations qui rentrent désormais sur le marché du travail.

Attention au “deuxième effet kiss cool” et à la manière ont on peut le comprendre.

C’est, et je l’ai déjà entendu dans beaucoup d’entreprises, le coté “party on”, cette notion de “fête permanente” qui donne à chacun envie d’y participer qui est plus troublante.

Tout d’abord même si l’image est juste, elle choque. N’oubliez pas qu’on va au travail pour souffrir et que la notion de plaisir est forcément mal vue : qui prend du plaisir ou s’amuse au travail ne travaille pas. Vous appelerez ça avoir la vue courte, se prendre au sérieux ou vous plaindre du culte de l’apparence (je suis austère donc je suis bon) la réalité est là. Il faudra quand même qu’on m’explique comment on veut créer de l’engagement dans la souffrance, sans plaisir au travail sauf à faire du masochisme un critère de recrutement. Mais les faits sont là : on emportera rarement l’adhésion sur un projet avec cet argument même s’il n’est pas le seul. Et surtout dans une période ou communiquer sur ce qui va bien a quelque chose de politiquement incorrect et indécent.

Enfin parce  que les choses ne se passent pas exactement comme ça. Ce grand “plus” qualitatif est une conséquence de la démarche, pas son but premier. Mettez en place les outils nécessaires et vous verrez…qu’il n’y a rien à voir. La fête fait flop.

Les collaborateurs n’ont n’y la volonté ni le temps de “papoter” entre eux et créer du lien en se faisant plaisir. Aucune crainte à avoir pour l’entreprise de ce coté là à moins qu’elle fasse elle-même tout de son coté pour leur oter l’envie de travailler. Par contre si les outils en question sont utilisés dans le cadre de leur travail quotidien, les utilisateurs vont se rendre compte au fil du temps qu’ils apportent quelque chose plus que leur coté utilitaire et vont commencer à se libérer et créer ce lien social.

La dimension humaine, sociale et ludique n’apparait donc que lorsqu’elle est véhiculée par quelque chose qui a du sens dans le contexte du travail : le travail lui-même. Il est donc essentiel de donner à vos outils “2.0″ interne un sens professionnel, les inclure dans le travail et les workflows quotidiens afin que, dans un second temps, ils permettent d’atteindre vos buts en termes de motivation et d’engagement.

Le réseau social d’entreprise a donc une vocation première différente d’un réseau social grand public. Mais ça nous le savions déjà.

En attendant vous pouvez regarder cette excellente présentation, toujours de chez BT.

Le peu que j’ai retenu de “LeWeb08″

Deux jours sans rien écrire alors même que je suis “blogueur” officiel d’une conférence cela peut surprendre. Mais ne vous en faites pas, je trouve enfin quelques secondes pour vous faire un petit compte rendu de l’évènement…qui sera sans doute suivi par quelques retours plus approfondis sur les quelques choses que j’ai pu trouver  “inspirantes”. Si d’ici là j’arrive à en trouver.

Les raisons de mon silence pendant deux jours sont simples. Je suis incapable d’écrire, produire voire m’intéresser à quoi que que soit lorsque je suis transi de froid et ai les doigts engourdis, lorsque mon estomac crie famine, lorsque je n’ai aucune connexion internet valable pour communiquer et lorsque l’intérêt de ce que je vois confine au néant absolu. Manque de chance, tous ces ingrédients ont été réunis l’espace de 48h. Donc voilà pour le coté “moins”. Inutile de s’appesantir dessus, certains l’ont fait avec plus ou moins d’objectivité même s’il faut reconnaitre que si l’on se borne à constater les faits bruts on ne peut gère trouver de chose à redire. Après on peut toujours discuter la forme. Toujours est il qu’on saura pour l’avenir ce qu’il en coûte de parler d’amour dans un ancien funérarium.

NB : j’étais invité à la conférence. On pourrait penser qu’en tant que tel je n’ai déjà pas à me plaindre mais on peut également penser que pour être crédible il faut aussi savoir dire ce qui ne nous plait pas, même à regret. C’est la seconde option que j’ai choisi car j’aurais vraiment préféré avoir matière à être beaucoup plus positif sur ces deux journées finalement insipides sauf en matière de networking et de contacts “off conference”, où on a atteint un niveau rare en France.

Bon, revenons en à nos moutons, la conférence en elle même. Un plateau de choix, un thème “love” tellement loin des sentiers battus qu’il rendait tout possible et permettait un vrai appel d’air en des temps où les occasions de voir les choses sous un angle réjouissant ne sont pas forcément légion pour tout le monde. Dans une note annonçant la conférence je voyais à minima les bases d’une réflexion sur la remobilisation des écosystèmes d’entreprise, collaborateurs, clients, sur une manière de  repenser les mécanismes de création de valeur dans une logique de pérennité de la performance humaine et financière, d’envisager les intéractions sans cesse plus fortes entre l’entreprise et son environnement, l’organisation structurée et l’humain irrationnel, avec en toile de fond ce catalyseur de transformation sociologique qu’est le web.

Alors bien sur j’ai recherché principalement dans la conférence ce qui était en phase avec mes attentes et mon propre prisme. Et voici ce que j’ai trouvé et détaillerai dans un  futur que j’espère proche.

• Itey Talgam tout d’abord. A l’heure où l’on parle de transformer les organisations et de les rendre plus people-centric, on évoque souvent la nécessité d’un modèle d’engagement davantage fondé sur la volonté, l’attraction, le rapprochement, le sens, que sur la hiérarchie pure et dure. Ce qui ne veut pas dire pour autant que tout repose sur l’affectif et la bonne volonté. C’est le message que j’ai retenu de l’intervention de ce chef d’orchestre et qui peut expliquer nombre de dynamiques d’entreprise. Ca n’est pas parce qu’on ne recherche pas la contrainte que le signal provoquant l’implication ne doit pas répondre à des attentes en termes de sens, de directives, de cadrage… On en reparlera plus tard mais en attendant vous pouvez regarder son intervention, réflechir à la nécessité qu’un minimum de bottom up est nécessaire pour avoir un people-centrism harmonieux, et vous demander ce qui sépare aujourd’hui un orchestre de jazz d’un orchestre symphonique, si l’un est préférable à l’autre où si nous devons rechercher un modèle d’organisation qui permet à un orchestre symphonique de faire un boeuf lorsque l’urgence le demande.

• Le leadership selon Weinberger. Quelque part son propos est simple, voire évident. Lorsque peu ont accès à l’information le pouvoir se construit autours de la détention de celle-ci. A partir du moment où l’information est diffusée et accessible à tous, il faut construire de nouvelles formes de pouvoir distribuées. Un sujet passionnant tout autant que l’intervenant. Je reviendrai donc sur le sujet ultérieurement. En attendant on peut d’ores et déjà commencer à refléchir sur la transformaton du leadership dans le contexte d’un passage du offline au online, d’un monde vertical vers un monde connecté, d’un monde où l’information est rare à un monde où elle est largement accessible. On peut également se dire qu’il existe encore un fossé énorme entre la réalité “dans la vie” et celle de l’entreprise en ce qui concerne l’abondance d’information et son libre accès. Vous remarquerez enfin que Weinberger parle de leadership là où je parlais de pouvoir. Je pense en effet que les notions sont totalement différentes et que contrôle et autorité d’une part et leadership d’autre part ne se confondent pas.

•..et c’est tout, en tout cas selon mes propres attentes. Le “live blogging” dans une conférence est difficile car vu que tout est couvert et disponible en temps réel il n’y a guère de valeur ajoutée à “raconter” les choses en live. En général j’essaie de trouver une ligne directrice, un message, une “lumière” qui s’est allumée pendant l’évènement et me fait dire qu’après je ne verrai plus certaines choses de la même manière qu’avant, que je dois “revisiter” certains concepts en fonction… Mais là pour être honnête…rien. Manque de sens, de cohérence, de consistance ? Je n’en sais rien mais reste dubitatif. Peut être que ça viendra à tête reposée mais j’ai surtout l’impression d’avoir assisté à une énumération de lieux communs et de redites d’informations déjà lues et relues par ailleurs.

La perte de temps n’est pas une question d’outil

Il s’agit là d’unes des principales objections érigées à priori contre l’entrée de tout ce qui rentre dans la catégorie du “social software” dans l’entreprise : cela ferait perdre du temps aux collaborateurs. Mais pour répondre à cette question il s’agit de bien identifier, au delà des mots, l’inquiétude qu’elle recouvre.

Parce que le mode de fonctionnement proposé, lui, n’appelle que peu de discussion : dans le contexte actuel on est plus efficaces en réseau qu’en silo, point. Mais alors pourquoi tant d’inquiétudes ? En fait on ne met pas en doute l’efficacité des outils mais l’usage en qu’en feraient les collaborateurs, des attitudes déviantes qui feraient d’un outil de productivité un outil d’improductivité.

Deux cas sont à traiter : celui, large, de l’accès depuis l’entreprise à internet, et celui de la mise à disposition en interne d’outils similaires à ceux qu’on trouve sur le net.

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L’entreprise 2.0…dernière étape avant l’économie du projet ?

Il y a quelques mois je me demandais si nous n’étions pas sur la route d’une externalisation inéluctable des fonctions non structurantes de l’entreprise, ce qui entrainerait paradoxalement de mettre la création de valeur hors de l’entreprise pour se contenter de gérer son utilisation en fonction des besoins. Je ne dis pas que ce modèle me séduit, loin de là. Je me suis contenté à cette occasion de laisser mon raisonnement aller à son terme quitte à arriver à une conclusion qui ne présente pas que des avantages, loin de là. Question d’objectivité.

On m’a rappelé cette note dernièrement en me disant : “c’est plus réel que tu ne le penses, dans les grandes entreprises si on mesurait les ressources utilisées par le système, voire à contourner ou se battre contre ce dernier, comparativement à celles utilisées pour produire on ferait une crise cardiaque”. Venant d’un ami controleur financier adepte du contrôle absolu cela m’a laissé pensif.

Revenons sur le modèle d’organisation proposé par l’entreprise telle qu’elle se dessine dans le futur (peu importe comment on la nomme). Ayons un regard sur le modèle d’engagement proposé par les “digital natives” qui relève davantage du partenariat que du salariat stricto sensu. Regardons enfin la loi de Coase (la taille des entreprises est proportionnelle aux coûts d’acquisition…hors qu’en est il des couts d’acquisition de l’information aujourd’hui ?) dont je trouve qu’elle s’applique plus que jamais, mais pour une fois dans le sens du régime et non du surpoids de l’entreprise. Et pour finir regardons ce qui se passe chez innocentive par exemple, voire, plus près de chez nous, chez Expert-Desk (voir aussi ici). [Read more...]

Repenser le lien individu entreprise

Mardi l’institut Boostzone tiendra son second atelier de travail sur le thème des “Nouvelles Navigations Professionnelles”. Mon emploi du temps ne me permettra pas de rejoindre Luis, Martin et les autres pour cette occasion, mais je profite de cette note pour livrer quelques pensées en vrac sur le sujet.

Pour commencer je vous conseille d’aller lire la note de Luis sur le sujet.

Que pourrais-je ajouter ?

Que la complexité croissante des questions que doivent traiter les salariés fait exploser la notion de fiche de poste et de compétence. On avance de moins en moins seul mais en réseau. Avec une conséquence, devant une problématique donnée l’entreprise doit non plus répondre par un individu et une fonction mais par un système. On aura besoin d’une partie des compétences d’un grand nombre de personnes qu’il faudra connecter au plus vite, et si possible faire en sorte qu’ils se connectent plutôt que d’organiser la connexion, ce qui fait perdre en réactivité donc en productivité.

Avez vous déjà remarqué l’écart entre un titre et le travail réel d’un individu ? Que certains développent des compétences hors du système de formation de l’entreprise, compétences que cette dernière méconnait donc. A l’inverse les proches de l’individu identifient la chose et le sollicitent sur des sujets ou l’entreprise ne penserait jamais à lui. [Read more...]

Microsoft + Yahoo : au delà des chiffres se questionner sur la création de valeur

microsoft-yahoo-miahoo.jpgCe qui devait arriver arriva et Microsoft s’est lancé à la conquête de Yahoo. Alors la foule technophile applaudit des deux mains et se demande quelles perspectives cela va ouvrir pour les utilisateurs d’outils en tous genre que nous sommes, les actionnaires se réjouissent, c’est un trait de lumière dans le marasme économique de ces dernières semaines. Et pourtant.

Tout ceci s’appuie sur une règle quasi logique qui voudrait que les chiffres s’additionnent, que les produits s’additionnent, que les talents s’additionnent. Si une chose est sure c’est que les effectifs vont s’additionner et qu’au jour J la valeur va s’additionner. Restent les talents et la capacité à créer de la valeur et là je me permet d’être plus sceptique.

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Manager par le sens

270813757301_aa240_sclzzzzzzz_.jpgProblématique clé du management aujourd’hui : le sens. Les individus ont perdu la notion du sens de ce qu’ils font. C’est la cause principale du manque d’implication, de motivation, du faible attachement aux entreprises…

Donner du sens, mais pourquoi ? Comment ?

C’est tout le thème de :
Manager par le sens : Les clés de l’implication au travail, de David Autissier. C’est bien le troisième ouvrage de l’individu que je recommande et je ne peux qu’adhérer encore une fois à sa clairvoyance et son sens des réalités.

Plus qu’un plaidoyer en faveur du sensemaking, c’est un constat de la réalité de nos entreprises. Comme à son habitude, Autissier argumenye par des verbatims, des situation réelles, concrêtes, qui nous rappellent tous des choses que nous vivons, avons vécu. Et il en démontre le caractère dangereux avant de proposer des solutions. J’apprécie beaucoup le caractère concrêt de ses exemples et le réalisme des ses constats et suggestions, totalement à l’opposé du discours langue de bois qui est souvent de règle.