Le community management c’est du business et pas du bla-bla

J’ai vu passer il y a peu sur la partie marketing de social-bookmark.me (j’en profite pour faire la promo de ce service thématique nouveau lancé par un petit jeune plein d’avenir) un article mettant en garde les “community managers” qui n’arrivent pas à booster leur ROI : la porte est proche.

D’un coté je partage l’idée selon laquelle, malgré quantité de réussites notables, le community management “externe” (différent du community management interne à l’égard des collaborateurs) ne porte pas systématiquement ses fruits. De là à faire porter le chapeau aux community managers il n’y a qu’un pas que je m’abstiendrai de franchir.

Force est de constater que lorsque les objectifs ne sont pas atteints on s’en prend souvent à la personne qui est en bout de chaine. Les statistiques quant à elles montrent que quand quelque chose ne va pas cela est imputables non à l’individu ou à une cause extérieure mais au “système” dans 90% des cas. Je ne pense pas que ces chiffres qui datent des travaux de Deming dans les années 80 aient beaucoup évolué depuis.

Le problème n’est à mon avis pas tant le community manager, même si ce type de poste nouveau, mal défini, n’est pas toujours attribué aux bonnes personnes dans les premiers temps (mais là encore c’est au système d’identifier et de faire évoluer les personnes, en tout cas de prévoir cette possibilité) que dans la conception même du community management.

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Une fois qu’on aura outsourcé les savoirs, l’entreprise ne servira plus qu’à coordonner des expertises

Je disais dans cet ancien article qu’à terme l’entreprise ne servirait peut être plus qu’à organiser une chaine de valeur, à coordonner des expertises dont certaines seront internes et la grande majorité externe. La “knowledgisation” de l’économie ou le capital réside dans les savoirs individuels, des coûts de transaction quasi nuls qui risquent d’entrainer une application inversée de la loi de Coase, et la possibilité de s’organiser en dehors de l’organisation sont autant de raisons qui laissent à penser que l’entreprise n’aura bientôt plus qu’un rôle de donneur d’ordre et de fédérateur d’expertises.

Je ne reviendrai pas sur la longue liste, déjà citée par ailleurs de tout ce qui est déjà externalisé ou externalisable aujourd’hui, du recrutement à l’innovation en passant par la fabrication, la facturation, et en allant parfois jusqu’à la R&D.

Heureusement l’entreprise garde l’essentiel : les savoirs, les expertises. Peut être plus pour longtemps.

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