J’ai la chance d’avoir au dessus de moi une personne qui apprécie les visions sortant des sentiers battus et qui s’ingénie à titiller votre imagination en vous donnant juste une piste de réflexion, libre à vous de vous l’approprier à votre manière. C’est le secret de l’innovation d’ailleurs, laisser aller les réflexions où elles le désirent sans les enfermer dans un un carcan.
Tout cela pour vous dire que j’ai reçu un bel appel du pied m’incitant à m’interresser aux Castels. Je vous invite pour comprendre ce qui suit à aller lire cette note, ma culture hispanique étant limitée à sa plus simple expression.
En effet comme pressenti ce post m’a largement inspiré mais au delà même de blueKiwi ou de toute forme de système d’information. La manière dont se construit et, surtout, dont tient à l’équilibre un Castel est assez proche de la vision d’entreprise intelligente telle que je la conçoit.
En effet il ne faut pas imaginer une telle structure comme fixe, immobile, à laquelle s’ajoutent peu à peu d’autres individus comme on le ferait avec un chateau de cartes. Un Castel, que ce soit pendant sa construction ou lorsqu’il est achevé, à l’équilibre bouge. Les individus bougent, un pied, une main, une épaule. Parfois parce qu’il s’agit d’êtres humains tout simplement, parfois par erreur, un faux mouvement, une mini glissade. On peut imaginer qu’un seul de ces gestes fasse écrouler la pyramide humaine…et bien non.
Si un individu bouge, son voisin s’adapte afin de maintenir l’équilibre…ce qui l’oblige à bouger donc il va de même pour son voison à lui. Nul transmission d’un message du genre “attention je vais avoir le bras qui glisse” qui remonterait au somment pour enfin redescendre afin que tout le monde s’y attende. Ce serait vain. Chacun a conscience de l’autre, anticipe, s’adapte en fonction d’une foule de micro données: une parole, le sentiment d’une pression relachée ou augmentée sur une épaule, un pied qui devine le mouvement d’un bras situé en dessous.
Cette pyramide humaine réunit, pour tenir debout, plusieurs caractéristiques: l’autonomie de décision de chaque acteur, une perception aigüe de sa place et de son rôle dans la structure ainsi que de ses rapports aux autres. La pyramide bouge, vit, en réagissant à une foule de micro événements par une foule de micro ajustements qui inconscients. Chacun remplit son rôle, est à l’écoute de l’autre et s’adapte à l’autre. Chaque décision d’ajustement est individuelle mais prise en fonction d’une perception de l’environnement et dans le but de favoriser un objectif collectif. D’ailleurs chaque micro ajustement provoque une chaine de micro ajustements quasi imperceptibles.
On a donc une structure (la pyramide) unie par un but, des objectifs partagés (s’ériger et se maintenir à l’équilibre), qui ne doit sa réussite qu’à une masse de micro décisions individuelles qui trouvent malgré tout une cohérence globale. Pour être pertinentes ces micro décisions se fondent, au surplus, sur une attention perpetuelle portée à l’environnement et finissent en bout de chaine par apporter une réponse collective (l’enchainement des ajustements) à une problématique isolée (un eternuement?) qui aurait pu faire effondre l’édifice.
Voici des pratiques à transposer dans l’entreprise au niveau des hommes. Après s’il faut des moyens techniques pour rendre cela réalisable des solutions existent. Mais les pratiques passent avant tout, elles sont la base de tout et le meilleur outil sera inefficace tant que des comportements similaires à ceux des personnes formant un Castell ne seront pas adoptés.
Une autre vision de la chose est également de voir comment des hommes font pour s’élever ensemble et se rendre compte que le sommet de la pyramide ne tient que par sa base.
Une dernière chose: je faisais l’analogie avec un chateau de cartes. Vous savez pourquoi le chateau s’effondre souvent et pas le Castell. Car les cartes se s’adaptent pas les unes aux autres et à leur environnement. C’est tout.

Le concept d’organisation apprenante (0A) a été défini en 1978 par Argyris et Schön comme la “détection et la correction des erreurs”. Soit mais encore…? L’organisation apprenante définit donc seule ses structures et ses stratégies afin de tirer enseignement de son expérience pour devenir plus performante dans l’avenir.
Une communication implicante et fructueuse se fait elle plutôt à l’écrit ou à l’oral. C’est la question que l’on peut se poser après deux articles parus chez
Les hasards du caliendrier sont parfois heureux. Ainsi alors que dans des billets récents je vous montrais en quoi des blogs internes de salariés pouvaient être un outil de développement, d’expression et d’identification du leadership, je viens de trouver une analyse confirmant mon idée dans le Figaro de la semaine qui s’achève (edition du Lundi 20 mars, cahier entreprises et emploi).
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