Une bonne gestion de projet repose sur des signaux sociaux

Résumé : s’il est de plus en plus évident que dans de nombreux cas les méthodes de gestion de projet traditionnelles doivent gagner en agilité, cela n’est pas sans poser des difficultés nouvelles, notamment dans la nécessité de garder chaque intervenant informé de l’état d’un projet qui se re-construit et se redéfinit en permanence. Devant cette nécessité de “raconter” le projet de manière qualitative bien au delà des indicateurs de progression et de suivi traditionnels, les médias sociaux sont le support parfait support de ces activités nouvelles, en complément des outils traditionnels. Il reste toutefois un vide difficilement explicable dans l’offre des grands éditeurs de “social software” qui proposent peu de fonctionnalités de “socialisation des projets” contrairement à certains acteurs spécialisés, une offre qui aurait pourtant beaucoup de sens aux cotés des espaces conversationnels qui sont souvent le cœur de leurs produits.

Dans de plus en plus de domaines il apparait que la méthode agile est la manière la plus pertinente de mener un projet et cette approche, jusqu’ici cantonnée aux projets informatiques, voit son champ d’application s’étendre chaque jour davantage. La raison est relativement simple à comprendre : dans un monde qui fonctionne sur des cycles de plus en plus courts, on ne peut plus se satisfaire de plans qui donneront quelque chose dans 2, 3, 4 ans. Mieux vaut avancer par pas, avoir des livrables opérationnels qui arrivent peu à peu et recadrer en permanence le projet afin qu’il colle à un besoin qui évolue en permanence plutôt que livrer quelque chose de conforme au cahier des charges mais ne répondant plus au besoin tel qu’il sera au jour de livraison.

Lorsqu’au cours d’un projet on fait intervenir des expertises et des ressources spécifiques lors de certaines phases, cela n’est pas sans engendrer certaines complications. Dans un mode de gestion de projet “classique” chacun sait ce qu’il a à faire au moment où il doit intervenir car le projet suit un plan précis. Il n’y à qu’à se fier aux spécifications de départ et au planning tels que définis au début. Dans le cas d’un projet agile où on se focalise sur la satisfaction d’un besoin et où les livrables et la feuille de route se co-construisent en permanence avec le client, la ressource qui est amenée à intervenir plus ou moins ponctuellement perd ses repères car elle ne sait pas où en seront les choses (et parfois même pas comment le livrable a évolué depuis le début du projet) lorsqu’elle entre en scène. Non pas un problème de collaboration ou d’organisation mais d’”awareness“. [Read more...]

10 questions auxquelles répondre pour réussir votre projet entreprise 2.0

On a l’habitude de dire que pour réussir il y a des choses à faire. Mais à force de toujours privilégier l’action et de dédaigner la réflexion on risque de faire n’importe quoi et gâcher de belles opportunités. Pour réussir il faut aussi avoir des réponses. Des réponses qui permettent de passer d’une étape à l’autre. Des réponses qui permettent d’être sur qu’on ne se trompe pas de projet. Des réponses qu’il faudra donner à ses supérieurs pour prouver qu’on ne jette pas l’argent par les fenêtres et que l’initiative mérite son budget et un soutien actif.

A chaque phase du projet  il faut se demander si on a la réponse à quelques questions clé. Et faute de réponse il importe de lever le pied et de consacrer son énergie à la trouver avant de persévérer dans une une direction qui pourrait être fatale.

Si l’on considère qu’un projet comporte en gros 3 phases, l’exploration où on essaie de comprendre un phénomène au départ inconnu, le pilote où on valide ce qu’on a cru comprendre, et l’industrialisation qui est la généralisation à l’échelle de l’entreprise, voici 10 questions clé auxquelles vous devez avoir des réponses.

Il n’y a pas toujours de bonne ou de mauvaise réponse. Mais par contre il en faut une. Lorsque la réponse se limite à “oui” ou “non”, je vous laisse trouver de vous même quelle est la bonne réponse…et que signifie l’autre.

1°) A l’issue de la phase d’exploration

Qu’est ce que les outils que je compte utiliser font et ne font pas ? Ou plus exactement pour quoi sont ils conçus et pour que ne sont ils pas conçus ?

Ai-je une idée de la manière dont mon projet va impacter le travail quotidien des utilisateurs ? Puis-je visualiser la situation future, me projeter ? Et suis-je prêt à l’assumer ?

Puis-je  évaluer l’impact de mon projet sur la chaine de valeur, sur la création de valeur, sur l’efficacité au quotidien (au moins théoriquement) ?

2°) En phase pilote

Les contenus et informations partagés le sont il du fait des utilisateurs ou de personnes à qui on demande d’occuper le terrain ?

Ai-je formalisé, communiqué, les “outcomes” attendus ? Et vérifié qu’ils avaient du sens dans le quotidien des collaborateurs ?

Suis-je sur que les intervenants sur le projet (internes comme externes) ont pour objectif de faire délivrer ces “outcomes” ou de faire en sorte qu’il y ait simplement du bruit dans l’outil afin de mériter leur paie ? L’utilisation de l’outil est elle devenue la finalité du projet au détriment de tout objectif opérationel ?

Ai-je organisé la réutilisation de ces fameuses intéractions sociales et de leur produit au service du business (comment l’idée deviendra projet, comment le collaborateur pourra accéder et réutiliser le savoir et l’aide de ses pairs, comment on pourra mobiliser une ressource identifiée au gré de ces intéractions…)

Ai-je réfléchi à la notion de “routine sociale” avec les métiers, les managers, et commencé son implémentation ?

3°) En phase d’industrialisation

Ai-je des indicateurs concrêts permettant de mesurer l’apport de la logique “sociale” au business (longueur du cycle d’innovation, longueur du cycle de vente, chiffre d’affaire, nombre de bonnes pratiques capitalisées, réunions évitées, idées recueillies, longueur du cycle de décision, diminution du temps passé par les managers à faire de la mise en relation….)

Ai-je  des exemples de choses qui ne se serait pas produites sans le projet ? Et quel a été leur impact ?

Ca n’est bien sur pas exhaustif mais il est à peu près certain que l’incapacité de fournir une réponse à une de ces questions, voire parfois une mauvaise, risque de se payer au prix fort un jour ou l’autre alors que prendre le temps d’y penser au bon moment évitera des désagréments futurs.

Quel périmètre pour un réseau social d’entreprise ?

Vous vous souvenez sans doute de mon article sur les réseaux mixtes et de celui sur la pertinence des logiques d’entreprise 2.0 pour les PME. Dans les deux cas se pose en pointillé la question du périmètre des réseaux sociaux d’entreprise.

En effet dans le cadre d’une entreprise de taille petite ou moyenne, partant du principe que les contacts sont naturellement plus simples (ou supposés l’être, on a souvent des surprises), le bénéfice d’une solution permettant de mieux interconnecter les individus afin de dégager davantage de synergies semble a priori moins évident.

Ce qui nous amène au point que j’avais soulevé de manière générale pour toutes les entreprises : pourquoi les outils supposés favoriser collaboration et synergies s’arrêtent ils à la frontière des entreprises alors même que la valeur se crée (je vise spécifiquement le B2B) non pas purement en interne mais sur la zone de contact entre les équipes internes et les équipes du client.

L’expérience m’enseigne deux choses : la taille d’une équipe ou d’une entreprise ne permet pas de présumer de la facilité ou de la difficulté qu’ont ses membres de travailler ensemble et le point faible de nombre de processus se situe dans la connection intérentreprise.

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Y-a-t’il une manière 2.0 de dessiner un organigramme ?

Quand on parle d’entreprise 2.0 une réaction souvent entendue est “c’est séduisant mais notre entreprise n’est malheureusement pas conçue pour fonctionner ainsi”. Comprenez : on décide de faire quelque chose et on le “pousse”, il n’est pas concevable qu’un flux ascendant puisse exister dans ce contexte. Alors effectivement cela crée de gros écarts, l’entreprise ne répondant pas forcément ni aux besoins de ses clients ni à ceux de ses collaborateurs du premier coup, de multiples ajustements étant nécessaires sans que les échanges les rendant possible soient forcément facilités. De manière imagée on utilise les tuyaux existants en espérant que ça s’emboite bien à la sortie.

C’est pour cette raison que je proposais il y a peu de réfléchir à l’organisation orientée services, dont le point de départ n’est pas tant le haut de la pyramide mais le besoin que l’organisation doit satisfaire. N’oublions pas que le but d’une entreprise n’est pas d’utiliser ses ressources ou de donner de l’activité à l’existant mais de satisfaire le marché, quitte à faire bouger l’existant.

Jouons maintenant à un petit jeu.

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De quel réseau social une entreprise a-t-elle besoin ?

Besoin de synergies, de créer du lien, de faire plus avec moins : quelle que soit la raison invoquée officiellement et dans certains cas la raison officieuse, les entreprises se tournent désormais vers le bon vieux réseau, rebaptisé “réseau social” pour coller à l’air du temps pour trouver de nouveaux gisements de performance.

Efficacité oblige, le réseau n’est plus une collection de cartes de visites qui trainent dans un tiroir et qu’on ne tient pas à jour. Surtout qu’on a davantage tendance à collectionner les cartes des extérieurs et non celles de ses quelques miliers de collègues. Le réseau s’est informatisé, “wébisé” et l’entreprise se demande comment “professionnaliser” un facebook, internaliser un linkedin. Le réseau social devient donc une application d’entreprise, des “spécialistes” de ce marché se sont positionnés et les éditeurs classiques essaient tous de placer une fonctionnalité “réseau”, ça et là. Reste qu’il est frappant de constater que derrière un vocable unique et une fonctionnalité logicielle se cachent de mutiples réalités qui correspondent à autant de visions de ce qu’est un réseau pour une entreprise. Ou en d’autres mots, quelles sont les formes de réseau utiles pour l’entreprise. Selon PWC l’avenir est aux “business networks”, mais que sont il précisément ?

Il n’est pas question de discuter ici de ce qu’est un réseau. Je suis convaincu qu’il n’y a pas une forme générique, idéale, et qu’il convient d’adapter celle qui convient à l’objectif qu’on se donne.

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