Génération Y et DSI : le divorce annoncé n’aura pas lieu, au contraire….

Résumé : les mythes qui entourent la génération Y tombent les uns après les autres. Après avoir fait figure de pourfendeur des rigidités des directions informatiques en raison de leur habitudes et des nouveaux usages qu’ils portent, il semblerait plutôt qu’ils soient rentrés dans le rang et acceptent avec joie ce qu’on leur donne. Leur opinion sur les DSI est même d’ailleurs très positive. Reste à comprendre les raisons de ces écarts. Peut être que pour ces générations la bataille est davantage sur les usages et le contenu du travail que sur les outils.

 

On a dit beaucoup de chose sur la fameuse génération Y. Notamment que cette génération habituée à utiliser des outils simples et efficaces ne tolérerait pas ce Jurassic Park informatique que représente le SI d’entreprise et serait à la tête de la fronde contre les directions informatiques coupables d’un dangereux immobilismes et peu à l’écoute des vrais besoins des utilisateurs finaux.

Les membres de cette génération sont désormais bien présents dans l’entreprise, arrivant désormais à des postes de management et l’heure est propice à un premier bilan. Les Y sont ils ces révolutionnaires de l’informatique d’entreprise ou, comme dans d’autres domaines où ils se sont révélés beaucoup plus consensuels qu’annoncé (voire craint…), s’accommodent ils de l’existant sans faire de vague ?

Forrester a récemment rendu public une étude intitulée “What Gen Y really thinks about your IT department” dont les conclusions sont pour le moins éloquentes. On y apprend notamment que :

• Les Y vieillissent et se font leur place dans l’entreprise. Ils sont désormais en position de changer les choses de l’intérieur plutôt que se plaindre.

• Ils ont bien conscience que leur équipement personnel est supérieur à leur équipement professionnel sans pour autant être plus enclins que leur ainés à amener leur propre matériel au bureau.

• Ils sont relativement satisfaits des outils que l’entreprise met à leur disposition…et le sont au moins autant sinon davantage que les générations précédentes.

• Ils voient la DSI comme un partenaire plutôt que comme un ennemi.

Alors, que penser de ces chiffres qui, à mon avis, ne surprendront pas grand monde et ne feront qu’acter l’écart que chacun peut constater au quotidien entre la manière dont les Y ont été (sur)vendus et la réalité qu’on observe sur le terrain. Plusieurs possibilités, l’une n’excluant pas nécessairement les autres :

• Le Y s’est acculturé et est rentré dans le moule en prenant de l’âge, des reponsabilités, et en découvrant la réalité des contraintes du monde de l’entreprise.

• Le Y n’est pas technophile, souvent moins que le X d’ailleurs. Ses enjeux sont d’abord sur les modes de fonctionnement, les usages, et pas sur les outils. Conclusion : les outils qu’on lui fournit conviennent très bien dans le cadre de travail qui est le leur, dans le contexte des modes de communication en de collaboration en vigueur dans les entreprises. Si le Y a un combat à mener il est davantage (et avant tout) sur l’organisation du travail et le management avant d’être sur les outils. La consumérisation de l’informatique d’entreprise aurait elle pour limite cette des usages ?

• Les DSI ne sont pas si ringardes qu’on veut bien le crier sur les toits et elles se mettent peu à peu au diapason des attentes des uns et des autres.

Votre avis ?

 

Pensées sur les jeunes et leur “connectivité”

Lors du dernier Enterprise 2.0 Forum de Milan j’ai retrouvé avec plaisir Mark Masterson avec qui nous avons eu une conversation intéressante au hasard d’une pause.

Il me disait avoir entendu quelque chose de très “interpelant” de la part d’un participant à une table ronde. Voici de quoi il était question

“Sommes nous vraiment surs que les “Y” sont connectés et “networkers à ce point, et ceci est a fortiori valable pour les générations qui suivent, parce qu’ils ont toujours connu un monde digital, où internet était la norme, qui a conditionné leur manière d’être ? Ou cela est-ce un effet de bord pervers d’une société qui refuse de plus en plus le risque ? Quand nous avions 8, 10, 15 ans nous pouvions aller jouer dans la rue, faire ce que bon nous semble un après midi ou en rentrant de l’école sans que nos parents nous disent autre chose que “fais attention, soit là pour diner, ne t’éloigne pas trop”. Aujourd’hui avec toutes ces affaires d’enlèvement, de pédophilie etc… ces jeunes sont de facto consignés à la maison par des parents beaucoup plus inquiets que ne l’étaient les notres et voient dans Facebook, MSN, Myspace les seuls moyens d’échapper à cet enfermement imposé. Ils ne sont pas “connectés et networkers” par nature, c’est simplement le seul échappatoire qu’ils ont trouvé face à une liberté de mouvement nulle et un monde hyper controlé par les parents. Il s’agit donc d’une conséquence quasi malheureuse d’une contrainte totalement externe liée à des questions de sécurité”.

Et Mark de poursuivre. “Je ne sais pas s’il a raison ou non mais cela nous amène quand même à réfléchir. Quand je regarde autours de moi et que je compare à l’époque de mon enfance il a plutôt raison”.

Et la conversation de se poursuivre :

- Nous sommes tous les deux intéressés par ces outils que nous utilisons intensivement donc cela prouve qu’on peut y venir de manière “naturelle”, sans que la génération n’entre en compte.

- Si, plus jeunes, nous avions eu internet, Facebook, MSN, et en même temps la possibilité de sortir retrouver nos amis qu’aurions nous choisi ? Visiblement nous sommes à peu près certains qu’entre une heure passée sur Facebook et une heure passée “dehors” nous aurions préféré sortir que rester devant un écran à la maison.

Donc si les trentenaires avancés que nous sommes sommes des utilisateurs avancés de tous ces réseaux, que jeunes nous étions déjà attirés par l’outil informatique  (déconnecté à l’époque) il n’est pas sur du tout que nous ayons utilisé internet comme “espace social” si nous en avions eu la possibilité.

En admettant que cette proposition soit juste on peut alors pousser le raisonnement plus loin. On ne peut que constater que les hyper connectés “personnels” ne le sont que rarement au travail, que la mise en perspective professionnelle des usages personnels est non seulement loin d’être évidente mais également pas nécessairement désirée par ces personnes.

Une explication pourrait être que si le réseautage social est vu comme un échappatoire à une privation de liberté incarnée par l’autorité parentale, il semble logique qu’il ne puisse non plus passer sous le giron d’une autre forme d’autorité qui est l’entreprise. En bref le réseautage social serait une une pratique “libératoire” personnelle qui doit par conséquent s’exercer hors du spectre de l’autorité, incarné soit par les parents soit par l’entreprise.

Et au final cela nous renvoit une fois encore à des questions de culture. Culture d’entreprise bien sur mais pas seulement. D’une manière générale cela nous amène à nous intéresser au rapport entre l’individu et l’entreprise dans un contexte (entreprise mais surtout pays, contexte social) donné. L’entreprise espace de développement ou de contrainte et d’asservissement ? Selon la réponse, on pourrait en déduire l’appétence du collaborateur pour le réseau social d’entreprise.

Ouf… et vous vous en pensez quoi ?

Qu’allons nous faire de nos Y ?

La génération Y est décidément un sujet de préoccupation fort ces temps-ci. Danger pour les uns, opportunités pour les autres, tout le monde se demande comment apprivoiser cette population nouvelle qui semble faire trembler le monde de l’entreprise. Et au final une question : comment l’entreprise doit elle s’adapter.

La question m’est revenue à l’esprit en tombant sur ces slides de Julien Pouget qui a bien voulu prendre le temps de réunir quelques “instantanés” d’un événement auquel il a participé sur le sujet. Comme Julien le précise lui-même ce n’est qu’un instantané et il ne faut pas lui donner valeur de généralité. Quoiqu’il en soit je trouve souvent ces verbatims plus éclairant sur la perception qui existe d’un sujet et qui, qu’elle soit légitime, argumentée, objective ou non existe donc doit absolument être prise en compte.

Au regard de ma propre perception de cette génération mystère je note :

• De grandes différences en termes cognitifs avec les générations passées. Ils sont faits pour travailler dans le monde dans lequel nous vivons et plutôt que “traiter” le cas Y je pense qu’il s’agit d’une chance inouïe pour une entreprise qui saurait apprendre d’eux. De toute manière un jour ils seront majoritaires alors autant s’y faire, d’autant plus qu’ils ont le bon ADN de ce coté là. Ce qui ne veut pas dire pour autant qu’il faille dérouler le tapis rouge sur tous les points et que les vieilles barbes que nous sommes n’ont rien à leur apprendre.

• Un rapport ambigu au monde du travail. Si je me fie aux propos recueillis par Julien il est évident que non seulement ils n’ont pas envie de se tuer au travail mais qu’ils le comprennent très mal. Cela ne fait que corroborer certaines études déjà parues qui montrent que pour eux le passage d’un monde du loisir à un monde du travail est tout sauf évident, qu’ils n’en maitrisent en rien les codes et les enjeux et, qu’en plus, cela ne les intéresse pas.

Ils veulent travailler peu, s’intéressent plus aux congés qu’au contenu de leur job et veulent que tout leur arrive tout cuit. Ce qu’ils veulent c’est trouver un boulot, ils ont en effet compris les enjeux de l’insertion professionnelle, mais que celui ci les perturbe le moins possible dans leur vie.

Je regardais ces slides avec un manager “quadra”, plutôt du genre “manager 2.0″, très networkeur, facilitateur qui a l’habitude d’en cotoyer de plus en plus et il me disait “leur ADN ne sert à rien s’ils ne se recadrent pas rapidement et le choc est assez violent parfois pour eux. Mais c’est à ce prix que la Génération Y ne laissera pas l’image d’une Génération A…pour avachie”. C’est direct mais, à mon sens, lucide.

• Révolutionnaire le Y ? Pas le moins du monde. A l’inverse, trop apathique parfois. Mais là encore, comme on me le faisait remarquer, il faudra voir l’impact de la crise sur une génération peu habituée à souffrir et aux attentes logiquement élevées. J’entendais dernièrement quelqu’un me dire “tu sais, lorsqu’ils se retrouvent comme tout le monde avec un loyer à payer, des engagements à assumer et que le “vrai” monde les rattrape ils deviennent pragmatiques par nécessité…comme nous avant eux”.

• Faut il généraliser : à mon avis surtout pas. Je suis intervenu dans un Master à HEC il y a peu et je peux vous dire qu’ils étaient plutôt du genre intéressés, toniques, dégourdis et plus que conscients des enjeux du monde de l’entreprise. Je côtoie également des Y d’outre Atlantique où j’ai pas mal de famille et je ne ressent pas du tout cela chez eux. D’ailleurs comment peuvent ils se revendiquer des 35h et penser RTT, concepts qui n’ont pas cours chez eux. Les études montrant les limites de l’adaptation de cette génération au monde du travail étant (pour celles que j’ai vu) généralement européennes (voire francophones) il est évident que la dimension culturelle locale importe beaucoup. Je pourrais d’ailleurs vous faire un benchmark d’un cas d’école : la comparaison entre un jeune qui a vécu ses 10 premières années aux USA puis les 10 suivantes en Europe par rapport à son cousin resté de l’autre coté de l’Atlantique. Ils se ressemblent beaucoup moins qu’il y a 10 ans dans beaucoup de domaines…

La génération Y n’est, selon moi, pas uniforme du tout, pas plus que ne l’est l’attitude à avoir à son égard. L’entreprise doit savoir tirer le meilleur de certaines de leurs spécificités d’un coté, tout en les remettant dans le droit chemin de l’autre lorsque c’est nécessaire. Les stages et la période “sas” qui marque l’entrée dans le monde du travail gagneront peut être à être repensés pour en faire de vraies périodes d’acclimatation et de découverte. Et le tutorat entre des générations qui ont plus à gagner à s’apprendre qu’à s’opposer va revêtir une importance particulière. On dit souvent que l’entreprise a beaucoup à perdre à ne pas les comprendre…j’ajouterai que de leur coté ils ont encore plus à perdre à ne pas comprendre l’entreprise. Le débat s’équilibre donc.

Quoi qu’il en soit prenons gare de ne pas tomber dans les extrêmes : la négation de ce qu’ils sont ou, au contraire, une attitude de soumission devant un monstre générationnel dont on craint les réactions.

Generation Y et Baby-Boomers : même combat

Un article de plus qui vient donc s’ajouter à la masse déjà non négligeable de tout ce qui a pu être écrit sur le sujet. Je viens (enfin) de tomber sur quelque chose d’assez sensé sur la question dans le dernier numéro de la Harvard Business Review, une analyse fondée sur une étude menée dans 50 multinationales. Une analyse qui tend à confirmer ce que nous sommes nombreux à voir sur le terrain, n’en déplaise à ceux qui cherchent le choc des génération là où il n’est pas.

Aussi bizarre que cela puisse vous paraître, “Yers” et “Boomers” ont à peu près les mêmes attentes. Il veulent, de par leur travail, contribuer à quelque chose qui dépasse le monde professionel, à une sorte de “dessein” beaucoup plus grand, quelque chose qui ressemble for au “higher purpose” des “12 moonshots” de Hamel. Tous les deux recherchent une sorte de flexibilité dans leur travail. Ni les uns ni les autres ne sont des accros au télétravail, visiblement en raison de la perte de lien humain que cela induit. Les Boomers sont aussi très branchés réseau mais davantage dans une perspective de rendre à la société ce qu’elle leur a donné. On voit bien là que les idéaux de la fin des années 60 continuent à les marquer. Mais d’une manière plus générale les deux valorisent les rapports sociaux au travail. Je vous laisse prendre connaissance de l’article pour aller au bout de ce comparatif.

Alors finalement où sont les différences qui sont supposées transformer notre cadre de travail ?

On peut d’abord se demander pourquoi ils sont si semblables. Les Y ont leurs aspirations, c’est certain, mais même si l’entreprise telle qu’elle est aujourd’hui les frustre ils n’ont pas l’intention de jouer les révolutionnaires. Mais ils profitent à la fois des brêches existantes et du fait qu’on ne cesse de les présenter comme des vecteurs de changement (prophétie autoréalisatrice ?) pour pousser leurs pions lorsque cela s’avère possible, pour construire un environnement de travail plus en phase avec ce qu’ils sont.

Les Boomers quant à eux ont gardé quelques idéaux sociaux et collectifs des années 68. Mais plus encore, ils ont eu le temps de faire le tour du système et d’en voir les limites. Certains sont à un point de leur carrière où ils peuvent laisser tomber le masque : ils ne progresseront plus beaucoup, se détachent des enjeux de pouvoir et de la compétition interne. Cela leur permet d’avoir une vision plus collective que centrée sur leur intérêt personne, de prendre leurs distances avec un système dont ils connaissent les imperfections. Ils arrivent aussi à un âge où l’on a envie de donner, de transmettre aux plus jeunes, au fur et mesure qu’ils sentent la fin de leur vie professionnelle proche. D’ailleurs 65% d’entre eux disent apprécier de prendre un jeune sous leurs ailes.

Partageant beaucoup de choses, ces deux générations ont beaucoup à faire ensemble. L’article suggère un tutorat intergénérationel (tiens..ça me rappelle quelque chose) et cite Cisco et Booz Allen Hamilton comme exemples. Notez qu’il s’agit, étrangement, de deux cas d’entreprise 2.0 relativement aboutis, ce qui n’est peut être pas un hasard. Remarquez, pour les allergiques au modernisme, qu’en son temps Jack Welch avait mis en œuvre quelque chose de semblable chez GE.

Alors il n’y aurait donc pas de fossé générationel ?

Il existe entre “Y” et “Boomers” toute une génération née entre 1965 et 1978, celle des X. Si on y regarde bien, c’est toute la génération de trentenaires et quadras qui se sont fondus dans le moule, enterrant parfois leurs propres aspirations, et voient d’un mauvais oeil la fin d’un système auquel ils se sont conformés et qui toucherait à sa fin alors même qu’ils sont prêts, enfin, d’en toucher les dividendes (comprenez…prendre la place des Boomers) après 10 ou 15 ans de sacrifices. D’autant plus qu’ils ne voient certainement pas pourquoi s’adapter aux Y alors qu’on ne les pas accueilli avec autant d’égards en leur temps. Ca n’est pas pour rien que d’aucuns les appellent la Génération O pour “organigramme”.

Largement minoritaires quantitativement parlant par rapport aux effectifs cumulés des deux autres générations ils sont en quelque sorte le chainon manquant, ceux qui freinent. Peut être aussi ceux qui vivent le plus le syndrome du middle manager. Mais l’importance des deux autres et ce qu’il y a à gagner à les faire avancer ensemble doit conduire, selon l’article, l’entreprise à favoriser le duo “Y+boomer” contre une génération X minoritaire.

Pensez vous qu’on impliquera les X en les prenant en tenaille ? Ou au contraire qu’en faire les grands délaissés de l’opération est une bombe à retardement ?

Chronique d’une déconnection professionnelle

La petite histoire que je vais vous conter est bien sur purement imaginaire. Ca n’est en tout cas pas la mienne ni celle de qui que ce soit en particulier. Mais elle peut fort bien devenir la notre, un jour.

Janvier 2009 : retour au bureau après les fêtes je fin d’année. Je profite de ma pause déjeuner pour envoyer d’un seul coup mes vœux à tous mes amis. Rien de tel que Facebook. C’est là que je me rend compte que l’accès est désormais bloqué. Pas grave, on peut quand même vivre sans. C’est juste un peu frustrant. Finalement je passe par l’email en prenant bien garde de me connecter à mon compte personnel par le webmail et de ne pas utiliser le compte de la boite.

Février 2009 : mauvaise surprise, c’est linkedin qui est bloqué. Moi qui devait recruter deux nouveaux collaborateurs… ça ne m’aide pas. J’entend déjà les cris d’orfraie de Robert, mon ami qui est aux ventes. Lui il n’a pas son pareil pour tirer toutes les sonnettes et utiliser son réseau pour passer les barrières les plus infranchissables. Pas pour rien qu’il a parmi les meilleurs résultats de l’entreprise. Il risque de vraiment faire la tête.

Mars 2009 : Parait que ça a bardé lors des entretiens d’évaluation. Robert s’est fait accuser de dilétantisme. C’est vrai que vu qu’il mêne ses opérations réseau le soir en rentrant chez lui depuis que LinkedIn est bloqué, il passe une partie de sa journée au bureau à attendre de rentrer chez lui pour travailler. Je comprend sa frustration : déjà que le contexte est tout sauf simple il a l’impression que son entreprise joue contre lui.

Avril 2009 : Impossible de trouver une salle de réunion à mon étage et ça commence vraiment à me tapper sur les nerfs. Des mois que cela dure. Comment je fais pour mes réunions projet moi ? En plus je ne comprend pas pourquoi. On est pas plus nombreux qu’avant, l’activité est plutôt en baisse. Il faut que j’enquête car c’est vraiment handicapant.

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Etude sur les usages des TIC dans les entreprises françaises

Il y a une quinzaine de jours de cela j’ai été invité par Microsoft à assister à la présentation d’un rapport sur les usages des Technologies de l’Information dans les entreprises en France. Soit dit en passant vous ne pouvez imaginer quelle bien cela me fait de ne pas voir accolé le terme “nouvelles” à technologies de l’information, chose trop fréquente lorsque ceux qui entendent vous éclairer n’y connaissent rien de plus que vous.

Ceci étant dit j’étais intéressé par la chose pour plusieurs raisons:

• On parle beaucoup de la transformation des usages dans l’entreprise liée à l’arrivée d’une nouvelle génération de collaborateurs dans l’entreprise (generation Y, digital natives voire simplement “les jeunes de maintenant”) mais à part des observations éparses il n’y avait pas encore eu quoi que ce soit de réellement construit et exhaustif en la matière.

• La méthodologie était pour le moins neutre et exhaustive : on partait du général vers le particulier en démarrant par l’aspect sociologique, puis en quantifiant et qualifiant le tout pour arriver à des cas précis, le tout avec des partenaires spécialisés en la matière (Eranos, Added Value, Ifop et BearingPoint pour ne pas les citer).

Voyons donc ce qu’il en ressort.

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La Génération Y : des pilotes de course qui doivent passer leur permis

Que l’on se fie à une récente étude d’Accenture ou à tout ce qui peut se dire et s’écrire çà et là (liste trop longue pour être publiée ici), la génération des Millenials ou des Digital Natives va considérablement faire changer la manière dont on travaille en entreprise.

Quelque part c’est une chance inouïe tant ils ont les réflexes qu’on demande à des collaborateurs dans une entreprise agile, interconnectée. Mais toutes les études semblent également s’accorder sur un point un peu moins reluisant : leur très faible niveau de compréhension des enjeux de l’entreprise que ce soit au niveau opérationnel ou au niveau de la nécessaire gouvernance de l’information. En quelques sorte des pilotes de course qui devraient encore leur “permis de conduire en entreprise”. J’adhère totalement à la vision de Tom Davenport sur le sujet : croire que l’entreprise traditionnelle va changer comme un seul homme pour donner à cette génération ce qu’elle demande est totalement illusoire et ce pour des raisons qui mériteraient un long articles pour elles seules.  Bien sur les choses bougeront, mais au fil du temps et pas en un claquement de doigts.

Vous me direz que nous n’en savions sans doute guère plus qu’eux lorsque nous avons fait nos débuts. Soit. Mais nous n’étions (je parle pour ma génération) pas porteurs d’une telle rupture qui va nécessiter un alignement mutuel entre le jeune et l’entreprise sous peine, au mieux, de ne pas exploiter immédiatement une chance formidable, au pire que chacun aille dans le mur sans que vraiment personne n’apprenne rien et qu’au final ceux qui auront réussi cet amalgame prennent une avance quasi irrémédiable. [Read more...]

Techno-alphabétisation des séniors : vers un tutorat inversé ?

Je vous avais parlé il y a peu d’une intiative d’Unilever qui avait laissé les coudées franches à une jeune recrue dynamique afin de faire rentrer peu à peu de nouveaux outils dans l’organisation (et le tout à l’initiative du DSI s’il vous plait). Dans le même order d’idée j’avais suggéré l’idée d’un double tutorat.

Dans le même ordre d’idée, Frédéric Soussin propose de généraliser le recours aux juniors pour sensibiliser leurs ainés. Je dis bien sensibiliser car comme Frédéric je ne crois pas au passage en force et pense qu’il s’agit surtout d’un champ des possibles à découvrir. On ne peut pas reprocher aux seniors de ne pas utiliser des choses qu’ils ne connaissent pas. (Merci à Olivier pour la vidéo)

J’ajouterai un second point quitte à tirer le maximum d’une telle démarche. Les jeunes ont une réelle maitrise des outils mais connaissent peu, et c’est normal, les enjeux opérationnels de l’entreprise. Ils sont d’ailleurs parfois mal à l’aise quand il faut retranscrire professionnellement leurs pratiques personnelles. J’en reviens donc à mon idée de départ : découverte des outils contre découverte pratico-pratique des problématiques de terrain et d’organisation. Du vrai gagnant gagnant qui permet en plus d’améliorer l’accueil et le “ramp up” des nouvelles recrues.

Entreprise 2.0 : mes prédictions pour 2009

Franchement je me demandais si j’allais sacrifier au rituel des prédictions annuelles. Finalement je replonge car celles de l’an dernier se sont avérées plutot réussies (j’avais dit que les entreprises “leaders” allaient commencer à comprendre que le succès ne passerait que par une refonte des processus de travail, les outils 2.0 étant des outils de travail ou étant inutiles) et parce que l’amie Susan l’a demandé gentiment.

Ceci dit je vais diviser mes prédictions en deux parties. Tout “thoughtleader” qui se respecte a parfois un peu trop tendance à confondre ce qu’il trouve souhaitable et ce qui peut se passer de manière réaliste. Je vais donc aborder successivement mes prédictions en tant quel telles d’abord puis glisser quelques vœux pieux.

C’est parti !

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Danone Explorers ou la version “In real Life” du recrutement 2.0 à destination des Y

J’ai été invité il y a quelques temps à assister à Danone Explorers, rendez vous entre l’entreprise eponyme et des étudiants qui aimeraient y effectuer un stage, voire plus si affinités.

Je vous ai déjà un peu parlé de Danone ici et et ce qui suit est dans la même lignée : la preuve que la composante culturelle d’une entreprise prime tout dès lors qu’on désire adopter certaines pratiques.

Ce qui est intéressant dans le cas de Danone Explorers c’est que l’entreprise essaie de séduire des membres de la fameuse génération Y et utilise donc tous les ressorts dont ont sait qu’ils permettent de les toucher et les mobiliser : proximité, échange, discussion, personnalisation du dialogue, transparence, jeu, échanges adulte-adulte et non plas parent-enfant.

Bien entendu, par les temps qui courent, on s’attend à une logique “full 2.0″ au niveau des outils pour outiller une démarche qui l’est totalement dans l’esprit. Et bien pas du tout.

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