Mon Webcom 2009 en quelques mots

Vous en avez certainement eu une idée si vous avez la patience de suivre mes twitts d’hier mais avant de détailler tout cela dans de futurs billets voici ce qui m’a marqué lors du webcom qui vient de s’achever. Quelques pensées, idées, coups de cœur en vrac

• Ne pas refuser l’anormalité car elle préfigure la normalité de demain, et ce d’autant plus que les cycles qui permettent de passer de l’un à l’autre sont de plus en plus courts. Il faut au contraire la comprendre. Derrière cela tout est encore question de culture et de son impact sur les modes de prise de décision et la performance organisationnelle.

• L’”open” est le futur. Open stack, open mesh, open social. Oui mais il y a des cas ou je pense que l’open est contre productif, voire dangereux. Mais il s’agit du meilleur (et seul ?) moyen de lutter contre l’éclatement de la personne sur les plateformes sociales, privées et professionnelles et de passer d’un monde centré sur la plateforme à un monde centré sur l’individu. Tout a vocation a être open et portable. Tout ne doit toutefois pas l’être. Vers une open gouvernance nécessaire ?

• La transformation du modèle pyramidal en réseau. Ca tombe bien j’en parlais ce matin. Mais cela ne se fait pas au petit bonheur la chance et une phase d’analyse préalable est nécessaire. Sur ce point j’ai simplement été bluffé par les présentations de Jessica Lipnack de Netage et l’utilisation de l’Orgscope. Une démarche à mon avis indispensable pour penser un projet entreprise 2.0 sachant que quoi qu’on en dise il doit s’articuler sur la structure réelle de l’entreprise et son objectif qui est l’execution des tâches productives. Mais encore faut il savoir comment elle se font réellement.

• Puis les grands classiques : l’entreprise fait face à des challenges qui lui imposent d’adopter de nouveaux outils. Même si elle n’est pas récente pour ceux qui le connaissent, l’approche de Claude Malaison fondée sur des éléments démographiques, sociologiques et les dynamiques intergénérationnelles est toujours aussi pertinente. En tout cas plus que le rêve 2.0 qui arrive tout seul et qui produit des miracles au quotidien sans effort et par hasard. Autre point traditionnel, l’importance de l’”open innovation”, ou innovation ouverte et participative sur lequel Innocentive fait référence à juste titre au regard de son expérience.

• Et une petite touche familiale pour finir. La très raffraichissante intervention de Cyrille de Lasteyrie (CEO de Hellotipi) a eu un double intérêt. Celui de montrer qu’on pouvait délivrer un message fort par le storytelling sans jamais évoquer un produit. Ou peut être justement à cause de cela. Le second c’est qu’il nous amène à réflechir à la dimension sociologique du social media, aux préoccupations des individus en termes de confidentialité, de respect de la vie privée et aux dynamiques trangénérationnelles que rend possible l’adoption massive de tels outils dans notre société. Nul doute que l’entreprise aura à apprendre de ce qui se passe dans ces réseaux familiaux car l’individu qui passe la porte du bureau est le même que celui qui partage avec sa famille les photos du petit dernier. Et derrière des changements comportementaux contraints ses aspirations et ses peurs restent les même dans son esprit.

Un dernier petit mot sur la conférence elle-même. Le Wifi marchait parfaitement ce qui est plutôt une exception dans ce type d’évenement. Dommage pour les “absents”, le live quant à lui n’avait pas la bande passante nécessaire mais d’ici peu toutes les interventions seront disponibles en ligne (faut bien  que quelque chose cloche sinon une conférence ne serait pas une conférence).

Il s’agit de ma second présence à Webcom (toujours en mai..pas assez courageux pour subir le climat de la session de novembre). Je limite ma présence aux conférences diverses pour éviter l’effet “bocal” qui veut qu’à force de se parler entre convaincus on oublie les vrais gens des vraies entreprises. Ici beaucoup de “vrais” gens en quête de réponses à leurs questions, on a davantage l’impression de transmettre quelque chose que se gargariser entre nous. J’aime. J’aime aussi l’ambiance, unique, de webcom. Bien sur il y a les conférences (intéressantes, pas de blabla qui ne sert qu’à valoriser l’intervenant sans que personne n’en retire quoi que que soit), les contacts d’affaires…mais aussi un contact humain avec les gens, la ville, que je ne trouve nulle part ailleurs. Et un événement d’affaire qui vous enrichit également personnellement c’est tellement rare.

Vu le prix, ça vaut la peine de traverser l’Atlantique. De toute façon nous n’avons malheureusement pas l’équivalent en France en termes de conférence orientée “web, business et entreprise”. Dommage.

Quel périmètre pour un réseau social d’entreprise ?

Vous vous souvenez sans doute de mon article sur les réseaux mixtes et de celui sur la pertinence des logiques d’entreprise 2.0 pour les PME. Dans les deux cas se pose en pointillé la question du périmètre des réseaux sociaux d’entreprise.

En effet dans le cadre d’une entreprise de taille petite ou moyenne, partant du principe que les contacts sont naturellement plus simples (ou supposés l’être, on a souvent des surprises), le bénéfice d’une solution permettant de mieux interconnecter les individus afin de dégager davantage de synergies semble a priori moins évident.

Ce qui nous amène au point que j’avais soulevé de manière générale pour toutes les entreprises : pourquoi les outils supposés favoriser collaboration et synergies s’arrêtent ils à la frontière des entreprises alors même que la valeur se crée (je vise spécifiquement le B2B) non pas purement en interne mais sur la zone de contact entre les équipes internes et les équipes du client.

L’expérience m’enseigne deux choses : la taille d’une équipe ou d’une entreprise ne permet pas de présumer de la facilité ou de la difficulté qu’ont ses membres de travailler ensemble et le point faible de nombre de processus se situe dans la connection intérentreprise.

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Les réseaux sociaux externes ne servent pas qu’au marketing

Dans 90% des cas quand je parle de réseaux sociaux pour d’autres personnes que les collaborateurs d’une entreprise on me répond “ah bon, je croyais que tu ne croyais pas à histoires de buzz et de marketing”.  Cela ne reflète ni plus ni moins que l’idée encore largement répandue dans les entreprises et le grand public que l’entreprise ne s’adresse à l’extérieur que pour communiquer, vendre, et ce selon un flux monodirectionnel et qu’autrement dit “à l’extérieur on parle, à l’intérieur on travaille et les deux n’ont rien à voir”. Vu avec un peu de distance cela traduit également l’idée selon laquelle c’est l’entreprise qui conditionne son environnement et non l’inverse.

Des idées préconçues qui furent vraies en leur temps mais montrent qu’on rentre peu à peu dans une nouvelle ère.

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Outils sociaux : il ne faut pas confondre revenu et performance organisationnelle

On m’a signalé ce matin cette étude de CioInsight (je n’ai d’ailleurs pas trouvé la date de publication, ce qui est tout de même une information utile pour la décrypter).

On y apprend qu’au rang des technologies qui vont permettre un accroissement de leurs revenus, les entreprises ne citent les réseaux sociaux qu’à hauteur de 11,5% et les wikis 12,3%. L’entreprise 2.0 serait donc incapable de générer du revenu ?

A cette question je répond..”pas forcément faux”. Et si on me fait remarquer que je passe mon temps à dire le contraire je signale juste qu’il faut faire attention aux termes qu’on emploie et aux concepts que l’on manie.

Je m’explique.

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Le partage d’information pour baisser la facture pétrolière

J’évoque souvent des enjeux de performance organisationnelle pour conclure à la nécessité de rendre l’information totalement disponible à tous, où qu’ils se trouvent et sur quelque terminal que ce soit, d’utiliser d’autres technologies que l’email pour toutes les discussions qui ne sont pas d’ordre strictement privées, bref, de faire en sorte que chacun construise sa propre supply chain d’information plutôt que d’être la victime d’un raz de marée d’information inutiles et devoir se battre à la fois contre l’organisation et le temps pour trouver l’information utile.

Mais la pratique montre également d’autres bénéfices, très concrets également. C’est en suivant ces principes et en s’appuyant sur le RSS (vous savez, cette technologie que nombre d’entreprises peinent à utiliser, voire que les DSI combattent) que Wallem, une entreprise de transport, a fait baisser sa facture pétrolière de 8% ce qui représente la bagatelle de 400 millions de dollars.

Je précise bien que le gain n’est pas du à la possibilité d’échanger davantage à distance sans se déplacer : il est bel est bien du à un meilleur accès à l’information pertinente c’est à dire non pas celle qu’on met à disposition des salariés en présumant de leurs besoins et en décidant arbitrairement ce qui doivent savoir et ne pas savoir, mais celle dont ils ont effectivement et réellement besoin pour travailler et prendre des décisions au quotidien.

Bien sur il s’agit d’une entreprise de transport donc l’impact se voit au niveau pétrole. En fonction du secteur d’activité d’une entreprise il se déplacera sur d’autres postes. Mais une chose est sure : une information plus accessible et partagée impacte largement l’efficacité des process internes

Pour en savoir plus c’est ici.

Marketing et réseaux sociaux : votre premier ROI est interne

Je le confesse, le marketing n’a jamais été ma tasse de thé quand j’étais étudiant. Pour ceux que cela pourrait surprendre, je préférais de loin les problématiques d’optimisation, qu’il s’agisse de flux ou d’intéractions “humaines”.

Je regarde la chose d’un peu plus près depuis que le “web social” permet d’inclure le client dans le processus d’innovation, et plus globalement rend possible la généralisation de l’entreprise étendue.

Parfois non sans un certain scepticisme. J’ai l’impression que le coté “fun and blog” amène parfois à faire beaucoup de bruit sans retour réel pour l’annonceur, même si, ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain, on voit également d’excellentes campagnes, bien ciblées. Mais trop rares à mon gout. Bref à vouloir faire du bruit on oublie l’essentiel : le ROI.

Je sais que je reste désespérement old school mais je reste convaincu qu’au bout du compte l’entreprise doit gagner de l’argent. Tout ce qui y participe directement ou par ricochet est bon, le reste est à oublier. Qu’il s’agisse de marketing ou d’autre chose. On a essayé de me faire comprendre que “ces fois c’est juste bon pour l’image et ça compte”. Où l’art, une fois de plus, de confondre la fin et les moyens. L’image est une manière de générer des ventes non ? La preuve, les entreprises en situation de monopole se soucient rarement de la leur… Et améliorer son image ou sa notoriété en dehors de sa clientèle cible….j’ai du mal de voir l’intérêt. On a même essayé de m’expliquer qu’un récent évènement impliquant des blogueurs enfermés pendant 35h avec un lapin était un tournant fondamental dans l’histoire du marketing car il montrait que finalement on pouvait faire une opération sans attendre de ROI. A d’autres…

Bref le marketing joue à fond la carte des réseaux, des communautés, parfois de manière géniale, parfois non. Mais la fonction marketing, qui semble aujourd’hui tant croire aux bénéfices de l’intéraction avec ses clients potentiels ne devrait elle pas balayer devant sa porte et s’appliquer à elle-même ce qui est bon pour sa marque ? La performance n’est pas qu’externe non ? Elle doit également être organisationnelle et interne.

Sur ce sujet je ne peux que vous conseiller d’aller lire cette excellente note de Sophie Callies qui en profite pour (enfin !) lancer son blog. Elle nous livre en effet une excellente analyse de l’intérêt des réseaux sociaux pour une direction marketing sous l’angle de la performance organisationnelle. Avec des chiffres, du ROI et une analyse de rentabilité. J’ai eu souvent l’occasion de croiser et d’apprendre à connaitre Sophie ces derniers temps et ne peux que vous recommander de suivre ses analyses et ses réflexions : c’est une grande professionnelle totalement “focus” sur la performance et le résultat. En termes de chiffres, pas de vent.

Un excellent complément du non moins excellent blog de Jean-Marc Bellot dédié à la vente et à la fonction commerciale.