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Réseaux | Bloc-Notes de Bertrand Duperrin - Part 2

Des entreprises en réseau pour créer davantage de valeur

Dans un monde ou tout va vite et où l’homme et la connaissance sont les ressources rares, les entreprises vont être de plus en plus souvent amenées à regarder hors de leurs murs et tisser des synergies avec l’extérieur pour rester compétitives.

J’ai souvent abordé la question ici sans l’angle du crowdsourcing, une démarche qui consiste à associer le grand public à son process d’innovation, selon la même logique que celle qu’on peut appliquer à des partenaires.

Ce sont souvent des logiques gagnant gagnant car chacun à à apporter à l’aure et finalement peu à perdre. Par contre dès lors que deux entreprises sont éventuellements concurrentes celà change tout. Et pourtant…lorsque nécessaire, la coopétition a des vertus plus que bénéfiques.

Quoiqu’il en soit, l’importance des alliance va aller crescendo et il va falloir apprendre à travailler à la fois avec ceux qu’on voyait comme des partenaires mais parfois même avec l’ennemi, ou celui qu’on a fait passer pour tel pendant des années en pensant que le renfermement sur soi et la construction de murs bien placés étaient une bonne recette pour réussir.

Oui mais voilà, dans nombres secteurs la pression sur l’innovation, la nécessité d’aller vite, imposent d’aller vite, très vite. Et on rame plus vite à deux que seul. L’économie de la connaissance impose également souvent l’accès à une masse critique de savoirs pour commencer à développer de réelles synergies, et si on ne dispose pas de cette masse en interne le seul moyen de rentabiliser son capital humain est de développer des connections vers l’extérieur.

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Le 2.0 vers une évolution systémique plus réaliste

Cela aurait presque pu passer inaperçu. Dans un billet concernant au départ Dell et le fait que leur boutique en ligne était finalement plus “web 2.0″ que leur ideagora Ideastorm, Tim O’Reilly en a profité pour glisser entre deux paragraphes une évolution significative de sa propre définition originelle du web 2.0.

Pour information je vous rappelle ce qui fut la définition de départ et qui figure encore sur wikipedia (je vous fais grâce de la traduction):

Web 2.0 is the business revolution in the computer industry caused by the move to the Internet as platform, and an attempt to understand the rules for success on that new platform.

Une définition assez visionnaire en somme mais qui a, à mon avis, été victime de la multiplicité des interprétations qu’elle permettait. Et a suscité certaines tendances techno centrées. Si la flexibilité du web a pu permettre de s’en sortir sans grande peine, la transcription de cette définition au monde de l’entreprise a donné quelque chose comme “l’utilisation des blogs et wikis en entreprise”, ce qui a fait plus de mal que de bien au concept d’entreprise 2.0. Et ce même si Andrew McAfee a “recadré” sa définition pour pour passer de l’utilisation des outils web 2.0 dans l’entreprise à l’utilisation d’outils sociaux émergents dans les entreprises, mais également avec les partenaires et les clients comme j’ai pu le constater à Montreal en mai dernier.

Bref, l’air de rien, O’Reilly vient de nous glisser une évolution majeure de sa vision. Même si les querelles de définitions m’ont toujours semblé plus amusantes qu’utiles, les implications de celle-ci mérite qu’on s’y attarde.

Que nous dis donc O’Reilly?

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Des outils d’éveil pour capter le bruit de votre entreprise

Je sais qu’une bonne partie de mon lectorat est plus “entreprise” que “2.0″ mais il est toujours essentiel de se focaliser sur ce qui émerge au niveau du grand public pour comprendre ce qui va se passer en entreprise demain. Tout d’abord parce que les pratiques développées finissent toujours par impacter d’une manière ou d’une autre la façon dont on agit dans l’entreprise, ensuite parce que (et ça c’est vraiement nouveau) ce sont désormais les outils grand public qui donne le “la” de ce que seront les outils d’entreprise de demain.

Avez vous déjà entendu parler de Twitter ? Je vous renvois à Wikipedia pour en savoir un peu plus, mon propos ici n’étant pas de m’attarder sur le coté “outil” mais d’aller un peu plus loin.

L’outil m’a toujours laissé un peu sceptique et si je l’utilise c’est à mes heures perdues lorsque je n’ai rien d’autre à faire ou que j’ai envie d’ennuyer mon (petit) monde en racontant des c…. Alors bien sur parfois on a de bonnes surprises, comme lorsque je twitte mon itinéraire de vacances et me retrouve à passer la matinée avec un spécialiste de l’entreprise 2.0 à Boston que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam auparavant. Mais pour en arriver là que de bruit. Bref twitter c’est un peu la poubelle de mes futilités mais comme il m’arrive de jeter le bébé avec l’eau du bain vous y trouverez peut être un jour quelque chose qui vous intéresse, c’est aussi ça la serendipité et l’application du concept selon lequel ce qui est de l’or pour les uns peut etre de la boue pour les autres et inversement. Le problème de twitter c’est un usage tellement large avec un public quasi illimité et le fait que tout ce qu’on a dire s’y mélange, pro, perso, humour, sérieux, bouteilles à la mer (à l’amer ?), coup de gueules, que tout cela manque un peu de focus. Voir l’article de Fréderic de Villamil sur le sujet. Je me dis bien que circonscrit à un domaine et un public restreint ça doit avoir du sens, et ça comblerait un vide au niveau outil entre le blog, l’instant messaging et le mail. Alors bien sur on peut avoir x comptes twitter privés avec des publics différentes…mais là on ne s’en sort plus et on se complique la tâche plus qu’autre chose.

Il y a donc quelque chose derrière twitter qui dépasse la pauvreté actuelle de l’outil et des usages que nous (moi y compris) en avons. Mais quoi.

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De l’intérêt d’une gestion de crise décentralisée : le cas Gustav

La crise se caractérise par son caractère soudain, imprévisible, et l’importance potentielle de ses conséquences. Elle impose à une organisation de réagir rapidement afin de se préserver, elle ainsi que ses composantes, autant que faire se peut.

Cela impose diverses choses. Décider de la manière dont on va réagir tout d’abord, ce qui suppose de disposer d’une information fiable et exhaustive. Ensuite réussir à faire passer les ordres, ce qui implique cette fois ci un flux d’information descendant reçu par tous. Et dans la mesure où il faut s’attendre à ce que soit le flux ascendant n’existe pas (donc manque d’information pour décider) soit il est impossible de faire redescendre l’information (incapacité pour les agents d’agir), il est essentiel de prévoir des flux décentralisés afin que les agents soient à même de se coordonner par eux même.

Tout cela participe, notons le, de deux phénomènes que j’ai pu évoquer ici par le passé : le fait qu’une organisation en réseau soit moins fragile face aux attaques qu’une organisation centralisée (voir les cas Toyota et Al Qaida ici), et la nécessité de donner un maximum de visibilité à l’action et aux informations de chacun de manière à  ce qu’en l’absence de coordination chacun puisse adapter sa stratégie à celle des autres. Remarquez que même si la tête de l’organisation est à même de faire son travail, si tout fonctionne bien, le fait que ses agents arrivent à se débrouiller sans repasser par le centre la décharge tout de même d’un grand poids. Quoiqu’il en soit, étant donné que nous parlons de crise, le fait qu’il existe des canaux de dérivation ne peut être qu’une bonne chose.

Je pense que tout le monde a, par l’observation ou l’expérience, le souvenir d’une situation de crise où personne ne savait ce qu’il fallait faire, où tout le monde manquait d’information sur la conduite à tenir et où le manque d’information empêchait de décider à son propre niveau et où le sommet peinait à avoir une idée claire de se qui passait et / ou à expliquer la conduite à tenir.

Vous connaissez Gustav ?

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Toyota : un bel exemple de SOO pour un risque zéro

Je vous rappelle en deux mots les principes de l’Organisation Orientée Service (ou SOO) : il s’agit de donner aux collaborateurs la possibilité (donc les outils et le mode d’organisation)  de combler l’écart entre les tâches définies par leur employeur et celles que demandent effectivement leur travail (partant du principe qu’on a atteint un tel optimum dans la verticalité que les écarts, de plus en plus fréquents, ne peuvent se régler que via des systèmes ad-hoc, spontanés et provisoires).

Un bel exemple nous vient de chez Toyota et de son écosystème de sous-traitants. Ce dernier se caractérise par une optimisation telle que les expertises sont très souvent uniques. Que se passe-t-il lorsqu’une usine fabriquant une pièce utilisée sur tous les véhicules brule ? Et qu’il ne reste que deux jours de stocks de cette pièce ?

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Une fois qu’on aura outsourcé les savoirs, l’entreprise ne servira plus qu’à coordonner des expertises

Je disais dans cet ancien article qu’à terme l’entreprise ne servirait peut être plus qu’à organiser une chaine de valeur, à coordonner des expertises dont certaines seront internes et la grande majorité externe. La “knowledgisation” de l’économie ou le capital réside dans les savoirs individuels, des coûts de transaction quasi nuls qui risquent d’entrainer une application inversée de la loi de Coase, et la possibilité de s’organiser en dehors de l’organisation sont autant de raisons qui laissent à penser que l’entreprise n’aura bientôt plus qu’un rôle de donneur d’ordre et de fédérateur d’expertises.

Je ne reviendrai pas sur la longue liste, déjà citée par ailleurs de tout ce qui est déjà externalisé ou externalisable aujourd’hui, du recrutement à l’innovation en passant par la fabrication, la facturation, et en allant parfois jusqu’à la R&D.

Heureusement l’entreprise garde l’essentiel : les savoirs, les expertises. Peut être plus pour longtemps.

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Innover c’est la santé

Premier point dont j’aimerais vous parler suite à la convention du MEDEF, l’impératif d’innovation. Une problématique que je vais lier ici aux questions d’intelligence économique car une bonne logique de benchmarking amène aussi à aller voir ce qui se passe à l’extérieur de la membrane de l’entreprise.

J’ai choisi ici de vous présenter trois vidéos. Les deux premières traitent de l’innovation en tant qu’enjeu non pas seulement pour l’entreprise stricto sensu mais pour tout l’écosystème entreprenarial européen : lorsque la performance de vos partenaires voire de vos concurrents contribue à votre propre performance. La troisième traite de l’intelligence économique vue comme source d’avantage concurrentiel, portée par le travail en réseau et l’utilisation de la connaissance.

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L’entreprise et son environnement en poésie

C’est Noël…permettons nous quelques libertés.

Quelques lignes de John Donne qui valent bien sur pour le genre humain mais finalement que l’on pourrait appliquer à l’entreprise, au collaborateur : aujourd’hui tout fait partie d’un écosystème plus important et la montée en puissance des réseaux dits informels fait que ce qui enrichit les uns enrichit les autres, mais également que la perte d’une maille d’un réseau affaiblit l’ensemble.

« Aucun homme n’est une île, un tout, complet en soi ; tout homme est un fragment du continent, une partie de l’ensemble ; si la mer emporte une motte de terre, l’Europe en est amoindrie, comme si les flots avaient emporté un promontoire, le manoir de tes amis ou le tien ; la mort de tout homme me diminue, parce que j’appartiens au genre humain ; aussi n’envoie jamais demander pour qui sonne le glas : c’est pour toi qu’il sonne »

A méditer…

Exploiter vos réseaux informels selon McKinsey

Encore une étude fort intéressante chez McKinsey qui visiblement à décidé de mettre le paquet sur l’informel et les “ROI soft” ce qui n’est pas pour me déplaire. Celle ci se nomme “Harnessing the Power of your informal employees nertwork” et est téléchargeable ici (il suffit de s’enregistrer).

L’étude en quelques points :

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