Google + : un outil d’entreprise ?

Résumé : Google Plus peut il être, demain, un acteur majeur de l’informatique d’entreprise ? Tout dépendra de son positionnement et des efforts que consentira Google pour enfin comprendre un domaine où les choses n’ont jamais été faciles pour eux. Google Plus n’est pas un réseau social mais apporte une réponse plus que pertinentes aux problématiques d’échange plus globales que l’on rattache davantage à l’email qu’au réseau. Mais, quoi qu’il en soit, Google plus en plus de devoir combler certaines lacunes fonctionnelles pour devenir un outil d’entreprise crédible va devoir apprendre à s’intégrer dans le complexe écosystème des applications d’entreprise existantes, qui plus est sur un spectre d’usages qui n’a jamais été son point fort. Google a les moyens de ses ambitions, mais il reste à démontrer qu’il en a la culture.

 

Après un premier compte rendu de mes premiers pas avec Google +, il est temps de se poser la question qui commence déjà à hanter les songes de beaucoup : Google + peut il devenir un outil d’entreprise ? Précision : je ne parle pas ici de savoir s’il peut ou non devenir un outil au service des marques, je parle bien d’un outil de travail pour les collaborateurs. Autrement dit, Google + sera-t-il un “game changer” le jour où il intégrera l’offre “business apps” de Google ?

En effet beaucoup voient en Google + le chainon manquant de l’offre entreprise Google à qui il manque une vraie brique collaborative/sociale/conversationnelle. Jusqu’ici Google a en effet excellé dans le search, la bureautique en ligne (qui est un premier niveau de collaboration mais limité à la réalisation de documents) mais n’a jamais été très à l’aise pour aller plus loin. Les sites sont à la fois puissants et utiles mais ne remplissent qu’une partie des besoins et l’expérience “Wave” n’a été…qu’une expérience. Trop tôt, trop perfectible, trop complexe, trop puissant mais trop mal compris…Wave était trop beaucoup de choses et Google a préféré arrêter les frais plutôt que faire évoluer le produit. Nul doute d’ailleurs que Plus bénéficie de l’expérience acquise avec Wave.

D’où le réflexe de positionner “naturellement” Google Plus comme le cheval de Troie de Google sur le marché du “social software”, sur le créneau communément appelé “réseau social d’entreprise”. Sauf que…Google Plus n’a rien d’un réseau social et encore moins d’un réseau social d’entreprise. Pas un réseau social au sens strict du terme parce qu’il ne permet la connection et la “validation” du lien entre les personnes (en tout cas de manière explicite). Vous êtes dans mes cercles, je suis dans les votres…mais ça ne veut rien dire de plus. Raison pour laquelle les dirigeants de Twitter avaient déclaré à une époque de Twitter n’était pas un réseau social…même si c’est plus simple de le considérer comme tel. Pas un réseau social d’entreprise car il est trop léger en termes fonctionnels. Bien sur l’intégration poussée avec les “apps” peut résoudre une partie du problème mais pas tout. La notion de groupe ou de communauté manque également cruellement pour une utilisation en entreprise. [Read more...]

Vers la fin de la serendipité ?

Résumé : la serendipité est cette faculté de trouver, forcément par hasard, des choses dont on ignore l’existence. Elle est incarnée sur le web par la multiplication des liens qui nous font naviguer d’idée en idée jusqu’à nous faire découvrir des choses qu’on aurait jamais cherché. Toutefois l’évolution des moteurs de recherche et sites de réseaux sociaux peut mettre le phénomène à mal : en proposant des résultats filtrés selon le profil social des individus, ils segmentent le web et sont à terme un danger pour la découverte et la propagation des idées. En se reposant sur la popularité et la proximité, ces outils nous éloignent de la notion de pertinence. Une problématique qui sera encore plus importante dans le cadre de l’accès à l’information en entreprise. Pour limiter la masse d’information par la pertinence sans ériger ce ressemblerait à des barrières sociales invisibles, c’est sur le contexte et la corrélation qu’il importe de travailler.

La serendipité, c’est la capacité à trouver quelque chose dont on ignorait l’existence sans le chercher spécialement. On l’a tous expérimenté sur le web : on fait une recherche, on trouve un résultat puis de lien en lien on tombe sur quelque chose dont on ignorait jusqu’à la possibilité de l’existence. Cette serendipité repose en quelque sorte sur le facteur humain et la confiance.

Le facteur humain car ce sont les individus qui tissent ces liens qui nous amènent de réflexion en réflexion, d’idée en idée. La confiance parce qu’en fonction de ce qu’on sait de la personne on accordera un certain crédit à ce qu’elle dit et aux sources qu’elle suggère. Bien sur c’est un mécanisme de long terme car la réputation ne se crée pas instantanément, pas plus que la confiance. Cela nous amène également aux mécanismes dits de curation.

Aujourd’hui la manière dont nous recherchons l’information sur le web évolue radicalement. Ou, pour être plus exact, la manière dont l’information nous est proposée. Avec la masse d’information dont les moteurs de recherche mais aussi Facebook disposent sur nous, nos contacts, nos habitudes, les résultats qui nous sont proposés sont filtrés pour nous correspondre. Dans la masse d’information correspondant aux résultats de ma recherche, on priorisera celle qui émane de gens qui me ressemblent, des résultats que je suis supposé apprécier davantage. Si vous vous demandez pourquoi, pour une même recherche, Google ne vous donne pas les mêmes résultats qu’à votre voisin vous savez désormais pourquoi. Et pourquoi certains choses apparaissent sur votre page d’accueil Facebook et d’autres pas.

Plus cette logique se renforcera, moins j’aurai de chances de trouver des choses émanant de personnes qui ne pensent pas comme moi ou pensent à des choses différentes. Ce qui me pose deux problèmes :

• Celui de rester enfermer dans un courant de pensée en ignorant ce qui se dit par ailleurs

• Celui, tout simplement, de ne plus accéder à toute une partie de l’information disponible sur un sujet.

Google (et ses avatars), en voulant mon bien malgré moi, méconnaissent la différence entre ce que j’aimerais lire et ce que j’ai besoin de lire.

Une problématique qui n’est pas neutre non plus pour l’entreprise.

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Premiers pas sur Google + : du broadcasting pas vraiment social

Résumé : Google + est arrivé avec fracas dans notre univers numérique. Machine de guerre omnipotent il doit révolutionner nos outils et nos usages et, en passant, obliger la concurrence à mettre un genou à terre. Qu’en est il vraiment ? Derrière une interface sobre, et exemplaire, un outil au potentiel  impressionnant même si on en voit que les balbutiements. Pour autant il est nécessaire d’attendre qu’il atteigne l’âge adulte. La puissance des cercles ne cachera pas longtemps l’absence de dimension communautaire, l’absence d’une vraie API est un frein à son intégration dans un quotidien vraiment chargé. Quant à savoir s’il peut devenir un outil d’entreprise…c’est une autre paire de manche. Au final, l’outil, tel qu’il est aujourd’hui, arrive avec un an de retard tant qu’il n’aura pas comblé ses lacunes, son immense potentiel ne peut le positionner comme l’outil de demain. Une star en devenir si son manager ne se trompe pas de route.

 

Ce billet aura tardé à venir mais il est difficile de juger un outil nouveau en quelques jours, d’autant plus lorsqu’il est encore en version “beta” et donc susceptible d’être amélioré rapidement. Et puis dans les premiers temps on a toujours des yeux de Chimène pour ce genre de nouveauté, ou, à l’inverse, des réactions épidermiques. Alors autant laisser les choses se calmer.

Je vais commencer par une mise en garde. Aussi “social” soit il, un outil dépend beaucoup de son utilisateur et de son contexte d’utilisation. Autrement dit, je vais me référer ici à mon contexte et mon expérience personnelle et je ne prétend en aucune manière que “ma” vérité est celle de tous. Loin de là.

1°) Fluidité, sobriété, efficacité

Au premier contact c’est une excellente impression. On parlera un autre jour du devenir de Google + dans l’entreprise mais une chose est sure : les ergonomes de nombre d’éditeurs majeurs devraient aller un œil de ce coté là. Design sobre, fonctionnalités faciles d’accès et compréhensibles, on utilise et navigue avec une grande fluidité. Evident que la leçon de Google Wave a été apprise et bien apprise.

2°) Un concept tout sauf neuf

Si on devait simplifier la logique de l’outil, disons que l’on dispose d’un outil à mi-chemin entre un blog et un outil de microblogging et que chaque entrée est partagée soit avec tout le monde soit un nombre défini de personnes que l’utilisateur à réparti dans des “cercles”. Soit avec une seule personne. Infiniment plus puissant que les outils dont Google + s’inspire sauf que…

Si je remonte à la préhistoire du social software je me souviens avoir entendu parlé de cette logique de bloc-notes personnel donc chaque entrée serait partagée avec une personne, une ou plusieurs communautés. Unicité pour l’auteur, granularité pour l’auditoire. C’était entre fin 2005 et début 2006, cela fonctionnait très bien et fonctionne toujours. Cela a un nom : blueKiwi (depuis, un nombre incalculable d’outils fonctionne sur ce principe). Sincèrement, je n’ai pu retenir un sourrir en me disant “Wouah…avec leurs moyens, 20% du temps des salariés à l’innovation etc. etc. il a fallu près de 6 ans à Google pour réinventer blueKiwi. Chapeau les gars !

Bon en fait ce qui change tout c’est les cercles.

3°) Les cercles ne sont pas des communautés et Google + est tout sauf “social”

En général, les outils dits “sociaux” permettent d’adresser des personnes ou des groupes (souvent appelés communautés). Pour ce qui est des groupes cela signifie que n’importe quel membre du groupe en question puisse y prendre la parole et non pas seulement répondre à un message qu’on lui envoie, ce qui est le cas des cercles. Par exemple, je peux écrire quelque chose à un cercle que j’ai nommé “entreprise 2.0″ et les personnes concernées me répondre et discuter entre elles. Mais si quelqu’un veut partager une autre information sur le sujet avec la même audience il doit soit l’insérer dans le fil de la discussion qui peut devenir incompréhensible  la longue ou…ou rien. Sauf à cloner le cercle à qui je m’adresse, ce qui n’est pas possible (sauf à le faire manuellement avec la liste des destinataires…pas pratique).

Dans la logique “people/user-centric” de l’outil cela semble logique et c’est un choix plus qu’une lacune à mon avis. Mais pas sur que chacun s’y retrouve pour des usages variés. On en reparlera plus loin également.

Bref, Google + est davantage un outil de diffusion massive mais ciblée qu’un outil “social” au sens traditionnel du terme avec sa dimension communautaire. Le récepteur subit en quelque sorte sans pouvoir entrer proactivement dans la discussion sur un sujet et ne restera donc que dans la case où on a voulu le ranger. [Read more...]

Vers un système d’information plus intelligent

Résumé : Quand on parle de travail sur l’information, on distingue généralement ce que la machine s’est peu a peu attribué, le traitement en masse de quantités de données selon des schémas pré-établis, et ce qui reste dévolu à l’humain, à savoir une approche plus qualitative et fine sur des données quantitativement importantes mais non dispersées et non structurées. Ce second point a amené les entreprises à s’organiser en conséquence entre ceux qui cherchent, préparent, et ceux qui exploitent. Une dichotomie qui risque d’être remise en cause dans un avenir très proche au fur et à mesure que la machine devient capable non seulement d’explorer des données non structurées mais, en plus, de comprendre une question et formuler une réponse.

Lorsqu’on regarde les grandes composantes d’un système d’information on voit immédiatement que deux grands pôles coexistent.

• Celui de la “mécanique”. Il s’agit des applications qui se sont substituées à l’homme parce que plus efficaces ou fiables que ce dernier pour certaines tâches, procurant ainsi un bénéfice substantiel tant en termes de vitesse et de qualité donc, autrement dit, en matières de coûts. Elles permettent de mécaniser des traitements de grande ampleur, répétitifs, demandant davantage de la puissance de calcul et de traitement que de l’intelligence et de la capacité de réagir face à l’imprévu.

• Celui de l’intelligence. Il s’agit des applications qui ne se substituent pas à l’humain mais sont supposées lui permettre de démultiplier ses capacités intrinsèques qu’une machine n’a pas. On parle ici des technologies de communication et de collaboration.

Si l’on se concentre sur le second point, il est évident qu’à ce jour une machine ne sait comprendre et interpréter des données non structurées avec la finesse nécessaire. Qu’il s’agisse de chercher, exploiter et prendre une décision en s’appuyant sur une grande masse d’information non structurées et sans qu’il existe nécessairement un historique permettant de savoir ce qu’est “une bonne décision”.

Sur cette partie la supériorité de l’homme sur la machine concerne la prise de décision. Pour le reste, ce qui touche à la recherche d’information, c’est davantage un fardeau pour lui, mais un fardeau nécessaire car si la machine dispose de la puissance nécessaire elle est incapable de faire face à l’enjeu d’une recherche qualitative et contextualisée de l’information.

Mais pour combien de temps encore ? [Read more...]

La mort de Google Wave : à la fois logique…et a moitié vraie seulement

Résumé : Google vient de mettre un terme à l’aventure Wave. Au delà de la déception de ceux qui y ont adhéré à l’outil un grand nombre de leçons sont à tirer de l’aventure, notamment sur l’échec systématique des outils de collaboration non liés à des contextes et process business. Mais l’avenir de Wave n’est il pas justement de devenir une “couche logicielle” plutôt qu’un produit ?

Google a d’annoncé la mort de Google Wave la semaine dernière. Selon les mots de l’éditeur :

But despite these wins, and numerous loyal fans, Wave has not seen the user adoption we would have liked. We don’t plan to continue developing Wave as a standalone product, but we will maintain the site at least through the end of the year and extend the technology for use in other Google projects.

Comme à toute chose malheur est bon, essayons d’en comprendre les raisons et d’en tirer d’éventuelles leçons…

1°) Trop bien trop tôt ?

Peut être Google était il trop en avance sur son temps. C’est d’ailleurs ce que suggère Michael Arrington et c’est certainement une partie de l’explication. Ca n’est ni la première ni la dernière fois que ça arrivera et il suffit de regarder ce qu’Apple à fait vers la fin des années 80 et le début des années 90 pour se rappeler que nul n’est à l’abris de ce genre d’erreur, que ça peut faire très mal mais qu’on peut également s’en remettre.

2°) Un produit pas fini

C’est en tout cas ce l’impression donnée par Wave dans les premiers temps. Alors bien sur le produit s’est continuellement amélioré mais c’était trop tard pour récupérer les premiers utilisateurs déçus qui avaient d’autre chose à faire que de tester “un outil de plus” en attendant qu’il devienne utilisable. Le pire étant que les utilisateurs en question…étaient supposés être les “power users” qui allaient tirer le phénomène. Perdu.

Par contre Wave aura été instructif pour tout le monde en montrant les limites d’un “stream” puissant et riche : son manque d’utilisabilité. Nul doute que d’autres ont retenu la leçon…et on en parlera dans un futur billet.

3°) Une erreur de positionnement

Excessivement puissant et riche, Wave n’était pas comme Google Apps, Gmail et d’autres services un produit dont le grand public pouvait s’emparer rapidement. A la limite c’était davantage un produit d’entreprise même si cela ne veut pas dire que les choses auraient été simples de ce coté. Mais plus qu’un outil de communication il s’agissait d’un outil de collaboration. Sur le web on communique par envie et on collabore par hasard, dans l’entreprise on collabore par nécessité et il se peut qu’il ait été plus simple de trouver une population cible, même réduite au départ, en entreprise. [Read more...]

Facebook dépasse Google ? Si j’étais DSI je me demanderais pourquoi !

Vous l’avez peut être appris récemment parce que le fait était assez notable pour être relayé, mais Facebook a récemment dépassé Google pour la première fois. Pas en valeur, pas en chiffre d’affaire mais en nombre de connexions. Anecdote pour les uns, entrée dans une ère nouvelle pour d’autres, que n’a-t-on pas entendu sur le sujet. D’un autre coté on peut également se dire que cet événement qui touche le monde  du grand public est très éloigné du monde cloisonné de l’informatique d’entreprise et qu’il s’agit d’un épiphénomène pour une direction informatique.

Nous allons d’abord essayer de mesurer l’ampleur réelle de la nouvelle avant de nous rendre compte que le sujet devrait mériter plus qu’une attention discrète de nos directions informatiques.

Ca n’est “que” Google

Il fallait s’y attendre, les conclusions (parfois hatives) ont rapidement commencé à pleuvoir. Rappelons les faits : Facebook reçu davantage de connexions que Google, à ne pas confondre avec “plus de la moitié des connexions sur internet ont été pour Facebook”. Google n’est pas encore internet à ce que je sache et Facebook ne le deviendra pas sitôt même s’il s’agit de son rêve à peine inavoué. Voilà qui ramène l’information, aussi importante soit elle, à de plus raisonnables proportions.

Evitons donc les “les gens ne veulent plus vivre que dans des réseaux sociaux”, “le Web c’est Facebook”, “Facebook, alternative à internet” etc… C’est peut être vrai, ça peut le devenir (ou pas) mais on ne peut absolument pas le déduire des chiffres.

Passons donc sur les diverses fantaisies qu’on a pu lire sur le sujet, et mettons nous à la place d’une direction informatique…

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De Google Wave aux réseaux sociaux : le millefeuille social

Pendant longtemps, et parce qu’on a pu s’imaginer importer telles qu’elles les pratiques du “web social” dans l’entreprise, les projets visant à apporter cette fameuse dimension sociale dans l’activité des collaborateurs ont pendant longtemps visé à structurer l’entreprise comme le web. Comprenez qu’on y cherchait des communautés supposées remplir des “espaces sociaux”, chacune de ces communautés étant un véritable projet en soi qui amenait à une situation plus que paradoxale car on en arrivait à organiser la spontanéité.

C’est pour cela que, et même si le type de projet sus-mentionné a du sens dans certaines situations, il est apparu qu’il vallait mieux faciliter ce qui était vraiment spontané, et quoi de plus spontané (à mon sens) que l’activité quotidienne des collaborateurs, les process et la “routine” qu’ils suivent sans même parfois s’en rendre compte, simplement parce que c’est leur travail. Bien sur cela est moins impressionnant qu’essayer de mobiliser, si ça n’est créer, une communauté de toute pièce (quitte à s’époumonner à faire vivre des communautés qui n’existent pas), mais ça permet d’aller s’adresser aux communautés les plus évidentes, tellement évidentes qu’on ne les voit pas : les communautés de ceux qui ont besoin les uns des autres pour faire le travail qu’on leur demande, en temps et en heures. Le problème c’est que ces communautés sont on ne peut plus volatiles : elles existent quelques heures, quelques jours, sont parfois permanentes.

Deux solutions ont été trouvées pour faire face à ce besoin. La première : permettre la création de communautés, groupes, “espaces sociaux” (appelez ça comme vous le voulez) à la demande, sur l’impulsion des collaborateurs et non plus de l’entreprise. Elle relève donc davantage de la gouvernance. La seconde est plus fonctionnelle et se traduit par l’inclusion d’outils de microblogging (de type twitter ou yammer) dans des outils à vocation communautaire pour permettre de lancer des échanges et de mobiliser les autres personnes sans entrer dans le formaliste d’un groupe structuré et de publications de contenus “lourds” alors qu’on a simplement deux lignes à partager (hé oui…même un blog peut être trop formel).

L’objectif étant de mettre en œuvre les pratiques de ce que j’appelais l’Organisation Orientée Service : permettre à une personne faisant face à un problème de mobiliser le bon système (système = ressources + outils + mode de travail) afin de le résoudre et retourner au train train quotidien.

Du plus structuré (ouverture d’un groupe, billets de style blog) au plus informel (micromessaging) tout problème trouve alors un outil à sa dimension, avec la bonne granularité qui favorise de fait leur adoption : c’est parce qu’on demande souvent aux collaborateurs d’écraser des mouches avec des battes de base-ball et qu’on leur interdit l’usage de la tapette qu’ils laissent tomber et repartent en grognant.

La manière la plus simple, à mon gout, de mettre l’outil au service du besoin au lieu de créer des besoins au service des outils.

C’est pour adresser la couche “fluide” de ces échanges qu’arrive Google Wave. Je ne vais pas m’étendre dessus, les spécialistes du web et de sa composante logicielle ont déjà largement commencé à commenter les premiers pas du dernier né de Google.

L’outil est jeune et ne vaudra que par sa capacité à intégrer des modules permettant de faire le lien avec des outils plus “traditionnels”. Tout comme tout outil à dominante plus ou moins “sociale” d’ailleurs, comme je le repête souvent. Une excellente démonstration de son potentiel est présentée chez Timo Elliott, dans le cadre d’une intégration Wave/SAP. Ca n’est que le début et c’est déjà prometteur.

Un bon exemple du fait que la couche “sociale” du système d’information est à plusieurs strates :
• le besoin est trop limité pour nécessiter un projet de “groupe social” en tant que tel. Surtout s’il faut demander l’accord de la DSI..voire un financement.
• le besoin concerne des intéractions fluides donc la logique “blog” est elle même trop lourde.
Mais :
• S’il fallait travailler 3 mois sur le process en question il aurait fallu adjoindre un tel espace à la “wave” histoire de capitaliser et structurer un peu.
Et surtout dernière question : je veux bien que les protagonistes de cette histoire rejoignent la discussion au fur et à mesure de son avancée. Mais cela suppose qu’ils se connaissent, ce qui est rarement le cas dans une fusion. D’ailleurs peut être ont ils oublié un quatrième larron super compétent mais hors de leur radar. D’où le caractère obligatoirement complémentaire d’un réseau social qui permettent d’identifier les personnes à inviter dans la Wave. Et pourquoi ? Parce que cette identification est rendue possible par un profil riche alimenté à la fois par la personne concernée…et en fonction de ses publications et participations dans des espaces un peu plus structurés…ce qui nous ramène à nos blogs et autres groupes et communautés. Et la boucle est ainsi bouclée.
La composante sociale d’un système d’information relève donc davantage du mille feuille que de la brique monolithique. Chaque couche est nécessaire pour adresser une granularité de besoin précise. Et s’il en manque une c’est comme une chaine collaborative qui se rompt, tout le reste tombe à l’eau.

L’entreprise 2.0 menace-t-elle la sécurité ?

Au nombre des questions que se posent les dirigeants au sujet de l’entreprise 2.0, celle-ci figure en bonne place. A juste titre. Non  que l’entreprise 2.0 soit nécessairement dangereuse mais parce que toute chose nouvelle introduit par définition un changement dans une situation qu’on s’est évertué à sécuriser (ou que l’on croit avoir sécurisé). Le principe de précaution joue donc à plein dans des structures ou la crainte du risque prime sur toute autre chose.

Notre sujet ici n’est pas de disserter sur le fait que cette crainte du risque qui entraine une quasi phobie face à toute forme de nouveauté est un frein ou non à l’évolution des entreprises. Il s’agit par contre de déterminer dans quelle mesure l’entreprise 2.0 représente un risque nouveau et, le cas échéant, comment le minimiser voire l’annihiler.

Quelle sécurité ?

Sécurité. Une préoccupation légitime qui recouvre, en fait, un grand nombre de domaines. A tel point que lorsque le sujet est évoqué on ne sait plus trop de quoi on parle, ce qui n’aide pas à apporter un quelconque élément de réponse. Avec un peu de recul il s’avère que la personne qui vous parle de sécurité a principalement deux préoccupations biens distinctes à l’esprit : l’une concerne la sécurité structurelle et l’autre la sécurité informationnelle.

Par sécurité structurelle j’entend la protection contre les atteintes qui peuvent êtres portées au système informatique en lui-même. Par sécurité informationnelle celle qui concerne les risques liées à une propagation non maitrisée ou une divulgation non autorisée des informations.

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L’avenir du cloud computing n’est pas forcément hors de l’entreprise

Grand sujet de débat : l’entreprise doit elle garder l’ensemble de son système d’information dans ses murs ou en héberger tout ou partie à l’extérieur.

La logique “cloud computing” ou Saas se tient. Il convient de désacraliser l’outil informatique qui comme le dit fort justement Nicholas Carr dans The Big Switch, est amené à devenir banal que le sont l’électricité et l’eau courante. On se branche, on utilise, on débranche et nul besoin d’en faire tout un fromage : il s’agit d’un service comme un autre et plus d’un duo matériel + logiciel que l’on considère comme une vache sacrée avec des yeux admiratifs et qu’il s’agit de protéger comme la prunelle de ses yeux. A titre personnel je vous clairement la différence entre une époque ou j’étais en admiration devant chaque nouvelle machine et attendais l’installation de chaque logiciel avec impatience et une part de rêve. Aujourd’hui c’est “juste” une machine et “juste” du soft, ça fait partie de ma vie courante et l’important c’est que ça fasse ce que je leur demande, peu importe de savoir comment et que mon logiciel préféré soit sur internet ou mon disque dur. D’outil stratégique, le poste de travail de monsieur tout le monde devient un simple service de consommation courante.

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Quand les outils sont “on the cloud” il faut quand même faire pleuvoir l’argent !

Le “cloud computing” fait des ravages, sinon dans les pratiques en tout cas dans les conversations car ça devient LE terme à la mode…en attendant le suivant.

En tout cas cela correspond, même de manière imagée, à une réalité qu’on ne peut désormais ignorer et qui tient d’ailleurs plus à une question de lieu qu’à une vision technologique : c’est l’endroit où les choses se passent.

Je m’explique. Regardez une personne qui peut, et doit travailler seule, de manière totalement autosuffisante. C’est le modèle, d’une rare efficacité reconnaissons le, qui a été proposé en son temps par Taylor et ses disciples. Une personne n’a besoin d’aucune autre et répète une même tache à l’infini. Pas difficile de savoir dans ce contexte “où les choses se passent” : elles se passent au niveau de l’individu et on sait de quelle manière chacun contribue, fortement ou modestement, à la création de valeur. Les outils sont “on the ground”, à coté de leurs opérateurs, qui utilisent les outils sans intéragir entre eux. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Et un jour le meilleur des mondes prend un sévère coup de vieux.

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