Les DSI n’ont rien à faire du web 2.0 ? Ca n’est ni grave ni illogique

Une récente étude de Robert Half nous informe que les DSI sont loin de faire du web 2.0 une priorité. Cela ne me surprend ni ne m’inquiète outre mesure, car c’est totalement en phase avec la nature même de ces outils.

S’il est un fait acquis, c’est que la question “web 2.0″ est très présente au niveau des directions générales. En termes d’outils, soit, mais surtout en termes d’organisation. Je rappelle également à votre attention cette étude co-signée McKinsey et Cigref sur le rôle des DSI dans la création de valeur. Qu’est ce que je retire de tout cela ?

• Que si le rôle d’une DSI est de maintenir l’existant, garantir une disponibilité optimale des outils et de l’infrastructure et que logiquement toute son attention est focalisée sur ces points.

• Que l’utilisation d’outils de type web 2.0 est la conséquence de la volonté de travailler quelque peu différemment, de développer de nouvelles pratiques. Ce choix, ainsi que la réussite de tels projets est intimement liée à l’existence d’un besoin et d’un projet en termes de mode de travail. C’est davantage le rôle des opérationnels que d’identifier leurs propres enjeux, construire le monde de fonctionnement qui permet d’y répondre et ensuite se mettre en quête des outils adéquats.

• Dès lors c’est à ces derniers que revient d’avoir des projets en la matière. A la DSI ensuite de valider si l’outil correspond à leurs critères en termes de sécurité / robustesse etc… Car ce que dit l’étude (désolé pour mon titre un peu aguicheur) c’est que les DSI n’ont pas de projets, ce qui n’est en aucun cas un jugement de valeur ou opinion sur la capacité des outils en question de faire ce pour quoi ils sont faits.

La caractéristique des outils en question n’étant pas de “faire” mais de permettre aux individus de faire, leur dimension sociale et humaine les rapprochent davantage des projets managériaux que des projets d’infrastructure.

Quelle sera la prochaine révolution du SIRH ? De l’évaluation à la réalisation du capital humain

C’est une question que je me suis posée à la lecture de cette note de Thomas Otter qui se demandait quelle allait être la prochaine grande innovation logicielle dans le domaine du “Human Capital Management“. On parle bien d’innovation, pas d’amélioration de l’existant.

Même si tout peut toujours être amélioré je pense que les systèmes dits “administratifs” (paie, gestion des candidatures etc…) ne connaitront pas de vraie révolution. Par contre je pense que l’aspect “Capital Humain” proprement dit est plein de promesses.

Même si les systèmes d’évaluation du Capital Humain existent depuis des années j’ai l’impression que, de ce coté, on se cherche encore. Cela m’inspire deux réflexions.

Qui dit évaluation dit contexte d’évaluation : et l’évaluation permanente n’existe pas. D’autant plus qu’on évalue que ce qu’on cherche à évaluer, peut être certains aspects du capital de chacun sont ils ainsi négligés. Par ailleurs, alors que nombre d’enjeux portent sur le tacite et la capacité des individus à opérer en réseau, il faut reconnaitre que ce sont des données encore mal appréhendées par les systèmes.

Enfin on parle souvent de systèmes de contrôle et d’évaluation, mais guère de systèmes permettant la réalisation du capital.

Alors si la prochaine révolution dans les outils ne provenait pas des outils en tant que tels mais des usages qui en seront fait. Non pas de la capacité de traitement de l’outil, de la puissance des algorithmes mais de leur capacité à permettre aux individus de réaliser leur potentiel dans le contexte dont je parle plus haut.

Peut être faudrait il regarder alors du coté de l’enterprise social software lorsqu’il est utilisé dans une logique de réalisation du potentiel individuel, d’intrapreneuriat.

Mais comme on ne se fie qu’à ce qu’on mesure, peut être pourra-t-on s’appuyer sur ces outils pour, alors, évaluer. Le social graph est une première expérience. La sémantique pourra également permettre de mesurer l’alignement (ou l’écart) entre le message de l’entreprise et sa perception, entre les priorités de l’entreprise et la réalité du terrain, entre la fiche de poste et la réalité des aspirations ou du travail de chacun.

Bref en regardant du coté du développement et de la réalisation (mesurée dans l’action) avant, ensuite, de se focaliser sur l’analyse et l’évaluation.

Quelle est la place future de votre système d’information pour votre performance ?

Avec l’arrivée annoncée des plateformes de social computing dans l’entreprise le débat sur le rôle du SI est relancé. Pas forcément de manière directe mais tout simplement qu’à partir du moment où l’on dit que la richesse de l’organisation ne réside que dans les individus on se demande dès lors quel rôle donner aux outils.

Débat relancé sur wikinomics en réponse à Nicholas Carr dont le scepticisme sur le rôle des SI n’est plus à prouver. Je partage pour partie l’avis de Carr en étant convaincu que les ERP et autres CRM n’ont jamais permis aux entreprises de créer un véritable avantage concurrentiel. Ce qui ne veut pas dire pour autant qu’ils n’ont pas amélioré la performance opérationnelle. Cette dernière ne s’est simplement pas traduite (ou pas dans les proportions attendues) au niveau du marché. Nuance.

Quant à dire qu’avec le web 2.0 le SI n’aura plus d’importance, c’est une voie sur laquelle je ne m’engagerai pas. Soit, ce qui compte sur les plateformes 2.0 c’est l’individu. Mais sans outil l’individu n’exprime pas son potentiel, ne le rend pas disponible. Et quand bien même ces outils seraient simples à installer et à administrer, il reste importante de piloter tout cela de manière cohérente, donc l’outil compte au moins autant qu’avant ne serait-ce que parce qu’il faut l’intégrer dans l’existant. C’est pour ces raisons que le SI mérite toujours autant d’attention.

D’autre part la sphère web 2.0 vient compléter l’existant : on ajoute en quelque sorte un hémisphère droit au SI actuel. De la même manière que je dis qu’il faut que l’activité informelle de l’entreprise soit réutilisée par le “business formel”, les outils doivent permettre cette connexion, et l’information liquide une fois devenue solide doit réintégrer les circuits traditionnels . Les connecteurs entre plateformes sociales et outils traditionnels auront donc une importance cruciale.

Enfin, et cela découle de ce qui précède, les activités formelles de l’entreprise auront toujours besoin, eux, d’outils “de process” qui auront donc toujours un rôle crucial. Même s’ils ne seront plus les seuls.

Alors oui, le SI et les compétences qui lui sont liées resteront cruciales. Mais avec une dimension nouvelles : à coté des outils dont la valeur réside dans une mise en oeuvre réussie afin qu’ils “fassent” ce qu’on attend d’eux on verra arriver des outils dont la valeur réside dans ce que les individus feront ensemble grâce à eux. Des outils qui permettent à l’individu de traiter l’information et d’autres qui traitent par eux même.

Même à l’heure du “people-centrism”, le SI restera clé car c’est lui qui permettra de tranformer le potentiel des individus.

Management 2.0 (3): Définition (potentielle ?)

management20Au regard de ce qui précède (ici et ) on peut tenter de définir le concept de management 2.0. Comme vous le voyez je travaille à l’affiner et toutes vos remarques sont les bienvenues.

“Mise en place de pratiques managériales favorisant l’émission et le partage de tout type d’information par tout type d’acteur à destination de tout recepteur, la mise en place de pratiques collaboratives, le tout destiné à faire émerger une intelligence et des pratiques collectives s’appuyant sur le potentiel de l’ensemble des collaborateurs pris individuellement dans l’optique de les amener à constituer une entité intelligente dont ils sont acteurs sans pour autant se fondre en elle.

La mise en place de ces pratiques suppose pour se péréniser l’adoption d’outils adéquats qui seront à la fois support et facteurs d’adoption de ces pratiques.

La démarche menant à ce double objectif amène à un travail sur les pratiques sociales, sur l’adoption des outils aux pratiques (voir la conception d’outils nouveaux), l’adoption des outils par les acteurs et la flexibilisation des outils afin de coller à la réalité des problématiques humaines, sociales et organisationnelles de l’entreprise”.

Bon…je crois avoir tout dit quant aux objectifs, l’importance de porter la démarche à un niveau “virtuel” est présente, et on sent bien que l’outil est indispensable à une diffusion des pratiques mais qu’il est inefficace sans ces mêmes pratiques..donc la dualité humain/système qu’il est capital de prendre par les deux entrées à la fois et non indépendamment.

Des précisions? Des choses à ajouter? Faut il y faire mention du concept de people-centrism à adapter tant au management qu’au système ou est il assez présent dans la définition”.

Le type même de définition lourde qui n’a jamais eu mes faveurs étant étudiant mais il faut bien passer par là avant de dégrossir.

J’attend désormais votre feedback…