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Information / Connaissances | Bloc-Notes de Bertrand Duperrin - Part 2

Le web ne transforme pas le collaborateur en producteurs de contenu, sa fiche de poste oui

Au fil du temps il me semble de plus en plus clair que ce qui a créé un fossé net empêchant la transition du web 2.0 vers l’entreprise 2.0 est que nombre de vérités du web ne sont tout bonnement pas transposables de l’entreprise. On s’est ainsi retrouvé avec une tonne de mythes auxquels il faut tordre le cou avant d’attaquer les choses sérieuses. C’est un enjeu réél car entre les craintes injustifiées d’un coté, et les faux espoirs de l’autre, cela donne des projets bancaux où l’effort est mis sur des “non sujets” en laissant de coté des sujets stratégiques parce qu’on pense que ça arrivera tout seul.

On estime souvent que le collaborateur est une machine à générer du contenu, des données, et que c’est un pilier sur lesquels s’appuyer pour construire une organisation nouvelle, plus collaborative et efficace. Et pourquoi ? Parce que le web a transformé  le consommateur en producteur et que, nécessairement, cela va impacter la manière dont il se comporte au travail.

As social tools begin to shape workers’ expectations for how they get things done, it raises expectations for how they collaborate and communicate and participate in content development,” said Nielsen Norman Group user-experience specialist Patty Caya. “The social Web has turned consumers into producers and this will impact how they work.” (source ici)

Je ne doute pas qu’il s’agisse là d’une transformation profonde qui impactera profondément ce que sera le futur. Mais soyons clairs, pour les entreprises qui sont face aux réalités d’aujourd’hui et doivent composer avec ce contexte pour avancer, c’est une certitude avec prendre avec beaucoup de précautions. Voire à ne pas prendre en compte du tout. [Read more...]

Un contenu est il social par nature ou par besoin ?

Le web 2.0 autrement appelé “web social” et l’entreprise du même qualificatif sont nés sur l’hypothèse suivante : au sein d’un périmètre humain donné l’information gagne à être systématiquement partagée et les discussions publiques partant du principe qu’on ne sait jamais qui est susceptible d’enrichir le travail de l’autre, lui apporter une solution, et qu’il est plus efficace de laisser chacun se positionner sur l’information qui l’intéresse que de pousser cette dernière à ceux qu’elle n’intéresse pas tout en ignorant ceux dont on ne sait pas qu’elle peut les intéresser.

Bien entendu j’attire votre attention sur la notion de “périmètre” : on ne parle pas de libérer l’information aux quatre vents mais au sein d’un périmètre déterminé en fonction de contraintes propres à chaque situation. C’est ainsi que sur internet on peut publier sur un blog ou au sein d’un groupe d’amis sur Facebook, voire d’une communauté professionnelle sur LinkedIn et qu’au sein de l’entreprise on pourra s’adresser à tous, aux membres de son département, de son équipe…

Force est de reconnaitre que tout le monde n’est pas à l’aise avec cette logique. Tout d’abord parce que pour la plupart nous avons été professionnellement éduqués à faire exactement l’inverse, à garder l’information pour soi et à voir l’autre comme un danger plutôt que comme une opportunité. Ensuite, parce que c’est très humain d’avoir toujours peur du regard des autres sur son travail, surtout lorsqu’il est encore inabouti. Ce qui provoque d’ailleurs un drole de paradoxe puisque c’est quand nous avons le plus besoin de l’avis des autres (projet en chantier, mode résolution de problème…) qu’on rechigne le plus à partager avec eux.

Bien sur, cela peut en partie se résoudre organisationnellement. On décide que tel type d’information doit être partagé, c’est dans le workflow et c’est comme ça. Bien sur on démarrera avec des informations dont le partage est acceptable pour la majorité, quitte a pousser plus loin lorsqu’ils se seront rendu compte qu’au final c’est moins difficile que ça en a l’air. Si on ne peut arriver à tout avec un baton et une carotte, cela permet parfois de donner le mouvement initial.

Mais cela ne règle pas tout : il y a une dimension profondément liée à l’inconscient individuel et collectif qui ne change pas d’un claquement de doigts. En attendant le déferlement promis de la Generation Y, de son ultraconnectivité et de sa science du partage à bon escient, il faut bien apprendre à faire avec les mauvais reflexes acquis par tout ceux qui ont à peu près 30 ans et plus.

Cela revêt une double importance tant dans la composante humaine du projet de changement que dans la manière même dont on doit penser les outils qui seront mis à disposition.

Doit on penser qu’il faille s’aligner sur une logique où tout (ou presque…soyons raisonnables) a vocation à être partagé ? Ou sur la logique qui veut que tout soit vu au regard de besoins purement individuelles (tout ce que je fais ne sert qu’à moi, pour mes objectifs) avec la possibilité, lorsqu’on en a besoin, de rendre une information publique dans un certain périmètre, ce qui au départ est peut être plus sécurisant pour beaucoup de monde ? Si le résultat final doit être similaire dans les deux cas, la logique utilisée pour faire rentrer le collaborateur dans la démarche, elle, n’est pas du tout la même.

Bref, est il plus simple de partir d’une logique purement individuelle et d’amener le collaborateur à pousser peu à peu les murs ou de le jeter de suite dans le monde de l’information partageée ? A chaque cas sa démarche d’accompagnement, à chaque cas un modèle et une logique d’outils spécifique.

Le web temps réel n’est pas une panacée (et twitter ne tuera pas les blogs)

On entend çà et là que le microblogging tue le blogging et que, d’une manière générale, l’avenir du web est le temps réel. Un discours hatif auquel je ne souscrit pas. Il ne me semble pas qu’une tendance vienne en remplacer une autre mais, plutôt, qu’elle vient la compléter.

Ce schéma valable pour le web grand public s’applique, je pense, également, à l’entreprise.

La complémentarité entre les deux types d’outils s’explique par le positionnement d’un message donné sur deux axes : celui de la consistance et celui de la temporalité..

Consistance

Pas besoin de grande démonstration pour expliquer qu’il est difficile de délivrer un message et une information consistante en 140 caractères. Et que si toute l’information devait suivre ce format on serait au courant de beaucoup de choses sans rien en savoir vraiment. A l’inverse, qu’il est difficile de meubler un blog lorsqu’on veut faire passer des messages courts, lapidaires. Dans ce cas le titre se suffit à lui-même et on cherche à remplir le corps du billet. C’est justement cela qui a poussé une partie de la blogosphère sur la twittosphère. Non qu’un outil soit meilleur que l’autre mais parce que son format correspond davanatage aux besoins du plus grand nombre (souvenez vous que les purs “créateurs” sur les médias sociaux ne sont que quelques pour cents).

Temporalité

Il est des messages qui ont vocation à rester et faire leur place dans le patrimoine informationnel mondial. Il en est dont la valeur est dans l’instant, qui n’ont de valeur que par leur rapidité de diffusion. Quand on fait un billet sur un blog il est évident qu’on s’attend à toucher immédiatement la “clientèle” de ses abonnés. Mais l’indexation par les moteurs de recherche lui donne une sorte de permanence. La longue traine fait ensuite son oeuvre. Même si l’indexation des messages sur twitter évolue, les archives de twitter présentent un intérêt limité. Si on a raté un message un jour il y a des chances pour qu’il n’ait plus la même valeur le lendemain : soit l’information sera sans valeur soit elle aura été rendue disponible au plus grand nombre sur des canaux plus conventionnels. Au pire si quelque chose a vraiment de la valeur, il va continuer à “résonner” (les pros diront “être retwitté”) suffisamment longtemps pour que cela me touche à un moment ou à un autre.

C’est ainsi que se dessine un web à deux vitesses, expression qui pour une fois n’est pas synonyme d’exclusion mais de complémentarité. Des messages “lourds” destinés à rester et porteurs d’une réflexion constuite et, sur un circuit plus rapide, des messages brefs, instantanés.

On se rend bien compte que le temps réel montre rapidement ses limites alors que le blogging traditionnel, plus lourd, n’a pas la réactivité escomptée dans certaines circonstances. La complémentarité entre les deux types d’outils permet à un émetteur de couvrir l’intégralité du spectre en fonction de ces deux axes qui sont la consistance et la temporalité.

Vous me direz que certains messages remplissent les  deux conditions. C’est justement pour cela qu’on se sert de twitter pour faire un lien vers quelque chose qui a été publié par ailleurs. Ce qui nous rappelle le besoin de pouvoir lier et articuler les deux.

Dans un style plus prosaïque vous pouvez aussi lire ici chez Vinvin.

webconsistency

Réduction du rapport signal bruit dans les médias sociaux : l’exemple Microplaza

L’information est essentielle au fonctionnement de l’entreprise. Il faut fluidifier et faciliter sa circulation. Tout peut avoir une valeur à un moment donné pour une personne déterminée tout en étant inutile pour les autres. L’identification des signaux faibles est critique mais suppose un accroissement supplémentaire de la masse d’information en circulation. Le collaborateur ne peut gérer plus d’une certaine masse d’information mais on sait qu’une quantitié infiniment plus important est amenée à circuler si on veut que chacun y trouve son compte.

L’entreprise est loin d’être à l’aise devant ce paradoxe : devoir faire circuler et rendre accessible sans cesse plus d’information provenant d’un nombre d’émetteur croissant tout en faisant en sorte que chacun ne croule pas sous la masse et reçoive un signal clair sur “ce qui compte”. Le “ce qui compte” dépendant bien sur de chacun. Autant dire que vu sous cet angle le social media, malgré un potentiel clairement identifié, est souvent identifié par l’entreprise comme source de confusion et de surcharge informationnelle.

J’ai coutume de dire que pour avancer dans la bonne direction il faut avancer en même temps sur deux axes :

• un axe humain : faire confiance au filtre que constitue votre environnement pour opérer un tri. Partant du principe que les personnes dont on est professionnellement proche partagent en général les mêmes préoccupations, l’information filtrée par le réseau est souvent pertinente par rapport à nos propres préoccupations

• un axe logiciel : c’est aux outils de savoir faire remonter les “signaux faibles forts” dans le brouhaha informationnel.

Bien sur tout reste à faire en la matière mais on voit arriver ici et là des initiatives qui préfigurent ce que les choses pourront être demain. Pour illustrer mon propos j’ai décidé de vous parler de Microplaza.

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Le réseau social, quintessence du web 2.0 en entreprise

Le sujet a été émergent pendant quelques années mais c’est désormais une tendance majeure : les entreprises planchent sur le sujet “web 2.0″ en entreprise et plus seulement au niveau de la prospective. La logique de réseau et, par conséquent, de sa motorisation sont arrivés sur les agendas des directions générales. Il n’empêche que les personnes amenées à se pencher sur la question et prendre des décisions finissent par y perdre leur latin.

Pendant les premières années l’équation était simple : web 2.0 = blogs + wikis. A peine l’intérêt de ces outils en entreprise a-t-elle été comprise qu’on a parlé de social bookmarking. Puis le RSS est arrivé dans la boucle, jouant à la fois le role de middleware entre outils et de tuyau pour supply chain d’information personnelle pour les collaborateurs. Ce fut enfin le microblogging et, dernière tendance en date, les réseaux sociaux.

De quoi s’y perdre non ?

En fait pas tant que cela, dès lors qu’on considère qu’il ne s’agit pas de choisir entre ces outils mais d’en permettre une l’utilisation rationnelle de plusieurs outils, ayant chacun un usage précis, dans un contexte unifié. Pas question de passer d’un outil à un autre : le collaborateur doit tout avoir sous la main en même temps et ne pas avoir à se soucier de la manière dont toutes ces briques communiquent entre elles. J’ajouterai que la DSI ne peut pas non plus se permettre de continuer à construire des ponts entre une multitude d’outil qui évoluent chacun au grès de leur éditeur respectif avec les risques de recouvrement que cela finit par impliquer et des passerelles à redévelopper en permanence.

Dans cette logique l’émergence du réseau social en tant que problématique principale ne doit pas être traduire comme “un outil de plus” mais au contraire l’intégration de tout ce qui précède dans une logique unique et cohérente.

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L’entreprise 2.0 et le mythe de la création de contenu

Le carburant du web 2.0 est le “user generated content” (ou UGC) et, logiquement, on se dit qu’il en ira de même en entreprise. Logique : lorsqu’on érige comme principe de connecter les individus à l’information et les individus entre eux via l’information, on comprend vite que l’existence d’une information publiée et partagée est le pivot des nouvelles formes d’intéractions que l’entreprise veut faire émerger.

Voilà pour le coté “expert”. Parce que coté entreprise ça n’est pas si simple. Je ne parle pas de créer et utiliser les contenus, je parle de la notion de contenu elle même.

On dit que les collaborateurs génèrent beaucoup de contenus. C’est vrai. Qu’ils en généreront de plus en plus. C’est également vrai. Qu’il faut les pousser à en générer encore plus. Pourquoi pas. Qu’il faut imaginer tous ces contenus ainsi créés pour comprendre l’impérieuse nécessité pour l’entreprise de basculer vers le cloud computing. Certainement. Mais…

Il en est des contenus comme des discussions : devant des choses ainsi présentées l’entreprise ne voit pas nécessairement son intérêt et le management peut même prendre peur, parfois à juste titre.

Une incompréhension, un malentendu qu’il s’agit de dissiper car sur le fond il n’y a rien à remettre en cause. Et ce sous deux aspects : celui de la formulation pure d’une part, et de l’organisation d’autre part.

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Le multitasking est il un mythe dangereux ?

Le “multitasking” est un des grands sujets de l’organisation du travail aujourd’hui. Il s’agit de la capacité présumée (et érigée en nécessité) pour les collaborateurs de faire plusieurs choses à la fois. Le phénomène du social media et la multiplicité des flux d’information auxquels sont exposés les collaborateurs ne fait que rendre de plus en plus centrale cette préoccupation.

J’ai bien peur que derrière la question du multitasking se cache une erreur fondamentale et dangereuse qui peut nous faire perdre de vue ce qui finalement compte vraiment.

Non, l’être humain ne peut être multitache. On ne peut faire qu’une seule chose à la fois et c’est ainsi encore pour un bon bout de temps même si je peux admettre que d’ici quelques siècles on aura peut être progressé dans ce domaine. Même la génération des digital natives dont on nous rabat les oreilles n’est pas plus multitache qu’une autre.

On confond trop souvent la capacité à “switcher” d’une activité à une autre avec celle d’être multitache. La nouvelle génération (mais un certain nombre d’anciens également) est capable de faire des aller et retours entre différentes tâches de manière très rapide, ce qu’on traduit à tort comme la capacité à être multitache. Ces personnes sont capables de transférer attention et énergie d’un sujet à un autre de manière très rapide, sans qu’ils soit pour autant vrai qu’ils les adressent conjointement. Le multitasking est donc plutot la capacité à switcher rapidement.

Quoique quand je parle de transférer l’attention il y a toutefois quelques limites et notamment celle qui fait que l’attention perd en intensité et que plus on est multitache plus le taux d’erreur dans les tâches accomplies est élevé. Pour vous en convaincre vous n’aurez qu’à lire cette excellente note trouvée grâce à un consultant aux mauvaises pensées.

Je vois d’ici les sourires en berne des chantres de la “productivité-comme-réponse-à-tous-les-maux-du-monde”. Et bien qu’ils se rassurent, car les effets sur l’entreprise seraient tout sauf positif. J’ai déjà mentionné le risque d’erreur accru. Mais il y a un autre aspect : l’incapacité à tenir les délais. Imaginez trois tâches A, B et C qui nécessiteraient 10 minutes chacunes (ou 10 heure ou 10 jours, peu importe).

Si elles sont effectuées à la suite, la première est finie à H+10, la seconde à H+20, la troisième à H+30.

Imaginez maintenant qu’elles soient effectuées de manière parcellaire, par tranche de 5 minutes. Ce qui nous donnerait peu ou prou cela :

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En somme, le multitasking peut être efficace si toutes les tâches doivent être terminées en même temps (mais alors quel intérêt). Par contre, quel que soit le nombre de tâches il ne permet pas de gagner de temps. J’ajouterai que je ne prend pas en compte le temps nécessaire à la reconcentration de l’individu entre deux tâches, qui nous amènerait à un retard général.

Ponctuellement cela peut servir à avancer une tâche (on pourrait faire A-B-B-A-C-C par exemple) mais en acceptant de mettre A très en retard. Et au final, de toute manière, il n’y a pas une minute de gagnée en global, plutôt du temps perdu.

Et voilà pourquoi je disais que se focaliser sur le multitasking risquait de nous faire perdre de vue l’essentiel.

L’individu est aujourd’hui arrosé, inondé de signaux et d’informations qui l’obligent à passer en multitache ce qui ne fait au final que réduire sa productivité alors même que les outils de communication sont supposés être faits pour l’améliorer. Ca n’est pas parce qu’un message est reçu qu’il est traité et les priorités des uns ne sont pas celles des autres. Mais visiblement ceux qui envoient les messages et ceux qui concoivent les outils qui les véhiculent n’ont pas l’air d’y penser.

Etant soumis à une multiplicité de flux qui conditionnent le contenu de son travail, il faut permettre au collaborateur de reprendre le leadership sur eux et de maitriser les canaux plutôt que d’être sous une cascade. J’aime d’ailleurs l’analogie qui consiste à dire qu’une douche multijet c’est agreable alors que se trouver sous une chute d’eau est plutôt douloureux…

La réponse à cette question a deux aspects.

• Le premier est comportemental : il faut savoir se couper des flux et se concentrer sur une tâche jusqu’à son terme, sans être dérangé.

• Le second est davantage technique : les outils mis à disposition des collaborateurs doivent leur permettre d’être les maitres et non les victimes des flux. Ils doivent pouvoir les prioriser, les mettre en attente, les détourner et faire en sorte que “si l’information est pertinente elle me parvienne…sinon elle attendra”. Bref les outils doivent leur permettre de construire leur supply chain d’information personnelle dont ils contrôleront contenu, débit et timing à partir d’une marketplace de l’information, d’une gare de routage. Et ce afin de prendre enfin en compte la réalité contenu du travail qui repose sur le traitement et l’exploitation de flux d’information qui sont la matière première du collaborateur. Une histoire de plomberie sans doute, et un enjeux crucial pour le social software et l’industrie du logiciel en général.

Le travailleur du web pris entre le marteau et l’enclume

Le Pew Research Center nous propose une fort intéressante étude intitulée Networked Workers et qui dresse un état des lieux des travailleurs du web aux Etats-Unis. Par travailleurs du web entendons tous ceux qui utilsent internet dans leur travail quotidien (pour information cela comprend également l’email).

Pour ce qui est des conclusions je vous renvoie à la note de Christophe Deschamps qui analyse avec lucidité les chiffres suivants :

  • 27% des travailleurs américains disent utiliser internet constamment au travail (“always on”) et 22% plusieurs fois par jour.
  • 80% considèrent que les technologies du web améliorent leurs capacités à bien faire leur travail.
  • 73% qu’elles les aident à partager des idées avec leurs collègues
  • 58% qu’elles leur offrent plus de flexibilité dans le travail quotidien
  • 56% disent travailler à la maison en plus du bureau
  • 50% lisent leurs emails professionnels le week-end
  • 49% disent aussi que ces technologies ont accru leur niveau de stress
  • et 49% (les mêmes?) qu’elles compliquent la possibilité de “déconnecter” lorsqu’ils sont à la maison ou en vacance.
  • l’email et les possibilités qu’il offre dans le cadre professionnel

Bilan :

  • nous sommes de plus en plus connectés au web et c’est une aide évidente dans notre travail quotidien.
  • la confusion professionnel/privé est de plus en plus forte et peut avoir des conséquences négatives sur la santé des individus (mais aussi, plus globalement, sur la cellule familialle et encore plus globalement sur la société au sens large : la Société).

Précisons que les technologies envisagées dans cette étude sont de deux types :

  • la connexion au web, c’est à dire le moyen d’accéder, via des requêtes ou ses favoris, à l’information utile,
  • Ce qui se résume en quelques mots par : “c’est pratique mais ça commence à devenir diablement envahissant”.

    Atteint on la limite du web comme plateforme de travail où la limite d’une utilisation dépassée ? Partant du principe qui m’est cher que l’outil n’est bon ou mauvais, efficace ou pas, qu’en fonction de l’usage qu’on en fait, je suis plus enclin à pencher pour la seconde solution, et voici pourquoi.

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    Je suis plus productif en me débarassant des outils que j’utilise

    Après une longue réflexion je me suis rendu compte que les outils que j’utilisais étaient une source d’improductivité considérable. Et que ceux que je n’utilise pas me procurent des services inouïs.

    Faites y attention dans les jours qui viennent, au bureau. Essayez de prendre du recul sur votre propre expérience et écoutez vos voisins, je pense que vous arriverez au même constat que moi.

    Quand quelqu’un parle d’utiliser un outil, ou que vous avez clairement l’impression d’en utiliser un c’est qu’il y a un problème : le simple fait d’avoir conscience d’utiliser quelque chose crée une disruption dans notre travail, une interuption, demande un effort. En deux mots : notre effort ne concerne plus notre travail mais l’utiliser des outils qui nous permettent de le faire. Et à y regarder de plus près c’est dramatique.

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    Vers une nécessaire évolution des référentiels de compétence

    Florence Meichel nous pointe un fort intéressant document sur ce que doit être le référentiel de compétences de l’étudiant du XXIe siècle.

    Sur que le sujet ne manquera pas d’intéresser mes amies les Geemiks.

    Je ne peux m’empêcher de me poser une autre question. Sachant que les étudiants deviennent un jour des professionnels et sachant que l’apprentissage permanent est central dans la performance des collaborateurs dans une économie de la connaissance, ce référentiel n’est il pas tout bonnement un référentiel de compétences pour tout collaborateur ?

    Au delà de cette question se pose bien sur celle du temps dédié à l’acquisition de connaissance dans l’entreprise. Essentiel pour l’individu, important pour la performance de l’entreprise qui le ressent d’ailleurs comme tel mais préfèrerait que cela se passe hors des heures de travail. Vous n’êtes pas un bon professionnel si vous ne vous tenez pas informé. Mais si vous vous tenez informé sur votre lieu de travail vous n’êtes qu’un dilettante.

    Ce qui me fait d’ailleurs penser qu’il ne suffit pas de valider que votre collaborateur ou que vos étudiants aient ou développent ces compétences, il faut leur donner la possibilité de les mettre en œuvre au travail ou à l’école.

    Cela vous inspire ?