Je voudrais vous parler ici de ce que pourrait être notre environnement de travail dans un avenir relativement proche si ce que j’identifie comme étant deux tendances majeures venaient à arriver à maturité.
La première est l’”ambient awareness”, terme que je préfère à microblogging qui n’est que son incarnation du moment en termes d’outils. Il s’agit tout simplement de la capacité de capter en permanence des signaux faibles émanant de son environnement de travail, afin d’avoir de quoi se comporter non plus comme un acteur isolé mais comme un acteur au sein d’un écosystème, permettant de mettre en cohérence les actions et décisions de l’un et de l’autre.
La seconde est constituée des “activity-specific social application” ou encore social software 2.0. Il s’agit d’un nouveau genre d’applications “sociales” d’entreprise qui ne positionnent plus la dite dimension sociale hors du travail quotidien du collaborateur (“over the flow”) mais viennent enrichir les outils de process autour desquels ils sont construits (et dont ils sont souvent une composante) (“in the flow”).
Avant tout je vais partir d’un présupposé : on recherche (et on recherchera toujours) à automatiser tout ce qui est automatisable. C’est dans la nature humaine et encore plus dans la nature des organisations. Et la poussée des théories “people-centric” dans l’entreprise est davantage la reconnaissance que tout ne peut pas, aujourd’hui, l’être, que la volonté de remettre l’individu au premier plan sans autre idée derrière la tête.
La force des outils “entreprise 2.0″ est la capacité qu’ils donnent aux collaborateurs de rendre disponible toute forme d’information, soit de manière proactive soit en réponse à une question, à un stimulus. Ceci permet de rentrer dans des logiques de résolution de problème et d’amélioration continue qui s’intègrent dans le flux quotidien et permettent d’améliorer la réactivité et la qualité du travail de chacun, tout en constituant au fil du temps une masse impressionnante d’informations “cherchable”, utilisable, améliorables. L’apport du microblogging dans ce sens et d’apporter une dimension “temps réel” qui complète à merveille le caractère asynchrone des premiers outils 2.0.
Un des terrains d’expression favoris de ces pratiques nouvelles est la “bouteille à la mer”. Le fameux “qui sait ? qui a quelque chose là dessus ? qui connait ?”. J’ajouterai qu’il y a aussi les bouteilles à la mer implicites, celles qu’on a pas conscience de jeter, et qui sont contenues dans toutes les mises à jour de statut malgré nous. Lorsque, par exemple, on dit “je vais en réunion chez tel prospect”, on attend pas nécessairement quelque chose en retour. Mais quelqu’un peut répondre “je le connais bien / on a déjà travaillé sur des cas similaires / etc…”. Bref, une mise à jour de statut peut être vue comme une question implicite, s’adressant à la sphère de l’”inconnu inconnu” qui a tant fait rire dans la bouche de Donald Rumsfeld mais qui n’est finalement pas sans intérêt dans les sujets qui nous intéressent.
L’efficacité du procédé repose sur un autre présupposé : quelqu’un va lire, répondre, ou “pousser” mon message à quelqu’un qui sera en mesure de répondre. Cela demande à la fois que l’information existe, que son détenteur et / ou qu’un “connecteur” soit disponible de manière quasi-synchrone à l’émission de mon message. Possible sur un périmètre tel que le web, parfois plus difficile sur un périmètre plus restreint en entreprise.
L’information est, par ailleurs de deux types. Soit elle est de l’ordre du savoir tacite et ne peut m’être communiquée que par son détenteur (à moins que dans des circonstances similaires ce dernier ne l’ait déjà formalisée sur un outil interne), soit elle est structurée, codifiée et “rangée” dans un des multiples systèmes d’information de l’entreprise. Dans ce cas, si le travail de recherche est trop fastidieux ou si j’ignore même certains des outils qui pourraient m’être utile, il faut qu’un de mes alter egos me dirige vers cette information dont lui connait l’existence et la localisation.
Vous voyez certainement là où je veux en venir : si l’information n’est que dans la tête de mes collègues il faut qu’ils soient disponibles, mais si elle est ailleurs comment ne pas perdre l’opportunité d’y accéder si le “connecteur” n’est pas disponible, ne peut lire mon message ? [Read more...]

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