La mesure de la charge de travail sera-t-elle le problème du siècle ?

L’optimisation de la charge de travail a de tout temps été une préoccupation majeure de l’entreprise et plus encore des managers. Une charge trop importante par rapport à la capacité et c’est l’explosion programmée, une charge pas assez importante et c’est des ressources qui sont définitivement gâchées. Sans compter qu’il y a le travail planifié et le travail non planifié, celui qu’on confie à la dernière minute à qui peut pour faire face à un impondérable. Bref, dans tous les cas l’erreur d’ajustement finit par couter cher.

Dans une économie “industrielle” les choses sont plus ou moins facile à gérer. On connait la capacité de production d’une machine et l’impact des goulots sur les flux de production. Quant aux individus opérant des tâches manuelles standardisées dans un tel contexte on sait à peu près combien de temps il leur faut pour réaliser une chose précise à qualité constante. Quant aux impondérables, on sait jusqu’où pousser les machines et il est facile de savoir où elles en sont par rapport à leur charge optimale. Pour les individus, un simple coup d’oeil au stock d’en-cours devant eux donne une idée de la situation. Bref, dans un système de production ‘tangible’ il est aisé de savoir où on en est et quel est la marge de chaque agent soit par le biais d’indicateurs pertinents soit par un simple coup d’oeil dans dans atelier. Qui plus est, une simple observation suffit parfois pour avoir une idée de la situation.

Le passage à une économie de l’intangible rend les choses plus compliquées. D’abord parce que les choses sont de moins en moins linéaires et qu’il devient difficile de mettre en place un planning de production optimisé qui soit proche de la réalité. Les tâches deviennent des problèmes à résoudre, des solutions à trouver, et si on peut éventuellement déterminer des durées moyennes a postériori, le faire a priori, et plus encore de manière prévisionnelle relève du miracle. Et ce d’autant plus qu’en matière de “travail du savoir”, les notions de quantité et de qualité se mélangent à l’extrême. Voilà pour le prévisible (ou ce qui y ressemble). Pour ce qui est de l’imprévisible…comment savoir lorsqu’on affecte une tâche à quelqu’un qu’il aura le temps de l’effectuer avec le niveau de qualité requis dans les délais impartis ?

C’est ici une problématique qui touche à la fois à la performance productive et au management pur et dur. Une problématique dans laquelle nos outils moderne, s’ils sont une partie de la réponse, sont aussi la cause de problèmes nouveaux qui sont tout sauf négligeables. [Read more...]

Etes vous “on demand” ? Ou “quand on pourra” ? L’entreprise 2.0 coté Client.

Qu’apporte le “social software” ? Rien par lui-même (l’outil n’est pas un outil de traitement, c’est que que les utilisateurs font grâce l’outil qui compte), mais par contre il permet de gagner en facilité donc, a priori, en performance et en productivité sur nombre de tâches quotidiennes a condition qu’on comprenne le besoin de s’organiser et de travailler quelque peu différemment (et sans pour autant remettre en cause les fondamentaux du travail et de l’organisation, simplement en jouant sur certaines modalités).

Il arrive souvent qu’un manager de terrain ne voit pas directement le bénéfice concret. Pour cela il faut souvent savoir prendre distance et recul par rapport à l’opérationnel, chose qui demande souvent un temps qu’on ne laisse guère aux hommes de terrain. Conséquence : le top management “voit” alors que l’homme de terrain s’interroge sans voir clairement le besoin auquel tout cela répond et à quoi sert de “socialiser” une partie de l’activité, rendre commune, publique, une partie de l’information. Et chacun sait ce que vaut une solution qui ne correspond à aucun problème existant (ou plutôt dont on a conscience de l’existence).

Une approche qui fonctionne parfois est de proposer à la personne en question de se mettre à la place du client. Je précise bien qu’un client peut être un client “externe” ou un client interne. Le rôle de son équipe est de satisfaire ou contribuer à satisfaire une demande du dit client et son rôle de manager est de contribuer à ce que cela se passe en temps et en heures sans être le plus souvent directement en rapport avec le dit client. D’ailleurs dans de nombreux cas le manager et le client ne finissent par se parler que lorsque les choses vont mal… Il est d’autant plus facile de se mettre à la place du client qu’on est souvent soi-même client. Client de prestataires externes mais également client de services internes (se rendre compte qu’on a les mêmes pratiques que celle qu’on reproche aux autres est parfois un grand pas vers le progrès).

NB : Ce billet s’adresse surtout aux gens du secteur des services. Aussi bizarre que cela puisse paraitre, l’industrie a depuis longtemps avancé sur l’élaboration de réponses aux enjeux dont nous allons parler plus bas.

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Le web temps réel n’est pas une panacée (et twitter ne tuera pas les blogs)

On entend çà et là que le microblogging tue le blogging et que, d’une manière générale, l’avenir du web est le temps réel. Un discours hatif auquel je ne souscrit pas. Il ne me semble pas qu’une tendance vienne en remplacer une autre mais, plutôt, qu’elle vient la compléter.

Ce schéma valable pour le web grand public s’applique, je pense, également, à l’entreprise.

La complémentarité entre les deux types d’outils s’explique par le positionnement d’un message donné sur deux axes : celui de la consistance et celui de la temporalité..

Consistance

Pas besoin de grande démonstration pour expliquer qu’il est difficile de délivrer un message et une information consistante en 140 caractères. Et que si toute l’information devait suivre ce format on serait au courant de beaucoup de choses sans rien en savoir vraiment. A l’inverse, qu’il est difficile de meubler un blog lorsqu’on veut faire passer des messages courts, lapidaires. Dans ce cas le titre se suffit à lui-même et on cherche à remplir le corps du billet. C’est justement cela qui a poussé une partie de la blogosphère sur la twittosphère. Non qu’un outil soit meilleur que l’autre mais parce que son format correspond davanatage aux besoins du plus grand nombre (souvenez vous que les purs “créateurs” sur les médias sociaux ne sont que quelques pour cents).

Temporalité

Il est des messages qui ont vocation à rester et faire leur place dans le patrimoine informationnel mondial. Il en est dont la valeur est dans l’instant, qui n’ont de valeur que par leur rapidité de diffusion. Quand on fait un billet sur un blog il est évident qu’on s’attend à toucher immédiatement la “clientèle” de ses abonnés. Mais l’indexation par les moteurs de recherche lui donne une sorte de permanence. La longue traine fait ensuite son oeuvre. Même si l’indexation des messages sur twitter évolue, les archives de twitter présentent un intérêt limité. Si on a raté un message un jour il y a des chances pour qu’il n’ait plus la même valeur le lendemain : soit l’information sera sans valeur soit elle aura été rendue disponible au plus grand nombre sur des canaux plus conventionnels. Au pire si quelque chose a vraiment de la valeur, il va continuer à “résonner” (les pros diront “être retwitté”) suffisamment longtemps pour que cela me touche à un moment ou à un autre.

C’est ainsi que se dessine un web à deux vitesses, expression qui pour une fois n’est pas synonyme d’exclusion mais de complémentarité. Des messages “lourds” destinés à rester et porteurs d’une réflexion constuite et, sur un circuit plus rapide, des messages brefs, instantanés.

On se rend bien compte que le temps réel montre rapidement ses limites alors que le blogging traditionnel, plus lourd, n’a pas la réactivité escomptée dans certaines circonstances. La complémentarité entre les deux types d’outils permet à un émetteur de couvrir l’intégralité du spectre en fonction de ces deux axes qui sont la consistance et la temporalité.

Vous me direz que certains messages remplissent les  deux conditions. C’est justement pour cela qu’on se sert de twitter pour faire un lien vers quelque chose qui a été publié par ailleurs. Ce qui nous rappelle le besoin de pouvoir lier et articuler les deux.

Dans un style plus prosaïque vous pouvez aussi lire ici chez Vinvin.

webconsistency