Je vous avais mentionné dans un billet précédent une phrase tirée d’un ouvrage de Pierre Veltz. Je voudrais revenir de manière plus complète sur ses propos.
Preuve à l’appui il nous montre que, dans le contexte de tranformation de l’économie qui est le notre, l’innovation n’est pas seulement ce qui permet aux entreprises de progresser mais également ce qui permet de créer le tissu nécessaire à la compétitivité des territoires. Concrêtement parlant sans un terreau fertile c’est non plus la performance des organisations mais le développement économique des régions qui est en péril. Avec l’impact que l’on devine au niveau “macro” sur notre économie. Le développement de stratégies fondées sur les relations entre les acteurs devient plus important que la localisation de ces acteurs, ce qui permet, si on sait développer les bonnes stratégies, de préserver emplois et création de richesse à la périphérie des centres économiques et plus spécialement dans les régions.
L’innovation n’est donc pas un enjeu que pour l’entreprise qui la met en œuvre mais également pour tout un ecosystème. Alain Juillet ne disait pas autre chose dans cette vidéo que j’ai prise à la dernière convention du MEDEF : coopétition, coopération dans l’utilisation de la connaissance seront les mamelles du développement de nos entreprises. Des dynamiques qui ne sont plus propres à une entreprise mais doivent être partager par un ensemble d’acteurs, et qui permettent justement de servir de levier aux développement de la compétitivité locale.
Je note également que les problématiques qu’il identifie sont plus que jamais d’actualité :
- “ce qu’oublient de nombreuses perpectives futuristes centrées sur les techniques de communication c’est que la matière première n’est pas ici l’information [...] mais l’information, la connaissance mise en contexte, dotée de sens pour l’action.”
- “Toyota affirme que 80% de ses gains de performance viennent de micro-projets, principalement issus des suggestions de ses opérateurs [...]“.
- “Le soft, les capacités d’organisation, l’intelligence des évolutions, compte davantage que le hard“.
Un seul regret. De la même manière que je citais il y a peu un article McKinsey de 1997, en regrettant quelque peu qu’on n’ait pas pris le taureau par les cornes plus tôt, l’ouvrage de Pierre Veltz date de 1994…. Le fait qu’il soit plus que jamais d’actualité est certes à mettre au crédit de son auteur, mais celà soulève également quelques questions, sans parler d’inquiétudes non ?
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