Travaille t’on avec des prestataires comme avec des salariés ?

La réponse est évidemment non. Et pas uniquement parce que la nature du lien contractuel diffère. Tout simplement parce qu’on raisonne toujours selon le modèle en vertu duquel il y a nous d’un coté, les autres de l’autre et au milieu…un mur. On se protège de l’extérieur par reflexe. L’externe n’a pas accès aux outils internes et intéragir avec lui est éminemment plus compliqué qu’avec un collègue (sachant que même dans ce cas ça n’est pas toujours aisé non plus). Bref, alors même que la valeur n’est créée ni d’un coté ni de l’autre coté du mur, mais par ceux qui sont a cheval dessus, issus des deux structures, on s’échine à réduire la bande passante entre les deux.

Je me demandais il y a quelques temps si l’avenir de l’entreprise n’était pas, à terme, de manager un écosystème de partenaires et d’externaliser nombre de compétences qui, quoi qu’il en soit, trouveraient davantage leur compte en externe qu’en interne. Un phénomène non pas dicté par une logique de circonstances mais par une vraie logique organisationnelle (dont on voit rapidement les limites également).

J’apprend ici que la tendance à l’auto-emploi se renforce et concerna 40% de la population US en 2019. Bien sur on me dira que c’est l’effet de la crise, ou alors que c’est culturellement plus naturel Outre Atlantique que par chez nous. Cela doit certainement compter un peu. Mais je remarque également que, même en France, j’entend beaucoup de personnes, jeunes et moins jeunes, avoir envie de voler de leurs propres elles, exploiter au mieux une expertise et la valoriser davantage qu’en interne. N’ayant pas de boule de cristal je n’irai pas plus loin, de toute manière seuls les faits diront ce qui se passera.

Mais si cette hypothèse s’avérait juste, il faudra apprendre à travailler véritablement efficacement avec une quantité sans cesse croissante d’expertise externes, de manière flexible, sans freins inappropriés.

Des changements sont donc à prevoir à la fois dans les pratiques (considérer l’autre comme un des notres), que dans les outils (des plateformes capables de gérer à la fois formel et informel, ouvertes à l’extérieur). Combien d’entreprises ouvrent aujourd’hui leurs espaces de travail internes à leurs prestataires (indépendants ou pas) ? Et quand elles le font, pour leur permettre quels types d’intéractions ?

Travailler avec ses prestataires comme avec ses salariés n’est pas qu’une phrase en l’air. Cela a des implications lourdes qui risquent de s’avérer vitales à mettre en oeuvre.

A méditer.

Un réseau est toujours social mais jamais virtuel

Vous l’avez surement remarqué, tout devient social ou virtuel. Voire les deux en même temps. A tel point que des mots pourtant porteurs de sens se trouvent relégués au rang d’un simple buzzword dont l’impact peut même être négatif.

Social tout d’abord. On sait ce qu’est un réseau depuis des lustres, mais le réseau de ce début de siècle se doit d’être social. Un minimum de recul aurait pu nous amener à réaliser qu’un réseau est obligatoirement social, et ce quelle que soit la langue qu’on emploie. J’ai en effet rarement vu de réseaux composés d’une seule personne. Par contre l’adjectif est davantage porteur de sens lorsqu’on l’applique à des choses dont on veut faire comprendre qu’elles ne s’utilisent plus seul mais en synergie avec les autres utilisateurs : logiciel, intranet… Mais à force de tout qualifier de social, l’expression perd de sa force là où elle devrait amener les acteurs à s’interroger sur la nature nouvelle d’une chose. Avec un bémol lié à la langue : le “social” anglo-saxon n’a pas la même connotation que le “social” français et je ne doute pas que dans les premiers temps le terme de logiciel ou d’intranet social n’ait pas amené certains DRH à se mettre sur la défensive avant même de savoir de quoi il s’agissait.

Mais le terme dont l’emploi inapproprié est source de nombreuses erreurs dans le fonctionnement même des projets d’entreprise est le terme “virtuel”.

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En temps de crise il faut protéger son capital humain

Faute d’avoir le temps de prendre les mesures structurelles qui peuvent permettre de faire efficacement face à la crise, ou par simple habitude, l’entreprise réagit souvent en s’attaquant aux variables d’ajustement les plus simples à mettre en œuvre.

• Coupures budgétaires, notamment sur l’innovation et la communication.

• Report de certains investissements.

• Licenciements.

Cela permet de parer au plus pressé même si je suis d’avis de penser que ça ne fait que repousser l’inéluctable. On limite ses couts au lieu de se concentrer sur le revenu, sachant qu’on ne peut pas non plus couper les couts à l’infini sauf à transformer l’entreprise en coquille vide. Tout budget supprimé cette année ne pourra plus être supprimé l’année suivante puisqu’il n’existera plus.

Je fais partie de ceux qui osent penser que le but d’une entreprise est de gagner de l’argent et qu’en prenant le problème par les dépenses on ne peut que jouer provisoirement les pompiers car si on peut toujours essayer de trouver de nouveaux marchés, même dans la douleur, ou être plus efficaces, les dépenses ne peuvent pas diminuer une fois un plancher atteint. Et ensuite on fait quoi ? Mais couper une ligne budgétaire localement est plus simple que repenser globalement la manière dont l’entreprise opère.

Quoi qu’il en soit, il apparait également que ce genre de politique peut avoir des effets très néfastes à moyen voire long terme.

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Deux articles à lire dans “management” de février

Une petite note en forme de revue presse étant donné que vous pouvez trouver dans une seule revue des articles susceptibles de vous intéresser. L’édition de février de “Management” comporte un dossier sur les réseaux et un sur les limites des indicateurs de performance. Deux sujets qui comme vous le savez me tiennent à cœur.

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L’entreprise bien au delà du 2.0

Je m’étais diverti il y a quelques temps a proposer quelques pistes sur ce que sera l’entreprise 2.0 en 2009. Mais je pense que cela vaut la peine de pousser la réflexion au delà : l’entreprise 2.0 n’est qu’un aspect d’une réalité beaucoup plus complexe qui est l’entreprise et ne vaudra que dans un cadre global. Alors que l’entreprise et l’économie en général se caractérisent comme étant le lieu de rencontre d’interdépendances sans cesse plus nombreuses, il est illusoire de croire faire avancer quoi que ce soit en posant des rustines çà et là. Toute initiative qui ne sera pas alignée sur une vision macro prenant en compte l’ensemble de ces interdépendances n’apportera pas grand chose.

Mettons nous à la place des protagonistes de l’histoire

• La direction générale

Elle est pour le moins préoccupée. Crise oblige, elle essaie de se protéger. Difficile du trouver du revenu supplémentaire donc pour maintenir le résultat on diminue les couts. Ou plutôt les dépenses, ce qui n’est pas vraiment la même chose. D’un autre coté on sait bien qu’à force de dépenser moins on sera bientôt incapable de faire rentrer le moindre centime dans les caisses donc on réfléchit à travailler plus efficacement, à vraiment travailler sur le cout que sur la dépense. Et finalement cette idée de business networks commence à faire son chemin. Mais comment faire ?

Par ailleurs cette crise dénote quelque chose de plus profond qui n’est pas sans les inquiéter. Promettre toujours plus a ses limites et on vient de s’en apercevoir. Faut il arrêter de promettre la lune alors qu’on sait que la performance de l’organisation a ses limites et qu’essayer de la compenser par de la performance financière amène à la situation qu’on connait ? A-t-on simplement atteint les limites d’un système et cette crise serait elle l’expression d’une faillite plus globale d’un mode de management ? Faut il réinventer la manière dont on fait des affaires ?

Bref une demande croissante pour plus de responsabilité et de “durabilité” dans le management qui n’est pas si éloignée d’une autre tendance qui amène certaines entreprises à penser conjointement leur développement et celui de leur écosystème humain afin de ne pas détruire aujourd’hui leurs marchés de demain.

Des enjeux qui finalement partagent nombre de points commun et qui, sans préjuger de la réponse qui sera apportée, devront être pris en compte cette année.

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Vu, lu, entendu cette semaine #3

Un “vu, lu, entendu” qui a failli ne pas voir le jour en raison de la difficulté que j’ai eu à trouver un accès wifi convenable en vacances. Comme quoi ça n’a pas été la semaine du wifi en ce qui me concerne. Pas grand chose donc à dire cette semaine : peu de veille, peu de temps…on se revoit pour quelque chose de plus consistant la semaine prochaine. En attendant ne soyez pas surpris par l’afflux soudain de notes sur ce blog, je profite de mes vacances pour publier un certain nombre de billets écrits depuis quelques semaines et que je garde en “stock” pour mes périodes offline.

• Vu

LeWeb08 bien sur ! Je n’ai pas eu le temps de revenir sur ma note sur le sujet et de détailler les quelques points que j’ai retenu. Ayant été déconnecté pendant quelques jours je n’ai pu suivre toute l’affaire mais mon twitter m’a dit que ça avait remué dans les chaumières. Plus sérieusement, une fois dit ce qui devait être dit sur ce qui aurait pu aller mieux et fait le point sur ce que j’y avais trouvé au regard des attentes qui étaient les miennes, j’ai pas mal phosphoré sur le sujet (14h de vol ça aide) pour arriver à la conclusion qu’il y a beaucoup à tirer de ce qui s’est passé, de manière désirée ou non. En préparation donc une note sur le thème “j’en retiens peu mais j’y ai beaucoup appris”, ce qui finalement a peut être davantage de valeur. Si au delà du web, LeWeb est une réflexion sur la société, ses évolutions et ses enjeux, la conférence a été l’exemple même de la difficulté d’adresser les problématiques qu’elle traite. Et lorsque les dysfonctionnements (qui se devaient d’être relevés histoire d’être également crédible lorsqu’on relève le positif) sont oubliés il y a vraiment matière à des réflexions de fond qui porteront plus loin qu’une frustrante panne de Wifi. A suivre donc. Finalement cette conférence m’inspire beaucoup a posteriori.

• Lu

Dans ma série “je revisite Goldratt”, Un an pour sauver l’entreprise que j’avais besoin de redécouvrir quelques années après l’avoir lu pour la première fois. Avec une redécouverte de problématiques que j’avais zappé à l’époque : comment passer de la vente de technologie à la vente de valeur ajoutée, et le renversement de flux de production poussés en flux tirés. A mettre en perspective avec le petit monde de l’entreprise 2.0, coté client comme coté soft.

Une intéressante étude de PriceWaterhouseCoopers dont je me suis fait l’écho ici. Le réseau comme support de nouveaux business models vous y croyez vous ? Moi oui.

• Entendu

Rien de spécial cette semaine dont le point d’orgue a été LeWeb et dont j’ai mentionné les interventions qui m’avaient le plus séduit dans la note mentionnée plus haut.

Les enjeux des directions générales : des business models qui s’appuient sur les réseaux

Quelles sont vraiment les préoccupations des directions générales ? Quelle est leur compréhension des enjeux actuels ? Tout le monde parle de la nécessité de faire évoluer l’entreprise pour évoluer dans le contexte qui est celui de ce siècle mais encore faut il que l’information soit arrivée en haut lieu et qu’une prise de conscience ait lieu si on veut qu’à un moment où à un autre ça commence à lentement redescendre. Et même s’il faudra du temps, beaucoup de temps pour faire évoluer les choses, plus vite la prise de conscience arrivera mieux ce sera.

Pour ce qui est du présent cela permet également de valider la perception que nous pouvons avoir du changement en cours et la réalité dans la tête des décideurs.

Heureusement le travail nous a été prémaché par PriceWaterhouseCoopers qui nous délivre son 11e “CEO Survey”, une édition intitulée : “Compete and Collaborate : What is Success in a Connected World”.

Tout un programme. [Read more...]

Outils on the cloud et bénéfices on the ground

Retour Mia-cdgMême si la notion de “cloud computing” ne se confond pas celle de social software ou d’entreprise 2.0 et concerne davantage le mode de mise à disposition des outils qu’une catégorie “fonctionnelle” d’outils, elle me permet des raccourcis simples mais éloquents entre ce qui se passe dans les nuages et certaines réalités de terrain qu’on aurait tendance à trop vite oublier.

Je répète souvent que les bénéfices liés aux outils sociaux ne sont pas forcément à rechercher dans les outils eux-même mais dans le travail des collaborateurs qui lui n’a souvent rien de 2.0 et, au final, dans la production. L’intangible n’a de sens, rappelons le, qu’au service du tangible et, quitte à choquer les âmes chastes, que lorsqu’il finit par produire des espèces sonnantes et trébuchantes.

On peut faire tout ce qu’on veut en mode “2.0″ si tant est que ce buzzword veuille vraiment dire quelque chose, mais au final c’est bien sur le plancher des vaches qu’il faut chercher les bénéfices. Quelques exemples en vrac :

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La logique sans bon sens mène à la catastrophe

J’ai assisté il y a peu à une remise de diplômes. Lors de ce genre d’évènement j’ai tendance à m’assoupir au moment des discours sauf que cette fois-ci j’étais très attentif au message qui serait délivré à des ingénieurs/managers/entrepreneurs qui allaient commencer à voler de leurs propres ailes à une époque où l’état de l’économie peut susciter quelque inquiétude pour ceux qui vont devoir se faire leur place dans une zone sinistrée.

Finalement j’ai apprécié le ton, le contenu lucide sans blabla ni autosatisfaction et j’en repars avec deux choses. Une idée d’ouvrage à me procurer et une phrase reprise in extenso comme titre de ce billet. Bon, je ne me souviens plus gère de la chute “ne mène à rien”, “mène au pire”… ? Je garderai le sens qui finalement seul importe : logique sans bon sens ne mène à rien de bon.

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Réseau ou proximité ? Où est la valeur pour l’entreprise ?

Web 2.0 Expo Europe 2008On met le réseau à toutes les sauces. Sans trop prendre en compte que sa valeur vient de son contexte. Exemple : mon réseau facebook et mon réseau linkedin n’ont rien à voir, le lien est créé pour des raisons différentes, dans des contextes différents. Savoir qu’untel est un de mes contacts sur l’un ou l’autre peut aider à comprendre la nature différente de nos relations. Mais dans chaque cas il y a un point commun : l’un a demandé à l’autre de reconnaitre qu’il est une de ses relations et l’autre l’a accepté en fonction des critères qu’il se fixe. En matérialisant cette relation on crée un lien.

Mais le lien peut se créer différemment. Non en fonction de relations mais d’objets. Dopplr utilise le voyage pour objet. Lastfm la musique. FlickR l’image comme je l’ai expliqué ici. Ce qui crée le lien n’est pas la connaissance de la personne mais un objet.

Maintenant replaçons nous dans un contexte professionnel, au sein d’une entreprise. [Read more...]