Le réseau social n’est pas (qu’) un outil de communication d’entreprise

Résumé : le réseau social est un fantastique outil de communication et c’est à ce titre que beaucoup d’entreprises essaient de lui trouver une place dans le paysage de leur intranet. Ce qui n’est pas sans semer une certaine confusion car le RSE n’est pas un outil de communication au sens “corporate” du terme, ne vise pas le même type d’intéraction ni les mêmes acteurs. Au final, les directions de la communication sont hésitantes et mal à l’aise entre le potentiel de l’outil d’une part et leurs enjeux qui ne peuvent faire l’objet de certains compromis d’autre part. La solution passe par une compréhension de la manière dont articuler la sphère du “user generated content” et celle du message d’entreprise car si mélanger les deux est source de confusion voire d’inefficacité, combiner peut permettre des synergies intéressantes au sein de ce qui sera l’intranet 2.0 qui adresse sans compromis les besoin de toutes les parties prenantes.

 

Je voudrais parler ici de ce qui me semble être un des plus grands malentendus au sujet des réseaux sociaux d’entreprise : son rôle dans la communication d’entreprise. Puisqu’il s’agit d’un outil de communication et que parfois son pilotage échoit à la direction du même nom, il y a au moins deux raisons pour qu’on s’échine à faire passer la communication de l’entreprise par le tuyau du réseau social….avec des fortunes très diverses et des maux de tête assurés.

Mettons quelques choses au clair avant tout :

• Un réseau social est un outil permettant la communication, ou plutôt les échanges, entre salariés. Vous allez me dire que le PDG peut avoir son blog sur le réseau…et c’est juste. Mais c’est pour avoir une forme d’échange personnalisée et humanisée qui ne dispense en rien l’entreprise de continuer à délivrer son message de manière plus formelle par ailleurs. Idem pour tout “média” d’une personne dans l’entreprise. Si on admet que le blog du PDG reste le blog du PDG, plus on s’éloigne du sommet moins il y a de lien entre la fonction et le média. Bref, ici c’est une personne qui parle et pas l’entreprise. La preuve, la personne peut partir ou changer de poste, PDG ou pas….

• La communication d’entreprise est par définition quelque chose de descendant ayant vocation à délivrer un message uniformément à tous ou à une population donnée. Ce qui n’empêche pas qu’on imagine que cela donne lieu à discussion…ou pas.

En résumé l’un est E2E (employee to employee), l’autre est B2E (business to employee). Dans un cadre c’est un individu qui parle, dans l’autre l’entreprise ou une de ses fonctions, parfois par le biais d’un porte parole ou de sa direction mais qui ne tire son droit à la parole que de sa position là où l’autre la tire du fait même qu’il est salarié ou qu’on lui reconnait une expertise quelconque.

Alors on parlera du nécessaire impératif d’humaniser la communication officielle, de la rendre plus conversationnelle afin de favoriser l’engagement, d’être plus explicitée, de se doter d’un canal de feedback etc… Et alors ? L’un n’empêche pas l’autre. [Read more...]

Le web ne transforme pas le collaborateur en producteurs de contenu, sa fiche de poste oui

Au fil du temps il me semble de plus en plus clair que ce qui a créé un fossé net empêchant la transition du web 2.0 vers l’entreprise 2.0 est que nombre de vérités du web ne sont tout bonnement pas transposables de l’entreprise. On s’est ainsi retrouvé avec une tonne de mythes auxquels il faut tordre le cou avant d’attaquer les choses sérieuses. C’est un enjeu réél car entre les craintes injustifiées d’un coté, et les faux espoirs de l’autre, cela donne des projets bancaux où l’effort est mis sur des “non sujets” en laissant de coté des sujets stratégiques parce qu’on pense que ça arrivera tout seul.

On estime souvent que le collaborateur est une machine à générer du contenu, des données, et que c’est un pilier sur lesquels s’appuyer pour construire une organisation nouvelle, plus collaborative et efficace. Et pourquoi ? Parce que le web a transformé  le consommateur en producteur et que, nécessairement, cela va impacter la manière dont il se comporte au travail.

As social tools begin to shape workers’ expectations for how they get things done, it raises expectations for how they collaborate and communicate and participate in content development,” said Nielsen Norman Group user-experience specialist Patty Caya. “The social Web has turned consumers into producers and this will impact how they work.” (source ici)

Je ne doute pas qu’il s’agisse là d’une transformation profonde qui impactera profondément ce que sera le futur. Mais soyons clairs, pour les entreprises qui sont face aux réalités d’aujourd’hui et doivent composer avec ce contexte pour avancer, c’est une certitude avec prendre avec beaucoup de précautions. Voire à ne pas prendre en compte du tout. [Read more...]

L’entreprise 2.0 et le mythe de la création de contenu

Le carburant du web 2.0 est le “user generated content” (ou UGC) et, logiquement, on se dit qu’il en ira de même en entreprise. Logique : lorsqu’on érige comme principe de connecter les individus à l’information et les individus entre eux via l’information, on comprend vite que l’existence d’une information publiée et partagée est le pivot des nouvelles formes d’intéractions que l’entreprise veut faire émerger.

Voilà pour le coté “expert”. Parce que coté entreprise ça n’est pas si simple. Je ne parle pas de créer et utiliser les contenus, je parle de la notion de contenu elle même.

On dit que les collaborateurs génèrent beaucoup de contenus. C’est vrai. Qu’ils en généreront de plus en plus. C’est également vrai. Qu’il faut les pousser à en générer encore plus. Pourquoi pas. Qu’il faut imaginer tous ces contenus ainsi créés pour comprendre l’impérieuse nécessité pour l’entreprise de basculer vers le cloud computing. Certainement. Mais…

Il en est des contenus comme des discussions : devant des choses ainsi présentées l’entreprise ne voit pas nécessairement son intérêt et le management peut même prendre peur, parfois à juste titre.

Une incompréhension, un malentendu qu’il s’agit de dissiper car sur le fond il n’y a rien à remettre en cause. Et ce sous deux aspects : celui de la formulation pure d’une part, et de l’organisation d’autre part.

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