Quel avenir pour le middle management dans l’entreprise de demain ?

Au nombre des sujets classés “sensibles” par beaucoup d’entreprises il y a le cas du middle management. Il est aisé de comprendre que ce dernier sera largement impacté dans une entreprise en réseau, désintermédiarisée, et partant de là quelques inquiétudes légitimes surgissent. Du coté de l’entreprise qui craint les effets de la réaction et des inquiétudes du middle management et veut préserver la paix interne, du coté du middle manager lui-même qui aimerait bien savoir à quelle sauce il va être mangé, si son poste va changer ou s’il va tout simplement devenir inutile.

Essayons de dépassionner le débat histoire d’y voire un peu plus clair.

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Generation Y et Baby-Boomers : même combat

Un article de plus qui vient donc s’ajouter à la masse déjà non négligeable de tout ce qui a pu être écrit sur le sujet. Je viens (enfin) de tomber sur quelque chose d’assez sensé sur la question dans le dernier numéro de la Harvard Business Review, une analyse fondée sur une étude menée dans 50 multinationales. Une analyse qui tend à confirmer ce que nous sommes nombreux à voir sur le terrain, n’en déplaise à ceux qui cherchent le choc des génération là où il n’est pas.

Aussi bizarre que cela puisse vous paraître, “Yers” et “Boomers” ont à peu près les mêmes attentes. Il veulent, de par leur travail, contribuer à quelque chose qui dépasse le monde professionel, à une sorte de “dessein” beaucoup plus grand, quelque chose qui ressemble for au “higher purpose” des “12 moonshots” de Hamel. Tous les deux recherchent une sorte de flexibilité dans leur travail. Ni les uns ni les autres ne sont des accros au télétravail, visiblement en raison de la perte de lien humain que cela induit. Les Boomers sont aussi très branchés réseau mais davantage dans une perspective de rendre à la société ce qu’elle leur a donné. On voit bien là que les idéaux de la fin des années 60 continuent à les marquer. Mais d’une manière plus générale les deux valorisent les rapports sociaux au travail. Je vous laisse prendre connaissance de l’article pour aller au bout de ce comparatif.

Alors finalement où sont les différences qui sont supposées transformer notre cadre de travail ?

On peut d’abord se demander pourquoi ils sont si semblables. Les Y ont leurs aspirations, c’est certain, mais même si l’entreprise telle qu’elle est aujourd’hui les frustre ils n’ont pas l’intention de jouer les révolutionnaires. Mais ils profitent à la fois des brêches existantes et du fait qu’on ne cesse de les présenter comme des vecteurs de changement (prophétie autoréalisatrice ?) pour pousser leurs pions lorsque cela s’avère possible, pour construire un environnement de travail plus en phase avec ce qu’ils sont.

Les Boomers quant à eux ont gardé quelques idéaux sociaux et collectifs des années 68. Mais plus encore, ils ont eu le temps de faire le tour du système et d’en voir les limites. Certains sont à un point de leur carrière où ils peuvent laisser tomber le masque : ils ne progresseront plus beaucoup, se détachent des enjeux de pouvoir et de la compétition interne. Cela leur permet d’avoir une vision plus collective que centrée sur leur intérêt personne, de prendre leurs distances avec un système dont ils connaissent les imperfections. Ils arrivent aussi à un âge où l’on a envie de donner, de transmettre aux plus jeunes, au fur et mesure qu’ils sentent la fin de leur vie professionnelle proche. D’ailleurs 65% d’entre eux disent apprécier de prendre un jeune sous leurs ailes.

Partageant beaucoup de choses, ces deux générations ont beaucoup à faire ensemble. L’article suggère un tutorat intergénérationel (tiens..ça me rappelle quelque chose) et cite Cisco et Booz Allen Hamilton comme exemples. Notez qu’il s’agit, étrangement, de deux cas d’entreprise 2.0 relativement aboutis, ce qui n’est peut être pas un hasard. Remarquez, pour les allergiques au modernisme, qu’en son temps Jack Welch avait mis en œuvre quelque chose de semblable chez GE.

Alors il n’y aurait donc pas de fossé générationel ?

Il existe entre “Y” et “Boomers” toute une génération née entre 1965 et 1978, celle des X. Si on y regarde bien, c’est toute la génération de trentenaires et quadras qui se sont fondus dans le moule, enterrant parfois leurs propres aspirations, et voient d’un mauvais oeil la fin d’un système auquel ils se sont conformés et qui toucherait à sa fin alors même qu’ils sont prêts, enfin, d’en toucher les dividendes (comprenez…prendre la place des Boomers) après 10 ou 15 ans de sacrifices. D’autant plus qu’ils ne voient certainement pas pourquoi s’adapter aux Y alors qu’on ne les pas accueilli avec autant d’égards en leur temps. Ca n’est pas pour rien que d’aucuns les appellent la Génération O pour “organigramme”.

Largement minoritaires quantitativement parlant par rapport aux effectifs cumulés des deux autres générations ils sont en quelque sorte le chainon manquant, ceux qui freinent. Peut être aussi ceux qui vivent le plus le syndrome du middle manager. Mais l’importance des deux autres et ce qu’il y a à gagner à les faire avancer ensemble doit conduire, selon l’article, l’entreprise à favoriser le duo “Y+boomer” contre une génération X minoritaire.

Pensez vous qu’on impliquera les X en les prenant en tenaille ? Ou au contraire qu’en faire les grands délaissés de l’opération est une bombe à retardement ?

Le retour des petits chefs ou le renouveau du manager animateur

petit chefJe ne crois pas l’avoir déjà écrit mais vous l’avez dans doute deviné, je ne porte pas les petits chefs dans mon coeur. A la fois parce que vue d’en dessous ils sont invivables et vue du dessus ils sont un facteur évident de baisse de la performance de l’organisation.

Et c’est à la faveur d’un article dans le monde de ce jour (daté du 7/11) que je me réjouis de les voir réapparaitre. En fait tout dépend de ce que vous mettez derrière la notion de petit chef.

Si on se refère à l’acception traditionnelle du terme, que je pourrais synthétiser par “petit capo local ayant une forte prédisposition à couper les têtes qui dépassent et ayant une vision de la responsabilité managériale limitée à un exercice visible de l’autorité” il est vrai que mon propos peut surprendre.

Si on s’en tient à la vérité des mots en considérant qu’un petit chef est une personne qui, sous la responsabilité d’un supérieur, exerce une partie des responsabilités de celui-ci par délégation, je suis plutôt satisfait. Vous l’avez compris, on parle ici du middle management. [Read more...]