Je voulais revenir sur cette intéressante discussion qui a lieu lieu il y a quelques temps sur le blog d’Andrew McAfee. Il s’agit d’une réponse à un article que j’avais d’ailleurs trouvé fort intéressant chez Oliver Young. Même si au départ leur échange part d’un malentendu, il est le reflet d’un questionnement que je sens de plus en plus présent. Il s’agit de savoir si l’impact des technologies 2.0 est plus ou moins important en fonction de la taille de l’entreprise, s’il s’agit d’un levier à l’usage exclusif des grandes entreprises ou si, à l’inverse, cela va donner à des entreprises de tailles plus modeste les moyens d’aller se frotter aux autres.
Si l’on s’intéresse aux principes fondateurs de l’entreprise 2.0 on peut sans grand risque d’erreur avancer que le gisement de valeur est beaucoup plus important dans une grande entreprise que dans une moyenne, ne serait-ce que basiquement en termes de valeur absolue, la somme des bénéfices individuels retirés d’intéractions plus intenses, ouvertes, spécialisés et auto-organisées étant mathématiquement proportionnelle au nombre de collaborateurs. Rien de nouveau depuis Metcalfe qui nous a appris il y a déjà longtemps que plus il y avait d’utilisateur dans un réseau plus ce dernier avait de valeur.
Cela ne veut pas dire que des entreprises de taille inférieur n’y trouveront rien. Elles y trouveront un bénéfice proportionnel à leur taille qui, à leur échelle est tout aussi important que celui qu’en tireront les grandes entreprises. On peut d’ailleurs également se permettre d’avancer qu’il s’agit pour une telle entreprise d’un bon moyen de se doter d’un avantage sur ses concurrentes plus grandes mais qui resteraient passives face au phénomène.
Mais tout cela n’a de sens que si on considère d’emblée que le périmètre d’usage des technologies 2.0 est limité, bordé par la frontière de l’entreprise elle-même.
Une entreprise ça a des partenaires. On les appelle le plus souvent les sous traitants ou les fournisseurs. Je signale également, pour ceux à qui cela aurait échappé, que les clients sont également des partenaires (mais leur cas a déjà été évoqué
Le concept d’entreprise étendue vous est certainement familier. Il s’agit, pour faire simple, de considérer que l’entreprise n’est plus une entité strictement coupée de l’extérieur par des frontières qui en définissent les limites. Par opposition à une notion qui voudrait qu’il y ait l’entreprise d’une part, et ses clients, partenaires, fournisseurs d’autre part, la notion d’entreprise étendue suppose que l’entreprise, dans un soucis d’efficience, se doit de collaborer davantage avec ces “extérieurs” quitte à les inclure “virtuellement” dans son périmètre lorsqu’il s’agit de mettre au point des processus de communication, de décision, de partage d’information. A titre d’exemple on est plus efficace en associant ses clients et ses fournisseurs à la définition de ses nouveaux produits. C’est de cette manière que de nombreux systèmes d’information sortent du périmètre de l’entreprise pour davantage d’efficacité (une commande chez l’un entraine des pré commandes en pièces détachées ou matières premières chez ses fournisseurs et les fournisseurs de ses fournisseurs par exemple…)
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