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Leadership | Bloc-Notes de Bertrand Duperrin - Part 2

Où l’on se rend compte du fossé entre management 2.0 et entreprise 2.0

J’avais quelque peu délaissé la thématique du management 2.0 qui avait été la ligne directrice de ce blog dès 2005 pour aborder celle, plus large, de l’entreprise 2.0 lors des deux dernières années. Quelque peu déçu que tout le monde se pique au jeu de faire rentrer des outils dans l’entreprise sans se poser le moins du monde la question du cadre de leur utilisation, question qui revient comme un boomerang à l’heure où on se rend compte qu’il ne suffit pas de petits ajustements périphériques pour donner une utilité aux outils mais une véritable refonte systémique pour qu’ils servent de catalyseur à un nouveau mode d’organisation.

Un rappel nous vient de Gary Hamel qui a publié dans l’édition de février de la Harvard Business Review un article intitulé “Moon shots for management” qui pose clairement les enjeux du management pour les années à venir.

A savoir :

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Le peu que j’ai retenu de “LeWeb08″

Deux jours sans rien écrire alors même que je suis “blogueur” officiel d’une conférence cela peut surprendre. Mais ne vous en faites pas, je trouve enfin quelques secondes pour vous faire un petit compte rendu de l’évènement…qui sera sans doute suivi par quelques retours plus approfondis sur les quelques choses que j’ai pu trouver  “inspirantes”. Si d’ici là j’arrive à en trouver.

Les raisons de mon silence pendant deux jours sont simples. Je suis incapable d’écrire, produire voire m’intéresser à quoi que que soit lorsque je suis transi de froid et ai les doigts engourdis, lorsque mon estomac crie famine, lorsque je n’ai aucune connexion internet valable pour communiquer et lorsque l’intérêt de ce que je vois confine au néant absolu. Manque de chance, tous ces ingrédients ont été réunis l’espace de 48h. Donc voilà pour le coté “moins”. Inutile de s’appesantir dessus, certains l’ont fait avec plus ou moins d’objectivité même s’il faut reconnaitre que si l’on se borne à constater les faits bruts on ne peut gère trouver de chose à redire. Après on peut toujours discuter la forme. Toujours est il qu’on saura pour l’avenir ce qu’il en coûte de parler d’amour dans un ancien funérarium.

NB : j’étais invité à la conférence. On pourrait penser qu’en tant que tel je n’ai déjà pas à me plaindre mais on peut également penser que pour être crédible il faut aussi savoir dire ce qui ne nous plait pas, même à regret. C’est la seconde option que j’ai choisi car j’aurais vraiment préféré avoir matière à être beaucoup plus positif sur ces deux journées finalement insipides sauf en matière de networking et de contacts “off conference”, où on a atteint un niveau rare en France.

Bon, revenons en à nos moutons, la conférence en elle même. Un plateau de choix, un thème “love” tellement loin des sentiers battus qu’il rendait tout possible et permettait un vrai appel d’air en des temps où les occasions de voir les choses sous un angle réjouissant ne sont pas forcément légion pour tout le monde. Dans une note annonçant la conférence je voyais à minima les bases d’une réflexion sur la remobilisation des écosystèmes d’entreprise, collaborateurs, clients, sur une manière de  repenser les mécanismes de création de valeur dans une logique de pérennité de la performance humaine et financière, d’envisager les intéractions sans cesse plus fortes entre l’entreprise et son environnement, l’organisation structurée et l’humain irrationnel, avec en toile de fond ce catalyseur de transformation sociologique qu’est le web.

Alors bien sur j’ai recherché principalement dans la conférence ce qui était en phase avec mes attentes et mon propre prisme. Et voici ce que j’ai trouvé et détaillerai dans un  futur que j’espère proche.

• Itey Talgam tout d’abord. A l’heure où l’on parle de transformer les organisations et de les rendre plus people-centric, on évoque souvent la nécessité d’un modèle d’engagement davantage fondé sur la volonté, l’attraction, le rapprochement, le sens, que sur la hiérarchie pure et dure. Ce qui ne veut pas dire pour autant que tout repose sur l’affectif et la bonne volonté. C’est le message que j’ai retenu de l’intervention de ce chef d’orchestre et qui peut expliquer nombre de dynamiques d’entreprise. Ca n’est pas parce qu’on ne recherche pas la contrainte que le signal provoquant l’implication ne doit pas répondre à des attentes en termes de sens, de directives, de cadrage… On en reparlera plus tard mais en attendant vous pouvez regarder son intervention, réflechir à la nécessité qu’un minimum de bottom up est nécessaire pour avoir un people-centrism harmonieux, et vous demander ce qui sépare aujourd’hui un orchestre de jazz d’un orchestre symphonique, si l’un est préférable à l’autre où si nous devons rechercher un modèle d’organisation qui permet à un orchestre symphonique de faire un boeuf lorsque l’urgence le demande.

• Le leadership selon Weinberger. Quelque part son propos est simple, voire évident. Lorsque peu ont accès à l’information le pouvoir se construit autours de la détention de celle-ci. A partir du moment où l’information est diffusée et accessible à tous, il faut construire de nouvelles formes de pouvoir distribuées. Un sujet passionnant tout autant que l’intervenant. Je reviendrai donc sur le sujet ultérieurement. En attendant on peut d’ores et déjà commencer à refléchir sur la transformaton du leadership dans le contexte d’un passage du offline au online, d’un monde vertical vers un monde connecté, d’un monde où l’information est rare à un monde où elle est largement accessible. On peut également se dire qu’il existe encore un fossé énorme entre la réalité “dans la vie” et celle de l’entreprise en ce qui concerne l’abondance d’information et son libre accès. Vous remarquerez enfin que Weinberger parle de leadership là où je parlais de pouvoir. Je pense en effet que les notions sont totalement différentes et que contrôle et autorité d’une part et leadership d’autre part ne se confondent pas.

•..et c’est tout, en tout cas selon mes propres attentes. Le “live blogging” dans une conférence est difficile car vu que tout est couvert et disponible en temps réel il n’y a guère de valeur ajoutée à “raconter” les choses en live. En général j’essaie de trouver une ligne directrice, un message, une “lumière” qui s’est allumée pendant l’évènement et me fait dire qu’après je ne verrai plus certaines choses de la même manière qu’avant, que je dois “revisiter” certains concepts en fonction… Mais là pour être honnête…rien. Manque de sens, de cohérence, de consistance ? Je n’en sais rien mais reste dubitatif. Peut être que ça viendra à tête reposée mais j’ai surtout l’impression d’avoir assisté à une énumération de lieux communs et de redites d’informations déjà lues et relues par ailleurs.

Lectures de vacances

Une fois n’estpas coutume j’ai plutot consacré mes quelques jours de vacances à des lectures distrayantes. Mais j’avais quand même glissé dans mes valises deux ouvrages qui méritent quelques lignes ici.

Tout d’abord Web 2.0: A Strategy Guide qui m’a laissé un sentiment mitigé. Un bouquin très complet et documenté, comme souvent chez O’Reilly. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le web 2.0 : quoi, pourquoi, comment ? “Strategies behind successful implementations” ? Surement. Mais en B2C uniquement. Si vous voulez faire la même chose à l’intérieur même de votre entreprise vous repartirez aussi dubitatif que vous êtes arrivés. Un livre à lire lorsque vous pensez surtout marketing et clients, pas si vous pensez d’abord à vos collaborateurs.

J’ai davantage trouvé mon compte avec The Starfish and the Spider: The Unstoppable Power of Leaderless Organizations. Ici on parle des organisations décentralisées. Le titre est inspiré de la comparaison entre l’étoile de mer et l’araignée, l’une étant dramatiquement handicapée lorsqu’on lui coupe une patte (voire la tête), l’autre se reproduisant  si on l’ampute d’une branche pour ne pas donner une étoile estropiée mais deux étoiles totalement valides. Sans ajouter qu’on ne visier le cerveau “central” de l’étoile…car elle n’en a pas. Qu’est ce qui fait que certaines formes d’organisations, économiques ou politiques, entreprises ou civilisations, ont survécu à toutes les attaques et d’autres, beaucoup plus puissantes en apparence, ont fini par décliner et disparaitre. Mais une organisation décentralisée ne se décrête pas, elle a besoin d’éléments constitutifs, Une certaine forme de leadership qui n’a rien à voir avec l’autorité et le pouvoir, une idéologie, et l’émergence d’un rôle inconnu ou non reconnu dans les organisations traditionnelles, le catalyseur, élément moteur de ces organisations et qui a à peu près toutes les caratéristiques opposées à celles d’un chef d’entreprise au sens traditionnel du terme.

Plus intéressant encore, et conscient qu’une entreprise ne peut fonctionner selon un modèle purement décentralisé, l’ouvrage se termine sur l’organisation hybride, alliant le meilleur des deux mondes

Entreprise 2.0 et capital organisationnel

Troisième billet de la série sur l’entreprise 2.0 et les actifs immatériels. Qu’entend on par capital organisationnel ? Il s’agit de la capacité qu’à l’organisation de mobiliser et supporter le processus de changement nécessaire pour exécuter la stratégie.

Le capital organisationnel se compose de quatre éléments :

- culture : appropriation de la vision et des valeurs clé nécessaires à l’exécution de la stratégie.

- leadership : présence de leaders qualifiés à tous les niveaux pour mobiliser l’organisation

- alignement : lien entre les objectifs et récompenses individuelles et collectives et l’atteinte des objectifs stratégiques

- travail d’équipe : partage de la connaissance au travers de l’organisation

De manière concrète ces composants se déclinent en changements comportementaux. Certains dédiés à la création de valeur (focus sur le client, être créatif et innovant, délivrer les résultats) et d’autres dédiés à l’exécution de la stratégie (comprendre la mission et les règles, lier le financier à la stratégie, communiquer avec transparence, travailler en équipe).

Je ne sais s’il faut que j’ajoute quelque chose. [Read more...]

Des citations entre bon sens et provocation

Il m’arrive au hasard de mes balades sur le web de trouver des citations qui valent vraiment la peine. Elles sont porteuses de sens par elles-même, même sorties de leur contexte. En général je les bookmarque mais ne les reprend pas sur ce blog.

Petite exception cette semaine où en l’espace de deux lectures j’en ai trouvé toute une série. Ou plutôt deux. L’une plutôt provocatrice recueillies par  Andrew McAfee, l’autre plus empreinte de bon sens, prise chez Jon Husband .

Pour des raisons évidentes de fainéantise, je les laisse en anglais…

Démarrons avec un peu de provocation…

Tim Brown, IDEO: Creative people aren’t interested in management.
Hal Varian, Google: ‘Statistician’ is the sexy job of the 21st century.
Henry Mitzberg, McGill: We are not living in time of great change. Companies will not save the world.
Eric Abrahamson, Columbia: Organizations are over-organized.
Yves Doz, INSEAD: The danger is to think that what’s new is exciting and good, while what’s old is bad and tired.
Keith Sawyer, Washington University: People are deeply uncomfortable with uncertainty.
James Surowiecki, The New Yorker: The centralization of decision-making is a conceptual error. Individuals are not better than the collective.

Jeffrey Pfeffer, Stanford: The language of economics is toxic to the practice of management.
Kevin Kelly, Wired: Productivity is for machines. If you can measure it, robots should do it.

Pour finir avec du bon sens…

Networks make organizational politics and culture explicit“ (Michael Schrage, MIT)

The most difficult thing about IBM’s transformation was that so many people delegated responsibility upwards” (Lou Gerstner, IBM CEO)

Hierarchy is a prosthesis for trust“ (Warren Bennis, USC)

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Le jeu est il l’avenir du manager ?

Je suis le premier à être convaincu que l’entreprise ne peut fonctionner sans un minimum de direction et de cadrage. L’entreprise n’est pas un parc d’attraction, les outils qu’on y utilise doivent d’abord servir des objectifs très concrêts avant même d’être “sociaux”, “fun” ou “sympas”. Idem pour le comportement des collaborateurs même si on assimile trop souvent “serieux” et “performance”, ce que je trouve regrettable au niveau de l’ambiance interne et de l’impact que cela a sur les résultats. Le manche a balais n’est en effet créateur de valeur que pour celui qui le vend et pour l’entreprise de nettoyage : utilisé comme norme comportementale il n’a que des effets néfastes.

Ceci étant dit, et si un juste milieu doit être trouvé, la culture innée des collaborateurs ne peut être négligée sous peine d’être bien incapables de leur permettre de délivrer leur plein potentiel dans le cadre de leur travail quotidien. L’occasion de méditer sur UPS qui a du revoir tout son processus de formation pour s’adapter aux nouvelles générations.

Nouvelle génération…parlons en justement.

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Communication interne et nouveau type de leadership

Rien de tel pour la qualité de la réflexion que lorsqu’un professionnel d’un domaine creuse une idée que vous aviez émise. C’est donc avec un fort intérêt que j’ai lu cette note d’Eric Camel qui faisait suite à mon billet sur le salarié 2.0. Il y pose quelques pistes quant à l’évolution nécessaire de la communication interne des entreprises.

Il y évoque également un ouvrage récemment paru, L’Avenir du travail, dont il nous livre un passage que je permet de reproduire ici tant il est significatif de la transformation que vont subir les organisations :

«Les leaders seront jugés sur des critères de court terme. Ils devront cependant avoir le temps de penser à long terme… Ils ne se distingueront plus par leurs capacités financières, mais par leur faculté d’entraînement et de créativité, leur capacité à valoriser les compétences et à en faire profiter l’entreprise. Ils seront de plus en plus interpellés par des organisations, des groupes de pression, des ONG, et conduits à faire la preuve de leur responsabilité envers leurs employés, leurs clients, leurs sous-traitants, leur environnement. Ils seront de plus en plus impliqués dans des réseaux externes à l’entreprise.»

Et moi je dis…”vivement demain”.

A propos du leadership

Une très bonne vision de ce qu’est un leader, chez Hervé Kabla. Pour ne pas oublier que petit chef n’est en aucun cas leader.

Changement et obsession du court terme

stratégieCet article m’est inspiré par un ancien billet d’Alain Lambert. Sa remarque concernait le monde politique et le pays en général, mais s’applique très bien au monde de l’entreprise.

Qu’est ce qui empêche parfois une entreprise de faire des choix qui seront positiviement déterminants dans l’avenir, quand bien même ils apparaitraient comme évidents? La tyrannie du court terme? Soit mais encore…

De fait l’entreprise en tant que telle n’a rien contre ce type de choix. Elle les trouve nécessaires et est prête à assumer les efforts nécessaires au changement. Le soucis est que l’entreprise “en tant que telle” est davantage une vue de l’esprit alors que les Hommes qui la composent sont une réalité bien plus concrête.

La caractéristique de ces “grands choix” est d’impliquer un changement significatif (agréable ou pas…c’est la notion même de changement qui est en jeu ici) dont les effets (positifs ou négatifs) ne seront visibles qu’à moyen terme (3 ans). Notons ici le décalage qui veut qu’à horizon humain 3 ans représentent du moyen/court terme alors que pour l’entreprise c’est du long (voire très long) terme. La planification stratégique à 10 ans a bel et bien vécu!.

Le changement implique, disions nous, efforts et incertitudes. Il se peut qu’il soit longuement contesté, que ses résultats tardent à apparaitre, qu’il faille un certain temps pour que l’investissement porte ses fruits. Le décideur se retrouve donc dans une situation inconfortable pour un certain temps. Peu importe, me direz vous, dans la mesure où 3 à 5 ans après il pourra, le sourrire aux lèvres, prouver que l’investissement, le changement, auront été rentables.

La phrase qui précède contient la réponse qui fait que rares sont ceux qui sont prêts à assumer ces choix. En effet lorsqu’on est à un niveau de décision permettant d’engager ce type de projet il est souvent plus rassurant de ne rien faire…en effet ce type de manager reste rarement plus de 5 ans au même poste. Prendre une décision qui ne portera ses fruits qu’à 3 ans risque de les faire partir sur ce qui ressemblera à un échec quand bien même le mal était nécessaire. Une décision court-termiste qui aura des conséquences immédiates positives et sera catastrophique à 5 ans sera paradoxalement moins risquée. Pour le décideur, pas pour l’entreprise cela s’entend.

Bon bien sur j’exagère un peu…mais nous tenons là un des facteurs limitants de réactivité des grandes entreprises. Par ailleurs je ne remet ici nullement en cause la bonne volonté des décideurs…c’est le rythme d’évolution des carrières qui dicte souvent l’horizon des décisions, au delà même de la volonté du décideur.