Saurez vous exporter et intégrer vos conversations ? Vous recentrez sur la transaction ?

Le monde du marketing et de la communication a fort à faire avec la consécration du média digital, terme savant utilisé pour parler d’un web qu’on essaie de se réapproprier avant qu’il ne dépasse les leaders d’hier.

Pour beaucoup ce qui révolutionne la chose est le soit disant nouveau “pouvoir” de l’internaute. A mon avis ce pouvoir, qu’il convient toutefois de relativiser car les bonnes vieilles règles ayant la vie dure ce ne sont bien que 1% des internautes qui donnent de la voix et fédèrent les autres autours d’eaux, n’est qu’une composante d’un basculement plus global sur la localisation même du point de contact entre la parole de l’entreprise et celle de son environnement.

On a pas attendu le web 2.0 ou les medias sociaux pour parler des entreprises et de leur produit dans leur dos. Autour d’un café, dans la vraie vie tout d’abord. Puis sur des forums. Ensuite, seulement, sur les médias sociaux. Ce qui change et complique sérieusement la vie de l’entreprise n’est pas tant que l’internaute parle, c’est la dispersion des discussions qui les rend quasi impossible à recenser et suivre dès lors qu’elle décide de jouer ce jeu nouveau. Une dispersion qui n’est pas une mauvaise chose lorsqu’on sait s’en servir mais qui donne des migraines si on ne conçoit la communication d’entreprise que comme quelque chose de centralisé.

La dispersion peut en effet être un atout. Les (rares) entreprises qui ont su utiliser le “buzz” à bon escient en sont un exemple. Celles qui ont recours au crowdsourcing également même si on peut aller beaucoup plus loin en la matière. En effet, si une chose est certaine, c’est que l’internaute ne se laisse plus attirer sur un site d’entreprise. Par contre il reste ouvert au message et à la discussion dès lors qu’on le suit sur son terrain et que le sujet l’intéresse. C’est désormais sur Facebook, Linkedin et autres réseaux de ce type (voire les blogs mais ça demande un brin de ciblage) qu’il faut s’adresser au public, surtout si plutôt que de déverser un message on a l’intention de lui demander son avis, sa participation.

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Faut il un pilote dans l’entreprise (2.0) ?

Tout est parti de ce billet provocateur de Michael Idinopulos. Son message est relativement simple, clair, compréhensible. Partant du principe que l’entreprise 2.0 repose sur des intéractions en réseau, que les dites intéractions nécessitent une masse critique non seulement en raison de la Loi de Metcalf mais aussi parce que par définition on ne sait au départ de qui on aura besoin à un moment donné, il en conclut que dans une perspective entreprise 2.0 les habituels pilotes mis en place par les entreprises n’ont aucun sens et ne permettent pas de démontrer quoi que ce soit.

Une prise de position qui a entrainé nombre de réactions sans qu’aucune solution tranchée n’émerge vraiment (voir les réactions au post de Steven Walling ainsi que les résultats de son sondage). Au final il semble que bien qu’une phase d’apprentissage, de découverte, soit nécessaire, les avis diffèrent quant à ses modalités. Ou, dit autrement, tout le monde est à peu près d’accord mais on diverge sur les points de détail voire sur la manière dont on formule les choses.

Qu’est ce qu’un pilote ?

Qu’est ce qu’un pilote ? C’est un projet permettant de tester sans trop de risque et sur un périmètre restreint les points clé de quelque chose qu’on désire mettre en application de manière plus large dans le futur. Ou, plutôt, c’est la manière dont on a généralisé le contenu d’un pilote. Si, on se concentre sur l’objectif il s’agit d’apprendre à valider quelque chose de nouveau, apprendre à le maitriser, en appréhender les risques et les limites. Dans le contexte de beaucoup de choses qui se sont faites par le passé, la définition donnée un peu plus haut est totalement pertinente par rapport au but car, au final, la seule chose qui différencie le pilote du projet final est le dimensionnement, la scalabilité. Dans un système reposant sur la transaction il suffit de vérifier que le processus fonctionne pour 10 personnes, ensuite le faire fonctionner pour 100, 1000 ou 10 000 n’est qu’une question d’infrastructure.

Conversationnel ou transactionnel ? Deux logiques différentes.

Ce qui est nouveau dans le domaine de l’entreprise 2.0 en tant que projet informatique c’est sa dimension humaine, peu transactionnelle, peu prévisible et le fait qu’il repose sur un réseau d’individu. Autrement dit ça n’est pas parce que quelque fonctionne avec 10 personnes que ça fonctionnera avec 1 000. Mais surtout, cas le plus fréquemment rencontré : quelque chose qui ne fonctionne pas avec 10 ou 100 personnes peut parfaitement fonctionner avec 1 000 ou 10 000. Si internet n’avait que 1000 utilisateurs les réseaux sociaux tels qu’on les connait n’existeraient peut être pas, la probabilité pour chacun de trouver son réseau, son audience en phase avec ses problématiques ou envie devenant d’un seul coup très faible.

Il existe également un autre point qui est loin d’être anecdotique : on peut tester une application transactionnelle “à blanc”, en lui injectant des données et voyant ce qu’il en sort. Une application plus “conversationnelle” ne peut être ainsi mise en salle blanche, déconnectée de la réalité opérationnelle. Isolée des préoccupations quotidiennes de manière à ne rien impacter,  elle ne peut donner aucune preuve ni piste quant à son utilité et son efficacité future.

Le but du pilote s’applique donc à l’entreprise 2.0 (tout du moins à sa composante logicielle) mais ses modalités doivent certainement être revues pour rester cohérent avec le but poursuivi dans le contexte spécifique des applications 2.0, notamment ce qui concerne le dimensionnement et le positionnement par rapport aux besoins et objectifs quotidiens des collaborateurs.

Une bonne synthèse de ce que doit être un pilote 2.0 une fois ce contexte pris en compte peut être trouvée dans le commentaire de Claire Flanagan. Un commentaire qui prend d’autant plus de poids lorsqu’on voit les résultats du pilote actuellement mené par la dame.

Un pilote n’est pas un explorateur

Un pilote sert à valider, à affiner la compréhension qu’on a d’une problématique, et à se donner les outils nécessaires pour….piloter le projet une fois qu’il sera généralisé. Dans notre contexte il importe donc qu’il existe une masse critique d’utilisateurs et que le dit pilote ne soit pas confiné en salle blanche et isolé de la réalité du quotidien. En tout état de cause cela impose qu’on ait déjà une idée de ce dont quoi on parle, de ce à quoi ça va servir, des changements préalables au projet et de ceux qui risquent d’en découler.

Lorsqu’on confine un pilote à quelques personnes et qu’on le coupe du monde, c’est souvent qu’on ne sait pas trop ce qu’on va faire, ce que permettent ou non les outils, quel peut être leur apport et leur impact au quotidien, ce qu’ils permettent de changer et le changement préalable nécessaire. C’est une phase de découverte des outils et des concepts sans rien d’opérationnel qui, comme cela a été expliqué plus haut, ne peut rien permettre de prouver. Cela permet, au mieux, de comprendre si tant est qu’on arrive à appréhender l’étendue des possibles avec un périmètre si restreint. Mais dans ce cas il ne s’agit pas d’un pilote mais plutôt d’un explorateur qui a vocation à défricher le terrain. C’est une composante de la nécessaire et trop souvent oubliée (ou expédiée) phase de réflexion stratégique amont mais, au final, en aucun cas un pilote. Et lorsqu’on attend d’un “explorateur” la même chose que d’un pilote on est nécessairement déçu par le résultat final.

S’il importe donc de prendre en compte les spécificités du paradigme 2.0 dans la mise en place de pilotes, il ne faut pas non plus appeler pilote ce qui n’est qu’un élément de la phase d’exploration et de compréhension préalable à celui-ci, qui sert à défricher avant de lancer le pilote, qui permet de comprendre  pour éviter de mal entreprendre.

En attendant vous pouvez également lire ce qu’en pense Steward Mader.

L’entreprise 2.0…dernière étape avant l’économie du projet ?

Il y a quelques mois je me demandais si nous n’étions pas sur la route d’une externalisation inéluctable des fonctions non structurantes de l’entreprise, ce qui entrainerait paradoxalement de mettre la création de valeur hors de l’entreprise pour se contenter de gérer son utilisation en fonction des besoins. Je ne dis pas que ce modèle me séduit, loin de là. Je me suis contenté à cette occasion de laisser mon raisonnement aller à son terme quitte à arriver à une conclusion qui ne présente pas que des avantages, loin de là. Question d’objectivité.

On m’a rappelé cette note dernièrement en me disant : “c’est plus réel que tu ne le penses, dans les grandes entreprises si on mesurait les ressources utilisées par le système, voire à contourner ou se battre contre ce dernier, comparativement à celles utilisées pour produire on ferait une crise cardiaque”. Venant d’un ami controleur financier adepte du contrôle absolu cela m’a laissé pensif.

Revenons sur le modèle d’organisation proposé par l’entreprise telle qu’elle se dessine dans le futur (peu importe comment on la nomme). Ayons un regard sur le modèle d’engagement proposé par les “digital natives” qui relève davantage du partenariat que du salariat stricto sensu. Regardons enfin la loi de Coase (la taille des entreprises est proportionnelle aux coûts d’acquisition…hors qu’en est il des couts d’acquisition de l’information aujourd’hui ?) dont je trouve qu’elle s’applique plus que jamais, mais pour une fois dans le sens du régime et non du surpoids de l’entreprise. Et pour finir regardons ce qui se passe chez innocentive par exemple, voire, plus près de chez nous, chez Expert-Desk (voir aussi ici). [Read more...]

La wikinomie entrainera-t-elle une nucléarisation de l’entreprise ou abolira-t-elle ses frontières ?

Comme je vous l’ai déjà dit j’ai eu la chance d’assister à la présentation par Don Tapscott de la version française de son livre Wikinomics : Wikipédia, Linux, YouTube… Comment l’intelligence collaborative bouleverse l’économie. Moment fort intéressant tout autant que les conversations avec l’auteur : en effet quand on regarde ce que Tapscott a pu écrire depuis des années force est de reconnaitre qu’avant même que les sujets afférents aux réseaux sociaux, aux “digital natives” et au web 2.0 ne deviennent à la mode, il avait déjà compris et expliqué les enjeux auxquels nous devrions faire face un jour, et avec parfois dix ans d’avance.

Je vais ici m’attarder sur un concept clé mis en évidence par la réflexion de Tapscott et essayer d’en envisager les implications profondes : l’implication d’acteurs extérieurs à l’entreprise dans un processus de collaboration de masse. [Read more...]