Le partage de connaissances n’est pas une tâche mais une manière de travailler

Je viens de voir un excellent article sur le sujet, pointé par Martin Roulleaux-Dugage. Ce qui différencie le Knowledge Management traditionnel de son évolution 2.0, c’est bel et bien qu’il ne s’agit plus d’une tâche, d’une astreinte, mais d’une manière de faire les choses, indolore car s’exerçant au fil de l’eau.

Prendre du temps pour classer, renseigner, stocker, est une véritable charge qui a souvent amené les projets KM droit à un échec, relatif dans certains cas, total dans d’autres. Par contre, d’un clic, classer, publier, mettre à disposition une information dès lors qu’on l’identifie, publier rapidement de manière non structurée un avis, une note, et immédiatement identifier des documents et des personnes correspondant aux sujets que je traite actuellement relève davantage de la manière de travailler. Ca n’est plus une tâche pour laquelle je bloque du temps, c’est une activité permanente qui s’exerce en tâche de fond car elle n’est pas son propre objectif mais est liée à la résolution de mes problématiques quotidiennes.

Cela me rappelle la réponse qui est souvent la mienne lorsqu’on me demande combien de temps cela prendra à un groupe d’échanger ainsi ses connaissances, combien cela prendra aux responsables de stimuler ces dynamiques. Avec comme réponse attendue un temps exprimé en pavés d’une demi journée par semaine. J’ai coutume de répondre : ça ne prend pas longtemps mais ça en prend souvent. Mais si un vrai besoin métier est derrière ce sera quasi indolore. Des minutes et des secondes ici et là…au fil de l’eau…pas des heures quand on ne peut plus se défiler et qu’on le bacle fait sous la contrainte à contre cœur.

Vers le “travailleur social”

On parle souvent des knowledge workers, de leurs besoins en termes d’organisation, d’outils, de savoir comment les manager, de savoir comment évaluer leur productivité (ce qui n’est rien d’autre qu’une nouvelle facette de la grande question sur la détermination de la valeur de l’immatériel qui n’a pas fini d’occuper nos têtes pensantes).

Même si elle tend à investir les débats depuis quelques temps, cette notion n’est pas de première jeunesse et concerne peu ou prou chaque individu qui utilise principalement l’information comme matière première…c’est à dire de plus en plus de monde aujourd’hui.

Des études plus poussées montrent qu’il existe différentes sortes de knowledge workers. Ca n’est que logique, la multiplication des métiers faisant appel à une bonne utilisation de l’information et du savoir entraine un élargissement du spectre des métiers du savoir ce qui implique une catégorisation désormais un peu plus fine afin de prendre en compte au mieux les spécificités de chacun.

En effet on part (trop ?) souvent du principe que toutes les personnes qui manipulent de l’information sont par définition demandeurs de plus d’intéractions, de connexions… ce qui au bout du compte n’est pas toujours vrai. Cela peut dépendre du métier exercé, du contexte, de l’organisation..

Dans cette perspective j’ai apprécié la notion de “social worker” que j’ai découverte sur le blog “the content economy“, une notion qui inclut également le besoin et le contexte organisationnel en plus des facteurs liés au métier.

[Read more...]

C’est quoi une entreprise en 2007 ? Votre production change

images-6.jpegEt oui, une entreprise, quelle qu’elle soit, ne produit plus en 2007 la même chose qu’en 1980. Et d’ailleurs elle dépense l’essentiel de ses ressources pour produire autre chose que le produit qu’elle commercialise. C’est vrai dans le monde du service et de l’immatériel, ça l’est également dans des secteurs d’activité plus traditionnels comme l’industrie.
Surprenant ? Peut être. Il suffit juste de regarder les faits.

A première vue, je le concède, rien n’a changé. Renault vend toujours des voitures, Danone des produits alimentaires, l’Oréal des cosmétiques…. Mais si on regarde la tendance 1960-1980-2007 force est de reconnaitre que ça n’est pas l’essentiel de leur production. D’ailleurs j’insiste lourdement sur la différence entre produit et production. Reprenons l’exemple d’un constructeur automobile, comparez le nombre de véhicules fabriqués en 1960, 1980 et aujourd’hui. Mettez en face le nombre de salariés affectés à leur fabrication et comparez le tout à l’effectif global de l’entreprise. L’essentiel du capital humain de l’entreprise n’est plus affecté à la production du produit final mais à la production d’autre chose. Et cet autre chose c’est… de l’information. [Read more...]