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Réseaux-sociaux | Bloc-Notes de Bertrand Duperrin - Part 2

Google + : un outil d’entreprise ?

Résumé : Google Plus peut il être, demain, un acteur majeur de l’informatique d’entreprise ? Tout dépendra de son positionnement et des efforts que consentira Google pour enfin comprendre un domaine où les choses n’ont jamais été faciles pour eux. Google Plus n’est pas un réseau social mais apporte une réponse plus que pertinentes aux problématiques d’échange plus globales que l’on rattache davantage à l’email qu’au réseau. Mais, quoi qu’il en soit, Google plus en plus de devoir combler certaines lacunes fonctionnelles pour devenir un outil d’entreprise crédible va devoir apprendre à s’intégrer dans le complexe écosystème des applications d’entreprise existantes, qui plus est sur un spectre d’usages qui n’a jamais été son point fort. Google a les moyens de ses ambitions, mais il reste à démontrer qu’il en a la culture.

 

Après un premier compte rendu de mes premiers pas avec Google +, il est temps de se poser la question qui commence déjà à hanter les songes de beaucoup : Google + peut il devenir un outil d’entreprise ? Précision : je ne parle pas ici de savoir s’il peut ou non devenir un outil au service des marques, je parle bien d’un outil de travail pour les collaborateurs. Autrement dit, Google + sera-t-il un “game changer” le jour où il intégrera l’offre “business apps” de Google ?

En effet beaucoup voient en Google + le chainon manquant de l’offre entreprise Google à qui il manque une vraie brique collaborative/sociale/conversationnelle. Jusqu’ici Google a en effet excellé dans le search, la bureautique en ligne (qui est un premier niveau de collaboration mais limité à la réalisation de documents) mais n’a jamais été très à l’aise pour aller plus loin. Les sites sont à la fois puissants et utiles mais ne remplissent qu’une partie des besoins et l’expérience “Wave” n’a été…qu’une expérience. Trop tôt, trop perfectible, trop complexe, trop puissant mais trop mal compris…Wave était trop beaucoup de choses et Google a préféré arrêter les frais plutôt que faire évoluer le produit. Nul doute d’ailleurs que Plus bénéficie de l’expérience acquise avec Wave.

D’où le réflexe de positionner “naturellement” Google Plus comme le cheval de Troie de Google sur le marché du “social software”, sur le créneau communément appelé “réseau social d’entreprise”. Sauf que…Google Plus n’a rien d’un réseau social et encore moins d’un réseau social d’entreprise. Pas un réseau social au sens strict du terme parce qu’il ne permet la connection et la “validation” du lien entre les personnes (en tout cas de manière explicite). Vous êtes dans mes cercles, je suis dans les votres…mais ça ne veut rien dire de plus. Raison pour laquelle les dirigeants de Twitter avaient déclaré à une époque de Twitter n’était pas un réseau social…même si c’est plus simple de le considérer comme tel. Pas un réseau social d’entreprise car il est trop léger en termes fonctionnels. Bien sur l’intégration poussée avec les “apps” peut résoudre une partie du problème mais pas tout. La notion de groupe ou de communauté manque également cruellement pour une utilisation en entreprise. [Read more...]

Premiers pas sur Google + : du broadcasting pas vraiment social

Résumé : Google + est arrivé avec fracas dans notre univers numérique. Machine de guerre omnipotent il doit révolutionner nos outils et nos usages et, en passant, obliger la concurrence à mettre un genou à terre. Qu’en est il vraiment ? Derrière une interface sobre, et exemplaire, un outil au potentiel  impressionnant même si on en voit que les balbutiements. Pour autant il est nécessaire d’attendre qu’il atteigne l’âge adulte. La puissance des cercles ne cachera pas longtemps l’absence de dimension communautaire, l’absence d’une vraie API est un frein à son intégration dans un quotidien vraiment chargé. Quant à savoir s’il peut devenir un outil d’entreprise…c’est une autre paire de manche. Au final, l’outil, tel qu’il est aujourd’hui, arrive avec un an de retard tant qu’il n’aura pas comblé ses lacunes, son immense potentiel ne peut le positionner comme l’outil de demain. Une star en devenir si son manager ne se trompe pas de route.

 

Ce billet aura tardé à venir mais il est difficile de juger un outil nouveau en quelques jours, d’autant plus lorsqu’il est encore en version “beta” et donc susceptible d’être amélioré rapidement. Et puis dans les premiers temps on a toujours des yeux de Chimène pour ce genre de nouveauté, ou, à l’inverse, des réactions épidermiques. Alors autant laisser les choses se calmer.

Je vais commencer par une mise en garde. Aussi “social” soit il, un outil dépend beaucoup de son utilisateur et de son contexte d’utilisation. Autrement dit, je vais me référer ici à mon contexte et mon expérience personnelle et je ne prétend en aucune manière que “ma” vérité est celle de tous. Loin de là.

1°) Fluidité, sobriété, efficacité

Au premier contact c’est une excellente impression. On parlera un autre jour du devenir de Google + dans l’entreprise mais une chose est sure : les ergonomes de nombre d’éditeurs majeurs devraient aller un œil de ce coté là. Design sobre, fonctionnalités faciles d’accès et compréhensibles, on utilise et navigue avec une grande fluidité. Evident que la leçon de Google Wave a été apprise et bien apprise.

2°) Un concept tout sauf neuf

Si on devait simplifier la logique de l’outil, disons que l’on dispose d’un outil à mi-chemin entre un blog et un outil de microblogging et que chaque entrée est partagée soit avec tout le monde soit un nombre défini de personnes que l’utilisateur à réparti dans des “cercles”. Soit avec une seule personne. Infiniment plus puissant que les outils dont Google + s’inspire sauf que…

Si je remonte à la préhistoire du social software je me souviens avoir entendu parlé de cette logique de bloc-notes personnel donc chaque entrée serait partagée avec une personne, une ou plusieurs communautés. Unicité pour l’auteur, granularité pour l’auditoire. C’était entre fin 2005 et début 2006, cela fonctionnait très bien et fonctionne toujours. Cela a un nom : blueKiwi (depuis, un nombre incalculable d’outils fonctionne sur ce principe). Sincèrement, je n’ai pu retenir un sourrir en me disant “Wouah…avec leurs moyens, 20% du temps des salariés à l’innovation etc. etc. il a fallu près de 6 ans à Google pour réinventer blueKiwi. Chapeau les gars !

Bon en fait ce qui change tout c’est les cercles.

3°) Les cercles ne sont pas des communautés et Google + est tout sauf “social”

En général, les outils dits “sociaux” permettent d’adresser des personnes ou des groupes (souvent appelés communautés). Pour ce qui est des groupes cela signifie que n’importe quel membre du groupe en question puisse y prendre la parole et non pas seulement répondre à un message qu’on lui envoie, ce qui est le cas des cercles. Par exemple, je peux écrire quelque chose à un cercle que j’ai nommé “entreprise 2.0″ et les personnes concernées me répondre et discuter entre elles. Mais si quelqu’un veut partager une autre information sur le sujet avec la même audience il doit soit l’insérer dans le fil de la discussion qui peut devenir incompréhensible  la longue ou…ou rien. Sauf à cloner le cercle à qui je m’adresse, ce qui n’est pas possible (sauf à le faire manuellement avec la liste des destinataires…pas pratique).

Dans la logique “people/user-centric” de l’outil cela semble logique et c’est un choix plus qu’une lacune à mon avis. Mais pas sur que chacun s’y retrouve pour des usages variés. On en reparlera plus loin également.

Bref, Google + est davantage un outil de diffusion massive mais ciblée qu’un outil “social” au sens traditionnel du terme avec sa dimension communautaire. Le récepteur subit en quelque sorte sans pouvoir entrer proactivement dans la discussion sur un sujet et ne restera donc que dans la case où on a voulu le ranger. [Read more...]

Réseaux sociaux et recrutement 2.0 : raisons d’un succès mitigé

Résumé : des chiffres mitigés amènent à s’interroger sur la pertinence des réseaux sociaux comme outil de recrutement. Tout dépend de ce qu’on entend par recrutement puisque s’il est aisé de mesurer la simple dimension transactionnelle, le processus de recrutement quelque chose de beaucoup plus large, qui comprend des activités très diverses qui peuvent se servir de ces outils comme de catalyseurs. Pour des raisons liées à la nature des postes, aux compétences recherchées, aux volumes et à la “scalabilité” du dispositif, le réseau social ne sera pas toujours le bon outil pour recruter à proprement parler. Mais si on prend en compte toutes les activités non transactionnelles voire périphériques (comme le marketing RH) il s’agit clairement d’accélérateurs de processus qui impactent également la qualité du résultat délivré. Encore faut il prendre l’activité dans son ensemble et mesurer davantage de choses que le nombre de personnes trouvées en fonction du média utilisé.

 

Il y a quelques temps, Jean-Noël Chaintreuil revenait sur la promesse finalement faiblement tenue du recrutement par les réseaux sociaux. S’est on fourvoyé ? A-t-on vu, une fois de plus, la mariée plus belle qu’elle n’était. Pas du tout. Il faut d’abord savoir de quoi on parle.

Recrutement. Si pour beaucoup de personnes extérieures au métier le recrutement se résumé à faire passer une annonce, faire passer des entretiens et choisir la bonne personne, c’est en fait un processus beaucoup plus complexe. Il s’agit de définir le poste, “sourcer” les candidats, choisir le ou les bons. On peut également intégrer à cela les dispositifs de marque employeur qui renforcent l’attractivité et la qualité des candidatures (meilleure adéquation avec culture d’entreprise). Et même si cela relève souvent d’autres dispositifs, on ajoutera les dispositifs d’intégration et de prise de poste qui peuvent conditionner le fait que le salarié reste ou non, qu’il reste motivé, ou que l’entreprise ne juge pas le recrutement concluant, le salarié n’arrivant pas à trouver sa place et donner le meilleur de lui-même. Si on considère que le but n’est pas de recruter quelqu’un mais quelqu’un qui reste et soit une valeur ajoutée il est difficile d’exclure cette dernière partie d’une approche globale du recrutement.

Recrutement 2.0. Rien de révolutionnaire sur le principe mais sur l’exécution oui. Il s’agit, comme toujours lorsqu’on passe quelque chose en mode “2.0″, du développement et d’une meilleure utilisation (quantitative et qualitative) du capital connaissance et du capital relationnel des parties prenantes (candidats compris donc) afin d’améliorer à la fois la bande passante d’un processus et la qualité du résultat final. Cela prend une grande variété de formes. Tout d’abord se donner les moyens de mieux connaitre l’autre et de laisser l’autre mieux vous connaitre (actions de marque employeur et de personnal branding). Ce qui signifie également de rentrer en mode conversationnel plutôt que communicant traditionnel. Ensuite utilisation de l’effet réseau pour des candidatures plus qualifiées, ciblées ainsi que pour un meilleur sourcing. Ici c’est la dimension confiance/réputation et la puissance des liens faibles qui fait la différence. Au niveau de la sélection on peut envisager des dispositifs permettant à la personne d’être choisie non plus uniquement par son recruteur direct mais par les personnes qui vont devoir travailler avec elle. Enfin, de nouveaux dispositifs d’immersion, d’intégration, complétant le tutorat traditionnel par un compagnonnage rendu également possible par l’utilisation de réseaux de pairs, internes ceux ci, viennent compléter le tout.

Vous vous en rendez bien compte, certaines entreprises n’ont pas attendu l’ère du “tout 2.0″  pour mettre certaines choses en pratique. Ce qui a changé c’est que pour fonctionner à grande échelle il a fallu des outils nouveaux. L’effet réseau pour augmenter le capital humain et les savoirs disponibles c’est une chose, mais lorsqu’on a accès à peu de personnes et qu’on est contraint de se limiter aux liens forts on tourne vite en rond. Ce qui nous amène au dernier point.

Les réseaux sociaux. Quand on parle de réseaux, de savoirs, de liens faibles en 2011, on en arrive naturellement à la question des réseaux sociaux. Mais, historiquement parlant c’est loin d’être le seul outil utilisable et utilisé en la matière. Lorsqu’on a commencé à se pencher sur le sujet dès 2004/2005 avec des personnes comme Jacques Froissant, à l’époque on parlait davantage de blogs RH ou blogs emploi. A l’époque les médias faisaient feu de tout bois sur “ces blogueurs qui ont trouvé un boulot en existant sur le web”. Pour être plus précis la plupart avaient déjà un boulot, ils ont simplement trouvé le réseau et les personnes leur permettant d’avoir un boulot qui leur plaisait dans des entreprises qui les désiraient. A mettre en perspective de ce que je disais sur la qualification des candidatures. Ensuite on a eu les blogs d’entreprise puis les réseaux. Linkedin et Viadeo (qui s’appelait à l’époque Viaduc) sont ensuite peu à peu montés en puissance. Aujourd’hui on parle de Facebook et de Twitter même si ce dernier n’est pas, de l’aveu même de ses fondateurs, un réseau social et qu’il participe davantage d’une stratégie d’influence que de networking a priori…mais au final de l’influence nait le réseau et tout finit par se rejoindre.

Il s’agit enfin de savoir ce que l’on entend par “recrutement sur les réseaux sociaux”. [Read more...]

Un réseau social ne remplace rien mais bonifie l’existant

Résumé : un réseau social oui, mais à la place de quoi ? Combien de fois n’a-t-on pas entendu cette question à l’heure de l’irruption de ce type d’outil dans le monde de l’entreprise. Penser le réseau social comme une manière de remplacer l’existant a souvent amené à mal utiliser l’outil, à contre emploi, pour des tâches qui ne sont pas les siennes car il a été conçu en fonction de manques identifiés plus que dans une logique d’amélioration. Les logiques commerciales n’ont pas aidé non plus tant il est facile de dire “xxxxx est mort, jetons tout “. Une approche intéressante est de séparer, dans notre réflexion, le réseau du social. Le réseau est un outil qui complète l’existant, le social une approche conceptuelle et fonctionnelle qui améliore l’existant et crée des synergies entre l’ensemble des outils et les ressources qu’ils manipulent ou qui les manipulent.

C’est périodique, ça revient avec les saisons. De quoi parle-je ? De cette manie qui consiste un beau matin à se demander ce que le réseau social d’entreprise va rendre obsolète, dépassé dans le système d’information de l’entreprise.

Reprenons. On a eu…”le RSE va-t-il remplacer l’intranet ?”. “Le RSE va-t-il tuer l’email ?”. “Le RSE va-t-il remplacer l’annuaire d’entreprise ?”. “Les espaces documentaires vont ils disparaitre au profit des espaces conversationnels ?”. “Le RSE va-t-il remplacer les espaces collaboratifs ?”Pour quelle réponse ? A chaque fois à peu près la même : “oui…mais non…en fait le RSE est une partie d’un dispositif plus large qui nous demande avant de tout de repenser notre rapport aux autres, à l’information, au travail collaboratif”. Et puisqu’il apparaissait qu’ajouter un outil supplémentaire ne résolvait rien sans se retrousser les manches et avoir une approche plus globale, on changeait de sujet pour voir si le RSE ne pouvait pas remplacer autre chose.

En effet :

• un RSE pour remplacer l’intranet ? A moins d’avoir une vision très réductrice de l’intranet ou d’être une petite PME sans grands besoins spécifiques, le RSE ne couvre qu’une partie des besoins d’une entreprise.

• Le RSE pour remplacer l’email ? Sans réflexion sur la manière dont on consomme l’information et agit sur elle, dont on organise les échanges à une échelle globale, dont on analyse, traite, trie, priorise l’information, il est illusoire de croire que votre réseau social va remplacer l’email ni régler quoi que ce soit en termes d’infobésité. [Read more...]

Le réseau social d’entreprise : un célèbre inconnu

Résumé : le réseau social est le futur du système d’information, un outil plébiscité par les salariés qu’il va sauver de l’email et aider à adopter de nouvelles pratiques de travail plus efficaces. En est on vraiment sur ? Hors d’un cercle d’initiés (qui s’agrandit à vitesse grand V), hors de ceux qui ont été mandatés par leur entreprise pour s’approprier le sujet, les termes “réseau social” et “entreprise” ne se rejoignent que rarement dans l’esprit de la plupart des collaborateurs. Et lorsque cela arrive, c’est davantage pour parler de Facebook et de gestion d’image que d’efficacité au travail. Les causes : une question que peu se sont encore appropriée, une énorme difficulté à transcrire des usages personnels dans un contexte de travail pour formuler une proposer de valeur claire et l’image omniprésente de Facebook qui n’aide pas.

J’ai eu dernièrement l’occasion de discuter avec un petit groupe de personnes dont la plupart ont tous en commun d’avoir, dans leur titre, deux mots. “Directeur de”. A un moment de la discussion le mot magique est lancé par un des participants : “réseau social”. A quelques exceptions près tout le monde avait un avis, une question, une opinion à partager. Rien d’étonnant tellement le réseau social d’entreprise est désormais un sujet brulant pour de nombreuses organisations.

Et là…patatras ! La star de la conversation devient rapidement Facebook et on parle de risques de fuite d’information, de productivité en chute chez les salariés, à la surprise de ceux qui avaient lancé la discussion. Car, bien entendu, c’est de réseau social d’entreprise qu’ils parlaient. Car, évidemment, personne ne pouvait se méprendre car tout le monde sait ce qu’est un réseau social d’entreprise.

Et bien non. A la limite je m’attendais à ce type de réaction et s’il a pu ouvrir les yeux de quelques uns ça n’est pas plus mal.

Le réseau social d’entreprise est en fait un sujet très paradoxal. Bien sur vous qui lisez ce blog régulièrement n’avez aucun problème sur le sujet. Bien sur vous qui êtes mandatés par votre entreprise ou vos clients pour travailler sur le sujet, n’avez pas le moindre doute sur la question. Maintenant allez poser la question autour de vous, à vos amis, relations etc… Vous récolterez pleins d’avis, d’idées, de questions voire d’inquiétudes sur la problématique “entreprise et réseau social”. Mais sur le sujet “réseau social d’entreprise”….

Il faut reconnaitre qu’hors d’un public d’initié le réseau social reste un jouet divertissant, voire un outil de communicants. Qui en doute peut aller lire cet article du Figaro qui nous dit que le réseau social s’impose peu à peu aux DRH… Et de quoi parle-t-on ? Recrutement, image…réseaux sociaux grand public en somme. Et pourtant il y a des choses à dire sur le sujet, du coté interne, vu par la lorgnette RH.

Le RSE, car c’est ainsi qu’on l’appelle chez les initiés, est donc loin d’avoir tué son père (Facebook…même si nombre de solutions d’entreprise existaient avant que FB ne devienne vraiment grand public et ouvert à tous).

Bon, ce constat, quiconque discute avec des “vrais” gens l’a fait depuis longtemps. Mais reste à en connaitre les causes pour mieux les traiter.

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Réseau social d’entreprise : participation volontaire ne veut pas dire présence facultative

Résumé : si la participation à un réseau social ne peut être que volontaire, il est logique que seuls les volontaires y aient accès. Ce présupposé qui fonde de nombreux projets est il pertinent ? Il est le fruit d’une confusion entre le réseau et sa composante communautaire, entre la présence et la participation. Il crée une frontière de fait entre ceux qui veulent essayer et les autres, frontière qui limite à fois la propagation du “phénomène social” et des bénéfices associés. Si pour l’essentiel des collaborateurs le réseau n’est pas une évidence, il doit venir à eux plutot qu’attendre qu’ils viennent à lui. C’est par l’exposition passive que vient l’intérêt et non par la dissimulation aux non membres. Une vraie stratégie d’entreprise 2.0 ou d’intranet social impose que chacun soit membre et puisse consulter, que le réseau fasse partie intégrante du SI, que profils et annuaire servent de pivot. Ce qui n’empêche pas la participation de dépendre du bon vouloir de chacun.

Lorsqu’on fait le bilan d’un projet de réseau social interne on dit souvent “xxxx inscrits”. En effet, partant du principe que la participation à un réseau social interne ne saurait être obligatoire, on demande aux salariés volontaires de s’inscrire. Logique, donc, qu’on n’y retrouve qu’une certaine partie des collaborateurs. On a donc d’un coté, par exemple, 80 000 collaborateurs qui ont accès à l’intranet et 6,7, 8 000 qui ont fait le choix d’accéder également au réseau social. Grande victoire ? Si on considère qu’il ne s’agit que d’une phase intermédiaire oui, si on estime que c’est la manière dont les choses doivent fonctionner je ne crois pas à de telles approches (sauf cas très spécifique).

Bien sur la participation à un réseau social ne peut être rendue obligatoire. Quoique cela mérite quelques éclaircissements. On fait trop souvent l’amalgame entre réseau social et communautés. La participation à une communauté ne saurait être imposée et relève du pur volontariat, c’est une certitude. A moins qu’on déguise en communautés des groupes de travail (ce qui arrive fréquemment) auquel cas la réponse est toute différente. Il en va autrement du réseau en tant que tel, que l’on pourrait désigner par le simple fait d’avoir un profil (libre à l’individu de le remplir ou non) et de pouvoir “suivre” les autres, rentrer en contacts avec eux, voire suivre l’activité des communautés, blogs, wikis et je ne sais quoi d’autre qui peupleront l’intranet.

En effet on se heutre, en la matière, à un vrai problème de masse critique.

Le réseau va spontanément attirer tout ceux qui ont la “fibre sociale”, les “networkers”. Quelques curieux vont les rejoindre. Au final cela va faire dans les 10% du nombre global des collaborateurs. Les curieux finiront oublier la chose à part les quelques uns qui auront été conquis. Les volontaires vont faire vivre le réseau, certains seront contraints de laisser tomber car la force du système les ramènera sur le droit chemin, mais au final il resteront le centre de gravité de la plateforme. En espérant qu’ils ne finissent pas par s’essouffler.

Car un tel mode opératoire ne relève en rien d’une transformation de l’organisation ni des modes de travail. Ceux qui ont envie font différemment, c’est tout. Cela se passe entre eux car leur nombre ne suffit pas à faire bouger toute l’entreprise. On retrouve le syndrome de la bulle sociale qui peut même être douloureux pour les participants qui échangent d’une manière avec les uns et d’une autre avec les autres.

On  peut faire le pari qu’avec le temps d’autres soient tentés de les rejoindre. Mais encore faut il qu’ils aient une raison de tenter l’expérience, y trouver un bénéfice personnel, et aient l’envie de continuer. Qu’est ce qui peut les amener ? Le fait de se dire qu’ils vont y trouver, à un moment donné, la réponse à un problème ou la personne susceptible de les aider ? Si seuls 10% des salariés sont à peu près présents, il y a de fortes chances qu’ils se disent que le jeu n’en vaut pas la chandelle, qu’il y a peu de chances que la solution à leurs problèmes se trouve là.

L’amalgame entre participation obligatoire et inscription/présence obligatoire a clairement un impact négatif. Ca n’est pas parce qu’on n’oblige personne à participer que tout le monde ne doit pas avoir accès au dit réseau social. Et ce pour différentes raisons : [Read more...]

Deux cas d’entreprise 2.0 : 3M et BASF

La semaine dernière j’ai pu assister à la présentation de deux excellents cas, ceux de 3M et de BASF. Peut être l’occasion pour certains de trouver des réponses à leurs questions et des problématiques similaires aux leurs.

Online business Network connect.basf

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“Engagement” des collaborateurs par les réseaux sociaux : un mirage ?

Résumé : la mode est à l’”engagement” du collaborateur et les dynamiques de réseau social sont, une fois de plus, vues comme la solution du moment. Le problème est en fait plus profond : entre l’aspect cosmétique (le réseau pour éviter de se pencher sur les vrais problèmes), les réflexes culturels de défiance face à l’entreprise et des personnalités qui peuvent être plus ou moins extraverties, le réseau social n’est pas une baguette magique. Il importe de se focaliser sur les attentes des collaborateurs (notamment en termes de RH), trouver une manière de s’adresser à une population qui a une vision rationnelle de ses rapports professionnels et ne pas croire que l’activité d’un réseau social est le seul baromètre de l’engagement des salariés, ni une manière de tous les toucher.

Le concept d’”engagement” du collaborateur est central dans nombre de réflexions et d’argumentaires sur l’entreprise 2.0 ou l’arrivée des réseaux sociaux en entreprise. La raison est simple à comprendre : des collaborateurs plus engagés sont plus impliqués (mais d’ailleurs n’est-ce pas la bonne traduction française du terme anglais ?), moins enclins à quitter l’entreprise, on plus envie de se dépasser et donner pour la réussite de l’entreprise et de leurs collègues, Forcément, tout ce qui rapproche l’entreprise du collaborateur et crée du lien entre les collaborateurs est bon à prendre…d’où l’irruption des médias et réseaux sociaux dans le discours.

Vraiment ?

Je sens encore venir le coup de la baguette magique. “Engagez [impliquez ? Fidélisez ?] vos collaborateurs en leur donnant un réseau social”. Bien sur. Ils n’ont aucune visibilité sur leur carrière, ont été embauchés à bac+5 avec un salaire bac+3, s’ennuient dans ce qu’ils font, savent qu’ils seront peut être augmentés de 0,01% quant tout ira mieux (pour qui ? parce que pour l’actionnaire ça va pas si mal), on leur demande d’en faire toujours car c’est la crise…et qu’il y a des gens qui attendent pour prendre leur place, on leur coupe les accès à une grande partie de l’internet sur leur lieu de travail, on les a recruté pour leur capacité à proposer, à innover, à être moteurs pour leur expliquer que la première chose à faire était de rentrer dans le moule sans faire de vagues, ils ont peur que l’entreprise ne les aide pas pas à maintenir leur employabilité dans un monde qui change vite…..et un Facebook-like va faire leur bonheur. Qu’en les laissant se souder entre eux ils vont oublier le reste ? Que ça va les empêcher de mal dormir en rentrant chez eux parce qu’ils ont peur pour demain…et se demandent même comment joindre les deux bouts à la fin du mois. Que la mise en réseau va leur apporter un sucroit de motivation ?

Franchement, vous y croyez ? Est ce que vous pensez une seule seconde qu’un réseau social va changer quoi que ce soit ? [Read more...]

Quoi de neuf dans le monde des intranets ? Le “Global Intranet Trends for 2011″ est sorti

Comme tous les ans à la même époque on attend avec impatience le “Global Intranet Trend” de Jane McConnell. L’édition 2011 vient de sortir. Voici en quelques lignes ce qu’on peut y apprendre :

• 5 Grandes tendances :

- l’intranet est la porte d’entrée d’un “web de travail”. Il n’est plus seulement un outil de communication au service de l’entreprise mais un ensemble d’outils de travail pour les salariés.

- il devient plus collaboratif qu’avant (mêmes si beaucoup de chemin reste encore à parcourir)

- il est devient “temps réél” avec des outils de réseaux sociaux ou microblogging (présents dans un peu plus de 20% des entreprises de manière globale ou sous forme de pilotes)

- il devient mobile : il devient de plus en plus courant de pouvoir y accéder hors du lieu de travail et sur des terminaux mobiles.

• L’impact croissant des média sociaux

Seulement 20% des entreprises utilisant des médias sociaux essaient de mesurer la valeur qu’ils en tirent. 50% envisagent de le faire dans le futur. Pour ceux qui le font, on note des améliorations dans le domaine du partage d’information, une accélération des prises de décision et des résolutions de problèmes, une baisse du volume d’email et l’émergence d’experts jusque là non identifiés.

Par contre le chemin est long : il faut 4 ans pour que ces nouveaux outils trouvent leur place dans l’entreprise. D’autant plus que (mais est-ce une surprise) le senior management ne montre que rarement l’exemple.

• 2 grands challenges pour 2011

- mettre en place une gouvernance appropriée qui recouvre la collaboration, l’intranet et la dimension “sociale de ce dernier et impliquer les parties prenantes à haut niveau puisqu’il s’agit d’un projet d’entreprise transverse.

- faciliter la dimension “sociale” qui pose des questions nouvelles sur les stratégies de communication et de collaboration internes et transformer ces nouvelles énergies en valeur business claire.

La lecture du rapport complet laisse entrevoir qu’on est à un point de basculement. On voit bien qu’entre les tendances portées par les entreprises leader et le “gros” de la troupe il reste beaucoup de travail à faire.

Il est clair que la vision de l’intranet “outil de communication” est encore très (trop ?) présente et que si la vision “outil de travail” fait son chemin, les notions de mesures de valeur, de coût sont encore immatures. Parce que les questions de stratégie et de gouvernance ne sont, justement, pas encore claires ?

En tout cas ce rapport nous permet d’apprendre beaucoup sur l’état des lieux et les tendances au travers d’un nombre de focus spécifiques sur les outils, les usages, les pratiques d’accompagnement mises en œuvre avec une comparaison systématique entre les entreprises leader et les autres. 90 pages très riches pour qui réfléchit à sa stratégie intranet globale, issues de recherches menées auprès de 440 entreprises.

Je reviendrai plus tard de manière spécifique sur certains points de cette étude dans de futurs billets.

En attendant vous pouvez en télécharger un “executive snapshot’ ou l’acheter ici.

Bonne lecture.

Profils riches : un marché inexploité et méconnu ?

Quand on parle d’outils “social media” dans l’entreprise, il se cache derrière ce terme générique une infinité d’outils. Blogs, Wikis, Réseaux sociaux, social bookmarking, microblogging etc… Au fil des années d’ailleurs, chaque type d’outil a fini par s’enrichir de tout ou partie des fonctionnalités des autres à tel point que toutes les offres du marché tendent à se ressembler, tout au moins fonctionnellement parlant.

Il est une partie de ces outils qui ne fait pas l’objet d’une offre spécifique : le fameux “profil riche”, ce profil enrichi par l’activité de l’individu, par des données plus “officielles”, des informations professionnelles (ou pas) permettant de mieux le connaitre, l’identifier, le trouver.

Le profil est un élément clé de nombreuses démarches car il a une utilité évidente pour tous les collaborateurs : trouver facilement les personnes que l’on connait mais surtout identifier de manière pertinente les ressources que l’on ne connait pas mais dont on a besoin pour solutionner un problème précis. Dans l’idée de nombre d’entreprises, et fort justement, c’est le point par lequel beaucoup d’entreprises veulent commencer, s’assurant ainsi une appropriation a priori facile d’une première couche “sociale” qui fait sens et correspond à un réel besoin.

D’un autre coté le profil riche n’a de sens qu’alimenté de manière pertinente, et agrégeant des éléments pertinents de l’activité de chacun, ce qui signifie un interfaçage intelligent complet avec un maximum d’autres applications qu’elles soient “sociales” ou plus classiques. Ce qui signifie que les dites applications pré-existent et soient utilisées.

Ce fameux profil est donc un point d’entrée en termes d’outils et d’usages qui ne vaut que si d’autres outils et usages pré-existent. C’est un peu le serpent qui se mord la queue. Les acteurs du marché ne s’y trompent d’ailleurs pas : il n’est de produit “social” qui ne propose son propre profil, tirant forcément au mieux profit de l’intégration entre profil et usages de l’outil. Solution évidente, soit. Solution idéale ? On peut paradoxalement en douter.

Le fait est qu’au niveau d’une entreprise, il en va du profil comme de l’annuaire dont il n’est que la partie visible : il ne vaut que s’il est unique et utilisé par tous. La réalité est différente : dans la grande majorité des entreprises coexistent de multiples plateformes “sociales”, chacune avec son propre profil, reposant sur ses propres données, entrainant une multiplicité des profils, chacun ne reflétant qu’une petite partie de la réalité. De plus le périmètre d’utilisation de ces outils, et même dans le cas où une entreprise a réussi à imposer une plateforme unique, ne concerne pas aujourd’hui l’ensemble des collaborateurs, donc tout le monde ne peut y accéder.

On peut donc arriver à une situation où certains individus ont plusieurs profils différents reposant sur des sources différentes, certains n’en n’ont pas du tout et, de toute manière, tout le monde ne peut consulter les profils en question. Génant non ?

D’où la question : n’y a-t-il pas une place pour un annuaire reposant sur des profils riches, distinct de toutes les applications mais pouvant tirer profit de toutes, existantes ou à venir, évitant la dispersion des données et les mises à jour redondantes ? Existe-t-il un trou dans l’offre du marché ? Les entreprises vont elles devoir assurer elles-mêmes la mise en cohérence de ce patchwork de données à grand renforts de développements spécifiques ? Ou alors un éditeur va-t-il réussil à faire du profil lié à son produit celui qui, en s’interfaçant avec mille et un autre outils deviendra le standard de facto

Une question qui me passait par la tête comme cela mais qui me semble de moins en moins dénuée de fondement…