Lotusphere 2012 : mon résumé

Comme vous l’avez sans doute lu, j’avais décidé de créer un blog dédié à la couverture de Lotusphere 2012 afin de ne pas encombrer la home page de celui-ci avec une succession de billets écrits au fil de l’eau, ce qui n’aurait pas été trop agréable pour ceux pour qui le sujet n’était pas essentiel.

Voici donc la liste des billets écrits à l’occasion (du plus récent au plus ancien) pour ceux qui n’auraient pas suivi et y trouveraient quelque intérêt à posteriori:

Lotusphere 2012 : J’ai vu danser un éléphant…et il veut qu’on danse avec lui

Lotusphere 2012 c’est (presque fini)

Comment IBM a tué d’un coup l’email et le réseau social d’entreprise

Le social au service du business : l’exemple du Social Project Management

Le nouveau Connections va transformer les méthodologies “Social Business”

Et si votre entreprise développait un marché interne des compétences ?

Le challenge des applications intégrées

IBM mise sur la gamification

Quoi de neuf dans Connections 4.0 ?

Comment faire le lien entre communautés et portail ?

L’activity stream, barômetre de l’entreprise

IBM définit le social en 4 principes actifs

Quelle stratégie mail et collaboration chez IBM en 2012 ?

Social “Business as Usual” à Lotusphere

Lotusphere : H-1h30

Lotusphere 2012 : le social partout et nulle part ?

Anecdote : et le sac Lotusphere est….noir

La mobilité ou la vraie fracture des usages numériques professionnels

Bonjour et bienvenue à Lotusphere 2012

Pour avoir un aperçu de tout cela en condensé, Lotusphere Paris se tiendra le 8 mars 2012. Programme en cours d’élaboration visiblement mais avec la certitude d’accueillir Luis Suarez en Guest Star.

Entreprise 2.0 et ROI : pose-t-on la question aux bonnes personnes ?

Résumé : en matière de ROI des projets 2.0 on se focalise souvent sur le ROI des solutions logicielles. Celles ci n’ont pas de ROI propre mais un potentiel de ROI, qui dépend de leur couplage avec des usages nouveaux. Il convient ensuite d’intégrer le tout dans les activités quotidiennes puis aligner le contexte organisationnel pour passer à un ROI réel d’abord puis l’accroitre ensuite. En fait la question du ROI ne dépend pas tant des fournisseurs à qui on la pose mais de l’entreprise qui sait jusqu’où elle se sent capable d’aller dans sa transformation. Nulle surprise qu’elle ait du mal de trouver des réponses auprès de ses interlocuteurs alors que c’est elle seule qui les détient.

J’ai dernièrement eu l’occasion de modérer une table ronde intitulée “ROI 2.0″ lors du dernier salon MIS (Management, Information, Stratégie). Y participaient Jean-Luc Valente (blueKiwi), Na-Young Kwon (Microsoft), Guillaume Lerouge (XWiki) et Mickaël Réault (Sindup). L’occasion de faire un petit point sur le sujet.

Il en est ressorti différentes choses. Certaines qui deviennent peu à peu un socle partagé par tous, d’autres un peu plus spécifiques qui montrent une avancée certaine de la maturité sur le sujet.

Dans la première catégorie il y a le fait que le ROI a à la fois un aspect qualitatif et un aspect quantitatif, mais que même dans le cas où on se concentre sur le qualitatif il n’en est pas moins mesurable pour peu qu’on s’en donne la peine. Autre point, s’agissant de progrès réalisés sur des domaines jusque là peu explorés, on manque d’indicateurs pour mesurer la situation “avant”, ce qui n’aide pas à mesurer les gains obtenus.

Point très important, le consensus sur une vision opérationnelle orientée activités. Si on veut mesurer quoi que ce soit, il faut que ce soit couplé à une activité, un processus donné dont on entend améliorer l’exécution. Le réseau social est un outil générique mais dont il faut penser l’utilisation de manière ciblée en fonction des besoins de chacun dans le cadre du travail. Bien sur il y a une dimension “hors flux de travail” qui compte également mais autant démarrer par des choses concrètes, répondant à des besoins identifiés et générateurs de progrès pour les personnes concernées dans le cadre de leur travail.

Enfin, il est tout de même difficile, voire impossible, de chiffrer en amont (et est-ce seulement utile). Ce qu’il est possible de faire c’est cibler des usages orientés activités qui assurent l’existence d’améliorations potentielles et tangibles, puis mesurer au fur et à mesure pour aligner et améliorer.

Ce qui nous amène au point le plus important, qui découle du reste : changer les outils sans changer les procédés n’améliore pas grand chose. Autrement dit, ce qui conditionne le passage d’un ROI potentiel à un ROI réel est la volonté de transformer les procédés, l’organisation, de repenser les modèles humains et RH etc… Ce qui est tout sauf anecdotique car cela renvoie la question à celui qui la pose, autrement dit l’entreprise.

En effet on a tendance de poser la question en premier lieu aux éditeurs qui fournissent les solutions concernées alors qu’ils n’ont qu’une partie du sujet entre leurs mains. Ils sont responsables de l’outil, de ses caractéristiques, et d’une certaine mesure d’une partie du ROI potentiel. Mais en aucun cas de sa réalisation effective qui dépendra de ce qu’en fera l’entreprise, de la manière dont elle positionnera l’outil dans une transformation plus globale. Même questionnement au niveau de l’implémentation de nouvelles pratiques de travail. Quel est leur ROI ? Cela dépendra de la volonté d’aller au bout des choses ou de se contenter du strict minimum afin de dire “on fait du 2.0″…mais seulement en façade.

En fait l’entreprise pose à ses fournisseurs et partenaires une question dont elle seule détient la réponse et qui ne dépend que d’un facteur appelé volonté (ou courage selon les cas). Ceux qui lui fournissent une partie des outils ou méthodes peuvent lui amener un potentiel de ROI clairement défini. Voire faire quelques pas dans la mise en œuvre. Mais à un moment donné, pour des résultats significatifs, c’est celui qui pose la question qui a la réponse au fonds de lui.

En conclusion sur “ROI 2.0″ :

- un outil “2.0″ est ce que j’appelle un outil “inerte” : il ne fait rien mais permet aux individus de faire. Il n’a pas de ROI propre mais rend possible celui d’une démarche.

- plutôt que le ROI d’un outil c’est le ROI du couple outils/usages qu’il faut rechercher. Et ensuite coupler ce duo avec les activités et processus du travail quotidien. Mais ça n’est qu’un ROI potentiel.

- pour passer du potentiel au réel, tout est affaire de volonté d’aller au bout des choses, d’aligner le contexte de travail (rh, processus, contenu du travail etc…) avec ce projet.

- par ailleurs le terme ROI, pris au pied de la lettre ne signifie plus grand chose pour ce genre de projets. Parler d’améliorations tangibles, observables, mesurables est plus approprié.

Google + : un outil d’entreprise ?

Résumé : Google Plus peut il être, demain, un acteur majeur de l’informatique d’entreprise ? Tout dépendra de son positionnement et des efforts que consentira Google pour enfin comprendre un domaine où les choses n’ont jamais été faciles pour eux. Google Plus n’est pas un réseau social mais apporte une réponse plus que pertinentes aux problématiques d’échange plus globales que l’on rattache davantage à l’email qu’au réseau. Mais, quoi qu’il en soit, Google plus en plus de devoir combler certaines lacunes fonctionnelles pour devenir un outil d’entreprise crédible va devoir apprendre à s’intégrer dans le complexe écosystème des applications d’entreprise existantes, qui plus est sur un spectre d’usages qui n’a jamais été son point fort. Google a les moyens de ses ambitions, mais il reste à démontrer qu’il en a la culture.

 

Après un premier compte rendu de mes premiers pas avec Google +, il est temps de se poser la question qui commence déjà à hanter les songes de beaucoup : Google + peut il devenir un outil d’entreprise ? Précision : je ne parle pas ici de savoir s’il peut ou non devenir un outil au service des marques, je parle bien d’un outil de travail pour les collaborateurs. Autrement dit, Google + sera-t-il un “game changer” le jour où il intégrera l’offre “business apps” de Google ?

En effet beaucoup voient en Google + le chainon manquant de l’offre entreprise Google à qui il manque une vraie brique collaborative/sociale/conversationnelle. Jusqu’ici Google a en effet excellé dans le search, la bureautique en ligne (qui est un premier niveau de collaboration mais limité à la réalisation de documents) mais n’a jamais été très à l’aise pour aller plus loin. Les sites sont à la fois puissants et utiles mais ne remplissent qu’une partie des besoins et l’expérience “Wave” n’a été…qu’une expérience. Trop tôt, trop perfectible, trop complexe, trop puissant mais trop mal compris…Wave était trop beaucoup de choses et Google a préféré arrêter les frais plutôt que faire évoluer le produit. Nul doute d’ailleurs que Plus bénéficie de l’expérience acquise avec Wave.

D’où le réflexe de positionner “naturellement” Google Plus comme le cheval de Troie de Google sur le marché du “social software”, sur le créneau communément appelé “réseau social d’entreprise”. Sauf que…Google Plus n’a rien d’un réseau social et encore moins d’un réseau social d’entreprise. Pas un réseau social au sens strict du terme parce qu’il ne permet la connection et la “validation” du lien entre les personnes (en tout cas de manière explicite). Vous êtes dans mes cercles, je suis dans les votres…mais ça ne veut rien dire de plus. Raison pour laquelle les dirigeants de Twitter avaient déclaré à une époque de Twitter n’était pas un réseau social…même si c’est plus simple de le considérer comme tel. Pas un réseau social d’entreprise car il est trop léger en termes fonctionnels. Bien sur l’intégration poussée avec les “apps” peut résoudre une partie du problème mais pas tout. La notion de groupe ou de communauté manque également cruellement pour une utilisation en entreprise. [Read more...]

Le réseau social d’entreprise : un célèbre inconnu

Résumé : le réseau social est le futur du système d’information, un outil plébiscité par les salariés qu’il va sauver de l’email et aider à adopter de nouvelles pratiques de travail plus efficaces. En est on vraiment sur ? Hors d’un cercle d’initiés (qui s’agrandit à vitesse grand V), hors de ceux qui ont été mandatés par leur entreprise pour s’approprier le sujet, les termes “réseau social” et “entreprise” ne se rejoignent que rarement dans l’esprit de la plupart des collaborateurs. Et lorsque cela arrive, c’est davantage pour parler de Facebook et de gestion d’image que d’efficacité au travail. Les causes : une question que peu se sont encore appropriée, une énorme difficulté à transcrire des usages personnels dans un contexte de travail pour formuler une proposer de valeur claire et l’image omniprésente de Facebook qui n’aide pas.

J’ai eu dernièrement l’occasion de discuter avec un petit groupe de personnes dont la plupart ont tous en commun d’avoir, dans leur titre, deux mots. “Directeur de”. A un moment de la discussion le mot magique est lancé par un des participants : “réseau social”. A quelques exceptions près tout le monde avait un avis, une question, une opinion à partager. Rien d’étonnant tellement le réseau social d’entreprise est désormais un sujet brulant pour de nombreuses organisations.

Et là…patatras ! La star de la conversation devient rapidement Facebook et on parle de risques de fuite d’information, de productivité en chute chez les salariés, à la surprise de ceux qui avaient lancé la discussion. Car, bien entendu, c’est de réseau social d’entreprise qu’ils parlaient. Car, évidemment, personne ne pouvait se méprendre car tout le monde sait ce qu’est un réseau social d’entreprise.

Et bien non. A la limite je m’attendais à ce type de réaction et s’il a pu ouvrir les yeux de quelques uns ça n’est pas plus mal.

Le réseau social d’entreprise est en fait un sujet très paradoxal. Bien sur vous qui lisez ce blog régulièrement n’avez aucun problème sur le sujet. Bien sur vous qui êtes mandatés par votre entreprise ou vos clients pour travailler sur le sujet, n’avez pas le moindre doute sur la question. Maintenant allez poser la question autour de vous, à vos amis, relations etc… Vous récolterez pleins d’avis, d’idées, de questions voire d’inquiétudes sur la problématique “entreprise et réseau social”. Mais sur le sujet “réseau social d’entreprise”….

Il faut reconnaitre qu’hors d’un public d’initié le réseau social reste un jouet divertissant, voire un outil de communicants. Qui en doute peut aller lire cet article du Figaro qui nous dit que le réseau social s’impose peu à peu aux DRH… Et de quoi parle-t-on ? Recrutement, image…réseaux sociaux grand public en somme. Et pourtant il y a des choses à dire sur le sujet, du coté interne, vu par la lorgnette RH.

Le RSE, car c’est ainsi qu’on l’appelle chez les initiés, est donc loin d’avoir tué son père (Facebook…même si nombre de solutions d’entreprise existaient avant que FB ne devienne vraiment grand public et ouvert à tous).

Bon, ce constat, quiconque discute avec des “vrais” gens l’a fait depuis longtemps. Mais reste à en connaitre les causes pour mieux les traiter.

[Read more...]

Une entreprise sans email ? Non mais…sérieusement ?

Tout le monde est conscient des limites actuelles de l’email et du fait qu’il est aujourd’hui un facteur limitant de la performance des collaborateurs. Mais peu prennent encore le taureau par les cornes pour régler le problème une fois pour toutes. Parmi ces entreprises qui osent on trouve, depuis peu, Atos Origin qui se donne trois ans pour passer de l’email aux réseaux sociaux. Coup de Génie ? Folie douce ? L’un ou l’autre selon la manière dont cette révolution sera pensée. Migrer les flux d’un environnement vers l’autre, en plus de ne pas combler tous les problèmes des collaborateurs peut même engendrer davantage de complexité. Repenser la nature du mail, de l’information partagée et des besoins en termes d’actions et d’intéractions pour rationaliser le tout a davantage de sens mais impose une refonte autrement plus profonde et ambitieuse de l’architecture même du SI. Les réseaux sociaux ne remplaceront pas l’email dans l’entreprise, par contre ils sont un premier pas vers un social messaging intelligent qui prend en compte l’ensemble des besoins des collaborateurs en mettant, pour une fois, l’outil au service de l’individu plutot que l’inverse.

Il y a quelques temps ATOS Origin a fait la une de l’actualité en déclarant que l’entreprise se donnait trois ans pour devenir une “entreprise sans email” et faire basculer les flux d’échanges vers des réseaux sociaux. Une déclaration qui a au moins atteint un objectif : faire parler d’elle. Entre supporters de l’enterprise social software qui y voient une promotion de leur église et sceptiques qui pensent la chose risible, au moins personne n’a été indifférent. Maintenant essayons de voir la chose avec un tant soit peu de recul.

Tout d’abord, peut on vivre sans email ?

Je pense que oui. Si je fais le tri dans ma boite mail, il y a à peine 10 messages valant la peine d’être traités ou m’apportant une information que je considère comme ayant de la valeur chaque jour. Et ils auraient pu arriver par d’autres canaux.  Certains l’ont d’ailleurs fait. Depuis 3 ans mon ami Luis Suarez a fait baissez de manière drastique le nombre d’emails qu’il reçoit sans pour autant perdre le moins du monde en efficacité professionnelle. Bien au contraire. Travaillant à distance dans une très grande entreprise on peut même penser que c’est encore plus compliqué pour lui que pour beaucoup mais il l’a fait.

Mais il ne faut pas oublier la réalité derrière ce qui peut ressembler à un exploit :

- beaucoup de discipline personnelle et suffisamment d’abnégation pour “éduquer” ses collègues et clients jour après jour.

- un employeur qui met à sa disposition les outils qui permettent de contourner ce fléau et de gérer ses flux d’information internes et externes efficacement.

Cette notion de flux est à mon avis essentielle. Car ça n’est pas en supprimant l’outil email qu’on diminuera la masse d’information à traiter. Bien au contraire, elle va se retrouver ailleurs, davantage morcelée. Ca ressemblerait donc plutôt à une régression. En fait il faut arrêter de penser l’email comme un outil qui permet d’envoyer des courriers numériques mais penser à l’évolution de sa nature.

Il y a l’information d’un coté et le signal informant de sa mise à disposition de l’autre. La première peut être hébergée n’importe où en fonction de sa nature. Un media dit social mais pourquoi pas un outil métier. Elle peut être partagée ou pas, on peut intéragir autours d’elle ou réagir sur elle de manière intelligible, structurée, capitalisable, de manière privée ou publique, en rendant cela visible de tous ou d’un nombre limité de personnes.

A coté de cela il y a le signal qui nous dit “l’information est disponible”. Et nous permet, en un clic, de rejoindre cette information et la traiter.

Par rapport à ce que nous connaissons aujourd’hui il faut changer de paradigme : [Read more...]

Deux cas d’entreprise 2.0 : 3M et BASF

La semaine dernière j’ai pu assister à la présentation de deux excellents cas, ceux de 3M et de BASF. Peut être l’occasion pour certains de trouver des réponses à leurs questions et des problématiques similaires aux leurs.

Online business Network connect.basf

View more presentations from BASF.

Social Networking for business : petit guide d’ingénierie collaborative à l’heure du 2.0

Capture d’écran 2010-02-17 à 22.27.30Si vous suivez ce blog c’est que d’une manière ou d’une autre les nouvelles formes de logiques collaboratives vous intéressent et parmi elles, les réseaux sociaux. Vous avez surement saisi le potentiel de la chose. Vous avez également compris qu’installer un outil, mettre de la passion et de l’énergie et prier pour que non seulement cela fonctionne mais en plus se traduise par des résultats tangibles n’est pas le meilleur moyen de réussir.

A priori le réseau social c’est simple : des gens, des relations, des interactions, un potentiel de valeur énorme et, au final, des résultats incroyables et inattendus. Ce qui se passe sur internet en la matière, malheureusement, ne se réplique pas à l’identique à l’entreprise pour une foule de raisons que je ne vais pas lister ici.

On se rend compte qu’il y a plusieurs formes de réseaux en fonction de leur but, de leur contexte. Cela se traduit par des spécificités en termes de leadership, de règles de fonctionnement, de leviers de stimulation. Chacun de ces éléments lui-même se définit comme étant une fonction d’un certain nombre de facteurs, là encore en fonction du contexte et des objectifs. Un réseau social réussi est une savante alchimie de connaissance de l’objectif, de modèles d’interactions, de leadership, de culture, d’incitations, de communication, d’outils etc.. Et ce qui semble au départ simple en tant que concept se traduit par la nécessité d’articuler une myriade de facteurs et de leviers à ajuster avec la plus grande finesse.

Réussir n’est donc pas une question de chance : c’est le fruit d’une analyse très fine et, comme pour un bon vin, d’un assemblage savant empreint à la fois de logique et de savoir faire. Si vous voulez vous comprendre tout ce qui fait la réussite d’un réseau social sans oublier un seul paramètre, alors Social Networking for Business a été écrit pour vous.

L’auteur, Rawn Shah, est un des experts internes d’IBM sur le sujet et son livre est la résultante de plusieurs années à travailler et analyser ce phénomène au sein d’une entreprise fortement active en la matière comme à l’extérieur.

Il est illusoire de croire qu’un livre puisse nous donner la baguette magique qui nous fera réussir à coup sur. Par contre il peut nous donner toutes les ficelles, les indicateurs à utiliser pour construire sa propre logique eu égard à son propre contexte. Et pour le coup, l’ouvrage de Rawn est d’une rare précision et profondeur d’analyse. Aucun aspect de la question n’est oublié et on en ressort avec une véritable grille d’analyse et de compréhension de ces logiques. Le tout en étant clair, lisible, compréhensible, synthétique et concis (moins de 200 pages). Après l’avoir lu, si un détail vous échappe dans l’élaboration de la mécanique de vos projets internes vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas…

Je vous avais parlé il y a quelques temps du livre d’Andrew McAfee. Pour vous permettre de les positionner, disons que si nous parlions de voyages, Andrew McAfee nous dit que voyager est enrichissant, bénéfique, que beaucoup l’ont fait de différentes manières et qu’on peut tirer certains enseignements de leur expérience. Rawn quant à lui nous explique comment piloter l’avion et toutes les choses à maitriser lorsqu’on s’installe dans le cockpit.

Ceux qui ont trouvé le McAfee trop généraliste devront donc trouver leur bonheur ici. En ce qui me concerne j’ai eu confirmation de beaucoup de mes constats et également appris nombre de choses qui viendront enrichir ma boite à outils…lorsque j’aurai fini de digérer toute la richesse de l’ouvrage.

Déjà sorti aux USA depuis un bon mois, Social Networking for Business est disponible en France la semaine prochaine et je pense qu’il doit faire partie de toutes les bonnes bibliothèques sur le sujet.

J’en profite pour remercier Rawn de m’avoir offert un des premiers exemplaires de son livre lors de notre dernière rencontre ainsi que Luis Suarez sans qui la rencontre n’aurait jamais eu lieu, ce qui m’aurait fait rater le meilleur livre spécifiquement dédié aux réseaux sociaux d’entreprise que j’ai pu lire jusqu’à présent.

N’hésitez pas à venir commenter ici pour me donner votre feedback une fois que vous l’aurez lu. Je suis sur qu’on peut avoir nombre de discussions intéressantes à lancer ensemble à partir de ce livre.

La mesure de la charge de travail sera-t-elle le problème du siècle ?

L’optimisation de la charge de travail a de tout temps été une préoccupation majeure de l’entreprise et plus encore des managers. Une charge trop importante par rapport à la capacité et c’est l’explosion programmée, une charge pas assez importante et c’est des ressources qui sont définitivement gâchées. Sans compter qu’il y a le travail planifié et le travail non planifié, celui qu’on confie à la dernière minute à qui peut pour faire face à un impondérable. Bref, dans tous les cas l’erreur d’ajustement finit par couter cher.

Dans une économie “industrielle” les choses sont plus ou moins facile à gérer. On connait la capacité de production d’une machine et l’impact des goulots sur les flux de production. Quant aux individus opérant des tâches manuelles standardisées dans un tel contexte on sait à peu près combien de temps il leur faut pour réaliser une chose précise à qualité constante. Quant aux impondérables, on sait jusqu’où pousser les machines et il est facile de savoir où elles en sont par rapport à leur charge optimale. Pour les individus, un simple coup d’oeil au stock d’en-cours devant eux donne une idée de la situation. Bref, dans un système de production ‘tangible’ il est aisé de savoir où on en est et quel est la marge de chaque agent soit par le biais d’indicateurs pertinents soit par un simple coup d’oeil dans dans atelier. Qui plus est, une simple observation suffit parfois pour avoir une idée de la situation.

Le passage à une économie de l’intangible rend les choses plus compliquées. D’abord parce que les choses sont de moins en moins linéaires et qu’il devient difficile de mettre en place un planning de production optimisé qui soit proche de la réalité. Les tâches deviennent des problèmes à résoudre, des solutions à trouver, et si on peut éventuellement déterminer des durées moyennes a postériori, le faire a priori, et plus encore de manière prévisionnelle relève du miracle. Et ce d’autant plus qu’en matière de “travail du savoir”, les notions de quantité et de qualité se mélangent à l’extrême. Voilà pour le prévisible (ou ce qui y ressemble). Pour ce qui est de l’imprévisible…comment savoir lorsqu’on affecte une tâche à quelqu’un qu’il aura le temps de l’effectuer avec le niveau de qualité requis dans les délais impartis ?

C’est ici une problématique qui touche à la fois à la performance productive et au management pur et dur. Une problématique dans laquelle nos outils moderne, s’ils sont une partie de la réponse, sont aussi la cause de problèmes nouveaux qui sont tout sauf négligeables. [Read more...]

Quel avenir pour le réseau social d’entreprise ?

Le réseau social est la clé de tout projet estampillé “2.0″ dans l’entreprise. Pourquoi ? Parce que lorsque l’objectif n’est plus de trouver des gens ou des informations mais de lier les gens via les informations et les informations via les gens, c’est le liant indispensable entre les savoirs formels ou tacites, ceux qui les détiennent et ceux qui en ont besoin.

Il prend en général différentes formes :

- déclaré : chacun déclare son réseau comme on peut le faire sur Facebook ou LinkedIn. Peu pertinent à mon avis car dans la mesure où il est mal venu de refuser une telle demande d’un supérieur connectophile (voire connectophage), on va finir par reproduire l’organigramme. De plus, les critères a priori professionnels mais dont on ne pourra exclure un brin de “personnel inconscient” peuvent laisser planer des doutes sur la réalité et la qualité du lien. Ensuite parce qu’on ne pense pas soi-même à tous les liens faibles, et qu’à la limite formaliser ces derniers est un peu contre-culturel : entre celui qui se demande s’il doit demander et celui qui se demande s’il doit accepter, la partie n’est pas gagné.

- constaté : le réseau, mais je parlerai plutôt ici de sphère de proximité professionnelle, n’est pas déclaré par les collaborateurs mais constaté au regard de leur activité sur les espaces sociaux. Qui lit qui ? Qui intéragit avec qui ? Qui s’intéresse aux mêmes sujets que qui ? Tout cela est aisément déterminable en fonction des actions de chacun dans le flux de son travail, des mots clés utilisés, voire de la manière dont il renseigne son profil. Cette modalité, à mon sens, permet de faire émerger plus aisément les “vrais” réseaux à la fois en fonction des interactions et des centres d’intérêt de chacun. Et, ne dépendant pas de l’arbitraire des uns et des autres, il a le mérite de l’objectivité ce qui permet d’évacuer des questions de “favoritisme” et de course à la popularité que peuvent craindre certaines entreprises.

Oui mais voilà, si le réseau se nourrit de l’activité “sociale”, il est lié aux logiciels supportant la dite activité. Il en est d’ailleurs souvent partie intégrante. La composante “sociale” de l’activité des collaborateurs ne pouvant trouver place que sur des logiciels spécialisés, chacun a peu a peu construit sa couche de réseau social et les réseaux en tant que tel se sont dotés de fonctionnalités de partage, de publication.

Voilà le paysage du réseau social d’entreprise tel qu’il se présente aujourd’hui. Mais pour combien de temps encore ?

[Read more...]

Comment obtenir des résultats grâce aux réseaux sociaux

Cela fait quelques temps que je ne vous avais pas fait partager quelques unes de mes lectures “papier”, et je voudrais vous parler de Driving Results Through Social Networks: How Top Organizations Leverage Networks for Performance and Growth qui a vraiment attiré mon attention ces derniers temps.

Les entreprises s’intéressent de près aux réseaux sociaux ces derniers temps, souvent en faisant les mêmes erreurs qu’elles ont pu faire avec les communautés : avoir une vision statique de la chose, et, qui plus est, une vision en partie erronnée. Avec des résultats prévisibles : “on ne comprend pas”, “où est le ROI”, “mais qu’est ce qui va faire que les gens vont utiliser le logiciel”.

Il est donc plus que jamais temps de comprendre que :

• Business (or corporate) Social Netwoks have nothing to do with General Public  Social Networks on the web.

• Le réseau social n’est pas né avec les logiciels du même nom qui ne sont que des catalyseurs. C’est la manière dont travaillent effectivement les collaborateurs depuis longtemps. Votre entreprise est truffée de réseaux sociaux quand bien même aucun collaborateur n’aurait d’ordinateur à sa disposition.

• Le réseau social n’est pas un enchevêtrement de personnes qui se “lient” et échangent (ou non) de l’information. C’est une manière de travailler afin d’obtenir des résultats. On parle trop de Facebook alors que le concept même de réseau social en entreprise n’a rien à voir, a des règles et des objectifs qui lui sont propres.

• Le réseau social n’est pas quelque chose de figé et stable que l’on “met en place”, c’est quelque chose de mouvant, de vivant, dont l’activité interne n’est pas prévisible.

[Read more...]