Un jour ils ne partageront (peut être) plus

Nombre de projets en cours dans les entreprises reposent sur des croyances et des besoins connus : un meilleur partage et une meilleure circulation de l’information sont essentielles pour la performance de l’entreprise, les individus partagent beaucoup sur le web, il reste donc à leur donner les moyens de faire au travail comme dans la vie.

L’expérience montre que ça n’est pas si aisé. La vie privée est une chose, l’entreprise en est une autre. Ca n’est pas parce qu’on adopte certains comportements dans un cas qu’on les réplique naturellement dans l’autre. D’autant plus qu’on se rend vite compte qu’au bout du compte moins de 10% des utilisateurs sont de vrais créateurs de contenus sur le web, les autres se bornant à relayer ou utiliser leur production. 10% à l’échelle du web c’est une masse critique suffisante, à l’échelle de l’entreprise cela peut finalement faire peu ce qui nécessite de travailler sur des approches spécifiques au monde du travail.

Quoi qu’il en soit certaines entreprises, de plus en plus en plus nombreuses, y parviennent avec succès. Mais on peut d’ores et déjà se demander combien de temps cela va durer. [Read more...]

Le web ne transforme pas le collaborateur en producteurs de contenu, sa fiche de poste oui

Au fil du temps il me semble de plus en plus clair que ce qui a créé un fossé net empêchant la transition du web 2.0 vers l’entreprise 2.0 est que nombre de vérités du web ne sont tout bonnement pas transposables de l’entreprise. On s’est ainsi retrouvé avec une tonne de mythes auxquels il faut tordre le cou avant d’attaquer les choses sérieuses. C’est un enjeu réél car entre les craintes injustifiées d’un coté, et les faux espoirs de l’autre, cela donne des projets bancaux où l’effort est mis sur des “non sujets” en laissant de coté des sujets stratégiques parce qu’on pense que ça arrivera tout seul.

On estime souvent que le collaborateur est une machine à générer du contenu, des données, et que c’est un pilier sur lesquels s’appuyer pour construire une organisation nouvelle, plus collaborative et efficace. Et pourquoi ? Parce que le web a transformé  le consommateur en producteur et que, nécessairement, cela va impacter la manière dont il se comporte au travail.

As social tools begin to shape workers’ expectations for how they get things done, it raises expectations for how they collaborate and communicate and participate in content development,” said Nielsen Norman Group user-experience specialist Patty Caya. “The social Web has turned consumers into producers and this will impact how they work.” (source ici)

Je ne doute pas qu’il s’agisse là d’une transformation profonde qui impactera profondément ce que sera le futur. Mais soyons clairs, pour les entreprises qui sont face aux réalités d’aujourd’hui et doivent composer avec ce contexte pour avancer, c’est une certitude avec prendre avec beaucoup de précautions. Voire à ne pas prendre en compte du tout. [Read more...]

Des nouveaux profils de postes pour l’entreprise 2.0 ? Quelques exemples

Je constate au quotidien que les grandes entreprises, conscientes des enjeux du passage à des dynamiques de type entreprise 2.0 et du caractère radicalement nouveau des pratiques à mettre en œuvre, commencent à mettre en œuvre de nouveaux types de postes. Il s’agit à la fois de pratiquer l’alignement entre l’activité “people centric” et les enjeux de l’entreprise, identifier les opportunités nouvelles, mettre de l’énergie dans la transversalité et les communautés, positionner et accompagner de nouveaux types d’outils, ré-aligner les outils sur les pratiques…

Un rôle complexe qui demande un mix entre connaissances nouvelles et compétences traditionnelles. Il est généralement confié à une personne de l’interne qui découvre cette complexité nouvelle et doit être au four et au moulin. Mais avec l’expérience on voit également se profiler des recrutements spécifiques sur des profils de postes nouveaux afin de rationaliser le travail dans ce qui n’est plus une expérimentation mais l’industrialisation d’une nouvelle manière de faire.

Forts de constat et de leur expérience dans la mise en place d’outils 2.0 au service de problématiques RH (et je suis le premier à pouvoir en témoigner), mes amis de chez Talentys ont planché sur la question afin de  proposer une grille de lecture des compétences nécessaires et des définitions de postes adéquates à destination des directions opérationnelles et des Directions des Ressources Humaines.

Nos réflexions ont du se croiser puisqu’ils proposent :

Le « Community Manager » (CM), animation opérationnelle des communautés

Le « IT 2.0 expert » (ITE), gestion des outils équipant les communautés

Le « Chief Networking Officer » (CNO), stratégies et management des communautés

Je vous invite à télécharger ce document en cliquant ici et à nous faire part de vos retours afin de pouvoir continuer à l’améliorer et l’enrichir.

Amis DRH, RRH, recruteurs, managers, les commentaires vous sont ouverts.

Des nouveaux métiers pas si anodins

Au nombre des excuses “tarte à la crème” dès lors qu’on évoque la possibilité de faire travailler les individus différemment ensemble on entend souvent un argument qui revient comme un boomerang : pas le temps. Que ce soit dans la bouche du manager qui estime que ses collaborateurs n’ont pas que ça à faire (ça c’est fonctionner en réseau, partager ses connaissances, entrer dans un procesus de co-réflexion aves ses collègues etc…) ou du collaborateur qui a peur de se faire taper sur les doigts parce qu’il fait autre chose que son travail stricto sensu.

Remarquez que si la question se pose c’est qu’un besoin a été identifié et que fonctionner ainsi est une réponse à ce besoin. Bienvenue au royaume des injonctions paradoxales: “répondez à de nouveaux enjeux mais surtout ne changez rien”.

En fait ce qui arrange tous les adeptes du status quo c’est que ce genre de pratiques ne figure pas dans la sacro-sainte fiche de poste. Bien sur, adopter des usages en phase avec les enjeux mérite qu’on revisite toutes les définitions de poste tant il parait irréaliste de considérer qu’un individu, de lui même, fasse part de ses idées, transmette son expérience à celui qui en a besoin, participe à l’amélioration des produits, des process, de l’organisation et essaie de créer des liens avec ses collègues. Et ajoutons à cela que l’entreprise comprend que le réseau est essentiel mais n’a pas sous la main les facilitateurs nécessaires à son démarrage. Ou alors elle les a mais ça n’est pas leur travail. En ce que me concerne j’appelle celà du gachis, mais passons.

Je sais que certaines entreprises ont commencé à revoir leurs fiches de postes, en tout cas que certains managers se sont servi de cette arme imparable pour “sécuriser” leurs collaborateurs dans l’adoption de ces nouveaux usages. Et l’on voit poindre, ça et là des nouveaux métiers comme “network manager”. J’évoquais ici il y a quelques temps déjà l’avenir du manager, certains ont recensé également des nouveaux métiers qui seront les métiers de demain. Tiens…je me verrai bien “Gaps consultant” demain moi..à moins que je ne le sois déjà un peu. En tout cas je prédit un rôle essentiel aux “Social Network Catalysts” dans la réussite des entreprises dès demain.

Des métiers qui ne demanderont pas des compétences franchement nouvelles mais un nouvel assemblage de compétences actuelles. Des métiers quelque part liés aux outils mais dont les leviers seront l’individu et l’organisation.

L’occasion peut être de sortir du modèle bureaucratique de la fiche de poste : combien sommes nous aujourd’hui à faire des métiers qui n’existent pas ? Ou à faire des choses nouvelles sous une étiquette ancienne car il fallait bien faire rentrer les individus dans des cases, au prix souvent de rendre leur mission incompréhensible au sein de l’entreprise en raison de l’écart entre le passé “historique” d’un métier et les connotations associées et ce que l’on décide de mettre vraiment dedans.

La plupart de mes amis d’enfance ont des vrais métiers : contrôleurs de gestion, avocat, médecin, recruteurs, responsable truc ou machin. J’ai bien du mal de leur expliquer ce que je fais car finalement aucune étiquette n’existe. Est-ce pour cela que je ne fais rien d’utile ? Concevoir des métiers “parlants” est également porteur de sens pour véhiculer un message au sein de l’organisation. Un vrai challenge pour les DRH 2.0 qui vont devoir s’y atteler fort vite pour adapter les postes et leur contenu aux enjeux.