Quel business model personnel dans la nouvelle économie ?

Résumé : au delà de l’entreprise 2.0 et du social business, ce sont de nouveaux modes de création de valeur qui se mettent en place. Malheureusement, dans ces modèles en pleine gestation, on peine à faire le lien entre participer à la création de valeur et tirer les fruits de sa participation. La participation à ces nouveaux circuits est aujourd’hui une option pour des personnes en recherche de gratifications qualitatives. Si elle doit, demain, devenir le fondement de notre activité il faudra prendre en compte les besoins de rétribution et rémunération pour des personnes qui vivront essentiellement de ces nouveaux circuits. La volonté d’aider devra céder le pas à des logiques de business model personnels et de nouveaux systèmes de reconnaissance/rétribution dans un monde ou la création de valeur va impliquer de moins en moins de monde formellement et un nombre croissants de contributeurs informels.

 

On parle beaucoup d’entreprise 2.0, social business et autres concepts du même tonneau dans la perspective d’une nouvelle organisation du travail, d’une réinvention des rapports entre individus et entre les individus et leur travail. Mais tout cela n’est qu’une partie d’une transformation plus globale qui concerne toute l’économie, une transformation qu’il s’agit de prendre en compte sans quoi on pourra faire ce qu’on veut au niveau “micro” pour mettre les uns et les autres dans le sens de la marché, si l’organisation des acteurs au niveau macro n’évolue pas il y a peu de chances que quoi que ce soit s’améliore.

Prendre en compte le changement profond de nature de l’économie et des relations entre acteurs (économiques ou non d’ailleurs) ne signifie pas acter que le monde change par des paroles ou se livrer à des exhortations. C’est déjà fait et force est de constater que ça n’a pas emmené loin. C’est aligner le contexte macro avec la nature nouvelle de l’économie pour faire en sorte que les efforts entrepris au niveau “micro” aient du sens et portent leurs fruits.

On avance vers de nouveaux modes de création de valeur qui s’accommodent mal des modèles industriels, tayloriens et de tout ce qu’on a construit pour leur permettre de s’épanouir en leur temps. On en a déjà parlé pour ce qui concerne les notions financières et comptables…et ça n’est qu’une facette de la question.

Aujourd’hui la valeur se crée par l’échange d’information, la connexion des hommes et des savoirs, de manière décentralisée et en réseau. Enfin…pas exactement. Pour être plus précis ce monde décentralisé, connecté travaille en tâche de fond et permet à l’économie que nous connaissons de fonctionner plus vite, mieux, voire de manière plus équilibrée et responsable pour ceux qui exploitent ce potentiel nouveau au mieux. Cette activité de fond, voire souterraine fonctionne aussi bien hors que dans l’entreprise…et crée d’ailleurs le lien entre les deux sphère. Par contre elle fonctionne plus ou moins bien en fonction du sens qu’elle a pour ses acteurs et de la capacité qu’ils ont à en tirer profit. L’un conditionnant l’autre cela tient souvent au cercle vertueux ou vicieux selon les cas. Mais tout cela est beaucoup mieux expliqué dans cet article de McKinsey intitulé fort justement “the second economy“.

Si la “première économie”, celle que nous connaissons, que nous voyons au quotidien fonctionne selon des logiques assez claires pour ce qui est de la contribution de ses acteurs à la création de valeur et à ce qu’ils tirent de leur participation (même si se pose de plus en plus la question de l’équilibre….), il en va autrement pour la “seconde économie”. Elle repose sur le travail invisible, volontaire, parfois non sollicité d’un grand nombre de personnes, à titre personnel, que ce soit dans le cadre de leur vie privée et de leur travail. Son problème est qu’elle est génératrice de valeur et de compétitivité pour l’économie “visible” sans qu’il n’existe de modèle de rétribution des participants pour le travail fourni qui a généré de la valeur pour d’autres. [Read more...]

La nouvelle entreprise se construit à l’école…et c’est pas gagné

Résumé : malgré une prise de conscience réelle du besoin d’évoluer, l’entreprise peine à enclencher un mouvement de transformation en profondeur. Les lourdeurs structurelles n’expliquent pas tout. L’humain est devenu le facteur lent du changement et pas uniquement parce que changer dérange. Changer implique de réapprendre nombre de routines, habitudes, présupposés profondément ancrés en nous. Si les habitudes se prennent jeune et s’ancrent avec le temps, il faut admettre que l’évolution de notre système éducatif est clé pour fournir à l’entreprise un capital humain en phase avec ses besoins sous peine de rentrer dans un jeu perdant perdant entre des entreprises qui peinent à avancer et des collaborateurs qui perdent en valeur ajoutée donc en employabilité. L’entreprise opère dans un contexte global dont elle ne maitrise pas tous les leviers et il devient urgent de mettre en place des dispositifs pédagogiques favorisant l’apprentissage de la collaboration, la créativité, la maitrise d’un environnement à haute intensité informationnelle…ainsi qu’une attitude proactive face à l’émergence des nouveaux métiers pour des “entrepreneurs de soi-même”. La société comme l’entreprise ont besoin de nouveaux comportements assis sur de nouvelles valeurs. Et d’un système éducatif qui les promeut et les dispense…

Malgré le fait qu’il y ait un large consensus sur le besoin de réinventer le modèle opérationnel et managérial de l’entreprise, tout le monde convient que la chose est loin d’être aisée. On a bien compris que dans de tels dispositifs c’est l’humain qui constitue le facteur lent. On parle beaucoup de la difficulté de changer mais elle n’est que la partie immergée de l’iceberg. Il s’agit principalement, avant tout et surtout de désapprendre, d’oublier réflexes et mauvaises habitudes. C’est vrai pour des personnes qui ont 10, 20 ans de carrière et plus. Mais c’est tout aussi vrai pour les plus jeunes. La raison est bien connue : le “logiciel” humain se construit dès le plus jeune âge, les bons réflexes et les bonnes habitudes apprises avant un certain âge s’impriment profondément et il est difficile de les changer plus tard. A l’inverse, passé un certain âge, il devient difficile d’acquérir de nouveaux comportements, réflexes, et à plus forte raison lorsqu’ils sont contraires à ce qui fait quasiment partie de notre inconscient.

En 2006 j’écrivais sur toutes les mauvaises habitudes que nous prenions au long de notre scolarité et qui expliquaient en grande partie que, à notre arrivée dans l’entreprise, le mal était déjà fait. Et profond. Malheureusement je ne vois pas le moindre soupçon d’amélioration pointer le bout du nez, mis à part quelques initiatives isolées trop peu nombreuses pour avoir le moindre impact significatif à long terme tant la question de la masse critique importe. Ce qui n’empêche pas de tirer notre chapeau à ceux qui continuent à ramer à contre courant.

Passons en revue certains points essentiels.

• Collaboration

Inutile de répéter ce que j’ai écrit dans le billet mentionné plus haut. Mais si dès le primaire on intègre des vérités telles que “on apprend seul”, “on garde son savoir et ses idées”, “l’autre ne doit pas savoir ce que tu fais ni ce que tu penses”, que pensez vous qu’il advienne à l’âge adulte. Alors bien sur, dans le secondaire et le supérieur on passe aux travaux de groupe. Mais le mal est fait. Plutôt que penser ensemble, partager et élaborer une vision commune, on se répartit les tâches en fonction des points forts de chacun et on empile le tout au lieu de le mêler. Le rendu final est la somme des capacités individuelles, jamais plus, parfois moins et on passe à coté du vrai potentiel de la collaboration. Précisons bien qu’on se regroupe par niveau…pas question qu’un maillon faible ne vienne pénaliser un groupe de “bons”.

• Appropriation

Dans une économie de la connaissance apprendre, savoir pour savoir, ne suffit plus. Il faut comprendre, s’approprier les choses, les mettre en contexte pour, plus tard les réutiliser, les adapter. Mais appropriation demande échanges, explications, discussions…qui sont aux antipodes de notre modèle. Bien sur noircir des pages et des pages en cours (pour n’écrire rien de plus que le contenu du manuel qu’on a dans son sac) aide à apprendre. Mais pas à comprendre ni s’approprier. Vous avez dit “échange”, “discussions”‘ ? Le professeur sait, l’élève écoute. Un peu plus et on remettrait en cause le dogme de l’infaillibilité professorale….

De la même manière, on aura du mal de former des personnes aptes à comprendre la complexité du monde qui les attend si elles sont trop mono-disciplinaires. Comprendre le monde, l’économie, le contexte, trouver des modèles pertinents en apprenant de ceux d’hier sans renouveler les erreurs va demander un minimum de backgroung historique, économique, géopolitique etc. même pour un homme de chiffres et de science. Je dirais même surtout. Quand on veut enlever l’histoire/géo aux bacheliers scientifiques on en prend vraiment pas le chemin. Et pourtant on sait où ça nous a mené. [Read more...]

Pensées sur les jeunes et leur “connectivité”

Lors du dernier Enterprise 2.0 Forum de Milan j’ai retrouvé avec plaisir Mark Masterson avec qui nous avons eu une conversation intéressante au hasard d’une pause.

Il me disait avoir entendu quelque chose de très “interpelant” de la part d’un participant à une table ronde. Voici de quoi il était question

“Sommes nous vraiment surs que les “Y” sont connectés et “networkers à ce point, et ceci est a fortiori valable pour les générations qui suivent, parce qu’ils ont toujours connu un monde digital, où internet était la norme, qui a conditionné leur manière d’être ? Ou cela est-ce un effet de bord pervers d’une société qui refuse de plus en plus le risque ? Quand nous avions 8, 10, 15 ans nous pouvions aller jouer dans la rue, faire ce que bon nous semble un après midi ou en rentrant de l’école sans que nos parents nous disent autre chose que “fais attention, soit là pour diner, ne t’éloigne pas trop”. Aujourd’hui avec toutes ces affaires d’enlèvement, de pédophilie etc… ces jeunes sont de facto consignés à la maison par des parents beaucoup plus inquiets que ne l’étaient les notres et voient dans Facebook, MSN, Myspace les seuls moyens d’échapper à cet enfermement imposé. Ils ne sont pas “connectés et networkers” par nature, c’est simplement le seul échappatoire qu’ils ont trouvé face à une liberté de mouvement nulle et un monde hyper controlé par les parents. Il s’agit donc d’une conséquence quasi malheureuse d’une contrainte totalement externe liée à des questions de sécurité”.

Et Mark de poursuivre. “Je ne sais pas s’il a raison ou non mais cela nous amène quand même à réfléchir. Quand je regarde autours de moi et que je compare à l’époque de mon enfance il a plutôt raison”.

Et la conversation de se poursuivre :

- Nous sommes tous les deux intéressés par ces outils que nous utilisons intensivement donc cela prouve qu’on peut y venir de manière “naturelle”, sans que la génération n’entre en compte.

- Si, plus jeunes, nous avions eu internet, Facebook, MSN, et en même temps la possibilité de sortir retrouver nos amis qu’aurions nous choisi ? Visiblement nous sommes à peu près certains qu’entre une heure passée sur Facebook et une heure passée “dehors” nous aurions préféré sortir que rester devant un écran à la maison.

Donc si les trentenaires avancés que nous sommes sommes des utilisateurs avancés de tous ces réseaux, que jeunes nous étions déjà attirés par l’outil informatique  (déconnecté à l’époque) il n’est pas sur du tout que nous ayons utilisé internet comme “espace social” si nous en avions eu la possibilité.

En admettant que cette proposition soit juste on peut alors pousser le raisonnement plus loin. On ne peut que constater que les hyper connectés “personnels” ne le sont que rarement au travail, que la mise en perspective professionnelle des usages personnels est non seulement loin d’être évidente mais également pas nécessairement désirée par ces personnes.

Une explication pourrait être que si le réseautage social est vu comme un échappatoire à une privation de liberté incarnée par l’autorité parentale, il semble logique qu’il ne puisse non plus passer sous le giron d’une autre forme d’autorité qui est l’entreprise. En bref le réseautage social serait une une pratique “libératoire” personnelle qui doit par conséquent s’exercer hors du spectre de l’autorité, incarné soit par les parents soit par l’entreprise.

Et au final cela nous renvoit une fois encore à des questions de culture. Culture d’entreprise bien sur mais pas seulement. D’une manière générale cela nous amène à nous intéresser au rapport entre l’individu et l’entreprise dans un contexte (entreprise mais surtout pays, contexte social) donné. L’entreprise espace de développement ou de contrainte et d’asservissement ? Selon la réponse, on pourrait en déduire l’appétence du collaborateur pour le réseau social d’entreprise.

Ouf… et vous vous en pensez quoi ?

Venez parler des “New Polymath” avec Vinnie Mirchandani

Parmi les conférences qui m’ont le plus marqué à Boston le mois dernier fige l’intervention de Vinnie Mirchandini, l’auteur de “The New Polymath”. La raison en est simple : il nous apporte une vision à la fois opérationnelle, pragmatique, sociétale, technique et humaine d’une nouvelle forme d’entreprise en phase avec son temps, opérant un parallèle intéressant avec la pluridisciplinarité des artistes de la Renaissance.

En quelques mots c’est un parfait condensé de toutes ces problématiques de co-évolution des Hommes, de l’Entreprise, de la société et des technologies qui sont au cœur des réflexions de beaucoup d’entre nous, et des nouvelles hybridités qui se mettent en place en termes de business models, de compétences etc… et que nous devons apprendre à maitriser.

Dans les heures qui viennent “The New Polymath” sera (enfin) distribué en Europe (et donc en France) (Le site de l’ouvrage est ici si vous voulez en savoir davantage et la table des matières est un menu très appétissant).

Plus important encore, et c’est l’objet principal de ce billet, Vinnie sera à Paris le vendredi 23 Juillet et nous nous proposons de réunir de manière informelle tous ceux qui veulent le rencontrer, partager sa vision, parler de son livre avec lui au cours d’un tweetup.

Vous êtes donc cordialement invités à nous rejoindre le Vendredi 23 Juillet au Delaville Café, 34 bd Bonne Nouvelle 7510 Paris à partir de 18h30 pour un agréable moment de discussion dans une ambiance conviviale. Il parait même que Vinnie aura quelques exemplaires de son livre sur lui pour les offrir…

Il vous suffit de vous inscrire ici (indispensable pour qu’on puisse dimensionner la salle…). Même si vous n’êtes pas utilisateur de twitter (comment est-ce possible…) il y a un lien pour s’inscrire sur la droite de la page de l’événement.

Quelques informations indispensables (et en anglais) pour en savoir plus :

Featured Guest: Vinnie Mirchandani, author of recently published book, The New Polymath. And a raffle of few copies of the book.

The Book:

A Polymath—the Greek word for Renaissance Man—is someone who excels in many disciplines. From Leonardo da Vinci to Benjamin Franklin, we have relied on Polymaths to innovate and find creative solutions to the problems of the day. As our challenges have grown exponentially we need to bring together da Vinci, Franklin, and many more. The New Polymath is an enterprise that excels in multiple technologies—infotech, cleantech, healthtech, and other tech—and leverages multiple talent pools to create new medicine, new energy, and new algorithms. the diversity of today’s technology palette and to profile over 150+ innovative people,. products and places at::

  • Large multinationals such as GE and BP
  • Fast-growing, midsized companies like Cognizant and salesforce.com
  • The cleantech industry in China, farms in Ireland, and the back roads of Rwanda

The Author:

Mirchandani goes by the moniker of “Deal Architect,” and coaches enterprises on how to exploit disruptive technology trends. A former Gartner analyst and PwC consultant, he is now a prolific blogger, writing about technology-enabled innovation on his “New Florence, New Renaissance” blog and about waste in technology on his “Deal Architect” blog. He has keynoted at many business and technology conferences and has been quoted in the Wall Street Journal, BusinessWeek, The Financial Times, CIO Magazine, and other executive and technology publications.

The Tweetup:

In an informal setting Mirchandani will discuss major themes for the book and how he used social networks in every aspect of the book process – from research to editing to marketing as described in this blog post

http://florence20.typepad.com/renaissance/2010/07/an-enterprise-20-case-study-my-book.html.

Additionally, there will be a raffle for copies of the boo which is just starting to ship in Europe, so you could get one of the first copies in France.

Commentary on book:

Benjamin Fried, CIO, Google, Inc “Mirchandani inspires us to return to IT’s roots, with the transformative power that comes from putting technology innovation in service to business and society”

Andy Mulholland, Global CTO, Capgemini ” An excellent read on multiple levels: to learn from; to be entertained by; and most of all, to leave you wondering what you could personally achieve.”

Abbie Lundberg, former Editor in Chief, CIO Magazine “(The Book) is an absolute refutation of the idea that there’s a lack of innovation going on; it is a veritable firehose of innovation examples, presented by someone who knows what it takes to make innovation happen inside organizations large and small.”

Entreprise 2.0 et ROI : plus que des chiffres, des arbitrages lourds de sens

Le débat sur le ROI de l’entreprise 2.0 est loin d’être évacué même si j’ai parfois l’impression que botter en touche semble parfois être une sortie pratique. La solution qui revient à dire “peu importe”, “le ROI c’est has been” ou “mais c’est différent…vous ne pouvez pas comprendre” ne me satisfait pas.

Quand on demande à une entreprise d’investir de l’énergie, de l’argent, je trouve plus que légitime qu’elle cherche à savoir ce qu’elle aura en retour. Ou plutôt :

1°) S’il y aura quelque chose en retour.

A cette question la réponse est simple : oui.

2°) Si ce quelque chose est un vague “mieux” nébuleux ou insaisissable ou si on peut le mesurer d’une manière ou d’une autre dans une unité de compte pas trop farfelue (c’est à dire en monnaie.

Ici ma réponse serait double. Il y a des choses qui impactent assez directement l’opérationnel et dont on peut quantifier l’impact. Par exemples la longueur,des cycles d’innovation, de vente, ou le temps gagné à ne pas micro-coordonner ce que les équipes peuvent coordonner par elles-mêmes à condition qu’elles travaillent sur la visibilité de leur activité.

Il y a des choses qui ne sont pas mesurables par elles-mêmes mais impactent ce qui l’est. Je vous renvoie à ce sujet aux cartes de stratégie. L’idée ici est de mettre en place les mécanismes qui font que ce qu’on investit pour développer l’utilisation des actifs intangibles finit par impacter réellement la création de valeur. En somme, qu’on soit cohérent avec les investissements réalisés et qu’on aligne les logiques de travail pour rentabiliser l’investissement. (on en parle peu mais l’entreprise ne manque en général ni de talent, ni d’innovation ou de compétences…mais souvent de cohérence ce qui finit par gâcher le tout parce que les processus créateurs de valeur ne peuvent tirer le meilleur des talents et du potentiel innovant présent dans l’entreprise…mais ça n’est pas le sujet aujourd’hui).

3°) Si ce quelque chose est anticipable de manière mécanique et linéaire.

Ici la réponse est : non. Par contre entre la prévision exacte et le “on ne peut prévoir donc on laisse tomber” je pense qu’il y a un travail indispensable qui risque de prendre plusieurs années aux chercheurs et autres spécialistes. Faute de ce travail qui permettra de construire des systèmes de mesure et de prévision adéquats, on risque de se retrouver à piloter des entreprises avec des indicateurs qui n’auront plus aucun lien avec la réalité du monde dans lequel elles opéreront et de la matière qu’elles traiteront.

Cela devait être dit…mais aujourd’hui c’est un autre aspect de la question qui m’interpelle. [Read more...]

C’est le monde dans lequel nous vivons

Enième mise à jour d’une série dont j’avais déjà publié les épisodes précédents. Cela se passe de commentaire et on ne s’en lasse pas. (Trouvé grâce à Luis Suarez).

Je reste toujours curieux de savoir ce que ce type de vidéo inspire à des gens “normaux”.

Un dernier point. Luis met en avant un des passages de la vidéo et en ressort le terme “socialnomics”. Un terme qui me semble très pertinent pour décrire le contexte tant économique de sociétal dans lequel nous sommes. Un remplaçant de choix pour le flétri et vide de sens “2.0″ ?

Le web 2.0 a transformé la fracture numérique en fracture sociale

La fracture numérique a été et est toujours une réalité, même dans nos nos pays occidentaux industrialisés. Peut être devrait on d’ailleurs en finir avec cette expression de “pays industralisés” pour évoquer les “pays informatisés”, une réalité beaucoup plus en phase avec notre époque. Certaines mauvaises langues vous diront par ailleurs que c’est d’avoir fermé les yeux sur ce changement de statut qui a fait qu’on s’est retrouvé en 2009 avec des models industriels datant d’une autre époque appliqués à une économie du “soft”, de la connaissance, avec les conséquences que l’on sait.  On pourrait disserter sur les destins croisés de Google et GM, symboles d’un mode qui se transforme mais ça n’est pas le sujet ici, revenons donc à notre fracture numérique.

Au départ, si je ne m’abuse, elle était définie comme liée aux inégalités d’accès à l’outil informatique. Il y a ceux qui y avaient accès, et les autres. Avec les opportunités que l’on imagine pour les premiers, qui ont pu se faire la main et monter en puissance au fur et à mesure que l’industrie de l’informatique puis l’industrie du web gagnaient en maturité alors que les seconds ont du d’un seul coup de mettre à courir un beau jour pour rattraper le retard accumulé. Et beaucoup courent encore.

A titre d’exemple, pour ma génération, je vois la différence entre ceux qui ont eu leur premier ordinateur vers 1985 à l’age de 10 ans, on découvert le web avec un modem 56k en 1995 et ont continué sur cette lignée et ceux qui ont attendu 1997 pour leur premier ordinateur et 2000 pour se connecter. A l’arrivée il n’y a pas photo.

Quoi qu’il en soit, à l’époque les choses étaient claires : il y a ceux qui pouvaient s’offrir un ordinateur (ou demander à leurs parents) et les autres. Parmi ceux qui pouvaient il y avaient ceux qui voulaient et ceux qui n’en voyaient pas l’intérêt. Puis ceux qui ont pu accéder au net d’abord en RTC, puis en cable et ADSL et ceux pour qui la technologie n’était pas disponible dans leur ville ou inabordable pour eux. D’où cette fracture.

Aujourd’hui l’étude du phénomène web 2.0 tant chez les particuliers que dans les entreprises nous montre que la fracture numérique change de nature. Ce qui ne sera pas sans impact sur les moyens à employer pour la réduire.

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Il ne faut pas confondre flicage et stupidité. Ni oublier d’être responsable

Dans la série de mes chroniques du dimanche sur les TIC et la société, je ne peux m’empêcher de vous livrer quelques réflexions sur la théorie du flicage.

Postulat : on laisse des traces sur le net, n’importe qui peut s’en servir et pas obligatoirement pour nous rendre service. On laisse des traces, le web les mémorise et c’est dangereux. Postulat que l’on peut décliner également en termes d’utilisation des outils informatique en entreprise.

J’en reviens à ce que j’ai déjà pu dire par ailleurs : l’internet c’est le monde, on y retrouve les mêmes personnes qui ne sont si meilleures ni plus viles en ligne que dans la vraie vie et il n’est pas scandaleux de penser que les mêmes normes sociales doivent s’y appliquer.

Imaginez vous deux minutes comme le héros de l’histoire qui va suivre…

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Dangerosité d’internet pour les enfants en incompréhension parentale

Cette note de Jon Husband et l’article du Guardian qu’il mentionne m’incite a m’interroger sur l’impact présumé du net et de ses usages sur nos petites têtes blondes.

On s’inquiète du temps que les jeunes peuvent passer en ligne. Et alors ? Je pense que toutes les générations, la leur, la mienne comme celle de nos ainés, ont eu leurs loisirs favoris. Pour certains c’était la télé, pour d’autres les trains et circuits électriques, il y a eu les fans de Barbie qui pomponnaient leur poupée comme si c’était “in real life” pendant que le frère se prenait pour le futur Platini dans le parc du quartier puis sur sa console le soir en rentrant. La liste est longue et chacun peut s’amuser à se souvenir de ce qui monopolisait notre attention. En cela les choses ne sont pas si différentes. Cela est il dangereux ? Pas plus que tout ce qui focalise l’attention trop longtemps et fait oublier le reste. Pas moins non plus. Bref, rien de nouveau depuis l’époque de ma grand mère.

Un des dangers contre lesquels il faut souvent protéger les jeunes est l’isolement que provoquent des loisirs trop envahissants. Là encore je ne trouve pas qu’il y ait grand chose de nouveau. Un loisir trop solitaire coupe du monde, un loisir collectif mais qui ne s’exerce qu’avec des amis coupe tout de même encore de la famille.

Pourquoi tant d’effroi devant un phénomène  connu depuis que le monde est monde ?

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Assistez à un événement exceptionnel sur l’entreprise 2.0 le 13 novembre

Vous connaissez tous mes grands crédos : les outils sont faits pour améliorer la manière dont on travaille, l’entreprise doit gagner en agilité en fonctionnant en réseau (et d’autant plus en ces temps difficiles…) etc.. etc.. et visiblement cette vision est partagée par plus d’un  qui aimeraient savoir comment elle peut être concrétisée.

Nombre d’entre vous me demandent parfois s’il est possible d’en savoir davantage sur blueKiwi, ce que nous faisons, ce que nous prévoyons de faire…

D’autres me disent également que j’ai de la chance d’avoir la possibilité d’échanger avec des spécialistes de haut niveau sur le sujet, de pouvoir les côtoyer et partager nos réflexions “in real life”.

Et bien je crois que vous allez être contents d’apprendre que vos attentes sur ces trois points peuvent être comblées en une seule soirée…

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