Quelques lectures en passant…

Alors que je viens de repasser une commande en gros chez Amazon, quelques ouvrages que j’ai pu lire pendant l’été. Pas de quoi (ou pas le temps) en faire une note à chaque fois mais ça vaut la peinde les signaler quand même.

Le phénomène bureaucratique de Michel Crozier. A mettre dans la série “oldies but goodies”. Publié alors que je n’étais pas encore né, c’est une excellente analyse de l’organisation bureaucratique telle qu’elle avait cours dans les années 60-70… et avec laquelle nombres d’organisation actuelles ne peuvent renier un fort lien de paternité. Très instructif car cela nous permet d’en comprendre les origines, le bien fondé, le contexte économique et social qui a permis son épanouissement…ainsi que les limites. Limites que l’on est en train de tutoyer fortement aujourd’hui sans pour autant que le modèle ait été profondément remis en cause malgrès les quelques retouches, malheureusement superficielles, qui ont pu être apportées çà et là au cours des années. Par contre je vous préviens : le style peut sembler indigeste à quiconque apprécie les ouvrages en général plus vivements des spécialistes US du management.

The Age of Discontinuity: Guidelines to Our Changing Society de l’inévitable Peter Drucker. Là encore on fait du neuf avec du vieux puisque l’édition originale date de 1969. Et bien si vous voulez comprendre le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui vous n’avez qu’à lire ce livre. Il touche à l’aspect économique, à l’entreprise mais également aux grandes évolutions de la société qui en quelque sorte donnent le ton à l’entreprise. Tout va changer, et de plus en plus vite, la prévisibilité va laisser la place à la discontinuité et l’informatique sera un des moteurs de cette transformation profonde en raison de l’emergence programmée d’une chose appelée économie de la connaissance. Fermez le ban, tout était dit. Bien entendu il a eu raison un peu trop tôt, ce qui est fréquent chez Drucker, mais ceux qui s’imaginent que certaines réflexions actuelles tombent du ciel et son un effet de mode je leur conseille de lire cet ouvrage, de fermer les yeux et de mettre en perspective la vision de Drucker et leur propre expérience. Ils se diront peut être qu’on est en train d’atteindre un point de bascule et qu’il ne reste plus beaucoup de temps pour faire quelque chose.

La semaine de 4 heures de Tim Ferris. Le plus digeste pour lire en vacances ou sur une plage pour ceux qui ne sont pas sur le chemin du retour. Ne travailler que quatre heures par semaine bien sur ça n’est pas sérieux et je suis le premier à dire que le modèle défendu ne peut s’appliquer à tous. Et en tout cas pas dans le paradigme social français…mais peut être y viendra t’on un jour. En attendant nous avons tous des choses à retirer de la philosophie que propose Ferriss, sur la gestion du temps, des priorités, de ce qui compte vraiment, sur le fait qu’on passe son temps à prévoir des choses pour demain au lieu d’en profiter aujourd’hui. Je commence à implémenter certains détails dans ma propre petite vie…et ça porte peu à peu ses fruits. Après chacun voit midi à sa porte mais même si on est pas d’accord avec ses réponses cela vaut quand même la peine de trouver nos propres solutons à ses questions. Pour ceux que revisiter le lien individu / travail intéresse, profitez en pour jeter un oeil à The Seven-day Weekend de Ricardo Semler, qui a le mérite de s’appliquer à une vraie, grande, entreprise, une sorte de Michel Hervé taille XXL et dont je vous parlais déjà ici il y a plus d’un an.

Bonnes lectures, moi j’attend mon paquet de chez Amazon.

Economie du savoir et productivité

Discussion très intéressante sur un de mes anciens billets avec Olivier Amprimo. On a l’eu l’occasion d’en reparler à l’ENSAM mais j’aimerais traiter ici d’un point qui me semble avoir du sens dans cet échange. Un des points de la discussion concerne la prise en compte de l’information dans les systèmes productifs. Je rejoins son analyse pour dire que l’enjeu auquel les entreprises vont devoir faire face (et il s’agit à mon avis d’un enjeu vital) c’est de mesurer la valeur de la création et de la mise à disposition de connaissances dans l’entreprise.

Le temps pour moi de vous proposer un rapide retour en arrière sur une proposition (pas si vieille que cela en fait) de Peter Drucker sur “comment mesurer la productivité d’un knowledge worker” (tiré de Management Challenges for the 21st Century).

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Effet Hawthorne, productivité du social computing et double budget

Un titre bien indigeste et difficilement compréhensible pour matérialiser le lien que j’ai vu s’établir entre trois faits totalement indépendants dont je me suis dit un beau matin qu’ils avaient quelque chose à voir les uns avec les autres.

De quoi parlons nous ?

• Effet Hawthorne : fruit d’une “expérience” d’Elton Mayo dans une usine située à…Hawthorne, et concernant la productivité. Mayo a pris un groupe d’employés et a amélioré leurs conditions de travail (plus de pauses, moins de monotonie…) et la productivité à augmenté. Puis on a lentement laissé se dégrader ces conditions jusqu’à revenir à la situation originalle (voire pire). Et logiquement la productivité a …augmenté. Conclusion : dès lors qu’un groupe a l’impression que l’on s’occupe de lui, qu’il est pris en compte (ici ils participaient à une expérience), il s’investit d’autant plus dans son travail.

• Productivité du social computing : grand sujet de réflexion chez les “penseurs” de l’entreprise 2.0 et d’inquiétude chez le manager X. Concept dans lequel on trouve pele-mêle l’idée selon laquelle le social computing dès lors qu’il demande ne serait-ce que 5 minutes par jour est un frein à la productivité, qu’il s’agit (pour d’autres) d’un enjeu stratégique donc qu’il faut lui allouer du temps, que de toute manière il s’agit d’une réalité qui aura de toute manière lieu sous le radar donc qu’il vaut mieux officialiser pour en tirer les plus grands bénéfices…et j’en passe. Un clin d’oeil également à la vidéo de Louis Schweitzer…car communiquer différemment c’est également prendre un peu plus de temps pour le faire afin d’être plus ouvert sur son environnement et émettre davantage de signaux qualitatifs.

• Le double budget : idée avancée par Peter Drucker (Management Challenges for the 21st Century) selon laquelle l’entreprise devant à la fois gagner de l’argent aujourd’hui et préparer l’avenir elle doit non pas opérer sur un budget unique mais sur deux budgets distincts, l’un représentant 20% du montant global et étant intouchable, incompressible quelle que soit la situation de l’entreprise et concernant l’innovation. Celà part de l’idée que seule l’innovation prépare les gains de demain, et que l’innovation porte ses fruits sur la durée. Il ne faut donc pas que l’on supprime ce budget en disant “cela n’a pas amené grand chose cette année”.

Vous commencez à voir où je veux en venir ?

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