L’information doit naviguer entre les outils. Pas le collaborateur

Résumé : Si on se pose beaucoup la question des nouveaux modes de travail et des nouveaux outils, on oublie souvent de prendre en compte la matière travaillée et l’objet du travail dans les réflexions. Le collaborateur qui doit assembler et mettre en performance savoirs, informations, personnes, au travers d’un nombre sans cesse croissant d’outil ne dispose toujours pas du creuset dans lequel il va effectuer son travail. Ce sont en effet les outils et les individus qui doivent s’articuler ou se succéder autours du sujet sur lequel travaille le collaborateur et des éléments qu’il manipule et traite pour y parvenir et non pas le travail qui doit se disperser dans les outils. La problématique sur laquelle on travaille est invariante, le reste varie. Il importe donc d’organiser la mobilité des objets dans les outils dans le contexte de la problématique utilisateur plutôt que la mobilité du collaborateur entre des outils ne contenant chacun qu’une parcelle de son travail et ne permettant d’effectuer qu’une partie des actions et intéractions nécessaires.

On a l’habitude d’appréhender la questions de la manière dont les collaborateurs travaillent (ou plutôt devraient travailler dans ce cadre) sous l’angle de l’organisation du travail (usages personnels et management), des outils (collaboratifs, participatifs etc), mais, rarement sous l’angle des objets sur lesquels travaillent les collaborateurs. Parce que croire que le travail se résume à adopter de nouvelles pratiques en utilisant de nouveaux outils est réducteur si on ne se pose pas la question de ce qui doit être manipulé, assemblé, transformé dans le cadre du travail.Ces choses peuvent avoir des apparences si diverses que j’utiliserai donc le terme générique d’objet, ce qui fait d’ailleurs écho à un sujet que je vois émerger dans nombres de réflexions : celui d’objet social ou “social object” dont parle très bien Russel Pearson ici.

On y reviendra de manière détaillée dans un billet futur mais pour arriver à ses fins, le collaborateur doit, selon les cas, trouver, enrichir, modifier, assembler, seul, collaborativement ou de manière participative des objets aussi divers qu’un “cas”, une personne, un dossier client, un feedback, une procédure, un savoir quel que soit la forme sous laquelle il se présente…en fait n’importe quel type d’information à sa disposition dans l’entreprise, quel que soit son niveau de granularité, allant jusqu’au plus simple enregistrement ou “record” situé dans le SI.

Ce qui correspond d’ailleurs bien à la réalité selon laquelle le travail, aujourd’hui, relève de la mise en contexte, de la mise en performance, de l’assemblage et de l’articulation de personnes et de savoirs. [Read more...]

Le meilleur moteur de recherche c’est vous

L’accès à l’information et à l’information pertinente est un double challenge, et ce pour deux raisons : l’information est le nerf de la guerre d’une part, et on en a de plus en plus d’autre part.

Google a montré l’exemple : la pertinence vient des utilisateurs. Plus on cite, plus on lit, plus on lie plus Google estime la source pertinente. Les solutions visant à analyser le comportement des utilisateurs pour élaguer la forêt informationnelle suscitent de plus en plus d’intérêt, de réflexions.

Ce qui revient peu ou prou à reconnaitre que le meilleur moteur de recherche n’est autre que l’individu, les moteurs “outils” les plus performants ne faisant finalement que capitaliser les comportements des utilisateurs humains. J’en parlais il y près d’un an : pour gagner en pertinence c’est le traitement social de l’information qui s’impose. Claude Malaison le confirmait dans ce podcast : pour s’y retrouver dans ses archives la NASA qui ne savait plus envoyer un homme sur la lune a du embaucher deux documentalistes.

J’en ai encore fait l’expérience hier après midi : alors qu’au bureau nous disposons d’un moteur de recherche “trois étoiles”, de ceux qui trouvent vite et bien même si vous formulez mal votre question, mon premier réflexe avant de m’en servir a été de demander à un collègue “tu sais si on a quelque chose là dessus ? Où ça se trouve ? “. Réponse immédiate et plus pertinente que la liste que m’aurait retournée le dit moteur. [Read more...]

Management 2.0 (3): Définition (potentielle ?)

management20Au regard de ce qui précède (ici et ) on peut tenter de définir le concept de management 2.0. Comme vous le voyez je travaille à l’affiner et toutes vos remarques sont les bienvenues.

“Mise en place de pratiques managériales favorisant l’émission et le partage de tout type d’information par tout type d’acteur à destination de tout recepteur, la mise en place de pratiques collaboratives, le tout destiné à faire émerger une intelligence et des pratiques collectives s’appuyant sur le potentiel de l’ensemble des collaborateurs pris individuellement dans l’optique de les amener à constituer une entité intelligente dont ils sont acteurs sans pour autant se fondre en elle.

La mise en place de ces pratiques suppose pour se péréniser l’adoption d’outils adéquats qui seront à la fois support et facteurs d’adoption de ces pratiques.

La démarche menant à ce double objectif amène à un travail sur les pratiques sociales, sur l’adoption des outils aux pratiques (voir la conception d’outils nouveaux), l’adoption des outils par les acteurs et la flexibilisation des outils afin de coller à la réalité des problématiques humaines, sociales et organisationnelles de l’entreprise”.

Bon…je crois avoir tout dit quant aux objectifs, l’importance de porter la démarche à un niveau “virtuel” est présente, et on sent bien que l’outil est indispensable à une diffusion des pratiques mais qu’il est inefficace sans ces mêmes pratiques..donc la dualité humain/système qu’il est capital de prendre par les deux entrées à la fois et non indépendamment.

Des précisions? Des choses à ajouter? Faut il y faire mention du concept de people-centrism à adapter tant au management qu’au système ou est il assez présent dans la définition”.

Le type même de définition lourde qui n’a jamais eu mes faveurs étant étudiant mais il faut bien passer par là avant de dégrossir.

J’attend désormais votre feedback…

Identifier et travailler avec un manager X selon Mc Gregor

managementPremière étape dans la transformation d’une entreprise vers un management 2.0 (selon moi), people-centric (selon d’autres et moi aussi), ou Y (selon Mc Gregor) (Voir ce post pour comprendre pourquoi ;-) ). Tout d’abord partir de l’existant et voir comment faire avec.

L’important est tout d’abord d’identifier le manager X. Les mauvaises langues diront qu’il n’y a qu’à regarder n’importe quel manager, spécialement celui frappé du syndrome dit du “petit” chef et les entreprises structurées en baronies d’autre part. S’il est vrai que ce type de manager est la norme, j’ai rencontré des manager Y dans des grandes entreprises fleuron de l’économie française (Arnaud si tu me lis…).

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Nous sommes tous une (petite?) partie d’une grande vision

puzzleLors du dernier Capital IT j’ai le plaisir de revoir pas mal de têtes connues, d’en découvrir de nouvelles, de suivre avec attention les démos de certains de mes “favoris” et de découvrir des projets qui m’étaient pour certains totalement étrangers jusqu’alors.

Certains de ces projets étaient estampillés “2.0″. Des discussions plus ou moins longues avec leurs instigateurs m’on conforté dans mon opinion que ce fameux “2.0″ qu’on nous rabache à longueur de temps n’est qu’une question d’usages, la technologie ne passant qu’au second plan car elle favorise l’usage. Et sans usage la technologie n’est rien.

Nos conversations ont donc principalement parlé sur la génèse de ces projets, portés par une même motivation et un même état d’esprit inspirés par des usages auxquel ils croient. Ce sont les aspirations fortes tant du coté des porteurs de projets que des utilisateurs demandeurs d’un peu d’”autre chose” qui symbolisent à mon sens la vague “2.0″ davantage que les moyens.

Ce faisant on se rend facilement compte que, quand bien même nous oeuvrions tous dans des domaines parfois différents, le socle commun sur lequel nous avions construit un projet nous amène à être complémentaires. Car on ne raisonne plus en termes d’outils mais de démarche. Un utilisateur qui choisit un des outils proposés ne le fait plus exclusivement pour le coté fonctionnel comme cela s’est fait jusqu’à présent mais parce qu’il adhère à une vision. Et partant de là il adhère à la vision de tous les outils ainsi proposés ce qui peut l’emmener dans une démarche beaucoup plus globale.

Approfondissons un peu…

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Microsoft dans le ton du management2.0?

C’est en tout cas sinon un constat tout au moins la question que l’on peut se poser à la vue de la dernière campagne publicitaire de la firme de Redmond.

J’ai été agréablement surpris par les problématiques d’entreprise que désire désormais adresser Microsoft via son offre logicielle et les credo affichés sur le site de l’éditeur.

oeple ready
Qu’y apprend on?

- Qu’une entreprise doit fidéliser ses clients par un service clientèle irréprochable. (rien de neuf…quoique tout dépend de la gamme de moyens employés).

- Que ce qui fait la valeur d’une entreprise c’est sa capacité à avoir des idées.

- Qu’il s’agit de créer également des liens flexibles avec clients et fournisseurs. Par flexibles doit on entendre souples, intelligents, avec des relations capables d’évoluer et de s’autorégénerer en fonction du contexte sur la base d’échange fructueux?

Et pour atteindre ces trois buts sur quoi doit, selon Microsoft, s’appuyer une entreprise? Sur ses équipes qui sont par essence la source des dites “grandes idées” et qui sont les ambassadeurs de leur employeur (venant d’une entreprise qui compte un grand nombre d’employés blogueurs je ne saurais m’attendre à autre chose). Et que recouvre cette importance des collaborateurs et de leur apport que je viens de synthétiser brièvement? Il s’agit du concept d’entreprise “People Ready”.

Je ne sais l’écart qu’il y a du discours tenu à la réalité des produits proposés, en tout cas si Microsoft tiens ce discours c’est qu’ils ont identifié ce besoin d’évolution des structures vers davantage de prise en compte des collaborateurs et de leur apport d’une part, vers ce qui ressemble également beaucoup à une esquisse d’intelligence collective qui ne dirait pas son nom d’autre part.

En tout cas, présenté comme cela, l’entreprise “People Ready” ressemble beaucoup à l’entreprise “People Centric” que j’appelle de mes voeux et qui est la finalité avouée du Management 2.0.

Venez découvrir BlueKiwi

bluekiwi

Je vous ai déjà parlé à demi mots de BlueKiwi non?

Quelques rappels: alors que je réflechissais à de nouvelles pratiques collaboratives et de nouveaux comportements manageriaux “people-centrics” et favorables au développement et de l’entreprise et des Hommes, je tombe fortuitement sur la demo d’un outil en développement.

Je me dis que l’outil en question est le prolongement de ma démarche et qu’il peut permettre aux individus de s’approprier ces nouveaux modes de fonctionnement afin qu’ils ne restent pas simples discours mais se traduisent dans les faits. Je l’évoque vaguement car le projet n’est que naissant, mais j’y crois tellement fort que le message passe et que je suis contacté suite à un article paru sur ce blog pour oeuvrer sur un projet mettant en oeuvre cet outil.

Depuis tout s’enchaine à une vitesse folle…et BlueKiwi va faire sa sortie au grand jour le 4 mai prochain. Groupe Reflect, concepteur de BlueKiwi le présentera officiellement accompagné des témoignages de Dassault Systèmes premier utilisateur de l’outil. Cette matinée s’adresse aux responsables de directions stratégiques (Ressources Humaines, Communication, Innovation r&d, marketing et commerciale…) soucieux de favoriser la mise en relation des différents acteurs de l’entreprise par le savoir et les connaissances. Pour en savoir plus c’est ici.
Vous pouvez également aller sur le site de BlueKiwi et suivre le Blog de BlueKiwi.

Tout est dans le projet

Je m’evertue à chaque fois à recadrer un élément de ma réflexion. Non que j’aie l’impression d’être mal compris mais parce que j’ai une sainte horreur des solutions dites miracles.

Aussi quand j’aborde le cas de projets blogs ou wiki je ne propose pas une solution “TIC” à un problème managérial ou RH mais un outil qui permet de concrétiser une évolution nécessaire du management. Nuance.

Un quelconque outil ne servira jamais à rien s’il n’y a un vrai projet, une réelle volonté derrière.

Ainsi rien ne sert de déployer si on a pas réfléchi en amont aux objectifs, aux nouveaux usages, à l’accompagnement, à la manière d’amener les utilisateurs à s’approprier de nouvelles méthodes (voire de se les créer eux-même, gage d’une appropriation encore meilleure).

Il en a été ainsi des intranets, des ERP, il en sera ainsi demain des blogs et wikis d’entreprise et autres nouveaux outils à naître.

Et comme tout va toujours mieux quand c’est les autres qui le disent pour vous:

“La technique est moins importante que les hommes ou que la société, ce qui est important, c’est le projet humain qui est derrière”

Dominique WOLTON

Le people-centrism derrière tout projet d’évolution? Une condition sine qua non de tout projet rh et managérial. Qu’on se le dise

On pourrait donc mettre l’homme au centre de l’entreprise

Et comme j’ai écrit mon titre sans point d’interrogation je vous signale qu’il s’agit d’une affirmation et non d’une interrogation. Par contre ça n’est réalisable que sous condition (et c’est là que le bât peut blesser chez ceux qui ont érigé la culture de la peur en mode de fonctionnement).

Autant mettre les pieds dans le plat tout de suite…ce fameux concept d’”Homme au Centre de l’entreprise” m’a longtemps fait sourire…sinon rire. Cela peut intriguer à l’heure où je me pose en héraut du “people centric management” mais vous allez voir que ça n’est que logique. Et que bien au contraire c’est non seulement possible mais aussi nécessaire. [Read more...]