Avec l’IET l’Europe se prépare aux défis de demain

On estime souvent qu’un des grands handicaps européens face aux défis économiques de demain est un déficit en termes d’innovation, tant au niveau des moyens que de la culture qui la sous-tend. J’ajouterai un déficit tout court dans la formation des étudiants et des moyens trop limités pour vraiment appuyer les rares projets qui auront émergé. Une question clairement identifié au niveau des instances européennes comme le prouve l’intervention de Luca Di Montezemolo que j’avais publiée ici.

Avec l’IET (Institut Européen d’Innovation et de Technologie), l’Europe va donc se doter d’un outil à la mesure du Challenge, sorte de MIT du vieux continent.

Une satisfaction donc…mais ce qui ne m’empêche pas de me poser deux questions :

- Comment faire en sorte que cette politique ne soit pas l’apanage d’une seule structure mais soit également déployée dans tous les établissements d’enseignement supérieur ?

- N’est il pas déjà trop tard ?

Etude sur MIT sur la productivité : du mail au maillage

Le MIT center for Digital Business a produit il y a quelques temps une étude sur la productivité des travailleurs en rapport à leur utilisation des outils de communication.

Je vous renvoie à cette note pour en savoir plus, pas besoin d’en ajouter sur les données brutes. Cela m’inspire toutefois de nombreuses interrogations…

A propos du mail tout d’abord. Ce que je comprend à travers les lignes c’est que ceux qui accèdent à beaucoup d’information ont un coup d’avance sur les autres. Par contre on en évoque pas les limites : à force de recevoir de l’information on ne peut plus se concentrer sur rien. D’où l’intérêt de basculer vers un système où l’individu tire l’information à lui plutôt que recevoir une masse d’information avec un rapport signal bruit élevé. L’étude le reconnait indirectement :  le multitasking a une limite. Soit mais comment s’en affranchit on alors ? Justement en travaillant sur des outils de réseaux sociaux qui permettent de rendre disponible l’information, libre à chacun d’aller puiser ce qui l’intéresse et ne recevoir que l’information désirée d’une part, et permettent de mettre en oeuvre des mécanismes de “social search” d’autre part. Car ce qui n’est pas mentionné c’est le rapport signal bruit du mail qui en est la principale limite.

On y apprend aussi que les discussions par email se produisent plus entre ceux qui ont des choses en commun. d’où l’importance de mettre en place des outils permettant aux personnes de s’identifier, d’indentifer des problématiques communes, des pôles d’intérêt communs.

En fait ce que je retiens principalement m’a été suggéré fort involontairement par Emilie Ogez sur Savoirs en Réseau. Parlant du premier point que je soulignais elle écrivait “un travailleur est d’autant plus productif qu’il est maillé, car plus on est maillé plus tôt il reçoit l’information de ses pairs.” Par “maillé” elle voulait bien sur dire “recevait des mails” mais je me suis amusé à prendre la chose différemment.

Si, par “maillé” on comprenait  “faire partie d’un maillage, d’un réseau” ? Autant la version “mail” me semble  être en phase avec la situation actuelle avec les limites que cela comporte, autant la version “maillage réseau” me semble davantage correspondre aux besoins à venir.

Les cours du MIT c’est gratuit !

Le MIT a beau être une école (très) chère et prestigieuse, il n’en a pas moins décidé de rendre ses cours gratuitement accessibles sur le web. Comme le dit Hervé, d’autres de notre coté de l’Atlantique feraient mieux d’en prendre de la graine.