Nos flux d’information ont besoin d’un plombier


Web 2.0 Expo Europe 2008

La surcharge informationnelle a trois causes principales : la première vient de la dispersion de l’information sur une grande quantité d’outils ce qui impose au collaborateur de naviguer en permanence en espérant afin d’être certain de ne pas passer à coté de quelque chose, la seconde vient du caractère subit du flux d’information qui tombe comme une cascade sur les épaules du collaborateur, en vrac, lui imposant un fastidieux travail de tri et de priorisation sans compter le temps nécessaire à la renconcentration après chaque interruption due au flot d’emails, et enfin un fossé enorme entre l’information reçue en fonction de ce qu’on veut vous dire et l’information subjectivement utile dont la recherche fait perdre des minutes précieuses.

Il m’arrive de rêver de voir arriver en entreprise ce qui est à notre disposition sur le net. Je m’explique : des millions de sources d’information (sites, blogs, micro-blogs,plateformes diversses) dont les contenus partent en quelque sorte dans la nature via fils RSS et autres APIs pour se retrouver dans un espèce de pot commun dont, via des recherches des des mots clés, des auteurs etc… j’extrais les flux qui m’intéressent moi et les consulte dans un outil unique, classés selon mes priorités du moment et le temps dont je dispose, de manière volontaire, en maitrisant ce que je consulte plutôt qu’en étant bombardé.

Pour illustrer cela j’utilise souvent la comparaison entre être sous une cascade et prendre une douche avec plusieurs petits jets massants. Au lieu de subir la violence d’un débit unique fort et non maitrisé je régle chaque jet à la puissance et dans la direction qui me convient et à la douleur succèdent confort et relaxation.

Cela nécessite bien sur d’ouvrir un peu les yeux et de se pencher sur la notion de flux d’information, de gouvernance, et raisonner en terme de market place et de supply chain d’information personnelle plutôt qu’en terme d’arrosage massif et inéfficace.

Pour ceux que la thématique intéresse je vous suggère d’avoir un oeil sur l’intervention de Stowe Boyd lors de la prochaine Web 2.0 expo et intitulée “Better Media Plumbing for the Social Web” afin de se familiariser avec ces nouvelles logiques et ces nouveaux enjeux et commencer sérieusement à se demander comment ces nouvelles manières de vivre l’information transformer la manière d’échanger au sein de l’entreprise dans les années à venir.

Il n’est pas en effet concevable qu’il existe deux mondes, celui du grand public et celui de l’entreprise, (composés par ailleurs des mêmes individus), avec deux conceptions totalement radicales opposées des flux d’information, séparés par un mur. Et il n’est pas plus imaginable que ceux qui sont d’un coté du mur oublient d’un seul coup ce qu’ils sont et la manière dont ils agissent quand ils passent de l’autre coté du mur pour rentrer chez eux le soir.

Par ailleurs si vous désirez assister à la web 2.0 expo, allez donc récupérer votre code de réduction ici.

Etude du Cigref sur le rôle des DSI dans la création de valeur

Je voulais vous signaler cette intéressante étude du CIGEF, co-réalisée avec McKinsey, sur le rôle des systèmes d’information dans la création de valeur. Je vous conseille de la lire dans son ensemble, même si certains points ont attiré mon attention :

- le SI n’impacte pas directement la création de valeur.

- la valeur ne réside pas dans l’outil mais dans l’usage qui en est est fait

- il en résulte donc que les DSI ne doivent pas se satisfaire de proposer des outils en espérant que les métiers arriveront à en faire un usage intéressant mais doivent, au contraire, se consacrer à la satisfaction des besoins de ces derniers.

- une DSI ne peut donc créer de la valeur seule mais elle doit la co-créer avec les directions métier.

- de fait l’impact du SI sur la création de valeur doit être mesuré en fonction d’indicateurs métier et non d’indicateurs SI.

Cela n’est pas sans me rappeler le débat sur le ROI de l’entreprise 2.0 qui a mon sens n’a rien de soft ou de qualitatif mais se mesure à l’aune de la performance des process supportés. A titre d’exemple l’étude cite un cas AXA qui mesure effectivement l’impact en fonction d’indicateur de type balanced scorecard, ce qui n’est pas sans me rappeler toute ma série de notes sur les cartes de stratégie

Si cette réflexion peut en effet s’appliquer à l’ensemble de la logique SI elle est d’une pertinence incontestable dès lors que l’on s’intéresse au social software.

En tout cas la fin du “one size fits all” s’approche et le temps où le rôle des DSI sera de fournir à chacun ce qui convient le mieux à ses besoins plutôt qu’une offre standard et rassurante pour eux mais qui ne résolvent pas les problématiques opérationnelles des collaborateurs. Fini le “ils n’ont qu’à faire avec ce qu’on leur donne” et bonjour le “que puis-je faire pour vous ? Quels sont vos besoins propres ?”

Cela m’inspire une autre réflexion sur la notion de but. Si on considère que l’activité “DSI” est une fin en soi le mode de fonctionnement actuel est logique : rationnalisation des outils, des couts, offre unifiée. Si on considère qu’elle est au service de la performance de l’entreprise, alors mesurer son efficacité à l’aune de ses propres résultats est visiblement contraire à toute logique de performance métier. Les conclusions de l’étude, en tout cas, semblent le prouver. Ce qui, soit dit en passant, nous ramène encore à l’opposition entre optimas locaux et maximum global qu’il faudra bien que les entreprises règlent un jour. Mais nous en reparlerons sous peu.

En tout cas l’étude est ici.

Le Web 2.0: vers de nouveaux rapports de forces dans l’entreprise?

C’est le titre d’une manifestation qui aura lieu le 16 avril prochain.

En quelques mots :

Au départ un ensemble d’outils ponctuels et de pratiques individuelles, le Web 2.0 recouvre maintenant une véritable philosophie de transformation des systèmes d’information et de communication des entreprises, avec des impacts aussi bien en interne que vis à vis du monde extérieur.
Cette journée SEE vous fait bénéficier des témoignages et des conseils d’une grande variété d’intervenants:
Editeurs de logiciels spécialisés, grand constructeur informatique, responsable se systèmes d’information dans l’industrie, consultants praticiens des outils du Web 2.0, conseil en management, cabinet de ressources humaines , gestionnaires de connaissances…
Une table-ronde de synthèse confrontera les points de vue des orateurs et de la salle, pour discerner les opportunités du Web 2.0 à court et moyen terme dans les entreprises.

Fort alléchant. Seul soucis : à 200 euros la journée je pense que je vais passer mon tour.

Quelle est la place future de votre système d’information pour votre performance ?

Avec l’arrivée annoncée des plateformes de social computing dans l’entreprise le débat sur le rôle du SI est relancé. Pas forcément de manière directe mais tout simplement qu’à partir du moment où l’on dit que la richesse de l’organisation ne réside que dans les individus on se demande dès lors quel rôle donner aux outils.

Débat relancé sur wikinomics en réponse à Nicholas Carr dont le scepticisme sur le rôle des SI n’est plus à prouver. Je partage pour partie l’avis de Carr en étant convaincu que les ERP et autres CRM n’ont jamais permis aux entreprises de créer un véritable avantage concurrentiel. Ce qui ne veut pas dire pour autant qu’ils n’ont pas amélioré la performance opérationnelle. Cette dernière ne s’est simplement pas traduite (ou pas dans les proportions attendues) au niveau du marché. Nuance.

Quant à dire qu’avec le web 2.0 le SI n’aura plus d’importance, c’est une voie sur laquelle je ne m’engagerai pas. Soit, ce qui compte sur les plateformes 2.0 c’est l’individu. Mais sans outil l’individu n’exprime pas son potentiel, ne le rend pas disponible. Et quand bien même ces outils seraient simples à installer et à administrer, il reste importante de piloter tout cela de manière cohérente, donc l’outil compte au moins autant qu’avant ne serait-ce que parce qu’il faut l’intégrer dans l’existant. C’est pour ces raisons que le SI mérite toujours autant d’attention.

D’autre part la sphère web 2.0 vient compléter l’existant : on ajoute en quelque sorte un hémisphère droit au SI actuel. De la même manière que je dis qu’il faut que l’activité informelle de l’entreprise soit réutilisée par le “business formel”, les outils doivent permettre cette connexion, et l’information liquide une fois devenue solide doit réintégrer les circuits traditionnels . Les connecteurs entre plateformes sociales et outils traditionnels auront donc une importance cruciale.

Enfin, et cela découle de ce qui précède, les activités formelles de l’entreprise auront toujours besoin, eux, d’outils “de process” qui auront donc toujours un rôle crucial. Même s’ils ne seront plus les seuls.

Alors oui, le SI et les compétences qui lui sont liées resteront cruciales. Mais avec une dimension nouvelles : à coté des outils dont la valeur réside dans une mise en oeuvre réussie afin qu’ils “fassent” ce qu’on attend d’eux on verra arriver des outils dont la valeur réside dans ce que les individus feront ensemble grâce à eux. Des outils qui permettent à l’individu de traiter l’information et d’autres qui traitent par eux même.

Même à l’heure du “people-centrism”, le SI restera clé car c’est lui qui permettra de tranformer le potentiel des individus.

La surcharge informationnelle est un mythe

surchargeOn l’appelle aussi infobésité et elle est la cause de tous nos maux. Elle met sous stress celui qui ne fait pas gérer un tel volume d’information, elle est source de perte de productivité, et sa croissance se fait de l’avis de tous à qualité décroissante. Le mal est tellement profond que la lutte contre l’infobésité est une cause partagée des managers, DSI, RH…en bref de tous ceux qui sont intéressés au bon fonctionnement de l’entreprise.

Surcharge informationnelle. Vous y croyez, vous ? Parce que pour être franc je n’ai aucunement l’impression d’être surchargé d’information, bien au contraire. D’ailleurs je serais fort satisfait que l’on me donne des moyens d’en avoir encore plus. Primo je manque d’information, Secondo je suis certain que si j’en avais plus je gagnerai beaucoup de temps. Et je pense même que mon cas, loin d’être unique est plutôt une généralité.

Notre problème n’est en aucun cas la surcharge informationnelle qui n’est qu’une vue de l’esprit. Ce n’est pas l’information qui nous sature mais les données. Ce n’est pas qu’un simple changement de terminologie opéré par un tour de passe passe. Passer de la donnée à l’information peut entrainer des remises en cause non négligeables de pas mal de certitudes. [Read more...]

Les DSI vont s’orienter vers des systèmes plus légers et communiquants

Quelques nouvelles de nos amis les DSI qui ont confié à McKinsey leurs grandes croyances pour l’année à venir. Vous pouvez lire le rapport ici.

Si la langue de Shakespeare vous rebute sachez que 64% des directions informatiques vont s’orienter vers des “architectures orientées  service”, ce qui n’est guère finalement que le prolongement de la logique SaaS. L’objectif est de se doter d’outil construits sur de grands standards afin de favoriser les échanges entre les systèmes.

La communication et les interactions entre applications seront clairement des critères primordiaux dans les choix d’investissement. Et donc, selon le rapport, cela facilitera également à terme l’intégration de solutions de tierces parties dans les SI d’entreprise.

Une logique qui permettrait aux nouveaux entrants de trouver leur place aux cotés des poids lourds ?