Pour en finir avec la valeur des outils et projets 2.0

Résumé : beaucoup se demandent encore ce que des outils nouveaux vont apporter à leur entreprise au quotidien et on du mal de visualiser ce bénéfice. La raison en est simple : ils imaginent ces outils nouveaux dans le cadre actuel du fonctionnement de leur entreprise alors même qu’on ne peut se faire une idée du potentiel nouveau qu’au travers d’un mode de fonctionnement nouveau. Nos organisations ont construit des règles pour s’affranchir des contraintes liées aux outils existants. Si on lève ces contraintes avec de nouveaux outils, il faut construire des règles de fonctionnement adéquates qui remplaceront les actuelles.

Je lisais dernièrement cet article sur la valeur (ou l’absence) d’une nouvelle technologie. Son propos est relativement généraliste mais si on fait l’effort de le traduire en termes de médias sociaux, la conclusion est pour le moins éloquente.

Répondons d’abord à quelques questions simples :

1°) Quel est le principal pouvoir de cette technologie ?

Elle permet de rendre plus simple le partage d’information, d’expériences, la tenue d’échanges relatifs à ces sujets, le tout hors des silos applicatifs et organisationnels. Elle permet donc à chacun d’identifier, mobiliser, assembler selon son besoin les informations (données) et expertises (personnes) qu’on peut y trouver sur un périmètre jusqu’alors inimaginable puisque habituellement limité par les silos en question. Elle permet donc, in fine, de donner aux collaborateurs les moyens d’être performants et compétitifs dans ce qu’on nomme l’économie du savoir.

2°) Quelles sont les limitations auxquelles s’attaque cette technologie ?

La difficulté de partager des données peu structurées, d’identifier informations et personnes pertinentes hors d’un silo applicatif et organisationnel donné.

3°) Quelles règles ont été mises en place pour s’accommoder de ces limitations ?

Dans le cadre d’un processus métier donné on est parti du principe que l’information nécessaire à son exécution, à la prise de décision, n’était de toute manière pas trouvable. On a donc construit des modes opératoires qui s’appuient sur des règles figées et pré-établies en essayant de limiter au maximum les exceptions quitte à délivrer un résultat acceptable en toute circonstances mais jamais adapté à un besoin spécifique. Partant de là, sachant que personne n’aurait à chercher “hors du process”, on considéré ce temps et la collaboration informelle hors process et hors silos comme du temps perdu et on en a tiré des règles de mesure de la performance individuelle.

Liste non exhaustive…

4°) Quelles sont les règles à mettre en place maintenant ?

Je ne m’étendrai pas trop sur le sujet car il s’agit d’une réponse au cas par cas qui doit s’appuyer sur un certain nombre d’éléments de contexte locaux et s’appliquer à un business process spécifique. On reparlera d‘organisation orientée service, de routine sociale, d’articulation entre les dynamiques structurées et non structurées qui composent le travail de chacun, on pourra même se reposer la question de ce qu’est la qualité.

Ce n’est bien sur qu’un départ de réflexion, chacun de ces points méritant une étude poussée dans le cadre d’une entreprise ou d’une activité donnée. Quoi qu’il en soit, on en tire des conclusions qui vont dans le sens de ce que je disais ici à propos du ROI.

- la technologie n’a ici aucune valeur propre

- la technologie doit permettre de faire des choses que ne faisait pas l’existant

- on a construit des règles pour pallier aux insuffisances de l’existant. La nouvelle technologie n’a aucune valeur si on ne remplace pas les anciennes règles par des nouvelles adaptées au nouveau potentiel rendu désormais exploitable.

Ou, en une phrase : on a élaboré des règles pour s’adapter à des contraintes. Si la technologie lève ces contraintes il faut changer les règles sinon son apport est nul.

Pour finir, lorsqu’on se demande “comment penser” son réseau social ou quelque projet “social media” que ce soit, il faut se demander quelles règles devront disparaitre et par quoi les remplacer. Penser un tel projet sans penser une nouvelle manière de travailler est la garantie de détruire toute proposition de valeur réaliste dès sa genèse. Et c’est la preuve que pour convaincre une direction informatique il faut d’abord engager celle-ci dans une relation de construction de valeur avec les métiers car ça n’est pas son rôle d’appréhender de telles choses.

Medias sociaux : acquérir le client…et après ?

Résumé : il est clair que l’utilisation des médias sociaux entre les collaborateurs et entre entreprises et clients ne sont pas des disciplines cloisonnées mais complémentaires. Si le monde de l’entreprise “interne” tend à s’aventurer de plus en plus vers l’externe, le monde du marketing peine à faire le chemin inverse. La communication devenant du service il est aujourd’hui essentiel de ne pas séparer les initiatives à destination des clients d’une redéfinition des flux, des rôles et d’un alignement de l’organisation sur les besoins du collaborateur qui fait face au client. Le marketing “social” et “communautaire” ne prouvera sa valeur qu’en substituant le “pull” au “push” non seulement dans l’intéraction avec le client mais aussi dans le fonctionnement interne de l’organisation.

Même si la dimension externe/marketing/communication n’a jamais été mon domaine de prédilection, il est évident qu’il est difficile aujourd’hui de dissocier l’évolution du travail dans l’entreprise de ce qui se passe hors de ses murs. Tout d’abord parce qu’aucune entreprise ne crée de la richesse seule et qu’un haut niveau de performance interne est inutile dès lors qu’on est incapable de travailler avec la même efficacité avec ses partenaires et clients (théorie du facteur limitant ou du goulot comme vous préférez), ensuite parce que si on passe d’un mode de fonctionnement descendant en flux poussés à un mode en flux tirés, pousser la logique jusqu’au bout amène nécessairement à s’intéresser au client.

Il est donc loin le temps où le 2.0 se déclinait en marketing d’un coté et en collaboration de l’autre, avec une paroi étanche entre les deux. D’ailleurs le concept d’entreprise 2.0 a évolué avec le temps et tout le monde trouve logique d’y inclure toutes les parties prenantes (partenaires, clients…) et la montée en puissance d’une notion telle que social crm en est la preuve. Mais si l’entreprise 2.0 “descend” et s’aventure hors de ses murs et des préoccupations purement internes, le marketing, lui semble peiner à suivre le chemin inverse.

Gregory Pouy dans un récent billet sur l’échec des projets médias sociaux, nous explique pourquoi une récente étude donne des chiffres alarmants  :

- Il n’y a pas de stratégie généralement (à 81%) et les marketers ne comprennent pas vraiment la valeur de ces échanges ni même comment cela fonctionne…
- Par conséquent, les entreprises vont investir plus sur les technologies que sur l’humain et le relationnel

Permettez moi d’aller un peu plus loin et de synthétiser la chose en une phrase : lorsque les communiquants utilisent ces outils pour communiquer mieux et différemment il y a deux possibilités :

- soit ils (ou leur entreprise) ne comprend pas leur spécificité et cela ne fonctionne pas.

- soit les communicants comprennent la spécificité de ces médias et…ils ne peuvent créer que de la déception. [Read more...]

Etes vous “on demand” ? Ou “quand on pourra” ? L’entreprise 2.0 coté Client.

Qu’apporte le “social software” ? Rien par lui-même (l’outil n’est pas un outil de traitement, c’est que que les utilisateurs font grâce l’outil qui compte), mais par contre il permet de gagner en facilité donc, a priori, en performance et en productivité sur nombre de tâches quotidiennes a condition qu’on comprenne le besoin de s’organiser et de travailler quelque peu différemment (et sans pour autant remettre en cause les fondamentaux du travail et de l’organisation, simplement en jouant sur certaines modalités).

Il arrive souvent qu’un manager de terrain ne voit pas directement le bénéfice concret. Pour cela il faut souvent savoir prendre distance et recul par rapport à l’opérationnel, chose qui demande souvent un temps qu’on ne laisse guère aux hommes de terrain. Conséquence : le top management “voit” alors que l’homme de terrain s’interroge sans voir clairement le besoin auquel tout cela répond et à quoi sert de “socialiser” une partie de l’activité, rendre commune, publique, une partie de l’information. Et chacun sait ce que vaut une solution qui ne correspond à aucun problème existant (ou plutôt dont on a conscience de l’existence).

Une approche qui fonctionne parfois est de proposer à la personne en question de se mettre à la place du client. Je précise bien qu’un client peut être un client “externe” ou un client interne. Le rôle de son équipe est de satisfaire ou contribuer à satisfaire une demande du dit client et son rôle de manager est de contribuer à ce que cela se passe en temps et en heures sans être le plus souvent directement en rapport avec le dit client. D’ailleurs dans de nombreux cas le manager et le client ne finissent par se parler que lorsque les choses vont mal… Il est d’autant plus facile de se mettre à la place du client qu’on est souvent soi-même client. Client de prestataires externes mais également client de services internes (se rendre compte qu’on a les mêmes pratiques que celle qu’on reproche aux autres est parfois un grand pas vers le progrès).

NB : Ce billet s’adresse surtout aux gens du secteur des services. Aussi bizarre que cela puisse paraitre, l’industrie a depuis longtemps avancé sur l’élaboration de réponses aux enjeux dont nous allons parler plus bas.

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Les trois dimensions de l’entreprise 2.0

Beaucoup de choses sont dites sur l’entreprise 2.0, sur ce que c’est, ce que cela implique.  Avec une gradation très différente, selon les centres d’intérêt de chacun. D’un extrême à l’autre on va d’une vision purement utilitaire (mettre de nouveaux outils à disposition) à un big bang culturel (nouvelle philosophie de l’organisation voire de l’économie, valeurs éminemment centrées sur l’humain).  Une extrémité du spectre rassure même si l’efficacité de la vision en question n’est pas démontrée à mon avis, l’autre inquiète franchement l’entreprise. Sans qu’on puisse jamais affirmer qu’aucune soit spécialement pertinente ou inadéquate : il y a un brin de vrai partout que chacun trouve en fonction de sa sensibilité personnelle.

Tout cela n’aide pas vraiment les entreprises à avancer, elles qui sont en quête de certitudes et de garanties. Qu’en est il vraiment dans les faits ? Que faut il croire, à quoi doit on se raccrocher pour avancer ?

Il y a, pour moi, trois dimensions à retenir dans l’immense diversité des discours sur le sujet. Libre à chacun de les mélanger ou pas : elles peuvent s’appliquer de manière autonome ou conjointement.

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L’entreprise 2.0, composante de l’entreprise globale

Beaucoup de questionnements sur l’entreprise 2.0 ces temps dernier. Comment faire que cela fonctionne, comment aider l’entreprise à penser la chose, comment définir le ROI… Autant de questions qui finalement ne se résument qu’à une : comprendre comment ces logiques nouvelles s’intégrent dans l’existant et le complètent. Sans cela il est évident soit que l’entreprise n’osera pas, soit osera avec frilosité et n’arrivera pas à obtenir le maximum de sa démarche, soit osera mal et sera contre productive.

Une des conséquences de cette incompréhension est que le projet “entreprise 2.0″ est isolé de l’entreprise réelle afin de se prémunir contre les effets de bord d’une logique mal comprise (ce qui prouve une fois de plus l’intérêt de trouver les réponses aux questions posées ici). Il s’agit donc de permettre à l’entreprise de visualiser les choses par rapport ce qu’elle est aujourd’hui et par rapport à sa vraie nature.

Tout d’abord il s’agit d’identifier l’objectif premier de l’entreprise. Guère difficile : gagner de l’argent. Un point c’est tout. Après on peut débattre autant qu’on veut sur ce qu’elle doit en faire et comment elle doit le gagner, mais il n’y a pas d’autre objectif qui existe.

Ce qui entraine une conséquence tout aussi incontestable : l’entreprise passe son temps à essayer de s’organiser pour produire le plus efficacement possible. Entendons nous bien, et quitte à tuer quelques doux rêves, aucune entreprise sensée n’a pour but de devenir une entreprise 2.0. Son seul et unique but est d’améliorer la manière dont elle s’organise pour produire au quotidien. Ce qui nous amène, par contre, à nous interroger sur ce que produire signifie aujourd’hui.

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L’entreprise 2.0 amorce (enfin) son virage vers l’entreprise

Un mouvement intéressant et, surtout, salutaire, est enfin en train de s’amorcer dans le petit monde de l’entreprise 2.0. Il correspond à ce que j’appellerais une dé-technologisation du phénomène et, à mon sens, va permettre de passer un cap en ramenant l’entreprise 2.0 vers un terrain qu’elle n’aurait jamais du quitter : l’entreprise en tant qu’entité productive devant obeir à un ensemble de règles et contraintes internes.

Cela transparaissait dans ma “vieille” définition de l’entreprise 2.0 de 2007 et plus encore dans mes prédictions 2009. Maintenant nous y sommes.Quoi qu’il en soit c’est l’amorce d’un virage entre la vision qui faisait de l’utilisation d’outils un objectif en soi et celle qui en fait un élément d’un système.

J’en veux pour preuve deux exemples récents qui ne sont à mon avis que l’amorce d’une tendance forte.

Dans cette note, l’éminent Robert Scobble se rend compte que, si brillantes soient la dimension technologique du web 2.0 et l’analyse qui en est faite par les “tech bloggers”, la réalité de l’entreprise et de son contexte ne sont pas pris en compte. Si l’objectif et les besoins sont clairs pour tous, manque la compréhension du contexte qui seule permet d’expliquer le “comment faire”. Or, il s’avère que trop souvent l’accent est mis sur un point d’arrivée idéal en méconnaissant totalement le point le départ et les contraintes avec lesquelles composer pour arriver à destination. Voire de se dire que cette destination n’est peut être pas la meilleure ou n’est peut être pas utile à tous. Voilà pour le coté web 2.0.

Coté entreprise 2.0, j’ai noté cette note de Martin Koser au sujet de la préparaton du prochain Enterprise 2.0 Summit de Francfort, et dont les préoccupations me semblent aller dans le bon sens. Il écrit :

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L’efficacité d’un système compte plus que le ROI d’une application entreprise 2.0

Avant tout était simple. A la question “quel ROI ?” on répondait ainsi :”aujourd’hui vous traitez ce type d’opération avec 100 personnes armées d’une calculatrice et d’un bloc de papier, cela prend une semaine et le risque d’erreur est important. Grâce à notre solution une seule personne entre les données et les calculs sont opérés en une poignée de secondes”. Démonstration imparable même si elle n’a pas toujours tenu ses promesses.

Aujourd’hui, dans le contexte des outils sociaux, même si un consensus existe sur le principe, trouver la formule qui transforme l’apport d’un outil en modèle mathématique est loin d’être évident. La difficulté est évidente à exprimer : on ne parle pas d’outils qui font des choses préétablies mais d’outils qui permettent aux collaborateurs d’être efficaces dès lors que leurs tâches les amènent à sortir d’un schéma d’actions définies et répétées à l’infini dans un périmètre humain lui aussi défini.

Bref on sait très bien définir le ROI d’une application qui fait des choses définies et prévisibles, pas de celles qui permettent aux individus d’être performants face à des situations qui ne sont ni définies ni prévisibles. On doit faire évoluer notre modèle de raisonnement d’une “doer application” à une “enabler application”.

Avant d’aller plus loin regardez cette vidéo. Le ROI de la machine et la performance de l’individu y sont facilement calculables. Et demandez vous si cela ressemble à votre quotidien.

Ceci fait, il importe donc de se poser la question de mesurer ce qui compte.

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Management 2.0, SOO et productivité

J’ai commencé  à évoquer ici et l’intérêt de changer le sens des flux dans l’entreprise : passer d’un mode de production en flux “poussés” à un mode de production en flux “tirés”. Il s’agit de laisser le collaborateur déterminer son action par rapport à un but plutôt que par rapport à un ordre reçu.

Pourquoi est-ce si important ?

Parce que cela correspond davantage à la réalité du travail des individus aujourd’hui. On l’a dit et répété mais l’époque où les employés devaient reproduire à l’infini une même tache voire un même geste est révolue. Son activité, ses tâches du jour, ne sont donc pas définies par un plan de production mais par une demande, un besoin, sans cesse changeant. En général il n’a pas besoin qu’on lui dise quoi faire mais plutôt qu’on l’aide à le faire. Il a davantage besoin de support que d’instructions et, paradoxalement, c’est du haut que ce support doit venir. Aujourd’hui l’ordre vient du haut et on espère le support du bas alors que la réalité des choses est exactement l’inverse.

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Vers le double salto organisationnel

Finalement si on essaie de synthétiser en deux points les challenges auxquels les entreprises vont devoir faire face très rapidement, je dirai passage du push au pull et du local au global. Ca ressemble à un double retournement sur soi même mais ça n’est pas si loin de la réalité.

• Du push au pull : le collaborateur est amené à faire sans cesse davantage de choses uniques. Tant par rapport à ses problématiques internes que par rapport à ce que demandent les clients. La personne confrontée à un besoin détermine ce dont elle a besoin pour y arriver car nul ne le sait mieux qu’elle. Au pire elle “crowdsource” au sein de ses collègues voire à l’extérieur la meilleure manière d’y arriver. Les échelons supérieurs définissent le cadre de ce qui est ou non possible et fournissent ce qui est nécessaire. Ca n’est plus l’échelon n qui définit ce que fait le n-1 mais le n+1 qui intervient en support du n. On y retrouve les principes d’empowerment et de subsidiarité dont j’ai souvent parlé ici.

De manière générale cela traduit également que l’entreprise est profondément impactée par son environnement qui la détermine plus qu’elle ne le détermine. Les phénomènes sociétaux et économiques, sans aller jusqu’à dire qu’ils dirigent l’entreprise, donnent un cadre et une direction qu’aucune direction générale ne peut ignorer. Sans disserter plus avant sur des concepts tels que la responsabilité sociale ou le social business, on se rend compte que tant ce qu’il faut faire que la manière dont il faut faire les choses n’est que rarement une idée de l’entreprise mais la compréhension d’une problématique soumise par un organe non décisionnaire à priori (collaborateur, client, fournisseur, société au sens large).

• Du local au global : on produit de moins en moins suivant une “ligne de production” ou sa réincarnation pour des biens immatériels, mais plutôt selon un écosystème adhoc de créateurs de valeurs, interne, mais pouvant également impliquer des externes. L’expression de constellation de valeur qui est de plus en plus utilisée reflète d’ailleurs bien la situation d’une entreprise qui plutôt que piloter des executants connecte des parties-prenantes. Quoi qu’il en soit, c’est complexe dans la mesure où une grande partie de l’activité et des résultats de chacun dépend en fait de ce que font les autres. Sachant que nos actes influent ceux de nombreuses autres personnes qui nous souvent inconnues et que notre quotidien est lui-même largement dépendant de ces mêmes personnes, il est essentiel d’avoir une vision globale, systémique des choses.  Systémique me semble plus approprié.

Tout le monde peut comprendre que dans ce type de situation si l’on se contente de baisser la tête et de regarder le bout de ces chaussures il est impossible d’avancer et, quoi qu’il en soit, on ne peut que subir les événements et non, à défaut de les maitrises, les anticiper.  Et j’aimerai savoir si ceux qui ne trouvent pas cela logique conduisent sur l’autoroute en se bornant à regarder la plaque de la voiture qui les précède. Notamment en cas de mauvais temps. Car ce type de vision systémique est le seul capable de permettre d’anticiper. Tant au niveau macro qu’au niveau de l’individu. Je parle bien d’anticiper, et non de prévoir. Si la systémique permet d’appréhender la complexité celle-ci est par essence imprévisible. Par contre elle est compréhensible et on peut en anticiper les conséquences pour peu qu’on ait également la capacité à se comporter de manière autonome pour y faire face. Je ne vous ferai pas une fois de plus la démontration ce qu’entraine le fait de privilégier la recherche de maximum locaux au détriment d’optimums globaux et tout ce qu’un changement de scope sur ce point provoque en matière d’évaluation de la performance, de management etc. mais c’est un sujet aujourd’hui central qui explique, plus que la peur de changer, de nombreux freins au changement. Des freins logiques tant les individus sont bloqués par les conséquences de ce que l’entreprise aimerait les voir abandonner.Penser en termes de systèmes c’est également reconnaitre, par ailleurs, la validité du point précédent.

Beaucoup de choses sont dites et écrites sur les problèmes de l’entreprise, ce qu’elle doit faire ou ne pas faire. Peu importe le nom qu’on donnera à ce qui sera mis en œuvre, une chose est certaine c’est que cela devra permettre d’outiller cette double gymnastique.

Y-a-t’il une manière 2.0 de dessiner un organigramme ?

Quand on parle d’entreprise 2.0 une réaction souvent entendue est “c’est séduisant mais notre entreprise n’est malheureusement pas conçue pour fonctionner ainsi”. Comprenez : on décide de faire quelque chose et on le “pousse”, il n’est pas concevable qu’un flux ascendant puisse exister dans ce contexte. Alors effectivement cela crée de gros écarts, l’entreprise ne répondant pas forcément ni aux besoins de ses clients ni à ceux de ses collaborateurs du premier coup, de multiples ajustements étant nécessaires sans que les échanges les rendant possible soient forcément facilités. De manière imagée on utilise les tuyaux existants en espérant que ça s’emboite bien à la sortie.

C’est pour cette raison que je proposais il y a peu de réfléchir à l’organisation orientée services, dont le point de départ n’est pas tant le haut de la pyramide mais le besoin que l’organisation doit satisfaire. N’oublions pas que le but d’une entreprise n’est pas d’utiliser ses ressources ou de donner de l’activité à l’existant mais de satisfaire le marché, quitte à faire bouger l’existant.

Jouons maintenant à un petit jeu.

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