Warning: strlen() expects parameter 1 to be string, array given in /homez.65/duperrin/www/wp-content/plugins/simply-exclude/simplyexclude.php on line 1449
Intelligence-collective | Bloc-Notes de Bertrand Duperrin - Part 2

L’entreprise telle une pyramide humaine

CastellJ’ai la chance d’avoir au dessus de moi une personne qui apprécie les visions sortant des sentiers battus et qui s’ingénie à titiller votre imagination en vous donnant juste une piste de réflexion, libre à vous de vous l’approprier à votre manière. C’est le secret de l’innovation d’ailleurs, laisser aller les réflexions où elles le désirent sans les enfermer dans un un carcan.

Tout cela pour vous dire que j’ai reçu un bel appel du pied m’incitant à m’interresser aux Castels. Je vous invite pour comprendre ce qui suit à aller lire cette note, ma culture hispanique étant limitée à sa plus simple expression.

En effet comme pressenti ce post m’a largement inspiré mais au delà même de blueKiwi ou de toute forme de système d’information. La manière dont se construit et, surtout, dont tient à l’équilibre un Castel est assez proche de la vision d’entreprise intelligente telle que je la conçoit.

En effet il ne faut pas imaginer une telle structure comme fixe, immobile, à laquelle s’ajoutent peu à peu d’autres individus comme on le ferait avec un chateau de cartes. Un Castel, que ce soit pendant sa construction ou lorsqu’il est achevé, à l’équilibre bouge. Les individus bougent, un pied, une main, une épaule. Parfois parce qu’il s’agit d’êtres humains tout simplement, parfois par erreur, un faux mouvement, une mini glissade. On peut imaginer qu’un seul de ces gestes fasse écrouler la pyramide humaine…et bien non.

Si un individu bouge, son voisin s’adapte afin de maintenir l’équilibre…ce qui l’oblige à bouger donc il va de même pour son voison à lui. Nul transmission d’un message du genre “attention je vais avoir le bras qui glisse” qui remonterait au somment pour enfin redescendre afin que tout le monde s’y attende. Ce serait vain. Chacun a conscience de l’autre, anticipe, s’adapte en fonction d’une foule de micro données: une parole, le sentiment d’une pression relachée ou augmentée sur une épaule, un pied qui devine le mouvement d’un bras situé en dessous.

Cette pyramide humaine réunit, pour tenir debout, plusieurs caractéristiques: l’autonomie de décision de chaque acteur, une perception aigüe de sa place et de son rôle dans la structure ainsi que de ses rapports aux autres. La pyramide bouge, vit, en réagissant à une foule de micro événements par une foule de micro ajustements qui inconscients. Chacun remplit son rôle, est à l’écoute de l’autre et s’adapte à l’autre. Chaque décision d’ajustement est individuelle mais prise en fonction d’une perception de l’environnement et dans le but de favoriser un objectif collectif. D’ailleurs chaque micro ajustement provoque une chaine de micro ajustements quasi imperceptibles.

On a donc une structure (la pyramide) unie par un but, des objectifs partagés (s’ériger et se maintenir à l’équilibre), qui ne doit sa réussite qu’à une masse de micro décisions individuelles qui trouvent malgré tout une cohérence globale. Pour être pertinentes ces micro décisions se fondent, au surplus, sur une attention perpetuelle portée à l’environnement et finissent en bout de chaine par apporter une réponse collective (l’enchainement des ajustements) à une problématique isolée (un eternuement?) qui aurait pu faire effondre l’édifice.

Voici des pratiques à transposer dans l’entreprise au niveau des hommes. Après s’il faut des moyens techniques pour rendre cela réalisable des solutions existent. Mais les pratiques passent avant tout, elles sont la base de tout et le meilleur outil sera inefficace tant que des comportements similaires à ceux des personnes formant un Castell ne seront pas adoptés.

Une autre vision de la chose est également de voir comment des hommes font pour s’élever ensemble et se rendre compte que le sommet de la pyramide ne tient que par sa base.

Une dernière chose: je faisais l’analogie avec un chateau de cartes. Vous savez pourquoi le chateau s’effondre souvent et pas le Castell. Car les cartes se s’adaptent pas les unes aux autres et à leur environnement. C’est tout.

Aller vers l’entreprise 2.0 c’est tout simplement anticiper

entreprise2.0Il existe nombre de freins à la mise en place de réelles dynamiques collectives et des outils allant avec. Au nombre de ceux-ci de nombreuses peurs, le syndrome du “on a toujours fait comme ça” et les traditionnels “on n’est pas prêt” et “c’est bon pour les autres mais pas pour nous”.

Ma vision est autre et comme je le dis souvent, un changement voulu étant toujours meilleur qu’un changement subi, autant prendre un train d’avance sur les autres. Je dis souvent aux décideurs que je rencontre, qu’il y a aujourd’hui une quantité impressionnante de jeunes qui utilisent des blogs, des wikis, pour qui le partage d’information, de ressources, de travaux est une seconde nature. Lorsqu’on me dit “on embauche pas d’ados chez nous” avec un petit clin d’oeil je fais simplement remarquer depuis le temps les ados et grandis et fréquentent même les bancs de l’enseignement supérieur. Demain ils seront vos stagiaires, vos juniors, demanderont des wikis, des blogs internes (voire externes…de toute manière s’ils n’existent pas ils les créeront de leur coté) et qu’à ce moment il faudra bien agir sous la pression d’une classe d’age qui imposera ses méthodes. Si cela vous fait encore sourire j’ajouterais que ces personnes commencent déjà à arriver sur le marché du travail et que certains auront des postes d’encadrement d’ici 2/3 ans…et que les promotions à venir seront pleines de leurs clones.

L’entreprise ne se fait pas dicter ses choix me dira t-on. Permettez moi d’en douter. Le mail est entré dans nombre d’entreprises car les employés en avaient un à titre personnel et désiraient utiliser cet outil dans leur vie professionnelle. De la même manière nombre de sites d’entreprises ont été réalisés vers 1997/99 sous la pression soit des clients soit des salariés.

Deux choses pour étayer mes propos.

“Where the Internet goes the Intranet will surely follow…”

Autrement dit il est certain que vos collaborateurs, gros utilisateurs d’outils “2.0″ dans leur vie de tous les jours seront un jour demandeur de fonctionnalités identiques en interne. Voire en seront les prescripteurs selon leur niveau de responsabilité.

“They are the future and they’re coming soon to a workplace near you”

Tel est l’intitulé d’un dossier du Financial Times dont j’ai eu vent via Jane McConnell. On y apprend la vision que les jeunes arrivant sur le marché ont du travail, de l’organisation, du management, imprégnés qu’ils sont par une culture à forte dominante jeux vidéos/web.

Je me permet de citer la fin de son article, qui décrit la vision du travail qu’ont ces jeunes et qui correspond pleinement à celle que j’essaie de proumouvoir (et que je m’applique à moi même par ailleurs)

  • il faut réagir prenant les décisions rapidement sur la base d’éléments qui changent constamment,
  • avoir des retours visibles, des récompenses immédiates
  • il n’est pas pénalisant de perdre – on peut recommencer autant que l’on veut
  • l’apprentissage se passe de façon informelle et entre copains
  • le succès se mesure par compléter des tâches et non pas en faisant tant d’heures de présence

C’est leur vision de l’entreprise et on les rendra malheureux et moins productifs en les enfermant dans un carcan. Ils sont certainement la première génération réellement porteuse d’un concept d’intelligence collective acquis avant l’entrée sur le marché du travail. Nous sommes nombreux à nous intéresser à la question parce que nous avons cherché à améliorer les systèmes que nous avons cotoyé. Chez eux c’est inné et les brider serait un non sens managérial alors même que les entreprises veulent aller vers une optimisation de leur intelligence collective.Reste à trouver comment mettre en place ces pratiques dans des “world companies”.Passer à l’entreprise 2.0 c’est anticiper une plus grande efficacité de vos recrues de demain, voire se donner les moyens d’attirer les meilleurs qui seront sensibles à votre organisation.

L’organisation apprenante (1): le concept et quelques interrogations

intelligenceLe concept d’organisation apprenante (0A) a été défini en 1978 par Argyris et Schön comme la “détection et la correction des erreurs”. Soit mais encore…? L’organisation apprenante définit donc seule ses structures et ses stratégies afin de tirer enseignement de son expérience pour devenir plus performante dans l’avenir.

On distinguerait dès lors trois formes d’organisation apprenante:

- Apprentissage en simple boucle: la société poursuit ses buts et objectifs tout en analysant ses erreurs et en les corrigeant.
- Apprentissage en double boucle: en plus de l’apprentissage en simple boucle, la société modifie ses process, ses normes ainsi que ses objectifs et sa stratégie. Dans le premier cas on tire parti de l’expérience pour améliorer la manière dont on atteint des buts inchangés, dans le second l’experience amène à remettre en cause la stratégie et les fondamentaux de l’entreprise.
- Deutéro apprentissage: il s’agit de la situation dans laquelle l’entreprise apprend à réaliser les deux formes d’apprentissages ci-dessus. Il s’agit en fait de préparer le terrain à l’apprentissage en faisant naitre la conscience de sa nécessité d’une part, et en déterminant des processus d’apprentissage d’autre part.

Dans le premier cas on est face à une simple problématique d’acceptation du changement, dans les deux autres on est face à une logique de transformation profonde de l’entreprise car on s’attaque au “pourquoi” et au “comment” du changement ce qui amène à travailler sur les “basics” de l’entreprise, ses coyances profondes, voire son identité.

Ce qui m’amène quelques interrogations que je vous soumet en attendant de les évoquer dans un prochain article:

- dans quelle mesure l’OA est un préalable à l’entreprise intelligente, quelles étapes lui manquent pour passer d’apprenante à intelligente?

- comment est recueillie l’expérience? Par qui? Comment est elle traitée (collectivement, individuellement…), comment décide t’on de la pertinence du changement

- qui élabore le changement, qui décide? Comment est gérée l’acceptation et l’adhésion au changement?

- quels sont les facteurs clé d’adhésion à une remise en cause quasi permanente de l’entreprise?

- quels freins ont été identifiés et rencontrés par les entreprises ayant entamé des démarches de type “double boucle” et “deutéro apprentissage”

- Eu égard à l’importance de la notion de feed-back, comment celui-ci était il généré et traité?

- au delà de la théorie quel a été l’impact réel dans les entreprises (…j’étais un peu jeune en 1978…) ?

Ainsi parlait Zara…

management de l'intelligence collective….Zarathoustra? Non. Olivier Zara, auteur de “management de l’intelligence collective” dont je tenais à vous parler. Le titre peut sembler emphatique mais il est à la hauteur de l’apport de l’ouvrage: complet, didactique, inscrivant sa notion phare dans une globalité et non comme un “concept magique”, lucide et abordable par tous. Un “must have”, une référence.

- Complet car on n’y parle d’intelligence collective de manière large: il y a des prérequis nécessaires, des accompagnements souhaitables, des engagements qui doivent être sans ambigüité.

- didactique car on nous fournit des manières de procéder, des guidelines. Mais en aucun cas des solutions toutes faites: ces guides sont à adapter à un contexte précis. C’est pour celà que je préfère parler de guides que de modus operandi.

- une notion s’inscrivant dans une globalité car, comme dit quelques lignes plus haut, l’intelligence collective ne s’appréhende pas seule. Il y va de la politique managériale, des valeurs, de l’accompagnement préalable, de la sensibilisation, de notions périphériques telles que le KM, des systèmes d’information adaptés. Ce n’est pas une notion isolée que l’on plaque sur un système mais le carrefour de nombreuses notions qui touchent tant aux Hommes qu’aux systèmes.
- lucide: car on nous parle également des risques, des freins, des effets néfastes à bien identifier en amont pour mieux les éviter.

- abordable par tous: car quiconque s’intéresse au KM, au management des hommes et aux best practices en la matière, aux systèmes d’information, à la stratégie…y trouvera son compte sans avoir à étudier au préablable moult concepts pour rendre l’ouvrage intelligible.

Il est des livres qu’on lit, il en est qu’on garde toujours sous la main. Celui ci fait partie de la seconde catégorie. Et je conseille sa lecture aussi bien aux décideurs qui doivent faire évoluer leur entreprise qu’aux personnes “sujettes” à un tel projet dans leur entreprise afin qu’elles s’approprient le concept, voient ses avantage et oublient leurs peurs et freins éventuels.
Management de l’intelligence collective“, par Olivier Zara.

Communication écrite ou orale?

conversationUne communication implicante et fructueuse se fait elle plutôt à l’écrit ou à l’oral. C’est la question que l’on peut se poser après deux articles parus chez Kathy Sierra. A priori dissonnants ils traduisent des logiques différentes et montrent que les deux voies, écrite ou orale, ont leur utilité suivant le contexte et l’objectif que l’on se fixe.

Dans le premier, basé sur des études médicales,on apprend que le face à face reste beaucoup plus efficace que l’écrit. D’où la question: “on mail, on blogue, on wikite (ça se dit ça?)”, aurions nous tort? En fait pas tout à fait. D’une part cela confirme l’importance du non verbal dans une conversation. D’autre part ce qui compte est davantage la réactivité. La preuve, à défaut de présence physique, l’article valorise le tchat vidéo. Ce qui favorise une bonne communication est donc la réactivité (conversation synchrone) et le visuel (non verbal).

Bizarrement on tend à promouvoir des solutions écrites et donc asynchrones dans les entreprises. Faisons nous fausse route? Non car tout est question d’objectif et ces solutions ont pour vocation d’aller au delà de la communication pour organiser la coopération, la co-construction et ainsi mobiliser l’intelligence collective de l’entreprise. Le caractère asynchrone est donc dans un cas gage de valeur ajoutée. Et puisque l’on parle de capitaliser dans la co-construction, ce qui impose une prise de parole réfléchie, cela me permet de faire le lien avec un second article de la même Kathy Sierra.

On y apprend pourquoi dans une discussion, celui qui l’emporte n’est pas forcément celui qui a raison, qui est capable d’apporter la meilleure solution, mais celui qui parle le plus vite. Prendre une décision sur le fondement de telles conversations ne permet pas d’avoir une vision précise vu que l’impression finale sera défavorable à celui qui n’aura pu convenablement s’exprimer.

C’est là l’intérêt des plateformes de dialogue collaboratif internes de type blog ou wiki. La communication étant asynchrone, chacun peut prendre le temps de formuler ses idées afin qu’elles soient prises en compte. Avec un dialogue synchrone on aurait réduit la place de la personne la plus pertinente dès lors qu’elle n’aurait pas été la plus prompte à s’exprimer.

Alors oral ou écrit? Asynchrone ou synchrone? Tout dépend de savoir s’il s’agit de passer un message ou de capitaliser sur une refléxion collective afin de co-construire.

Vers un nouveau leadership

leadership and managementLes hasards du caliendrier sont parfois heureux. Ainsi alors que dans des billets récents je vous montrais en quoi des blogs internes de salariés pouvaient être un outil de développement, d’expression et d’identification du leadership, je viens de trouver une analyse confirmant mon idée dans le Figaro de la semaine qui s’achève (edition du Lundi 20 mars, cahier entreprises et emploi).

L’auteur de la dite analyse n’est pas n’importe qui puisqu’il s’agit de Vincent Lenhardt.

Il nous dit qu’aujourd’hui “on ne peut plus baser un management uniquement sur la hiérarchie des ordres donné“. En suivant sa pensée on y apprend (sic.) que “le responsable qui [...] renonce à ses fantasmes de pouvoir et laisse ses collaborateurs se développer autour de lui met toute l’organisation en mouvement dans une dynamique d’intelligence collective“.

C’est exactement ce que, avec d’autres, nous nous employons à mettre en place chez  Dassault Systèmes aujourd’hui (et peut être chez vous demain?) en mettant en place un outil collaboratif favorisant le dialogue constructif, le partage, la prise d’initiative et la proposition, la formulation et l’éclosion des idées. Un autre aspect de cet outil est la possibilité qu’il offre de co-construire en se basant sur les discussions et les échanges de best practices. Par ailleurs nous accompagnons l’évolution des nouveaux usages naissants de tout cela (je dis bien naissants et non imposés, la différence est notable notamment en termes d’appropriation). Pourquoi vous dis je tout cela? Tout simplement parce que Vincent Lenhardt termine en disant:

Le dirigeant n’est plus celui qui travaille seul, trouve des idées puis les communique aux autres. En  permanence il est appelé à co-construire des solutions avec ses collaborateurs. Un nouveau rapport à lui-même et aux autres et un nouveau mode de fonctionnement s’impose à lui“.

C’est exactement un de nos crédos et une problématique forte que nous désirions adresser de manière prioritaire.

Pour entrer de plein pied dans une telle démarche il faut donc que chacun accepte une redistribution des cartes, réflechisse à son rôle non en terme de pouvoir mais en termes de rapports aux auttres. De nouveaux usages sont à mettre en place, et là où je vais plus loin c’est que je subordonne la réussite d’un tel changement à la mise en place d’un outil interne dont l’appropriation par les collaborateurs aidera a concrétiser le changement par quelque chose de tangible, au delà des mots et des bonnes intentions.

En tout cas cette position émanant d’une figure des rh françaises montre la nécessité pour les entreprises de repenser leur fonctionnement et leur management et devrait indiquer la voie aux managers comme aux services rh qu’il faut aujourd’hui prendre l’initiative de dépouissiérer beaucoup de choses pour mieux préparer demain.