Enjeux et axes de progrès de la fonction RH selon IBM

IBM vient de publier une étude réalisée auprès de 700 DRH et intitulée de manière prometteuse “Working Beyond Borders”.Je vous laisse prendre connaissance l’imposant et intéressant document par vous même mais voici, en quelques lignes, ce que j’en retiens moi même.

Pour commencer, la conclusion. On pouvait s’y attendre mais elle ne fait que confirmer ce que beaucoup savent depuis longtemps : dans le contexte économique et sur les marchés d’aujourd’hui, le principal challenge de la fonction RH est de développer le travail “au delà des frontières”. Qu’est ce que cela signifie :

  • capacité à sortir des silos de l’entreprise et collaborer à travers les fonctions, les pays.
  • capacité à travailler aux frontières de ses compétences propres : mobiliser les expertises que l’on ne détient pas soi même et en acquérir de nouvelles de manière souple, flexible, réactive.
  • capacité à travailler au delà des frontières de l’entreprise avec les partenaires, les clients
  • capacité à mobiliser hors de sa zone de confort et d’autorité ce qui implique le développement de nouvelles formes de leadership.

Des enjeux de créativité, de flexibilité, d’agilité, que les DRH entendent adresser de plusieurs manières :

  • • Développer des leaders créatifs qui auront une manière d’appréhender les challenges et développer les opportunités en phase avec notre temps. Des “intrapreneurs” capables de réagir de manière innovante et mobiliser les énergies autours d’eux.
  • • Développer la rapidité et la flexibilité par la simplification des process et des salariés plus adaptables
  • • Capitaliser sur l’intelligence collective en trouvant de nouvelles manières de connecter les individus entre eux.

Plus intéressant encore, un des nombreux diagrammes de l’étude :

On y apprend que s’il existe des domaines où les DRH s’estiment efficaces, il en est dont ils considèrent non seulement qu’ils seront essentiels demain mais où ils reconnaissent aujourd’hui être largement en deçà du seuil d’efficacité requis. Je cite : renforcer la collaboration et le partage de savoirs, développer des leaders et développer rapidement les talents et compétences.

Maintenant qu’on connait la direction, il n’y a plus qu’à…. Mais la route me semble bien longue même si on voit bien l’étendue des opportunités à saisir.

Un dernier tableau pour finir :

Je pense que nous sommes tous d’accord. Maintenant au travail !

Peut on s’organiser sans organisation ?

Je me demandais dans un dernier billet si nous n’allions pas vers une économie que j’appelais économie du projet ou du partenariat. De la même manière je me demandais après avoir rencontré Don Tapscott et lu “Wikinomics” via une application de la loi de Coase dans un sens désormais inverse à ce que l’on a pu connaitre jusqu’à présent. Après tout c’est fort logique : si des coûts de transaction élevés justifient la création d’organisations telles que nous les connaissons, il peut sembler logique de se demander ce qui va se passer maintenant que les coûts de transaction sur le capital immatériel ont été drastiquement abaissés.

C’est justement la question que pose avec à propos Francis Pisani à l’occasion de la lecture de Here Comes Everybody.

[Read more...]

L’entreprise 2.0…dernière étape avant l’économie du projet ?

Il y a quelques mois je me demandais si nous n’étions pas sur la route d’une externalisation inéluctable des fonctions non structurantes de l’entreprise, ce qui entrainerait paradoxalement de mettre la création de valeur hors de l’entreprise pour se contenter de gérer son utilisation en fonction des besoins. Je ne dis pas que ce modèle me séduit, loin de là. Je me suis contenté à cette occasion de laisser mon raisonnement aller à son terme quitte à arriver à une conclusion qui ne présente pas que des avantages, loin de là. Question d’objectivité.

On m’a rappelé cette note dernièrement en me disant : “c’est plus réel que tu ne le penses, dans les grandes entreprises si on mesurait les ressources utilisées par le système, voire à contourner ou se battre contre ce dernier, comparativement à celles utilisées pour produire on ferait une crise cardiaque”. Venant d’un ami controleur financier adepte du contrôle absolu cela m’a laissé pensif.

Revenons sur le modèle d’organisation proposé par l’entreprise telle qu’elle se dessine dans le futur (peu importe comment on la nomme). Ayons un regard sur le modèle d’engagement proposé par les “digital natives” qui relève davantage du partenariat que du salariat stricto sensu. Regardons enfin la loi de Coase (la taille des entreprises est proportionnelle aux coûts d’acquisition…hors qu’en est il des couts d’acquisition de l’information aujourd’hui ?) dont je trouve qu’elle s’applique plus que jamais, mais pour une fois dans le sens du régime et non du surpoids de l’entreprise. Et pour finir regardons ce qui se passe chez innocentive par exemple, voire, plus près de chez nous, chez Expert-Desk (voir aussi ici). [Read more...]

Discussions avec Michel Hervé (1) : le principe de subsidiarité dans l’entreprise

Jeudi j’ai eu la change de passer mon après midi avec Michel Hervé. Nous nous étions maintes fois croisés lors de divers évènements sans jamais avoir eu le temps de trop échanger et avions donc décidé de nous voir hors du brouhaha et des sollicitations des conférences. Voilà qui est fait.

J’ai déjà suffisamment parlé du personnage sur ce blog (voir ici pour une petite synthèse) et il est impossible de résumer en un billet toute l’étendue de notre discussion et la multitude de messages qu’il a fait passer à cette occasion. Je m’attarderai plus précisément sur le principe de subsidiarité que j’ai trouvé fort intéressant car répondant à nombre de préoccupations des entreprises aujourd’hui, et sur le besoin de recréer du lien par l’information afin d’accroitre  la cohérence de l’action collective, qui fera l’objet d’une note à venir. [Read more...]