Warning: strlen() expects parameter 1 to be string, array given in /homez.65/duperrin/www/wp-content/plugins/simply-exclude/simplyexclude.php on line 1449
Stratégie | Bloc-Notes de Bertrand Duperrin - Part 2

Eviter le risque est une stratégie très…risquée

Qu’on parle de changer la manière de travailler dans l’entreprise ou d’engager une nouvelle forme de relation avec ses clients, malgré une analyse imparable du contexte et l’existence d’opportunités réelles beaucoup préfèrent se recroqueviller et adopter une stratégie conservatrice et défensive au nom du “on sait ce qu’on a aujourd’hui, évitons le risque de devoir affronter des situations inconnues”.

Une idée m’est venue en regardant dernièrement une émission sportive. Un entraineur connu disait “il faut arrêter de dire qu’une équipe qui attaque et va vers l’avant prend des risques…elle essaie de créer des opportunités”. Que l’on parle de football, de basket, de tennis ou même de poker il est vrai qu’on classe toujours les compétiteurs dans deux catégories : ceux qui “avancent” et dont ont dit qu’ils ont un jeu “à risque” et ceux qui se recroquevillent, défendent avec acharnement, et espèrent que l’orage passera et qu’ils feront la différence sur un coup.

L’expérience montre que les deux stratégies permettent de gagner.

L’analogie avec l’entreprise est pertinente. Faire le pari de la défense signifie s’estimer prêt à encaisser les coups, à subir le jeu de l’autre, à perdre l’initiative en pensant que cela passera. Et parfois cela passe. Là où la comparaison s’arrête c’est que temps à autre la digue craque et que l’équipe ou le joueur en question se fait balayer. Dans le contexte sportif ça n’est qu’un match de perdu, une nouvelle compétition reviendra où les compteurs seront remis à zéro. Dans le monde de l’entreprise si on se fait balayer une fois il se peut que cela soit pour longtemps, voire toujours, et qu’on ait à assumer des conséquences autrement plus importantes qu’un match perdu (fut il une finale de coupe du monde).

On peut en tirer l’enseignement que dans un monde où on ne remet pas les compteurs à zéro périodiquement, laisser l’initiative aux autres, subir, refuser le combat ou le jeu ne paie pas. Pire encore, plus on refuse le risque plus la moindre défaillance sera rédhibitoire.

La récente affaire Nestlé est éloquente. Une stratégie trop défensive a fini par montrer ses limites et la catastrophe a été frôlée de près. Reste à voir si comme certaines équipes, et Dell en son temps qui a su tirer profit d’une situation similaire pour se remettre en question et changer son approche du jeu, Nestlé en profitera pour se désinhiber et adopter une stratégie non pas risquée mais créatrice d’opportunités.

Essayer de jouer, d’ouvrir le jeu, n’est finalement pas un risque mais une opportunité. Subir les éléments est, par contre, un vrai risque.

Votre savoir vous aide plus que votre productivité

J’ai toujours eu un sentiment ambivalent par rapport à la productivité. D’un coté, faire plus ou plus vite a ressources ou temps égaux m’a toujours semblé être un progrès non négligeable. Maintenant, avec du recul, force est de se rendre compte que la productivité n’a cessé d’augmenter depuis des dizaines d’années, qu’à la moindre difficulté la première réaction est de l’augmenter encore davantage, sans que ces gains visibles, tangibles, mesurés, ne me donnent l’impression d’avoir amélioré quoi que ce soit au final quant à la situation financière des entreprises. Ceci ajouté qu’à l’heure où l’on dépend de plus en plus non de machines ou d’individus supposés répéter indéfinement et de plus en plus rapidement les mêmes taches mais d’hommes traitant de l’information et résolvant des problèmes, il semble qu’il nous faille admettre que courir le 100m en zéro secondes devienne un objectif inaccessible.

A une époque, l’idée m’avait effleuré qu’il s’agissait peut être de repenser la notion de productivité non plus comme une notion mécanique mais comme une notion humaine, et non plus comme quelque chose qui s’améliore  au niveau individuel où les limites me semblaient quasiment atteintes mais au niveau collectif.

J’avais abandonné le sujet jusqu’à ce que cet article le rappelle à mon bon souvenir. Je me permet d’en reprendre une courbe fort parlante.

Image 2

Malgré une amélioration continue de la productivité, le ROA s’est effondré de manière continue sur la même période. Reste à savoir pourquoi.

Selon l’article il cela provient d’une totale déconnexion entre l’environnement actuel des entreprises et leur infrastructure. Jusqu’à présent le entreprises misaient sur l’augmentation de leur taille pour créer toujours plus de valeur. Aujourd’hui, dans une économie sans cesses plus connectée, la valeur ne se crée plus par l’augmentation de la taille mais par la multiplication des flux d’information. La différence entre les entreprises les plus performantes et les moins performantes se trouve dans la participation des unes à des dynamiques de flux de connaissances, en interne comme en externe, dynamiques dont le social software sert de catalyseur, là où les autres se concentrent sur la productivité “traditionnelle” qui, elle, ne bénéficie au final qu’au client et n’aide pas l’entreprise à créer davantage de valeur.

En somme, il conviendrait de ne plus seulement chercher à rendre l’efficacité “scalable” mais d’en faire de même avec l’apprentissage.

Le fossé entre le potentiel de l’entreprise et le bénéfice qu’elles en tireront est donc voué à sans cesse augmenter à moins que les entreprises ne se décident à tirer le meilleur de l’”infrastructure digitale” supportant les flux de connaissance, à participer activement à ces flux de connaissance, en interne comme en externe avec d’autres entreprises et en mettant en place une politique d’innovation volontariste.

L’amélioration de la performance passera donc désormais par l’adoption d’une logique d’échange et d’innovation au sein d’écosystèmes qui seule permettra d’améliorer significativement les choses. Elle permettra à chacun, via un processus de résolution de problème créatif qui nécessite de pouvoir librement se connecter à ses pairs, en interne comme en externe, d’améliorer continuellement sa propre performance. Et, contrairement au siècle précédent ou tout étaient insufflé par le haut, ces dynamiques nouvelles seront impulsées par les individus.

Tout cela nous ramène à un sujet que nous connaissons bien…le seul moyen d’améliorer de manière pérenne et réelle la performance de l’entreprise est de l’aider à tirer le meilleur de son capital informationnel et de son infrastructure informatique. Sinon le fossé entre l’investissement et les résultats obtenus ne fera que s’accroitre.

Au delà du social CRM, le “social stakeholders management”

Je vous ai déjà dit deux mots de ce que m’inspirait le social CRM. C’est un pas inévitable vers la prise en compte de la nature nouvelle de la gestion de la relation client. Le client n’est plus seulement un objet marketing ou un élément d’un pipe commercial mais quelqu’un avec qui on construit et avance sur long terme, au delà de l’horizon nécessaire pas suffisant de l’obtention du sacro saint bon de commande. Et quelqu’un, d’ailleurs, avec qui on continue à travailler même si on n’obtient pas ce bon, d’ailleurs. Un prospect qui ne signe pas n’est pas quelqu’un qui vous fait perdre du temps mais quelqu’un qui a justement beaucoup à vous apprendre.

Il est évident que le social CRM va au delà de la mise en œuvre de nouveaux process, de nouveaux plans d’action. C’est, à mon avis, un principe d’action au regard duquel chaque acte de l’entreprise, des collaborateurs doit être en conformité. “Est ce qu’en décidant / faisant telle chose, je suis en accord avec cette ligne directrice”. Car, on le comprend aisément, impossible de valoriser le consommateur sans aligner les modes opératoires de toute l’entreprise…et traiter le collaborateur de la même manière. Il serait dangereux, en effet, de laisser le collaborateur dans une logique de “tais toi et travaille” alors même qu’on fait des pieds et des mains pour rester en phase avec l’extérieur. Le retour de bâton ne serait pas long à arriver.

Dans cette logique pourquoi exclure les partenaires, fournisseurs, sous traitants de la boucle ? Eux aussi ont leur place dans ce cercle vertueux.

Ajoutons également des enjeux qui ne sont pas qu’économiques ou orientés produit. Le marché à des attentes éthiques de plus en plus forte à l’égard d’un monde de l’entreprise qui s’est rarement montré exemplaire. Le “social business” n’est pas comme son nom peut le laisser croire l’adaptation des mécanismes d’entreprise à un monde interconnecté mais une vraie réalité sociétale.

Le social CRM n’est donc qu’un petit pan d’une logique autrement plus globale. C’est une extension du périmètre des parties prenantes, ou plutôt (enfin) leur prise en compte effective dans un modèle de gouvernance d’entreprise qu’il s’agira de décliner au quotidien.

Cela ressemblerait donc davantage à du “social stakeholder management”. Une logique globale à déployer en interne comme en externe et pas du micro-projet bricolé dans un coin sans cohérence avec la réalité du fonctionnement de l’entreprise. Je ne sais plus qui disait que le progrès ne valait que s’il était partagé par tous. Le meilleur moyen c’est de le construire ensemble, pas seulement par des pensées nébuleuses mais à travers le fonctionnement quotidien.

L’entreprise 2.0 entre “next big thing” et vieilles ficelles

Vous n’avez pas remarqué le calme qui a régné cet été sur le front de l’entreprise 2.0. D’accord, c’était les vacances, mais quand même. Comme un petit sentiment de vide, de “fin de quelque chose”. Comme la fin d’une fuite en avant.

Cela fait maintenant quatre ans que le phénomène frappe aux portes de l’entreprise et, les études les plus sérieuses le montrent,  pour quelques succès magistraux, il y en a beaucoup qui rament derrière. La réponse traditionnelle a toujours été la recherche du “next big thing”, le “truc” qui allait permettre de tout faire basculer. Le “truc” en question étant un nouvel outil, une nouvelle fonctionnalité. S’en est suivi une fuite en avant qui montre quelques signes d’essoufflement, comme si ça n’était pas une affaire de “next big thing”. Si l’on comparait l’entreprise 2.0 au tour de France il s’agirait peut être d’une étape de montagne mais la comparaison s’arrête là : dans le Tour il faut lacher ses compagnons de course, dans le cas qui nous intéresse il faut au contraire faire en sorte que l’entreprise suive le rythme des inventeurs et des visionnaires. Et force est de reconnaitre qu’en poursuivant l’échappée alors que les autres, ceux qu’on est supposés aider à monter, restaient en bas de la montagne et posaient le vélo dans les premiers metres de l’ascension, on a creusé un écart qui n’était pas forcément l’objectif désiré.

Si le Next Big thing ne fonctionne pas, la réponse serait elle une ” vieille ficelle” ? Par là, j’entend les méthodes traditionnelles employées pour faire changer les choses. Elles demandent du temps, du courage même, mais restent essentielles dans la mesure où l’on parle d’organisations humaines. Et le seul moyen de faire bouger les choses au niveau humain….est de travailler au niveau humain.

Sens, alignement, compréhension, appropriation….autant de mots et d’expressions qui sonnent old-school mais résument bien ce que les choses devraient être.

On entend beaucoup de personnes se plaindre qu’au delà des concepts, c’est aujourd’hui la mise en œuvre qu’il s’agit d’expliquer. Jakob Nielsen a récemment publié un rapport rapport (intéressant même s’il n’apporte rien que nous ne sachions déjà), qui dit quelque chose de très intéressant à qui sait lire entre les lignes. On y lit en effet que si la sensibilisation est aisée, la mise en œuvre est beaucoup plus ardue. Et lorsqu’on demande au entreprises “quelle est votre stratégie entreprise 2.0″…la pluspart répondent “revenez l’an prochain”.

Peut être y a t’il une étape oubliée entre la sensibilisation et l’exécution : fare en sorte que les entreprises et surtout les individus s’approprient le concept, construisent leur propre vision. Il semble que des pilotes fructueux ne soient pas suffisants pour avancer : il faut tirer des conséquences, chacun doit être capable de visualiser ce que tout cela signifie une fois appliqué à leur travail quotidien, de construire “son” entreprise 2.0 qui ne sera pas la même que celle du voisin. C’est une affaire de contexte, de culture, de secteur d’activité, de personnes. Comprendre, s’approprier, visualiser, concevoir, expliquer…c’est que qui sépare le pilote de l’exécution. Un bon projet n’est rien sans execution, mais l’exécution est risquée si les choses ne sont pas bien conçues en amont. Un pilote réussi n’est pas un projet : c’est une expérimentation qui aide à construire le projet. On ne ne peut concevoir que ce qu’on comprend, avec un résultat qu’on arrive à visualiser (et qu’on est prêt à accepter).

Quelle que soit la dimension technique du projet, il est impossible de passer outre le temps nécessaire au changement humain.

Donc je ne pense pas qu’aucun “next big thing” n’aide à une meilleure exécution, au contraire de vieilles ficelles trop souvent négligées.

Participez au 4e Global Intranet Strategies Survey

Comme tous les ans, Jane McConnell travaille à sa traditionnelle étude sur l’état de l’art et les stratégies intranet des grandes entreprises. Une étude aux résultats toujours attendus et à l’intérêt certain.

Il est encore temps d’y participer jusqu’au 31 aout.

Je vais faire preuve de paresse en me contentant de republier (en anglais) son propre texte :

The 4th annual Global Intranet Strategies Survey opened at the end of June and will stay open until August 31. All participants receive a complimentary copy (pdf) of the ” Global Intranet Trends for 2010″ report that will be published in the second part of October.

The key themes this year are:

- The workplace: Are intranets catching up with what people need to do their jobs?
-  Collaboration: How does the online workplace support virtual teams and communities of practice?
-  Social media: To what extent is social media being used internally and for what purposes?
-  Search: Is enterprise search still a perennial problem? What strategies and resources are being put into place to optimize it?
-  Ownership, governance and strategy: Who owns the intranet and what operating models and strategies are in place to drive business value?
-  Measuring value: What indicators are being used to measure the value the intranet brings to an organisation: adoption, usage, satisfaction, workforce coverage, reduction of risk, business value?
Instructions for applying:
http://netjmc.com/survey/sign-up-JMC-global-intranet-survey-2009-2010.html

N’hésitez pas à participer, tout d’abord cela donne d’autant plus de valeur aux informations recueillies…et ensuite cela vous permet d’en recevoir une copie gratuite une fois qu’il sera réalisé.

Il ne peut y avoir de stratégie “entreprise 2.0″ (car c’en est une)

Il s’agit d’un autre malentendu fréquent. Quelqu’un demande “mais quelle stratégie pour devenir une entreprise 2.0″ et l’on a envie de répondre “mais pourtant c’est clair, on vient de le dire, et tu l’as dit toi même”. Bizarre non ?

Reprenons depuis le début. Un principe : l‘entreprise est là pour produire, ses collaborateurs pour participer à cette activité de production et, partant de là, il convient de rechercher en permanceles outils et modes opératoires les plus performants pour produire dans un contexte donné. Un exemple : Cisco.

Un questionnement existe et se renforce depuis quelques années : eu égard à l’évolution de l’économie, de la demande, du contexte, comment décloisonner l’entreprise, la rendre plus flexible, rendre le collaborateur raisonnablement autonome et l’outiller afin qu’il soit le plus efficace possible avec des flux d’informations et non des flux physiques. Et mettre en place les outils nécessaires. C’est ce qu’on appelle globalement “l’entreprise 2.0″.

C’est tout simplement cet ensemble qui a été de manière globale appelé entreprise 2.0. J’en avais d’ailleurs donné une définition quelque peu verbeuse il y a plusieurs années en la définissant non de manière statique comme un résultat mais comme quelque chose de dynamique, un ensemble de moyens à mettre en œuvre.

Essayer de chercher une stratégie pour faire l’entreprise 2.0 revient à réflechir “en boucle” sans risque d’en sortir puisque l’entreprise 2.0 est le nom donné à la stratégie (ou plus exactement à une partie de celle-ci).

La stratégie entreprise 2.0 et, l’exemple CISCO le prouve, revient donc à utiliser les boites à outils classiques pour mettre en œuvre les composantes du projet qu’on a dénommé entreprise 2.0 et non à mettre en œuvre l’entreprise 2.0 en espérant que ses composantes auxquelles on a pas envie de s’attaquer se mettent en œuvre par hasard.

En effet il existe des outils bien connus des professionnels des RH et du management pour mettre en place un style de leadership défini, pour faire évoluer le style de management, pour rendre cela possible par des processus d’évaluation et de rémunération adéquat qui créent le sens et l’alignement etc. Toute DSI sait déployer des outils et assister les utilisateurs (et au pire il reste le Saas). La liste est longue mais il n’y a rien de nouveau pour des professionnels aguérris.

Il me semble seulement que le “comment je fais l’entreprise 2.0″ signifie juste “je ne veux pas m’attaquer à tout ça alors je fais l’entreprise 2.0 et tout va se mettre en place seul”. Sauf que faire l’entreprise 2.0 c’est justement s’attaquer à “tout cela”.

L’entreprise 2.0 n’est pas une baguette magique qui évite de s’attaquer aux questions importantes et structurantes. Elle est justement la conséquence du fait qu’on s’y attaque. Inutile donc de lui donner une stratégie car elle est stratégie elle-même. Elle est le nom donné à ce qu’il faut faire donc inutile d’aller chercher plus loin.

On en revient au problème des malades qui ne veulent pas se soigner.

Il faut penser les RH 2.0 comme un processus permanent

Ce billet est en quelque sorte la suite de celui que j’ai publié il y a quelques jours sur la place centrale que doivent occuper les RH dans les processus de changement que les entreprises vont devoir entreprendre pour se mettre en phase avec leur époque.

Très souvent on répond à un besoin par un projet, délimité dans le temps, fait d’un d’un nombre d’actions connues et planifiées. A un besoin en formation répond une action de formation. A un besoin en termes de marketing RH (fidélisation des collaborateurs, développement de la marque employeur) répond un projet de communication. A un besoin en termes de mobilité interne répond une action correspondante…

Les RH 2.0 ou, pour être plus précis et ne pas tout mélanger, l’adoption des outils de social computing issus du web 2.0 au service d’une stratégie RH impliquent de voir les choses d’une autre manière. Je ne dis en aucun cas qu’elle soit se substituer forcément et systématiquement à l’existant, je la vois plutôt comme un complément.

Dans le billet mentionné plus haut je disais qu’une des choses que les RH allaient devoir apprendre à maitriser était le fait qu’on parlait de projets à impact RH mais qui n’étaient pas entre leur main mais dans celui des managers au quotidien. Les RH devant piloter le management, donner un cadre mais n’étant plus impliqué dans l’action finale, à destination du collaborateur, candidat etc…

Quelques exemples pour illustrer mon propos :

[Read more...]

Les RH sont définitivement au coeur de l’entreprise 2.0

C’est une relation compliquée que celle des ressources humaines et de l’entreprise 2.0, ou plutôt de l’utilisation de “social software” au sein de l’entreprise. Peu importe le sens dans lequel on prend le problème on passe toujours par la case RH. Ce qui n’est pas pour me déplaire quand on sait à quel point ce service a pu être sous-utilisé voire cantonné à un rôle de faire-valoir dans nombre d’entreprises quoiqu’il semble que cela finisse enfin par changer.

Il y a deux raisons à cela.

La première est que nombre de personnes, dont je fais partie, ont été amenées à s’intéresser à l’entreprise 2.0 parce que leur problématique de départ étaient essentiellement RH. Dans ce cas, les outils en question ont été vu comme des catalyseurs de nouvelles pratiques souhaitables voire souhaitées par l’entreprise mais qui étaient difficiles à mettre en place en raison de barrières (temps / espace / outils) dont les fameux outils permettaient de s’affranchir.

La seconde est que les autres, ceux qui étaient passionnés par les outils sans trop s’intéresser au fonctionnement interne des grandes entreprises, ont fini par se rendre compte qu’à un moment ou à un autre de la démarche on finissait toujours par croiser la route d’un service RH en général peu au fait de ces nouveaux usages et donc généralement méfiants. Sans compter que souvent, à mon grand désespoir, le rôle assigné aux RH est davantage de garantir une forme de status quo plutôt que d’être un laboratoire d’innovations, ce qui montre ses limites aujourd’hui lorsqu’on se rend compte que la dimension humaine est centrale dans le traitement de la crise actuelle.

Dès lors on se rend compte que lorsque les RH ont été fortement impliquées on a affaire à des succès majeurs (voir le cas de CISCO où un travail en profondeur a été fait sur le leadership et les évaluations) et dans le cas contraire elles passent pour des freins ou des empêcheurs de tourner en rond.

Ca n’est en fait pas si simple.

[Read more...]

Des 5 époques du web social à la transformation des organisations

J’ai eu la chance de rencontrer Jeremiah Owyang lors de son récent passage à Paris. Il nous a présenté son rapport sur le futur du web social. S’en est suivi une séance de questions / réponses puis nous sommes allés prendre un verre en ville, l’occasion de poursuivre la conversation.

Une chose intéressante que je pressentais et dont j’ai eu confirmation est la spécificité du questionnement des européens en général et des français en particulier sur les questions liées à la confidentatialité. Jeremiah à d’ailleurs lancé la conversation sur son blog. De manière générale, et j’ai eu l’occasion d’aborder la question à quelques reprises avec des confrères allemands, il me semble évident que la question de l’adoption des médias sociaux hors et dans l’entreprise dépend largement de phénomènes culturels. Culture locale sur le web, culture d’entreprise et culture locale en interne même si dans le cas de l’entreprise le fait de devoir obtenir des résultats ensemble, résultats sur lesquels on est évalué, permet parfois de forcer le verrou culturel. La langue compte également. C’est un sujet que je traiterai d’ailleurs d’ici peu, le temps de me replonger par ailleurs dans les travaux de Gert Hofstede pour ce qui est de la dimension intra-entreprise. Pour l’externe un brin de bon sens suffit à expliquer nombre de choses.

A un moment de la présentation Thierry De Baillon m’a devancé en posant “la” question : comment ces “5 époques” s’appliquent elles en entreprise. Réponse de Jéremiah : je ne m’occupe que de l’externe.  Un point que j’ai pu approfondir avec Jeremiah plus tard dans la soirée.

Le propos de Jeremiah est on ne plus plus sensé : c’est le comportement des internautes, des consommateurs, et l’entreprise doit s’adapter pour suivre. J’ajouterai alors un point : pour suivre le consommateur dans ses nouveaux comportements et adopter les stratégies adéquates vers l’externe, l’entreprise va devoir changer profondément en interne également. Et ce pour plusieurs raisons :

• efficacité : on ne peut avoir la culture, la vision et mettre en œuvre les projets qui permettront de réussir à l’externe s’ils sont en contradiction avec ce qu’on est et la manière dont on travaille en interne. Il y aura un moment où l’élastique cassera, où les collaborateurs ne seront plus en mesure de satisfaire le client.

• crédibilité : tout se sait, tout se dit. On ne peut être engagé dans des dynamiques sociales avec le marché et les clients d’une part et avoir un mode de fonctionnement qui isole l’individu et nie sa spécificité en interne. Le simple fait que le marché apprenne, comprenne comment l’entreprise fonctionne, comment sont traités les collaborateurs, à quel point organisation et management ne sont pas en phase avec la promesse commerciale ruinera tous les efforts entrepris vers l’externe. Vous embaucheriez un boureau comme babysitter ? CQFD. J’ajouterai que l’impact serait catastrophique sur les collaborateurs qui n’accepteront à coup sur pas d’être infiniment moins considérés que les clients, voire d’être complices de ce qu’ils considéreraient comme une mascarade. Impact sur le climat social et la motivation garanti.

• sociologie : vos futurs collaborateurs sont également les acteur de ce web social en construction une fois qu’ils passent la porte de l’entreprise. Pas surprenant qu’avec le temps ils importent leurs pratiques au sein de l’entreprise.

Bref, l’entreprise va devoir s’adapter à la réalité du web social, s’articuler avec lui. L’enjeu : éviter de perdre ses clients et démotiver ses collaborateurs. On a vu meilleur cercle vertueux. Ce qui m’amène justement à m’intéresser à cette articulation…à aux 5 phases de l’entreprise sociale. A votre avis que pourraient elles être ?

Merci à Gil Yehuda de m’avoir fourni ce petit guide pour commencer à avancer.

L’entreprise en 2018

C’était l’été dernier, René Duringer, animateur du blog Smartfutur et Directeur de la prospective et du congrès de l’Ordre des Experts Comptables m’avais demandé quelques pages sur l’entreprise en 2018.

2018 ça fait loin, surtout qu’au rythme auquel vont les changements bien malin est celui qui pourra dire à quoi ressemblera l’entreprise de 2010. Et depuis la crise est passée par là. Remarquez ça ne change pas grand chose, les tendances de fond sont ce qu’elles sont indépendamment de périodes qui finalement ne sont, sur le long terme, que des cycles habituels. Et ce d’autant plus qu’une crise est, pour ceux qui regardent plus loin que le bout de leur nez, un catalyseur de changement fantastique. Quant aux autres ils courront après ou…  C’est souvent là qu’on voit la différence entre ceux qui anticipent et ceux qui subissent. Les entreprises leaders se construisent souvent dans ces temps difficiles. Allez savoir pourquoi, moi j’ai mon idée.

Quoi qu’il en soit tout cela a été compilé dans un ouvrage de 308 pages téléchargeable ici que voici.

Entreprise2018 Version definitive ultimate fevrier 2009