Réseau ou proximité ? Où est la valeur pour l’entreprise ?

Web 2.0 Expo Europe 2008On met le réseau à toutes les sauces. Sans trop prendre en compte que sa valeur vient de son contexte. Exemple : mon réseau facebook et mon réseau linkedin n’ont rien à voir, le lien est créé pour des raisons différentes, dans des contextes différents. Savoir qu’untel est un de mes contacts sur l’un ou l’autre peut aider à comprendre la nature différente de nos relations. Mais dans chaque cas il y a un point commun : l’un a demandé à l’autre de reconnaitre qu’il est une de ses relations et l’autre l’a accepté en fonction des critères qu’il se fixe. En matérialisant cette relation on crée un lien.

Mais le lien peut se créer différemment. Non en fonction de relations mais d’objets. Dopplr utilise le voyage pour objet. Lastfm la musique. FlickR l’image comme je l’ai expliqué ici. Ce qui crée le lien n’est pas la connaissance de la personne mais un objet.

Maintenant replaçons nous dans un contexte professionnel, au sein d’une entreprise. [Read more...]

De l’intérêt d’une gestion de crise décentralisée : le cas Gustav

La crise se caractérise par son caractère soudain, imprévisible, et l’importance potentielle de ses conséquences. Elle impose à une organisation de réagir rapidement afin de se préserver, elle ainsi que ses composantes, autant que faire se peut.

Cela impose diverses choses. Décider de la manière dont on va réagir tout d’abord, ce qui suppose de disposer d’une information fiable et exhaustive. Ensuite réussir à faire passer les ordres, ce qui implique cette fois ci un flux d’information descendant reçu par tous. Et dans la mesure où il faut s’attendre à ce que soit le flux ascendant n’existe pas (donc manque d’information pour décider) soit il est impossible de faire redescendre l’information (incapacité pour les agents d’agir), il est essentiel de prévoir des flux décentralisés afin que les agents soient à même de se coordonner par eux même.

Tout cela participe, notons le, de deux phénomènes que j’ai pu évoquer ici par le passé : le fait qu’une organisation en réseau soit moins fragile face aux attaques qu’une organisation centralisée (voir les cas Toyota et Al Qaida ici), et la nécessité de donner un maximum de visibilité à l’action et aux informations de chacun de manière à  ce qu’en l’absence de coordination chacun puisse adapter sa stratégie à celle des autres. Remarquez que même si la tête de l’organisation est à même de faire son travail, si tout fonctionne bien, le fait que ses agents arrivent à se débrouiller sans repasser par le centre la décharge tout de même d’un grand poids. Quoiqu’il en soit, étant donné que nous parlons de crise, le fait qu’il existe des canaux de dérivation ne peut être qu’une bonne chose.

Je pense que tout le monde a, par l’observation ou l’expérience, le souvenir d’une situation de crise où personne ne savait ce qu’il fallait faire, où tout le monde manquait d’information sur la conduite à tenir et où le manque d’information empêchait de décider à son propre niveau et où le sommet peinait à avoir une idée claire de se qui passait et / ou à expliquer la conduite à tenir.

Vous connaissez Gustav ?

[Read more...]

Toyota : un bel exemple de SOO pour un risque zéro

Je vous rappelle en deux mots les principes de l’Organisation Orientée Service (ou SOO) : il s’agit de donner aux collaborateurs la possibilité (donc les outils et le mode d’organisation)  de combler l’écart entre les tâches définies par leur employeur et celles que demandent effectivement leur travail (partant du principe qu’on a atteint un tel optimum dans la verticalité que les écarts, de plus en plus fréquents, ne peuvent se régler que via des systèmes ad-hoc, spontanés et provisoires).

Un bel exemple nous vient de chez Toyota et de son écosystème de sous-traitants. Ce dernier se caractérise par une optimisation telle que les expertises sont très souvent uniques. Que se passe-t-il lorsqu’une usine fabriquant une pièce utilisée sur tous les véhicules brule ? Et qu’il ne reste que deux jours de stocks de cette pièce ?

[Read more...]

Hierarchie vs. Connectarchie

Un concept très intéressant que j’ai découvert il y a peu via un article de Jon Husband : la “Wirearchy” (que l’on pourrait traduire par “connectarchie” ? ). Pas si nouveau que ça en fait (il en parle depuis un certain temps) mais suffisamment intéressant pour que je comble mon retard en la matière.

Le constat est simple : les nouveaux outils permettent la mise en place de flux d’information totalement nouveaux, dans ce sens qu’ils sont complètement régis par les individus eux-même. Ces flux permettent des interactions nouvelles entre individus, en dehors de l’organisation mise en place pour l’entreprise, ce qui crée en quelque sorte une organisation informelle. [Read more...]

Comment Danone fait de sa culture un levier de performance

Je vous avais dit, il a quelques temps de cela, que j’étais invité à participer à un évènement chez Danone. Le point d’orgue en a bien sur été la final de leur business game “Trust“, mais en amont nous avons la possibilité de discuter avec les gens de la DRH qui nous ont expliqué le pourquoi du comment, et surtout toutes les implications d’une bonne prise en compte de la culture d’entreprise;

J’en profite pour remercier les gens de chez Danone : prendre le temps de discuter en toute transparence pendant plus d’une heure, au calme, avec 4 ou 5 blogueurs n’est pas chose aisée et je les remercie de l’avoir fait. Merci donc Christine Gas (Directrice Communication RG), Pierre Deheunynck (Senior VP développement des hommes et des organisation) et Muriel Pénicaud (DGRH) pour avoir aussi bien pris soin de nous…ainsi qu’Alix Lepeytre pour nous avoir servi de guide.

Je vais tenter d’être synthétique…avec 5 pages de notes ça ne va pas être chose simple. [Read more...]

La théorie d’Archimède appliquée à l’entreprise 2.0…avec de la confiance en guise de liquide

J’ai souvent coutume de dire que, même dans le cadre d’un changement prometteur, il est nécessaire de garder les pieds sur terre et d’y aller pas à pas. En l’occurence : tout excès finit en effet par engendrer un excès contraire et l’entreprise n’y trouve plus forcément son compte

Gageons que la transformation de l’organisation de l’entreprise est une chose acquise, nécessaire, et qui aura lieu quoiqu’on en pense, deux solutions se présentent :

- y aller tranquillement, pas à pas, afin d’être prêts le jour où l’ancien modèle sera définitivement dépassé. Cela implique de partir tôt, dès aujourd’hui (voire hier) et ainsi de se donner le temps et de trouver sa propre voie tant je ne crois pas aux recettes magiques à vocation universelle.

- freiner des quatre fers au risque de devoir faire face à un changement très violent après demain et d’y laisser davantage de plumes que si on avait opté pour la première solution. Une sorte d’effet élastique. Le changement n’étant pas dans l’ADN des organisations, Hamel pense que c’est l’horizon vers lequel nous nous acheminons.

Mais en termes de migration vers le management 2.0, l’entreprise 2.0 ou encore l’adoption des outils de social-computing, plus que la peur du changement c’est la notion de confiance qui joue un rôle essentiel. [Read more...]

La Serendipité n’exclut pas le contrôle : ou quelques règles pour contrôler le hasard dans les réseaux informels

Tout le monde a conscience de la puissance des réseaux informels au sein d’une organisation. Mais leur coté informel inspire nombre de craintes légitimes car justement incontrôlable. On ne sait jamais ce qui va en sortir. Le concept de senrendipité illustre à merveille cet état de fait. Tout le monde rêve de conduire une Ferrari à condition de contrôler accélerateur, frein, et surtout le volant ! Sinon on est mieux avec sa Clio. Et bien il en va de même pour les dirigeants d’entreprise, à la recherche de performance mais qui n’ont aucune envie d’envoyer une multinationale dans le décor.

Cette quadrature du cercle avait d’ailleurs été relevée par Gonzalo en réponse à cette note sur les portefeuilles d’innovation. Je pense que l’on peut aisément résoudre l’équation a condition de se départir de l’idée selon laquelle le “laisser faire et attendre de voir” est la règle qui préside au fonctionnement de ces réseaux. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles l’entreprise 2.0 n’est pas le web 2.0. Elle en reproduit les effets, les dynamiques et utilise les mêmes outils mais avec des leviers et des règles différentes : même points de départs et d’arrivée mais des processus totalement différents.

Quelques règles à suivre donc…

[Read more...]

Etude sur MIT sur la productivité : du mail au maillage

Le MIT center for Digital Business a produit il y a quelques temps une étude sur la productivité des travailleurs en rapport à leur utilisation des outils de communication.

Je vous renvoie à cette note pour en savoir plus, pas besoin d’en ajouter sur les données brutes. Cela m’inspire toutefois de nombreuses interrogations…

A propos du mail tout d’abord. Ce que je comprend à travers les lignes c’est que ceux qui accèdent à beaucoup d’information ont un coup d’avance sur les autres. Par contre on en évoque pas les limites : à force de recevoir de l’information on ne peut plus se concentrer sur rien. D’où l’intérêt de basculer vers un système où l’individu tire l’information à lui plutôt que recevoir une masse d’information avec un rapport signal bruit élevé. L’étude le reconnait indirectement :  le multitasking a une limite. Soit mais comment s’en affranchit on alors ? Justement en travaillant sur des outils de réseaux sociaux qui permettent de rendre disponible l’information, libre à chacun d’aller puiser ce qui l’intéresse et ne recevoir que l’information désirée d’une part, et permettent de mettre en oeuvre des mécanismes de “social search” d’autre part. Car ce qui n’est pas mentionné c’est le rapport signal bruit du mail qui en est la principale limite.

On y apprend aussi que les discussions par email se produisent plus entre ceux qui ont des choses en commun. d’où l’importance de mettre en place des outils permettant aux personnes de s’identifier, d’indentifer des problématiques communes, des pôles d’intérêt communs.

En fait ce que je retiens principalement m’a été suggéré fort involontairement par Emilie Ogez sur Savoirs en Réseau. Parlant du premier point que je soulignais elle écrivait “un travailleur est d’autant plus productif qu’il est maillé, car plus on est maillé plus tôt il reçoit l’information de ses pairs.” Par “maillé” elle voulait bien sur dire “recevait des mails” mais je me suis amusé à prendre la chose différemment.

Si, par “maillé” on comprenait  “faire partie d’un maillage, d’un réseau” ? Autant la version “mail” me semble  être en phase avec la situation actuelle avec les limites que cela comporte, autant la version “maillage réseau” me semble davantage correspondre aux besoins à venir.

Les enjeux d’une bonne gouvernance de l’information et l’importance des réseaux informels

Alors que la place de l’information dans la performance de l’organisation va crescendo, se pose naturellement la nécessité de mettre en place une gouvernance adéquate.

Une gouvernance pourquoi ? Parce que qui dit opportunité dit risque et que c’est en se protégeant intelligemment contre ces derniers qu’on évite un jour de jeter le bébé avec l’eau du bain en fermant tous les robinets et mettant tout sous un contrôle disproportionné et contre productif. Et parce que dans un monde où on n’a pas encore le reflexe de mettre l’information a profit (souvenez vous que l’avenir de l’informel passe par sa connection avec le formel…et que la valeur se créera demain sur cette capacité à lier les deux) il n’est pas superflu de se doter d’un mode d’emploi de l’information.

Il s’agit d’un enjeu stratégique qui revêt d’étranges similitudes avec le débat entreprise 1.0 / 2.0. [Read more...]

L’entreprise et son environnement en poésie

C’est Noël…permettons nous quelques libertés.

Quelques lignes de John Donne qui valent bien sur pour le genre humain mais finalement que l’on pourrait appliquer à l’entreprise, au collaborateur : aujourd’hui tout fait partie d’un écosystème plus important et la montée en puissance des réseaux dits informels fait que ce qui enrichit les uns enrichit les autres, mais également que la perte d’une maille d’un réseau affaiblit l’ensemble.

« Aucun homme n’est une île, un tout, complet en soi ; tout homme est un fragment du continent, une partie de l’ensemble ; si la mer emporte une motte de terre, l’Europe en est amoindrie, comme si les flots avaient emporté un promontoire, le manoir de tes amis ou le tien ; la mort de tout homme me diminue, parce que j’appartiens au genre humain ; aussi n’envoie jamais demander pour qui sonne le glas : c’est pour toi qu’il sonne »

A méditer…