Les conversations font émerger un capital informationnel insoupçonné

Toute une partie des savoirs de l’entreprise n’est pas accessible à tous pour la simple et bonne raison que les individus n’ont pas conscience de l’importance de certains détails issus de leur expérience d’une part, et que personne ne sachant ce qu’ils ont fait l’organisation ne sait même pas qu’il y a un gisement de connaissances à explorer.

D’où l’importance de pas organiser exclusivement la collecte des savoirs sur la base de formulaires à remplir mais sous forme d’outils capables de capter des conversations, seule la conversation permettant de faire émerger “ce qu’on ne sait pas que les autres savent et qu’ils ne valorisent pas eux même”. Et donc de savoir “organiser” et stimuler des conversations autour de problématiques professionnelles.

Ce qui rappelle cette phrase de Donald Rumsfeld. L’individu n’est peut être pas l’évangéliste rêvé mais son constat est lourd de sens même s’il a pu faire largement sourir. Comme quoi on peut dire des choses sensées de manière totalement involontaire

“Il y a le connu connu. C’est à dire les choses que nous savons que nous savons.

Il y a l’inconnu connu. C’est à dire les choses que nous savons que nous se savons pas.

Puis il y a l’inconnu inconnu. Les choses que nous ignorons que nous ne savons pas”.

La connaissance se capture au fil de l’eau

On a longtemps échoué dans la capitalisation de la connaissance car on en faisait une tâche en tant que telle alors qu’elle doit se faire au fil de l’eau.

On a longtemps demandé aux individus de prendre du temps pour donner l’information, ce qui n’a pas fonctionné pour des raisons que tout le monde connait. Ce qu’il faut c’est organiser une captation de l’information en temps réel, c’est à dire intégrée aux tâches quotidiennes des individus afin de la rendre indolore.

Une des premières pistes, à mon avis, est de commencer par déplacer les flux existants vers des outils permettant capitalisation, partage et réutilisation. Pas de charge supplémentaire pour l’individu mais un gain au niveau de l’organisation. J’en parlais d’ailleurs ici.

Cela me semble d’ores et déjà fort adapté aux échanges concernant les best practices au quotidien…

En attendant, vous pouvez jeter un coup d’oeil à cette présentation.

Le partage de connaissances n’est pas une tâche mais une manière de travailler

Je viens de voir un excellent article sur le sujet, pointé par Martin Roulleaux-Dugage. Ce qui différencie le Knowledge Management traditionnel de son évolution 2.0, c’est bel et bien qu’il ne s’agit plus d’une tâche, d’une astreinte, mais d’une manière de faire les choses, indolore car s’exerçant au fil de l’eau.

Prendre du temps pour classer, renseigner, stocker, est une véritable charge qui a souvent amené les projets KM droit à un échec, relatif dans certains cas, total dans d’autres. Par contre, d’un clic, classer, publier, mettre à disposition une information dès lors qu’on l’identifie, publier rapidement de manière non structurée un avis, une note, et immédiatement identifier des documents et des personnes correspondant aux sujets que je traite actuellement relève davantage de la manière de travailler. Ca n’est plus une tâche pour laquelle je bloque du temps, c’est une activité permanente qui s’exerce en tâche de fond car elle n’est pas son propre objectif mais est liée à la résolution de mes problématiques quotidiennes.

Cela me rappelle la réponse qui est souvent la mienne lorsqu’on me demande combien de temps cela prendra à un groupe d’échanger ainsi ses connaissances, combien cela prendra aux responsables de stimuler ces dynamiques. Avec comme réponse attendue un temps exprimé en pavés d’une demi journée par semaine. J’ai coutume de répondre : ça ne prend pas longtemps mais ça en prend souvent. Mais si un vrai besoin métier est derrière ce sera quasi indolore. Des minutes et des secondes ici et là…au fil de l’eau…pas des heures quand on ne peut plus se défiler et qu’on le bacle fait sous la contrainte à contre cœur.