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Intranet 2.0 | Bloc-Notes de Bertrand Duperrin - Part 2

Comment fait on un intranet 2.0 ?

Le web 2.0 engendre l’entreprise 2.0 qui est motorisée par son web à elle, l’intranet. Il est donc logique que ce dernier finisse par hériter, lui aussi, du qualificatif 2.0. Là où les choses se compliquent, c’est lorsqu’une personne curieuse ou dument mandatée par sa hiérarchie arrive avec la question fatidique : “comment faire pour que mon intranet devienne 2.0 ?”.  Devant le regard plein d’espoir de son interlocuteur, le “spécialiste” prend alors le plus souvent un air gêné et bredouille un “ça n’est pas si simple…” qu’il sait malheureusement déceptif. Ou alors il part dans un long monologue assuré et se voulant rassurant afin de montrer qu’il a tout compris alors qu’il a simplement oublié de s’intéresser aux besoins caché derrière cette demande.

Essayons donc d’y voir un peu plus clair.

Qu’est ce qu’un intranet ?

Autant commencer par le commencement. Attention, il n’y a pas de bonne réponse à cette question. Il n’y aura que la réponse que vous fera votre interlocuteur (et encore il importera de creuser la réalité de la situation derrière une expression de besoin souvent maladroite). Suivant les personnes l’intranet est un espace où l’entreprise met de l’information a destination des collaborateurs, pour d’autres il s’agit d’un endroit où ces derniers auront accès à des applications métier, pour d’autres enfin il peut s’agir d’un espace à leur disposition pour s’organiser et travailler hors des applications métier. Que votre interlocuteur soit de la Dir’Com, de la DRH, de la DSI, d’une direction métier voire un manager pour son équipe, vous aurez autant de vision différentes du rôle de l’intranet. Et pas nécessairement compatibles entre elles.

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Un contenu est il social par nature ou par besoin ?

Le web 2.0 autrement appelé “web social” et l’entreprise du même qualificatif sont nés sur l’hypothèse suivante : au sein d’un périmètre humain donné l’information gagne à être systématiquement partagée et les discussions publiques partant du principe qu’on ne sait jamais qui est susceptible d’enrichir le travail de l’autre, lui apporter une solution, et qu’il est plus efficace de laisser chacun se positionner sur l’information qui l’intéresse que de pousser cette dernière à ceux qu’elle n’intéresse pas tout en ignorant ceux dont on ne sait pas qu’elle peut les intéresser.

Bien entendu j’attire votre attention sur la notion de “périmètre” : on ne parle pas de libérer l’information aux quatre vents mais au sein d’un périmètre déterminé en fonction de contraintes propres à chaque situation. C’est ainsi que sur internet on peut publier sur un blog ou au sein d’un groupe d’amis sur Facebook, voire d’une communauté professionnelle sur LinkedIn et qu’au sein de l’entreprise on pourra s’adresser à tous, aux membres de son département, de son équipe…

Force est de reconnaitre que tout le monde n’est pas à l’aise avec cette logique. Tout d’abord parce que pour la plupart nous avons été professionnellement éduqués à faire exactement l’inverse, à garder l’information pour soi et à voir l’autre comme un danger plutôt que comme une opportunité. Ensuite, parce que c’est très humain d’avoir toujours peur du regard des autres sur son travail, surtout lorsqu’il est encore inabouti. Ce qui provoque d’ailleurs un drole de paradoxe puisque c’est quand nous avons le plus besoin de l’avis des autres (projet en chantier, mode résolution de problème…) qu’on rechigne le plus à partager avec eux.

Bien sur, cela peut en partie se résoudre organisationnellement. On décide que tel type d’information doit être partagé, c’est dans le workflow et c’est comme ça. Bien sur on démarrera avec des informations dont le partage est acceptable pour la majorité, quitte a pousser plus loin lorsqu’ils se seront rendu compte qu’au final c’est moins difficile que ça en a l’air. Si on ne peut arriver à tout avec un baton et une carotte, cela permet parfois de donner le mouvement initial.

Mais cela ne règle pas tout : il y a une dimension profondément liée à l’inconscient individuel et collectif qui ne change pas d’un claquement de doigts. En attendant le déferlement promis de la Generation Y, de son ultraconnectivité et de sa science du partage à bon escient, il faut bien apprendre à faire avec les mauvais reflexes acquis par tout ceux qui ont à peu près 30 ans et plus.

Cela revêt une double importance tant dans la composante humaine du projet de changement que dans la manière même dont on doit penser les outils qui seront mis à disposition.

Doit on penser qu’il faille s’aligner sur une logique où tout (ou presque…soyons raisonnables) a vocation à être partagé ? Ou sur la logique qui veut que tout soit vu au regard de besoins purement individuelles (tout ce que je fais ne sert qu’à moi, pour mes objectifs) avec la possibilité, lorsqu’on en a besoin, de rendre une information publique dans un certain périmètre, ce qui au départ est peut être plus sécurisant pour beaucoup de monde ? Si le résultat final doit être similaire dans les deux cas, la logique utilisée pour faire rentrer le collaborateur dans la démarche, elle, n’est pas du tout la même.

Bref, est il plus simple de partir d’une logique purement individuelle et d’amener le collaborateur à pousser peu à peu les murs ou de le jeter de suite dans le monde de l’information partageée ? A chaque cas sa démarche d’accompagnement, à chaque cas un modèle et une logique d’outils spécifique.

Participez au 4e Global Intranet Strategies Survey

Comme tous les ans, Jane McConnell travaille à sa traditionnelle étude sur l’état de l’art et les stratégies intranet des grandes entreprises. Une étude aux résultats toujours attendus et à l’intérêt certain.

Il est encore temps d’y participer jusqu’au 31 aout.

Je vais faire preuve de paresse en me contentant de republier (en anglais) son propre texte :

The 4th annual Global Intranet Strategies Survey opened at the end of June and will stay open until August 31. All participants receive a complimentary copy (pdf) of the ” Global Intranet Trends for 2010″ report that will be published in the second part of October.

The key themes this year are:

- The workplace: Are intranets catching up with what people need to do their jobs?
-  Collaboration: How does the online workplace support virtual teams and communities of practice?
-  Social media: To what extent is social media being used internally and for what purposes?
-  Search: Is enterprise search still a perennial problem? What strategies and resources are being put into place to optimize it?
-  Ownership, governance and strategy: Who owns the intranet and what operating models and strategies are in place to drive business value?
-  Measuring value: What indicators are being used to measure the value the intranet brings to an organisation: adoption, usage, satisfaction, workforce coverage, reduction of risk, business value?
Instructions for applying:
http://netjmc.com/survey/sign-up-JMC-global-intranet-survey-2009-2010.html

N’hésitez pas à participer, tout d’abord cela donne d’autant plus de valeur aux informations recueillies…et ensuite cela vous permet d’en recevoir une copie gratuite une fois qu’il sera réalisé.