Réflexions sur le social learning

Qu’est ce que le social learning ? Le terme est de plus en plus présent, on comprend tous ce qu’il y a derrière et pourtant chacun le voit sous un angle différent. C’est pour cela, sans doute aussi parce qu’il n’y a pas de bonne réponse et que toutes les visions gagnent à être partagées afin d’enrichir la vision globale, que l’idée a germé chez Ecollab de poser la question à quelques personnes travaillant sur ce type de sujet (dont votre serviteur). Le tout a fini dans un livre blanc que je me fais un plaisir de partager avec vous ici.

J’en profite pour saluer ici l’initiative de Frédéric Domon et Harold Jarche qui ont réussi à tous nous réunir sur ce travail et à coordonner le tout. Ont en effet collaboré à cette initiative : Harold Jarche, George Siemens, moi-même, Frédéric Cavazza, Clark Quinn, Cédric Deniau, Jay Cross, Florence Meichel, Charles Jennings, Frédéric Domon, Julien Pouget, Lilian Mahoukou, Christophe Deschamps et Anthony Poncier.

Un travail d’autant plus remarquable qu’ils ont fait l’effort de traduire les billets français en anglais et les billets anglais en français afin de pouvoir proposer une version du livre blanc dans chaque langue.

Je profite de l’occasion pour vous parler un peu plus largement d’entreprise collaborative. Cette initiative de Frédéric Domon et Harold Jarche prend la forme d’un blog carnival. Chaque mois un sujet sera lancé en relation avec l’entreprise en réseau et le social learning et quiconque veut participer pourra envoyer sa contribution. Un moyen efficace pour créer un blog collaboratif sur le sujet sans être une contrainte pour ses auteurs réguliers (qui ont déjà fort affaire avec leur propre blog par ailleurs) et permettant à qui le désire de participer ponctuellement quand l’envie s’en fait sentir ou qu’on se sent à l’aise sur un sujet précis. Tout bénéfice pour les lecteurs donc.

Au plaisir, donc, de vous retrouver sur Ecollab et en espérant que la lecture de ce livre blanc vous aura plus.

Les meilleures pratiques ne sont pas toujours les meilleures : ce sont celles qui fonctionnent

A l’heure où le transfert des meilleures pratiques (best practices pour les intimes) est au cœur des préoccupations de nombreuses entreprises, les habitudes acquises s’avèrent être un frein réél.

Comment fait on ?

On identifie la meilleure solution apportée, dans l’entreprise ou parfois à l’extérieur, chez les concurrents, à un problème donné et on l’applique. Simple me direz vous.

Le seul hic c’est qu’aujourd’hui personne ne rencontre exactement le même problème. Ou plutôt on se rend compte que dans des activités qui ne sont plus aussi “répétables” que par le passé, des faits semblables peuvent avoir des causes totalement différentes. Les solutions globales montrent donc leurs limites et on se rend compte qu’à problème contextualisé correspond une réponse contextualisée. En raison d’un contexte social et culturel différent, d’une culture différente, des circonstances spécifiques d’une relation client données, on appliquera pas la même solution à Paris, Marseille, Moscou, New York ou Pekin.

Problème : si on ne peut implémenter une seule solution, comment faire pour implémenter une solution différente à chaque problème ? Et l’on se rend compte qu’une pratique n’est la meilleure que dans un cas donné.

La solution c’est de mettre à disposition un ensemble de solutions à un problème pour permettre de choisir celle qui s’applique le mieux. Mieux encore, se focaliser non plus sur la réponse mais sur la réflexion qui a permis d’y arriver. Et permettre donc les échanges afin de transmettre ce type de transfert, contextualisé, qui est le propre du Peer to Peer Learning. Ce qui signifie identifier des solutions mais surtout les personnes qui les ont mises en place.

La fin du “one size fits all” (ou solution taille unique pour tout le monde) risque fort de transformer le mécanisme souvent défaillant de transfert de meilleures pratiques en mécanisme de social learning. Et l’implémentation en discussions.