On sait faire plus, il faut apprendre à faire mieux

Résumé : on est très largement influencé par ce qu’on mesure et la manière dont on le mesure. Et la règle du “faire plus” a longtemps été la règle d’or..jusqu’au moment où on se rend compte que la marge de progrès s’est rétrécie avec le temps comme une peau de chagrin. Que faire alors ? Comment s’améliorer sans faire plus ? En faisant mieux. C’est ainsi qu’on met en évidence des approches qui peuvent ouvrir de nouveaux horizons sur lesquels la marge de progression est gigantesque. Mais reste à savoir ce que “mieux” veut dire et le retranscrire dans les métriques.

 

Il est difficile de faire quoi que ce soit quand on ne sait mesurer ce que cela apporte, le chemin parcouru, mesurer les possibles écarts pour recadrer les choses. Face à des choses nouvelles on a, dès lors, deux possibilités. La première est de continuer comme si de rien était et, lorsqu’on ne dispose pas d’indicateurs adéquat les mener en dépit du bon sens ou décider de ne rien faire vu que cela ne va rien changer aux indicateurs connus. La seconde est de se demander ce qui importe et construire un référentiel de mesure adéquat.

On a, ainsi, toujours pris l’habitude, a priori logique, de garder les mêmes mesures et essayer de faire “plus”. Ce qui est possible avec des logiques “jeunes” où beaucoup de progrès reste à faire, moins avec des approches en fin de cycle, quand la courbe du “plus” tangente les limites du système.

Un petit aparté en passant… C’est parce qu’on a essayé de faire “plus” sur des logiques industrielles et tayloriennes appliquées à des métiers, des activités et un pan de l’économie qui ne s’y prêtait pas que l’entreprise a perdu en efficacité opérationnelle pure (on ne peut courrir le 100m en zéro secondes) et utilisé deux leviers pour tenir sa promesse de rentabilité : diminuer les dépenses en croyant diminuer les coûts et ainsi hypothéquer son avenir tout en affaiblissant son écosystème et ses parties prenantes (salariés, sous traitants) et aller chercher de la rentabilité sur les marchés qui sont devenus des lieux de placement et non plus d’investissement.

Retour à notre réflexion…

Il faut alors faire autrement pour repartir sur un système où on est en bas de la courbe d’apprentissage et où, donc, il est possible de recommencer à faire “plus”. Mais faire autrement c’est tout de même vague. On peut faire autrement et passer totalement à coté du sujet, voire régresser. D’autant plus, qu’au final, les basiques restent : une entreprise qui produit, des salariés qui concourent à la production, les investisseurs investissent et veulent un retour, des clients qui achètent et la nécessité, in fine, d’en tirer plus de revenu qu’il n’y a de dépenses. Le “autrement” n’est une alternative au plus que dans la mesure où avant de faire plus à nouveau il permet de faire mieux.

Avant de penser “plus”, il nous faut donc aujourd’hui apprendre à penser en termes de “mieux”. Et ça on ne sait pas faire car la réflexion est encore rare, immature et que peu, finalement, essaient de remettre à plat leur définition de “ce qui compte”. [Read more...]

Dans KPI, le K veut dire Key

Résumé : pas de projet sans les fameux KPI. A priori rien de plus simple que de définir des indicateurs, mais la réalité montre qu’il n’en est rien, spécialement lorsqu’il s’agit d’un domaine nouveau aux contours et au déploiement encore mal maitrisés. Or, le problème de KPIs mal définis est qu’en plus d’éviter de mesurer les bonnes choses, ils donnent une vision fausse des choses qui amènent fréquemment à la sortie de route, font passer des échecs pour des réussites et vice-versa. En fait, si tout le monde sait trouver des piles d’indicateurs, la méprise porte souvent sur la notion de Key. Un indicateur n’est pas Key en fonction de l’importance du projet, de l’ego de celui qui le met en place en encore moins parce qu’il est indicateur. Il est key en fonction de sa contribution au projet d’entreprise, sa capacité à avoir et donner du sens, et, de fait, à mesurer un progrès réel et effectif.

 

On ne pilote que ce qu’on mesure et une fois qu’on a investi il est bon de savoir ce qu’on en a ressorti. En vertu de ces adages pleins de bon sens, l’entreprise assortit ses projets de “KPIs” (Key Performance Indicators) et les projets dits “2.0″ ou “social” ne font pas exception  à la règle. Je sais bien pour pour certains il suffit de croire, d’être convaincus mais si la foi peut permettre de lancer des projets elle se montre rarement utile lorsqu’il s’agit de se repérer tout au long du chemin.

A priori fixer des indicateurs n’est pas compliqué, surtout quand on a l’habitude de mesurer tout ce qui est mesurable et de monter des tableaux de bords qui n’ont rien à envier à ceux d’une centrale nucléaire et qu’au final plus personne ne comprend. C’est justement pour cela que la question se pose : il faut choisir des indicateurs pertinents dans un domaine nouveau où le manque d’expérience fait qu’on ne sait pas trop quoi mesurer.

Prenons chaque élément un par un.

• Indicator : a priori tout le monde sait ce qu’est un indicateur. N’importe quelle chose mesurable ou évaluable peut être un indicateur.

• Peformance indicator : sachant que mesurer tout ce qui est mesurable crée davantage de confusion que d’efficacité, on essaie de restreindre à ce qui permet clairement d’évaluer la performance. S’agit-il de la performance du projet ou de la performance globale ? Je pencherai pour la première solution, sachant que la seconde relève, justement, du point suivant.

• Key Performance Indicator. Il y a là beaucoup à dire. La notion de “Key” est certainement celle sur laquelle il existe le moins de consensus voire de compréhension, ce qui peut amener à des erreurs tragiques. [Read more...]

Un réél progrès ne se perçoit pas seulement, il se mesure.

Résumé : la question du ROI de l’entreprise 2.0 n’a pas fini de faire débat. D’un coté il n’est pas facile de s’attaquer à la mesure d’un ROI classique, systématique et prévisible, de l’autre se contenter de dire “les gens l’utilisent donc c’est bien” ne suffit pas dès lors que l’entreprise est en droit d’exiger de savoir ce qu’il advient des sommes investies. Au milieu de ce “tout ou rien” manichéen, il doit exister une troisième voie. Si tout n’est pas que bénéfice financier, s’il existe une dimension qualitative il n’en reste pas moins qu’il existe des manières de montrer que des choses se sont améliorées concrètement sans se livrer à des calculs de ROI cabalistiques. Pour aller plus loin sur l’existant et convaincre les autres il est impératif que le “on voit que” laisse sa place au “nous pouvons prouver que”. Largement possible mais trop rarement fait.

Il vient toujours un moment où l’on doit rendre compte de ce qu’on a fait, ou plus précisément de ce qu’on a fait de choses qui ne nous appartiennent pas et qu’on nous a confié. Comme l’argent et le temps des autres par exemple. Imaginez un “chef de projet entreprise 2.0″ se présentant devant ses supérieurs.

- Alors…comment va notre projet ?

- Très bien monsieur le directeur….

- Dites m’en plus. Tout le monde en parle dans l’entreprise et je suis impatient de faire le point là dessus. Vu les excellents échos que j’ai pu avoir, je suis content de savoir que je n’ai pas jeté 750 000 euros par les fenêtres. (Je ne sors pas ces chiffres de mon chapeau…ils sont en cohérence avec le rapport du 2.0 adoption Council sur l’état de l’entreprise 2.0 à fin 2009. 60% des entreprises interrogées admettent investir plus de $500 000 dans leur projet donc je suis même dans la fourchette basse, sans parler des 4% qui investissent plus de 20 millions).

- Et bien nous avons déjà 40 000 membres, des centaines de blogs et de communautés, dont la plupart sont actives. Sans compter des centaines de messages de type “micro blogging” chaque jour. Un vrai succès.

- Fantastique ! Mais concrètement, cela donne quoi ?

- Et bien regardez : ils partagent de l’information, certains posent des questions, d’autres trouvent les réponses. Ils apprennent les uns des autres, solutionnent des problèmes…nous sommes vraiment bien partis.

- Humm…

- Et puis cela recrée du lien dans l’entreprise ! Les gens se lient, se découvrent. Et en plus de ça ils sont fiers de leur entreprise parce qu’on leur met des outils modernes à disposition. C’est fantastique pour nos jeunes diplômés qui ont l’impression de faire partir d’une entreprise en phase avec son temps.

- Je vois, je vois. Mais bon… 750 000 euros c’est une somme….On a gagné quoi au quotidien…parce que quand même l’objectif au travers de tout cela c’est de rendre le collaborateur plus efficace, et l’entreprise également.

- Les gens sont plus heureux, on innove, on a des idées, on résoud des problèmes….

- Et cela change quoi au quotidien ?

- Heu…je viens de vous le dire…

- Je veux dire…qu’est ce qui vient prouver ce que vous me dites ? Moi aussi je dois rendre des comptes vous savez…

- …

- Comprenez bien, je suis conscient de ce que vous me dites. Et je vous en félicite. Mais donnez moi du tangible. Pas nécessairement des euros mais quelque chose de clair sur des indicateurs qui tiennent la route afin de prouver tout cela…

Cette scène vous semble amusante, voire incongrue ? Il m’est d’avis qu’elle risque d’arriver de plus en plus. La question n’est pas de savoir si on fait “mieux” ou pas, comme le dit notre chef de projet “ça se voit”. Mais il arrive un moment où on veut voir des chiffres. Ne serait-ce que pour piloter, mesurer les écarts, améliorer l’accompagnement, le community management pour faire encore mieux.

La liste des bénéfices potentiels tout le monde la connait. Mais il faut se rendre à l’évidence : on a beau éplucher les cas, arpenter les conférences, il n’y a que deux options possibles :

- soit il s’agit d’indicateurs business de nature trop confidentiels pour être partagés

- soit on ne mesure absolument rien d’autre que la vitalité de l’outil et on se contente d’observer le reste.

Retournons vers notre chef de projet…

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Retour sur le premier BarCamp Lille spécial entreprise 2.0

C’était donc hier que le premier barcamp Lillois était organisé, dans les locaux de l’ESC Lille. Avant même le début de l’après midi on pouvait d’ores et déja dire que l’organisation avait réussi haut la main son examen de passage : le lieu et l’infrastructure parfaitement adaptées, un fort agréable buffet qui a été le centre de fort intéressantes rencontres jusqu’à une heure assez avancée, un certain nombre de têtes connues qui avaient fait le déplacement de Paris, visiblement au grand bonheur des “locaux” qui voulaient réussir “leur” première, et enfin tous les ch’tis qui ont fourni des interventions et amené des interventions de qualité. Bref, pour toutes ces raisons Lille était l’endroit où il fallait être hier. [Read more...]