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Performance | Bloc-Notes de Bertrand Duperrin - Part 2

Une crise pas si économique que ça

Tout le monde s’accorde pour dire que l’heure est venue de reconstruire une sorte de nouvel ordre économique, les dérives du système financier ayant amené les conséquences que l’on sait. Mais cela amène souvent à occulter ce que je considère comme étant une défaillance du management. Alors, comme dans l’histoire de la poule et de l’œuf difficile de dire qui de l’économique ou du management a commencé mais force est de reconnaitre qu’ils se sont joyeusement entraidés.

J’écrivais il y a peu que la logique sans bon sens menait à la catastrophe et je m’inquiétais des entreprises n’ayant qu’une demi-stratégie c’est à dire recherchant en exclusivité l’exploitation du moment présent sans jamais penser à utiliser leurs ressources pour également préparer l’avenir. Ce qui, pour en donner une représentation imagée, amène à promettre une performance linéaire voire exponentielle alors qu’il s’agit davantage d’une courbe connaissant une limite haute.

Il y a quelques temps mon opinion était confirmée par une note de Jon Husband qui attirait mon attention sur une interview d’Henry Mintzberg où celui disait qu’il s’agissait plus d’une crise de management qu’une crise économique, position que je partage en partie. J’en ressors que :

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Comment savez vous à quel point vous êtes productifs ?

C’est une question que je me pose réellement et j’aimerai avoir un maximum de réponse à cette note (faites passer autour de vous).

Quand j’étais jeune je me souviens qu’en cours de math c’était un exercice type : “et à la fin la machine combien elle produit de pièce dans la journée”. Bon c’était pour nous apprendre la multiplication et la division. Quelques années plus tard on nous apprenait que c’était valable dans un système sans interdépendance ni variabilité.

Mais l’exercice était toujours le même et concernait une machine ou une personne effectuant une tâche répétitive, parfaitement connue, “scriptée”, invariable. Et il s’agissait souvent d’une tâche finale ou intermédiaire dans un processus de fabrication qui permettait à la fois d’identifier un produit et lui donner une valeur.

Aujourd’hui la productivité du collaborateur est un enjeu majeur et d’ailleurs tout le monde à ce mot à la bouche. Mais force est de reconnaitre qu’au delà des mots la définition du Saint Graal est on ne peut plus floue. Tout le monde veut être plus productif, veut que les autres le soient. Mais sans trop savoir au final ce que ça signifie ni être clair sur la réponse à “on le mesure comment ?”.

Alors j’aimerai savoir comment vous déterminez votre propre productivité et celle de vos équipes. Temps de présence actif ? Nombre de tâches effectuées (mais qui de la nature variable ou non des dites tâches) ? Valeur créée ? Objectifs atteints ? Trouvez vous votre mode de mesure satisfaisant ou est-ce un pis-aller ?

Tous vos retours sont les bienvenus…. Faites passer le message car plus j’aurai de retours plus on aura une base de réflexion intéressante.

La logique sans bon sens mène à la catastrophe

J’ai assisté il y a peu à une remise de diplômes. Lors de ce genre d’évènement j’ai tendance à m’assoupir au moment des discours sauf que cette fois-ci j’étais très attentif au message qui serait délivré à des ingénieurs/managers/entrepreneurs qui allaient commencer à voler de leurs propres ailes à une époque où l’état de l’économie peut susciter quelque inquiétude pour ceux qui vont devoir se faire leur place dans une zone sinistrée.

Finalement j’ai apprécié le ton, le contenu lucide sans blabla ni autosatisfaction et j’en repars avec deux choses. Une idée d’ouvrage à me procurer et une phrase reprise in extenso comme titre de ce billet. Bon, je ne me souviens plus gère de la chute “ne mène à rien”, “mène au pire”… ? Je garderai le sens qui finalement seul importe : logique sans bon sens ne mène à rien de bon.

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Alors le basket ball compte les passes décisives l’entreprise favorise l’égoisme

Parfois nos sports favoris nous inspirent quelques refléxions par rapport à notre travail quotidien. Je pense d’ailleurs qu’entreprise et sports (collectifs ou individuels) auraient beaucoup à apprendre les uns des autres. Et puisque qu’Andrew McAfee nous a parlé de Baseball cet été, à moi de vous glisser quelques mots sur le basket ball.

Pour ceux qui ne maitrisent qu’imparfaitement la chose, le basket ball est un sport qui se joue à 5 contre 5, avec les mains, et où l’objectif est de marquer plus de points que l’adversaire. Et les points se marquent en faisant passer une grosse balle orange dans un anneau situé à 3 mètres du sol.

Alors vous me direz, individuellement c’est simple. Vous avez la balle, vous tirez et c’est tout.

En fait ça n’est pas aussi simple que ça…

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Outils sociaux : il ne faut pas confondre revenu et performance organisationnelle

On m’a signalé ce matin cette étude de CioInsight (je n’ai d’ailleurs pas trouvé la date de publication, ce qui est tout de même une information utile pour la décrypter).

On y apprend qu’au rang des technologies qui vont permettre un accroissement de leurs revenus, les entreprises ne citent les réseaux sociaux qu’à hauteur de 11,5% et les wikis 12,3%. L’entreprise 2.0 serait donc incapable de générer du revenu ?

A cette question je répond..”pas forcément faux”. Et si on me fait remarquer que je passe mon temps à dire le contraire je signale juste qu’il faut faire attention aux termes qu’on emploie et aux concepts que l’on manie.

Je m’explique.

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Utilisation du web 2.0 dans les grandes entreprises : le succès passe par la logique organisationnelle

Un titre un peu long… Cette conclusion me vient de chez McKinsey (enfin cela conforme mes idées point par point, ça tombe bien) qui prend un peu de hauteur dans le tumulte ambiant et essaie de proposer une vision claire de l’état de l’art. Première fausse note, une fois n’est pas coutume, le titre que je trouve relativement malheureux : “construire l’entreprise web 2.0″ ce qui laisserait à penser que l’outil est central dans l’entreprise. Fort heureusement, et ceci explique peut être cela, leur étude nous dit exactement le contraire.

Premier constat : les initiatives d’import des outils du web 2.0 en entreprise ne sont pas un épiphénomène mais une tendance lourde et tous azimuth : usages internes, externes, outils variés, périmètre d’expérimentation très large. Second constat : les choses ne sont pas aussi roses qu’on a bien voulu l’espérer : les résultats ne sont en effet pas toujours au rendez vous.

Cela ne m’inquiète ni ne me surprend outre mesure. Au contraire. Deux types d’entreprise semblent en effet se distinguer (lire le rapport pour les détails et les pourcentages…) : celles qui ont eu une vision centrée sur les outils et se sont dit que le reste suivrait, et celles qui ont positionné les outils dans un processus de transformation managerial et organisationel plus profond.

Les premières semblent être majoritaires dans celles pour qui ça n’a pas marché, les secondes sont celles qui sont le plus satisfaites.

Mais est-ce seulement une surprise ? A-t-on seulement pensé une seule seconde que mettre en place des outils qui permettent de fonctionner autrement sans changer la manière dont on fonctionne allait apporter quelque chose ? Au mieux il ne se passe rien, au pire le développement chaotique et non coordonnée des usages crée plus de turbulences qu’il ne résout de problèmes. Sans coordination, sans but, en l’absence manifeste de sens, il n’est guère envisageable que des pratiques uniformes, je dirai même harmonieuses, et en tout cas productives se développent, si ce n’est par hasard.

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S’organiser pour créer de la valeur

Un énième détour par chez McKinsey pour vous conseiller cette nouvelle étude nommée “Organizing for value“. Vous y apprendrez que :

- la structure par division n’est pas adaptée à la création de valeur

- qu’il faut apprendre à arbitrer dans le sens de la valeur à long terme plutôt que du résultat à court terme

- que pour cela il faut savoir identifier la valeur future

- que ce type d’organisation nécessité une granularité beaucoup plus fine de l’organisation et des décisions

- que pour mettre tout cela en ordre, là ou l’entreprise se composait souvent de 4 ou 5 divisions, 50 “value cells” seraient beaucoup plus efficaces.

Intéressant dans la mesure où cette prise de conscience de l’erreur court termiste va enfin permettre de justifier, financièrement parlant, les réponses organisationnelles adéquates. La “descente” du pouvoir de décision dans les structures plus petites, qui deviennent créatrices de valeur alors qu’elles ne l’étaient pas en étant noyées dans un système plus large me semble également aller dans le bon sens.

Le partage d’information pour baisser la facture pétrolière

J’évoque souvent des enjeux de performance organisationnelle pour conclure à la nécessité de rendre l’information totalement disponible à tous, où qu’ils se trouvent et sur quelque terminal que ce soit, d’utiliser d’autres technologies que l’email pour toutes les discussions qui ne sont pas d’ordre strictement privées, bref, de faire en sorte que chacun construise sa propre supply chain d’information plutôt que d’être la victime d’un raz de marée d’information inutiles et devoir se battre à la fois contre l’organisation et le temps pour trouver l’information utile.

Mais la pratique montre également d’autres bénéfices, très concrets également. C’est en suivant ces principes et en s’appuyant sur le RSS (vous savez, cette technologie que nombre d’entreprises peinent à utiliser, voire que les DSI combattent) que Wallem, une entreprise de transport, a fait baisser sa facture pétrolière de 8% ce qui représente la bagatelle de 400 millions de dollars.

Je précise bien que le gain n’est pas du à la possibilité d’échanger davantage à distance sans se déplacer : il est bel est bien du à un meilleur accès à l’information pertinente c’est à dire non pas celle qu’on met à disposition des salariés en présumant de leurs besoins et en décidant arbitrairement ce qui doivent savoir et ne pas savoir, mais celle dont ils ont effectivement et réellement besoin pour travailler et prendre des décisions au quotidien.

Bien sur il s’agit d’une entreprise de transport donc l’impact se voit au niveau pétrole. En fonction du secteur d’activité d’une entreprise il se déplacera sur d’autres postes. Mais une chose est sure : une information plus accessible et partagée impacte largement l’efficacité des process internes

Pour en savoir plus c’est ici.

Marketing et réseaux sociaux : votre premier ROI est interne

Je le confesse, le marketing n’a jamais été ma tasse de thé quand j’étais étudiant. Pour ceux que cela pourrait surprendre, je préférais de loin les problématiques d’optimisation, qu’il s’agisse de flux ou d’intéractions “humaines”.

Je regarde la chose d’un peu plus près depuis que le “web social” permet d’inclure le client dans le processus d’innovation, et plus globalement rend possible la généralisation de l’entreprise étendue.

Parfois non sans un certain scepticisme. J’ai l’impression que le coté “fun and blog” amène parfois à faire beaucoup de bruit sans retour réel pour l’annonceur, même si, ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain, on voit également d’excellentes campagnes, bien ciblées. Mais trop rares à mon gout. Bref à vouloir faire du bruit on oublie l’essentiel : le ROI.

Je sais que je reste désespérement old school mais je reste convaincu qu’au bout du compte l’entreprise doit gagner de l’argent. Tout ce qui y participe directement ou par ricochet est bon, le reste est à oublier. Qu’il s’agisse de marketing ou d’autre chose. On a essayé de me faire comprendre que “ces fois c’est juste bon pour l’image et ça compte”. Où l’art, une fois de plus, de confondre la fin et les moyens. L’image est une manière de générer des ventes non ? La preuve, les entreprises en situation de monopole se soucient rarement de la leur… Et améliorer son image ou sa notoriété en dehors de sa clientèle cible….j’ai du mal de voir l’intérêt. On a même essayé de m’expliquer qu’un récent évènement impliquant des blogueurs enfermés pendant 35h avec un lapin était un tournant fondamental dans l’histoire du marketing car il montrait que finalement on pouvait faire une opération sans attendre de ROI. A d’autres…

Bref le marketing joue à fond la carte des réseaux, des communautés, parfois de manière géniale, parfois non. Mais la fonction marketing, qui semble aujourd’hui tant croire aux bénéfices de l’intéraction avec ses clients potentiels ne devrait elle pas balayer devant sa porte et s’appliquer à elle-même ce qui est bon pour sa marque ? La performance n’est pas qu’externe non ? Elle doit également être organisationnelle et interne.

Sur ce sujet je ne peux que vous conseiller d’aller lire cette excellente note de Sophie Callies qui en profite pour (enfin !) lancer son blog. Elle nous livre en effet une excellente analyse de l’intérêt des réseaux sociaux pour une direction marketing sous l’angle de la performance organisationnelle. Avec des chiffres, du ROI et une analyse de rentabilité. J’ai eu souvent l’occasion de croiser et d’apprendre à connaitre Sophie ces derniers temps et ne peux que vous recommander de suivre ses analyses et ses réflexions : c’est une grande professionnelle totalement “focus” sur la performance et le résultat. En termes de chiffres, pas de vent.

Un excellent complément du non moins excellent blog de Jean-Marc Bellot dédié à la vente et à la fonction commerciale.

Comment Danone fait de sa culture un levier de performance

Je vous avais dit, il a quelques temps de cela, que j’étais invité à participer à un évènement chez Danone. Le point d’orgue en a bien sur été la final de leur business game “Trust“, mais en amont nous avons la possibilité de discuter avec les gens de la DRH qui nous ont expliqué le pourquoi du comment, et surtout toutes les implications d’une bonne prise en compte de la culture d’entreprise;

J’en profite pour remercier les gens de chez Danone : prendre le temps de discuter en toute transparence pendant plus d’une heure, au calme, avec 4 ou 5 blogueurs n’est pas chose aisée et je les remercie de l’avoir fait. Merci donc Christine Gas (Directrice Communication RG), Pierre Deheunynck (Senior VP développement des hommes et des organisation) et Muriel Pénicaud (DGRH) pour avoir aussi bien pris soin de nous…ainsi qu’Alix Lepeytre pour nous avoir servi de guide.

Je vais tenter d’être synthétique…avec 5 pages de notes ça ne va pas être chose simple. [Read more...]