Entreprise 2.0 : prière de ne pas faire dans la demi-mesure

Résumé : nombre d’entreprises sont engagées dans un processus de transformation. Chacune avance a son rythme, en fonction de ses ambitions, de ses peurs, de ce qu’elle estime pouvoir faire et les terrains sur lequels elle ne veut pas s’aventurer. Mais pour quels résultats ? Comme on pouvait le craindre une étude McKinsey vient prouver qu’une telle démarche ne peut se satisfaire de demi-mesures. En effet les entreprises qui s’attaquent à la dimension organisationnelle et à l’évolution de leur processus business retirent infiniment plus de bénéfices que celles qui restent dans l’approche douce, communautaire et déconnectée des flux de travail. Pire encore, ces dernières non seulement n’avancent plus mais régressent peu à peu au fur et à mesure que le manque de sens, d’alignement, de cohérence décourage les plus convaincus.

 

Depuis le temps que j’observe le cheminement des entreprises dans le domaine de ce qu’on nomme le “social business” ou l’”entreprise 2.0″, le moins que je puisse dire est que certaines de mes convictions se retrouvent renforcées de jour en jour. Rassurez vous, il ne s’agit en aucun cas d’éclairs de génie ou de découvertes stupéfiantes mais de simples éléments de bon sens qui peuvent s’appliquer à n’importe quel projet en entreprise. Ce qui, par contre, pourrait mériter le qualificatif de “stupéfiant”, est d’avoir cru ou laissé croire aussi longtemps que des principes aussi élémentaires et fondamentaux allaient, pour une fois, ne pas s’appliquer. Comme si Airbus ou Boeing lançaient un nouveau projet d’appareil en se disant “tiens…pour celui ci on va faire abstraction de la gravité”.

En d’autres termes :

1°) Il est facile de démarrer rapidement avec des micro projets assez vendeurs et en tirer un bilan assez flatteur…quitte à arranger un peu la réalité.

2°) Miser sur la passion et l’engouement des gens permet d’y parvenir facilement. Mais plus on voudra aller loin dans l’ambition et le périmètre du projet plus il faudra une approche rationnelle en termes d’efficacité opérationnelle.

3°) Si on compare la courbe de progression à une belle côte qu’il s’agit de gravir, il arrive un temps où passion et engouement ne suffisent donc plus. C’est là que les logiques visant à “faire adopter” (qu’il s’agisse des outils ou des nouvelles pratiques…) montrent vite leurs limites. Elles peuvent, un temps, masquer l’absence de travail sur le sens et l’alignement mais ne sont plus suffisantes pour gravir les derniers kilomètres de la côte.

4°) Parler sens et alignement signifie rendre de nouveaux modes opératoires logiques, compris, cohérents dans le contexte de travail. Les rendre “structurels“. On ne peut y parvenir sans réflexion sur les pratiques managériale et l’évolution des business process, sujet Ô combien tabou en son temps mais qui commence à pointer le bout de son nez.

5°) On ne peut s’arrêter en route. On ne peut se dire “je vais jusqu’à telle étape mais pas question que je mette les mains dans la suivante”. Car c’est là que l’analogie avec une côte s’avère judicieuse : qui s’arrête en cours de chemin ne reste pas sur place mais régresse. En effet, avec le temps, même les plus convaincus reviennent sur terre, s’épuisent à ramer contre le courant, à adopter des comportements qui vont contre la nature de leur organisation voire contre leurs propres intérêts. Et ils finissent par lâcher prise.

En somme on peut installer tous les outils qu’on veut, sombrer dans l’illusion communautaire en se disant qu’il n’y a qu’à faire en sorte que les gens participent en plus de leur travail et que le tour sera joué. Si on ne passe pas à l’étape suivante l’intérêt va finir par retomber faute de cohérence, faute de bénéfices directement perceptibles par les collaborateurs et l’entreprise.

Je serais même prêt à parier que nombre de soit disant succès d’hier et aujourd’hui ne seront plus que de lointains souvenirs d’ici un an ou deux. Quand la bulle communautaire déconnectée de l’opérationnel et ne se reposant que sur l’envie des uns et des autres aura éclaté et avec elle les projets en trompe l’œil.

Et bien figurez vous que c’est peu ou prou les conclusions d’une récente étude de chez McKinsey. Que nous dit elle ?

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Entreprise 2.0 : des bénéfices rééls pour peu qu’on s’en donne la peine

McKinsey a publié récemment un nouveau rapport qui s’inscrit dans la lignée de ce qu’ils ont pu dire sur le sujet depuis un peu plus d’un an. Il s’agit d’une étude sur les bénéfices que tirent les entreprises du web 2.0. Après la compréhension, les conditions de réussite, McKinsey commence donc à évaluer les résultats concret. Comme souvent je dirais que ceux qui suivent le sujet de près ne trouveront rien de fondamentalement nouveau ici, seulement la confirmation d’analyses déjà largement publiées et commentées d’experts du secteur. L’intérêt, une fois encore, c’est que le label McKinsey aidera à aller secouer le cocotier interne.

Je vous laisse prendre connaissance du document qui a priori se passe de commentaires et se suffit à lui-même. En ce qui me concerne j’en retire certains points, certains confirmant mon sentiment, d’autres me surprenant un peu plus.

- Il y a des entreprises qui enregistrent des bénéfices significatifs. C’est déjà un point essentiel.

- Les entreprises qui enregistrent le plus grand nombre de gains tangibles sont géographiquement situées….en Inde, puis en Amérique du Nord puis vient l’Europe, un peu décrochée devant la zone Asie Pacifique. Je ne connais pas du tout l’Inde mais il m’est avis que ce classement est la preuve si besoin était de l’impact évident de la dimension culturelle sur les processus de changement et d’adoption.

- Les gains les plus flagrants concernent l’accès au savoir, aux experts. Ce qui me semble dans la lignée de la socialisation de process et de l’importance de la résolution de problèmes au quotidien.

- Les gains sont plus facilement mis en évidence et sont plus importants dans les entreprises générant plus d’un milliard de dollars de revenu. Certainement parce que les grandes entreprises sont celles qui ont développé au fil des années l’inertie structurelle la plus forte et donc où il y le plus de ressources gachées ou inexploitées. Une autre explication peut aussi être que les grandes entreprises essuient souvent les platres en défrichant la nouveauté longtemps avant que les entreprises de taille plus modeste leur emboitent le pas. Et dans ce cas l’effet d”expérience commence à jouer à plein.

- L’obtention de bénéfices se fait par une intégration poussée de la logique “social media” dans les workflows et le quotidien des collaborateurs. Je ne voudrais pas passer pour un vieux grincheux qui se répète mais j’ai l’impression que ce facteur essentiel est largement méconnu, ignoré. Il n’est pas question d’ajouter une quelconque logique conversationnelle sans aucun avec le travail quotidien de chacun mais bel et bien de se focaliser sur celui-ci. Mettre en place un projet de ce type sans se poser la question de repenser le travail quotidien, de dévier certains flux d’informations vers de nouveaux outils est à mon sens une garantie d’échec (ou de non progrès). Négliger ce point amène au final à des situations ou des community managers poussent de l’information en espérant être lus et, avec de la chance, avoir des réactions. Ce qui est à des années lumières de la situation du collaborateur qui n’a que faire de communautés conversationnelles qui ne l’aident en rien dans son quotidien. 75% des entreprise enregistrant des bénéfices tangibles ont intégré la dimension social média dans le “day to day work”. N’allez pas chercher plus loin ce qui sépare le succès de l’échec (à moins que nous n’ayons pas la même notion du succès).

- L’utilisation des outils par l’encadrement est essentiel. Naturellement, puisqu’on parle d’outils de travail, il est des domaines ou le community manager ne peut se substituer à ceux qui ont une légitimité opérationnelle. On en reparlera dans un futur billet d’ailleurs.

- Les projets 2.0 en entreprise vont au delà des frontières de cette dernière. On est pas sur une logique purement interne ou externe mais sur un périmètre global d’entreprise étendue : employés, partenaires et clients sont concernés. Ce qui confirme la tendance Social CRM et l’extension du périmètre des parties-prenantes.

- A ma grande surprise le sujet “innovation” est loin d’être en tête des domaines ou des gains significations sont enregistrés alors même qu’il s’agit d’une des pierres angulaires du discours entreprise 2.0 depuis le début. Faut il en conclure que, finalement, la démarche n’est pas pertinente ou, au contraire, que les entreprises ont du mal de mettre en place des logiques d’open innovation efficaces en raison des enjeux internes que cela comporte ? Ou que des approches trop généralistes (en termes de méthodologie comme d’outils) ne suffisent pas dans ce domaine ?

- Je reste un peu sur ma faim. Oui il a des des bénéfices dans tel ou tel domaine, mais peut être aimeront on en savoir plus, comment ils se matérialisent, se mesurent.

La suite au prochain numéro.

Faut il jeter votre service marketing aux orties ?

McKinsey a produit il y a peu un rapport intitulé “Manager au delà du Web 2.0″ (Managing beyond web 2.0) qui évoque les contraintes nouvelles d’une entreprise dans un monde interconnecté. Grosse déception pour ceux qui se sont fiés au titre pour se jeter sur le document en question, on y parle davantage des relations entre l’entreprise et son écosystème extérieur que de l’interne. Un titre totalement inadapté à mon avis, qui n’empêche pas le contenu d’être intéressant. Ceux qui suivent le sujet n’apprendront certainement pas grand chose, mais comme souvent le tampon “McKinsey” attirera les plus conservateurs, en général méfiants vis à vis du phénomène, et permettra aux autres d’avoir un document à présenter à leur comité de direction qui soit issu d’une source plus sérieuse qu’un blog.

L’idée de départ est connue de tous. Dans un monde sans cesse plus interconnecté, les consommateurs font d’eux mêmes des choses qui échappent totalement aux départements marketing et qui ne plaisent pas forcément à ces derniers. Ils se forgent eux même leur opinion sur un produit, se conseillent les uns et autres, partagent leurs retouts d’expérience positifs et négatifs et vont même jusqu’à proposer des idées d’amélioration ou de produits nouveaux. Conséquence : certains parlent des produits en bien, des communautés de clients convaincus et passionnés se forment, mais l’inverse est également vrai.

La vérité est que le marketing ne contrôle plus ce qui se dit. Pire, il n’est même plus écouté. D’où la conséquence (hativement ?) tirée par les auteurs du rapport : votre marketing est peu à peu en train d’être remplacé. Conséquence, plutôt que de continuer à pousser des messages, l’enteprise aurait tout à gagner à écouter. Cela n’est pas sans rappeler le débat sur le community management par ailleurs. Ceux que le sujet intéresse iront regarder avec intérêt le concept de chaine de valeur, revisité à l’aune du 2.0 et du “consomacteur” par Xavier Comtesse (très bien détaillé ici) et qui se schématise de manière fort éloquente.

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Je ne m’étendrai pas sur les nombreux exemples d’ideagoras, crowdsourcing et autres, déjà amplement traitées ici et ailleurs qui me semblent aller dans ce sens. Un exemple de plus de socialisation d’une partie d’un business.

McKinsey en tire un très pragmatique modèle judicieusement nommé LEAD (listen, experiment,apply,develop). Qui n’apporte rien de franchement nouveau à tout ce qui se dit sur le sujet depuis pas mal de temps, soit dit en passant. Et déjà mis en œuvre chez quelques leaders (P&G par exemple). Car finalement en pointant les faiblesses du marketing c’est indirectement la nécessité de repenser l’innovation qui est mise en avant ici.

Au delà donc de mes critiques sur le titre, je ne pense pas que la conclusion de l’article est l’inutilité du marketing. Ce dernier gagne à être repensé à l’aûne d’une chaine de valeur cohérente avec notre époque et davantage impliqué dans les processus d’innovation (et de sourcing des idées) qui se posent définitivement comme le carburant des entreprises pour les années à venir. Le passage d’une logique de push localisée à du pull globalisé ?

Quant à la conclusion qui pousse l’entreprise à se préparer d’ores et déjà pour le web 3.0, je vous laisse seuls juges de sa pertinence. Personne ne sachant clairement à quoi ce web 3.0 ressemblera et l’entreprise commençant à peine à comprendre le 2.0 pour se l’approprier sans erreurs et sans peur, je trouve l’injonction prématurée et superflue.

Une étude peu orientée “interne” donc. Mais tirer les conséquences de ce qui précède en termes de management interne est un exercice pour le moins intéressant dont je ne pense pas qu’il ait échappé aux gens de McKinsey.

Socialiser son processus de décision

Une bonne idée de socialisation de process concerne le processus de décision. Je vous conseille pour commencer de lire cette note de David Guillocheau qui m’a inspiré cette réflexion. Laquelle note est elle même inspirée de l’interessante intervention d’Olivier Sibony, directeur associé chez McKinsey, paru dans La Tribune il y a quelques temps.

Que quoi parle t’on ?

Prendre les bonnes décisions est essentiel à une entreprise. Rien de nouveau ici. Par contre Olivier Sibony nous donne des chiffres intéressants.

Entre ceux qui ont utilisé les outils d’analyse les plus avancés et ceux qui reconnaissent en être très loin, l’écart de performance est important : 2,7 points de retour sur investissement les séparent. Mais ceux qui ont aussi suivi un processus de décision rigoureux et objectif enregistrent une performance bien plus importante : le gain est de 7,3 points de ROI. En d’autres termes, il y a trois fois plus à gagner à utiliser un bon mode de prise de décision !

Je pense que l’impact de la “bonne” prise de décision est évidente et le ROI assez clair pour justifier qu’on investisse dans ce qui permet d’y parvenir. Maintenant il semblerait logique que la solution soit dans des outils structurant la décision, dans la définition d’indicateurs pertinents. Rien de social a priori. Quoique.

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McKinsey identifie les conditions de succès de l’entreprise 2.0

Cela faisait longtemps qu’ils n’avaient rien publié sur le sujet…voilà qui est fait. McKinsey fait le point sur l’avancée des projets web 2.0 en entreprise et en tire ce qu’ils estiment être les facteurs clé de succès de tels projets. Avant de commencer je vous suggère de vous raffraichir les idées en lisant ce qu’ils disaient sur le sujet il y a quelques mois afin de se donner un peu de perspective et voir si les premières analyses se confirment.

Contexte

Pendant longtemps l’entreprise a cherché à optimiser ses processus transactionnels (ERP, CRM…). On arrive peu à peu au bout de ce que ces logiques peuvent apporter et les prochains enjeux se situent au niveau de la collaboration et de la participation. Dans cette optique nombre d’entreprise ont tenté d’importer les outils du web 2.0 en entreprise, espérant qu’ils permettront de facto de recréer en interne les dynamiques qu’ils permettent dans le web grand public. La plupart du temps ces tentatives se sont soldées par des échecs, et ce pour deux raisons. D’une part l’inconfort de l’encadrement face aux risques qu’ils associent au changement nécessaire, d’autre part le fait que les managers ne sachent tout simplement pas encourager et rendre possibles le type de participation susceptible de créer de la valeur. Quoi qu’il en soit les entreprises persévèrent et ne comptent pas relacher leurs efforts : ce marché devrait connaître une croissance significative en 2009 en dépit de la crise.

A mon sens il s’agit d’une analyse classique de la situation et des enjeux qui ne fait que confirmer ce que tous les experts de la question disent depuis des lustres. L’avantage c’est qu’avec un logo McKinsey ça porte tout de suite mieux. Techniquement parlant j’émettrai une réserve : par rapport au premier tableau de l’étude, il me semble bel et bien que le web 2.0 est lui aussi affaire transactions, mais de transactions d’une nature différente. Peut être serait il intéressant d’ailleurs de qualifier davantage cette évolution de la nature des transactions pour opérer un meilleur positionnement de ce type de projet.

Pour ce qui est de la perséverance des entreprises, j’estime que c’est inévitable. Après logiques d’optimisation de process il faut trouver les gisements de performance ailleurs et si, comme j’ai pu en emettre l’idée, la crise actuelle est davantage une crise du management et des business models qu’une crise économique stricto sensu, rechercher les modes de fonctionnement en adéquation avec les business models de demain est stratégique.

Second bémol avant de rentrer dans le vif du sujet : dans leur tableau explicatif des outils web 2.0 tous sont positionnés comme outils de “broad communication” ou “broad creation” sauf le réseau social qui apparait en “social graphing”.  Je pense qu’il faut sortir de la vision grand public du réseau social déclaratif pour en faire un outil d’analyse des “promixités intellectuelles” ou des “potentiels collaboratifs”. En tout état de cause cela va au delà du “graphing” et participe d’une logique d’intégration entre les contenus publiés dans les différents outils et les profils afin de réaliser le lien individu-information qui permet ce type d’analyse. On en reparlera d’ici peu.

Quoi qu’il en soit McKinsey a identifié six facteurs de succès pour réussir les projets web 2.0 en entreprise. Je vous laisse lire le rapport pour prendre connaissance de leurs analyses, voici le regarde que je porte dessus.

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Tirer le meilleur de ses actifs immatériels crée des avantages concurrentiels forts

Un petit passage du coté de chez McKinsey où j’ai jeté un oeil sur leur dernière production intitulée : “Using Power Curves to assess industries dynamics“.

Une étude des revenus de 150 entreprises de premier temps réalisée en 2005 montre clairement que la performance n’est pas distribuée selon une traditionnelle courbe en cloche mais une “power curve” qui montre que la plupart des entreprises d’un secteur sont en dessous de la moyenne. Ce qui dit en d’autres termes signifie quelques leaders qui engrangent l’essentiel du revenu et tout le reste qui se partage des miettes. Dit à ma façon cela revient à dire que la grande majorité des entreprises est largement décrochée ce qui est largement vivable dans un marché en croissance où on arrive à faire des festins avec les miettes des autres mais beaucoup plus inquiétant dans un marché dont le moins qu’on puisse dire est qu’il va être sujet à contraction.

Un des éléments qui ressort de l’étude (bien sur il serait bien naïf de croire qu’à lui seul il explique tout) relève de l’exploitation des actifs intangibles par une industrie. Dans ce cas la courbe est beaucoup plus prononcée que dans le cas d’industries ayant un usage intensif d’actifs plus “conventionnels”.

Comme le dit le rapport :

Power curves are also promoted by intangible assets—talent, networks, brands, and intellectual property—because they can drive increasing returns to scale, generate economies of scope, and help differentiate value propositions.

Cette étude est réalisée par secteur. J’aurais aimé également ce qui était différenciant au sein d’un même secteur, à savoir si l’impact des dits actifs intangibles pouvait être aussi important dans des industries plutot orientées “actifs tangibles” mais où le capital immatériel aurait (ou non) un rôle majeur à jouer si on y faisait plus attention.

Maintenant on peut peut être évoquer le ROI de modes d’organisation permettant une utilisation optimale de ces actifs ?

Dites ? Vous n’auriez pas vu ma stratégie quelque part ? J’en ai perdu un bout en route…

C’est la question que pourraient se poser nombre d’entreprises. En fait elles n’ont pas perdu leur stratégie, mais en ont simplement oublié une moitié en route.

Comme je l’ai déjà dit il y a un vrai risque de confondre la fin et les moyens. Ce qui concrêtement se traduit par considérer tout projet comme un objectif final alors que l’objectif est l’impact du projet sur l’organisation, à évaluer une formation plutot que l’évolution des performances à sa suite, à se contenter de recueillir des idées quand l’objectif est leur mise en oeuvre, et, pour conclure, à considérer que le fonctionnement de l’entreprise est le but de l’entreprise.

C’est ce dernier point que nous allons approfondir. Chaque service devient sa propre justification, chaque collaborateur également. Le but sous-jacent à nombre d’intiatives ou directives est de justifier et maintenir ce qui existe. A priori cela peut paraitre logique…

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Utilisation du web 2.0 dans les grandes entreprises : le succès passe par la logique organisationnelle

Un titre un peu long… Cette conclusion me vient de chez McKinsey (enfin cela conforme mes idées point par point, ça tombe bien) qui prend un peu de hauteur dans le tumulte ambiant et essaie de proposer une vision claire de l’état de l’art. Première fausse note, une fois n’est pas coutume, le titre que je trouve relativement malheureux : “construire l’entreprise web 2.0″ ce qui laisserait à penser que l’outil est central dans l’entreprise. Fort heureusement, et ceci explique peut être cela, leur étude nous dit exactement le contraire.

Premier constat : les initiatives d’import des outils du web 2.0 en entreprise ne sont pas un épiphénomène mais une tendance lourde et tous azimuth : usages internes, externes, outils variés, périmètre d’expérimentation très large. Second constat : les choses ne sont pas aussi roses qu’on a bien voulu l’espérer : les résultats ne sont en effet pas toujours au rendez vous.

Cela ne m’inquiète ni ne me surprend outre mesure. Au contraire. Deux types d’entreprise semblent en effet se distinguer (lire le rapport pour les détails et les pourcentages…) : celles qui ont eu une vision centrée sur les outils et se sont dit que le reste suivrait, et celles qui ont positionné les outils dans un processus de transformation managerial et organisationel plus profond.

Les premières semblent être majoritaires dans celles pour qui ça n’a pas marché, les secondes sont celles qui sont le plus satisfaites.

Mais est-ce seulement une surprise ? A-t-on seulement pensé une seule seconde que mettre en place des outils qui permettent de fonctionner autrement sans changer la manière dont on fonctionne allait apporter quelque chose ? Au mieux il ne se passe rien, au pire le développement chaotique et non coordonnée des usages crée plus de turbulences qu’il ne résout de problèmes. Sans coordination, sans but, en l’absence manifeste de sens, il n’est guère envisageable que des pratiques uniformes, je dirai même harmonieuses, et en tout cas productives se développent, si ce n’est par hasard.

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Entreprise 2.0 : quand McKinsey, les Geeks et Madame Michu finissent par se retrouver

Une des difficultés rencontrées dans les premières années par des projets de type “entreprise 2.0″ et plus globalement par tout ce qui visait à remettre d’une manière ou d’une autre en adéquation la manière de travailler des collaborateurs avec les enjeux du moment était que les principaux intéressés allaient chacun dans leur direction sans trop prendre les autres en compte. Certains pensant que les autres allaient naturellement savoir où aller, d’autres se disant qu’on ne les écoutait pas.

Une époque en passe d’être révolue si j’en crois à la fois mes observations et ce qu’on peut lire entre les lignes du récent Hype 2008 de Gartner sur les “web and users interactions technologies“.

En effet, comme je disais en titre, McKinsey les Geeks et Madame Michu ont enfin décidé de se parler.

De quoi parle-t-on ?

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S’organiser pour créer de la valeur

Un énième détour par chez McKinsey pour vous conseiller cette nouvelle étude nommée “Organizing for value“. Vous y apprendrez que :

- la structure par division n’est pas adaptée à la création de valeur

- qu’il faut apprendre à arbitrer dans le sens de la valeur à long terme plutôt que du résultat à court terme

- que pour cela il faut savoir identifier la valeur future

- que ce type d’organisation nécessité une granularité beaucoup plus fine de l’organisation et des décisions

- que pour mettre tout cela en ordre, là ou l’entreprise se composait souvent de 4 ou 5 divisions, 50 “value cells” seraient beaucoup plus efficaces.

Intéressant dans la mesure où cette prise de conscience de l’erreur court termiste va enfin permettre de justifier, financièrement parlant, les réponses organisationnelles adéquates. La “descente” du pouvoir de décision dans les structures plus petites, qui deviennent créatrices de valeur alors qu’elles ne l’étaient pas en étant noyées dans un système plus large me semble également aller dans le bon sens.