33 choses à savoir sur ceux qui font vivre vos espaces sociaux en ligne

J’ai beaucoup traité le sujet du community management ces derniers temps, et cela pour une raison simple : il règne une telle confusion sur un sujet supposé si stratégique que le risque d’aller droit dans le mur, de jeter le bébé avec l’eau du bain ou de passer à coté de son sujet faute de “guidelines” précises est plus que réel. A force de retourner le sujet dans tous les sens il me semble voire émerger certains axes forts.

• Ca n’est pas parce qu’il y a des médias sociaux et la nécessité d’y réaliser des choses avec des groupes de personnes que la personne en charge de la chose est nécessairement un community manager.

• Ca n’est pas parce qu’il y a échange entre des individus en utilisant les médias sociaux qu’on à affaire à des communautés. Ni à des réseaux sociaux d’ailleurs.

• La stratégie “médias sociaux” d’une entreprise se pilote à différents échelons, souvent incarnés par autant de personnes qui ont des rôles, des responsabilités et des objectifs différents dont il importe d’assurer la compatibilité.

Voici donc quelques choses à savoir sur chacun de ces acteurs… [Read more...]

Piloter l’adoption montre qu’on est à coté du sujet

Je n’ai jamais été trop à l’aise avec la notion, pourtant centrale dans de nombreux échanges relatifs à l’implémentation de social software en entreprise, d’adoption. Ou plutôt, pour être plus précis, avec la notion de pilotage de l’adoption.

Bien sur l’adoption est nécessaire. Et comme tout ce qui est nécessaire, l’entreprise ne peut pas imaginer ne pas la piloter. Rien que de très logique…et pourtant quelque chose sonnait bizarrement à mes oreilles sans que je sache trop quoi. J’avais laissé le sujet en souffrance jusqu’à ce que Paula Thornton le rappelle à mon bon souvenir en mettant le feu aux poudres.

Commençons par le sens des mots.

Piloter : se donner les leviers nécessaires à la réalisation de quelque chose ainsi que les indicateurs de suivi adéquats.

Adopter : faire sien quelque chose sien de manière volontaire. Suppose donc qu’on en ait compris l’intérêt, le sens, les implications.

Si les deux sont donc indispensables je n’arrive décidément pas à les accoler dans la même phrase. Et finalement pour une raison très simple : si adopter implique spontanéité et choix effectué en toute liberté, piloter l’adoption signifie pousser les gens à faire quelque chose contre nature car si cela était naturel l’adoption se ferait sans pilotage. Alors on peut bien dire que piloter signifie uniquement “créer le terreau fertile” mais je ne crois pas une seconde que c’est la position la plus fréquente : cela reviendrait à dire qu’on a aucune prise sur le résultat et qu’on se donne une obligation de moyen et non pas de résultat. Une position qui, peu importe qu’elle soit sensée ou non, n’est simplement pas concevable par l’entreprise. Piloter l’adoption signifie donc pousser à faire des choses contre nature et une telle approche explique peut être à elle seule pourquoi les choses sont difficiles, que, justement, soit on adopte pas soit on adopte à reculons.

Une conclusion en forme de cul de sac donc ? En aucun cas. Car si pilotage et adoption sont indispensables, il me semble qu’on confond l’objet du verbe et la résultante de l’action.

[Read more...]

Pour des réseaux sociaux en ligne puissants, concentrez vous sur vos réseaux hors ligne

Les entreprises commencent peu à peu à être à l’aise avec la logique de réseaux sociaux. Je parle bien sur des réseaux sociaux en ligne, sujet chaud depuis quelques temps. Deux réflexions me viennent souvent à l’esprit à ce sujet :

- alors que la logique de réseau est connue et utilisée par nombre de professionnels, de managers, depuis des années si ça n’est des siècles, tout le monde a été pris de panique lorsqu’on a parlé de réseaux sociaux…alors  j’attend qu’on m’explique comment un réseau pouvait ne pas être social.

- la grande transhumance vers les réseaux en ligne fait que les réseaux hors ligne (comprenez dans la vie réelle, avec des contacts visuels et auditifs) ont été complètement oubliés. Puisqu’internet allait nous permettre de nous connecter à des milliers de personnes sans quitter son écran et son fauteuil, allait permettre de générer des réseaux en clic, pourquoi s’ennuyer avec des vrais gens qui ne comprennent pas pourquoi on veut les amener à développer, qui posent des questions voire émettent des doutes.

C’est ce second point qui nous intéresse aujourd’hui.

Aussi surprenant que cela puisse paraitre, le réseau auto-généré en un clic, qui fonctionne tout seul et qui produit des résultats éblouissants…n’a jamais existé ni fonctionné. Le seul soucis est que beaucoup y ont cru. D’où des réveils difficiles et une subite interrogation : comment faire fonctionner ces réseaux ? Et, d’ailleurs, comment les créer ? Remarquons que le même problème se pose avec les communautés.

Lorsqu’on me demande de définir les outils de réseaux sociaux en ligne et leur apport, j’ai coutume de dire qu’ils permettent de s’affranchir des contraintes de temps et d’espace que l’on rencontre dans la vie “réelle”, “physique” lorsqu’on a besoin soit de réaliser quelque chose ou d’engager des échanges avec des personnes connues ou solliciter ses contacts pour identifier des personnes qu’eux connaissent et dont on aurait besoin. Ce qui suppose qu’on ait déjà sous la main un “vrai” réseau, capable de fonctionner et dont les résultats ne sont limités que par la capacité des uns et des autres à le “matérialiser” (voir au delà des membres avec qui ont est en relation directe) et à trouver le temps nécessaire à l’organisation et à l’échange.

Un réseau (ou une communauté) n’est au aucun cas créé par un outil, ce dernier ne faisant qu’aider à le matérialiser et le fluidifier. C’est d’ailleurs ce qui ressort de cette étude sur l’utilisation des réseaux en ligne.

Les réseaux en ligne ne sont efficace que pour palier aux dysfonctionnements des réseaux hors ligne

La conclusion est donc aisée à tirer : partir d’une solution aussi brillante soit elle pour créer des réseaux est voué à l’échec. Il est essentiel de créer les réseaux, communautés, dans la “vraie” vie et, ensuite seulement, de les porter en ligne. Traduction : croire, comme cela a été longtemps le cas (et l’est encore pour certains) que se lancer dans une démarche technologique va permettre de se passer de travail sur des sujets aussi longs à traiter et parfois sensibles que le travail sur le sens, le teambuilding, le sentiment d’appartenance, la compréhension (et la définition d’ailleurs) d’un but commun etc… est une erreur. C’est au contraire un travail préalable à la mise en place des outils. Bien sur les outils renforcent le tout une fois tout cela mis en place. Renforcent mais ne créent pas.

Cela vaut aussi bien pour l’entreprise qui désire travailler sur ses réseaux internes que ses réseaux externes. Et comme le conclut l’article, il n’est donc pas question ici d’un canal de communication de plus, à traiter comme les autres, mais d’une stratégie en tant que telle qui demande un vrai changement d’état d’esprit.

Manager par le sens

270813757301_aa240_sclzzzzzzz_.jpgProblématique clé du management aujourd’hui : le sens. Les individus ont perdu la notion du sens de ce qu’ils font. C’est la cause principale du manque d’implication, de motivation, du faible attachement aux entreprises…

Donner du sens, mais pourquoi ? Comment ?

C’est tout le thème de :
Manager par le sens : Les clés de l’implication au travail, de David Autissier. C’est bien le troisième ouvrage de l’individu que je recommande et je ne peux qu’adhérer encore une fois à sa clairvoyance et son sens des réalités.

Plus qu’un plaidoyer en faveur du sensemaking, c’est un constat de la réalité de nos entreprises. Comme à son habitude, Autissier argumenye par des verbatims, des situation réelles, concrêtes, qui nous rappellent tous des choses que nous vivons, avons vécu. Et il en démontre le caractère dangereux avant de proposer des solutions. J’apprécie beaucoup le caractère concrêt de ses exemples et le réalisme des ses constats et suggestions, totalement à l’opposé du discours langue de bois qui est souvent de règle.

Fini les employés satisfaits, place aux employés engagés !

images-3.jpegTelle est la conclusion d’une étude de chez IPSOS (étude gratuite mais enregistrement obligatoire). Décidément les études tombent à la pelle en ce début d’année. Celle ci tord le cou à une idée bien ancrée (même moi j’y croyais) : rien de sert d’avoir des salariés heureux, cela n’a aucun impact sur le business de l’enteprise.
Une petite mise au point linguistique pour commencer : j’utilise ici les termes d’engagement et d’employé engagé faute d’avoir trouvé quelque chose qui rende bien compte, en français, de la notion d”employee engagement”. On aurait pu dire implication…mais finalement engagement me plait bien. Il ne s’agit pas d’une traduction littérale du terme US (dans ce cas j’aurais dit “lié” ou “fiancé”) mais je pense que cela reflète bien une certaine réalité.

On est toujours parti du postulat qu’un employé satisfait de son environnement professionnel travaillait mieux, servait mieux le client, et donc que tout cela impactait favorablement le résultat de l’entreprise. Finalement on se rend compte qu’il n’existe aucune corrélation entre le résultat de l’entreprise et la satisfaction des salariés. En fait le raisonnement est un peu provocant car on joue vraiment sur les mots.

Un salarié satisfait peut fort bien ne rien faire de ses journées, être peu impliqué et productif. Par contre un “salarié engagé” se démènera pour l’entreprise. En creusant un peu je dirais que nous somme sur des concepts très proches mais dont le premier s’apprécie par la vision que l’individu a de sa situation et le second par la vision qu’il a de sa relation à son employeur. La satisfaction n’est donc pas une fin en soi, elle est la conséquence de l’engagement.

Au delà de ces digressions théoriques, voyons ce que cela signifie dans les faits. [Read more...]