Externalise t’on vraiment ce qui doit l’être ?

Certaines de mes réflexions m’amènent à prévoir une lente mais inexorable externalisation de l’humain dans l’entreprise.

D’abord avec des modes d’organisation et des systèmes permettant à une entreprise de se recentrer sur le marché et se focaliser sur le besoin à satisfaire. Identifiant les tendances et besoins clé elle peut se concentrer sur l’élaboration d’une stratégie de réponse. Le reste, de l’innovation à la réalisation peut être totalement outsourcé, nous l’avons déjà vu, auprès du grand public et de structures de compétences externalisées, très spécialisées et de taille réduite leur donnant une grande réactivité (qui peuvent aller de la PME à l’entreprise unipersonnelle). Ce mode d’organisation donnant d’ailleurs davantage de satisfaction aux partenaires que si ils étaient salariés au sein de l’entreprise donneuse d’ordre. La performance de la grande entreprise dépendra donc pour l’essentiel de sa capacité à trouver la bonne réponse et organiser la chaine de compétences (plutôt que la chaine de valeur) pour produire la réponse en question.

J’ajouterai que des outils et des modes d’organisation inadéquats ayant pour conséquence des couts d’accès élevés à cette denrée précieuse qu’est l’information interne, la loi de Coase peut fort bien s’appliquer dans le sens inverse dès lors que l’expertise extérieure coûte moins cher à identifier et à mobiliser que l’expertise interne.

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Une fois qu’on aura outsourcé les savoirs, l’entreprise ne servira plus qu’à coordonner des expertises

Je disais dans cet ancien article qu’à terme l’entreprise ne servirait peut être plus qu’à organiser une chaine de valeur, à coordonner des expertises dont certaines seront internes et la grande majorité externe. La “knowledgisation” de l’économie ou le capital réside dans les savoirs individuels, des coûts de transaction quasi nuls qui risquent d’entrainer une application inversée de la loi de Coase, et la possibilité de s’organiser en dehors de l’organisation sont autant de raisons qui laissent à penser que l’entreprise n’aura bientôt plus qu’un rôle de donneur d’ordre et de fédérateur d’expertises.

Je ne reviendrai pas sur la longue liste, déjà citée par ailleurs de tout ce qui est déjà externalisé ou externalisable aujourd’hui, du recrutement à l’innovation en passant par la fabrication, la facturation, et en allant parfois jusqu’à la R&D.

Heureusement l’entreprise garde l’essentiel : les savoirs, les expertises. Peut être plus pour longtemps.

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