Le curator : chainon manquant des dispositifs entreprise 2.0 ?

Résumé : en quelques semaines un nouveau concept a fait irruption sur la toile : le curator, qui peut être défini comme un filtre et un diffuseur d’information de qualité et ciblées. Nouveau phénomène de mode ou élément clé d’un dispositif réussi ? Avec un peu de hauteur il semble bien qu’il soit le complément idéal du community manager là où ce dernier n’a pas de sens, l’un s’adressant aux vraies communautés, l’autre à ceux qui veulent l’information sans l’intéraction ainsi qu’à ceux qui ont besoin d’être stimulés pour intéragir. Le curator pourrait donc être la personne qui alimente les “social sceptiques” aussi bien que les discussions des communautés voire le community manager lui-même qui peut avoir besoin de contenus experts pour faire son travail.

Il y a parfois des thèmes qui émergent d’on ne sait où et qui d’un seul coup se retrouvent au cœur des discussions. C’est comme cela qu’une discussion au départ anodine sur twitter avec Anthony Poncier et Benoit Faverial a donné naissance à un débat de fonds qui s’est prolongé tard dans la soirée avec l’arrivée de Xavier Bartholome, Vincent Berthelot et Mark Tamis. Tout cela était fort instructif mais à un moment donné il convient de faire un point un peu plus synthétique.

Pourquoi parler du curator ici ?

Pour la bonne raison qu’il s’agit, à mon avis, d’un levier essentiel à la mise en place des fameux dispositifs 2.0, sociaux ou appelez les comme le voulez dans l’entreprise. Nous allons voir pourquoi dans la suite de ce billet.

Qu’est ce qu’un curator ?

Si, comme pour toute notion émergente, il convient de prendre un peu de recul le temps de dégrossir les choses, on peut dire que c’est une personne qui traite, évalue, contextualise, met en perspective, enrichit et rediffuse l’information.

Je reprend ici le schéma proposé par Anthony

Vous n’auriez pas un mot français pour ça ?

En français la traduction littérale est “conservateur”. Un peu poussiéreux non ? Autant garder “curator” faute de mieux. Par contre il y a quelque chose que  j’aime beaucoup dans l’image du conservateur. Il ne touche pas à la matière première, à l’œuvre, mais la comprend, l’explique, la met en valeur dans tous les sens du terme, que ce soit par son exposition ou le contexte dans lequel elle est exposée. On pourrait dire que son apport est quasiment de l’ordre de la métadonnée ou méta-information.

Quelles différences avec le KM ?

A priori j’en vois trois : la notion de flux, de maturité et d’exclusivité.

• Le curator ne trie pas pour ranger mais pour diffuser. Le KM a fini en remplissage de receptacles là où la “curation’ est davantage dans la diffusion, l’arrosage, l’essaimage. Le curator est donc davantage un filtre et une pompe qu’un méticuleux archiviste.

• Le curator n’adresse pas nécessairement le même niveau d’information que le KMer. On peut penser que le KMer traite majoritairement de l’information mure, validée, consolidée alors que le curator, en plus de cela, est également positionné sur l’émergent et les signaux faibles.

• Le KMer était en quelque sorte le dépositaire de la connaissance, le point de passage obligé. Le curator agit plus par subsidiarité : tout le monde peut faire son propre travail de sourcing et de tri sans passer par lui. Par contre pour ceux qui ne peuvent/veulent/savent pas, il est là pour simplifier le travail.

C’est le travail du veilleur non ?

Ca y ressemble beaucoup. Le curator est à mon avis très proche du veilleur. La différence est, on le verra plus loin, que le curator n’est pas nécessairement “institutionnalisé” et relève d’une logique moins structurée, encadrée et contraignante que la traditionnelle veille. D’autre part le curator peut avoir un niveau de granularité beaucoup plus fin que la veille. Enfin, le curator s’inscrit dans une logique d’instantanéité là où la veille mets souvent du temps à “redescendre”.

A prendre également en compte :

• l’intermédiation. Le curator transmet directement au collaborateur alors que le veilleur passe par l’entreprise de cette entité nébuleuse qu’est l’entreprise avec ses rouages, ses règles, ses contraintes qui pénalisent la réactivité et l’efficacité du système.

• le périmètre : le veilleur ne regarde qu’en dehors de l’entreprise alors que le curator veille également en interne. On le verra également plus tard mais c’est justement le potentiel chainon manquant entre les dispositifs sociaux, communautaire, conversationnels qui n’intéressent que ceux qui y participent et ceux qui ont besoin de l’information qui y est partagée sans avoir le temps, l’envie d’aller chercher…voire qui sont convaincu que rien de tout cela ne peut les aider et tournent de dos au système.

Le curator pourrait être vu comme le facilitateur d’un dispositif de veille “peer to peer” en complément d’un dispositif plus lourd et institutionnalisé. [Read more...]

Apprendre en entreprise : un peu de proactivité s’il vous plait !

Résumé : au rythme auquel les choses évoluent et les savoirs se périment, les collaborateurs ne peuvent plus se contenter de compter sur le bon vieux plan de formation qui n’a plus vocation qu’à s’adresser aux formations lourdes et structurantes. D’autant plus que tout n’est pas dans l’acquisition de savoirs mais dans la compréhension d’un contexte mouvant dans lequel s’exerce ces savoirs. Au delà de la formation, c’est tout un plan d’éveil et de veille qui a désormais sa place.

S’il y a une chose qui m’a toujours impression, en termes d’ingénierie, c’est la mise en place d’un plan de formation. Evaluation des besoins, des budgets, mise en adéquation, planification etc… Franchement pas un travail très amusant mais Ô combien complexe…et essentiel.

Inutile, en effet, d’expliquer l’importance qu’il y a tant pour l’entreprise que le collaborateur de se tenir à jour et d”évoluer avec les contraintes et attentes de leur environnement. A part un certain nombre de choses assez structurantes, l’essentiel de ce que nous apprenons a en effet une durée de vie qui ne cesse de se réduire.

En plus, une quelconque forme de compétence, de savoir métier n’a pas de sens sans compréhension du contexte. Un recruteur, chargé de projet  communication etc… continuent à faire le même métier depuis des décennies et doivent maitriser quelques basiques indispensables. Par contre, s’ils ont passé les trois dernières années à faire “comme d’habitude”, ils risquent de fort dans un proche avenir (si ça n’est déjà le cas) de se retrouver en grande difficulté par rapport à tous les nouveaux outils et nouvelles pratiques qui émergent.

Et c’est là que le bât blesse.

Notre beau système à un inconvénient majeur : il a mis le collaborateur en position d’attente, parfois d’assisté. Tant que l’entreprise n’a pas dit que… s’intéresser à un sujet ne vaut pas la peine. Si l’entreprise n’a pas dit que le contexte changeait c’est qu’il ne change pas. Et c’est comme cela qu’en 2010 on assiste à un branle bas de combat général parce que le Dircom a dit “on parle de nous sur le web, nous ne maitrisons plus notre message, nous devons rentrer dans les conversations”. Panique générale. Facebook ? Twitter ? “Mais on ne nous a pas dit que c’était important…!”, “Ca peut servir à une entreprise ça ?”…”mais il n’y a pas de formation Twitter sur le plan de formation 2011 !”

Cela me rappelle un ami dans les RH d’un grand groupe. En 2008. “Tu connais linkedin ?”. “Entendu parler”. “Ca ne t”intéresse pas”. “Non parce qu’on ne l’utilise pas”. “Et te demander comment vous pourriez l’utiliser ?”. “Non puisqu’on ne l’utilise pas…ça n’est un outil de l’entreprise…et on a pas été formé à l’utiliser”.

L’entreprise ne peut pas tout faire, ne peut pas suivre le rythme des évolutions de contexte, monter des formations pour tout et rien. Il y a tout un flux d’évolutions permanentes à capter, comprendre, s’approprier sur des cycles tellement courts qu’un système centralisé ne peut répondre à un tel besoin.

Il y a un crédo malheureux selon lequel :

- tout ce qui est hors des usages de l’entreprise n’existe pas. Le monde hors du bureau n’existe pas.

- en cas de besoin l’entreprise nous apprendra à faire.

Mais il y a une part d’éveil, de compréhension, d’anticipation, de connaissance du contexte qui doit venir avant la formation. De plus le mythe du “apprendre à faire” est également dangereux…il faut comprendre ce que l’on fait et pourquoi…ce qui nous ramène au besoin d’anticipation.

Et là les responsabilités sont partagées :

- il existe un manque criant de curiosité des collaborateurs par rapport à leur métier, ses évolutions. Qui n’est pas sans expliquer une peur constante de l’avenir.

- L’entreprise fait tout pour les dissuader d’être proactifs alors qu’elle serait la première à y gagner. Veille, éveil et “awareness” font partie du travail de chacun et limitent le risque de voir, un jour, toute une population se retrouver à coté de la plaque car “elle ne savait pas”, “on ne lui avait pas dit”, “elle n’avait pas vu” que les choses avançaient à toute vitesse et que leur métier se transformait radicalement sur une période de 3 ans.

On ne peut plus se permettre de faire croire aux collaborateurs qu’ils peuvent tout attendre de l’”entreprise providence”. Ils doivent également prendre leur travail et leur avenir en main, veiller, benchmarker, se renseigner, networker. Qu’on leur explique pourquoi, qu’on leur apprenne comment et qu’on ne leur mette pas les bâtons dans les roues.

A coté du plan de formation, un plan d’awareness, d’éveil (de veille ?) a tout à fait sa place  aujourd’hui. Comme je le lisais ici, les savoirs ne sont plus seulement un stock qu’on reçoit mais un flux qu’on capte.

Quelques conseils pour ne plus avoir peur d’internet au bureau

Vous avez peur que vos salariés ne travaillent pas et perdent leur temps à surfer sur internet ? Un raccourci un peu facile qui part du principe qu’ils perdent forcément leur temps lorsqu’ils font ainsi. Mais qui peut ne pas être faux. En fait cela recouvre deux questions.

La première est celle de savoir si vos collaborateurs ont ou non besoin d’internet, ce qui revient à se demander si cela peut devenir un outil de travail ou ne sera jamais qu’un outil de loisirs.

Dans le cas où on aurait répondu positivement à la première question reste de s’interroger sur l’usage. Tout le monde, ou presque, s’accorde à dire qu’il en est du surf comme du cholestérol : il y a le bon et le mauvais. Celui qui sert l’entreprise et celui qui fait perdre du temps.

Là encore il n’existe pas de recette magique mais on peut quand même arriver avec quelque chose avec un peu de bon sens.

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Un bon manager se juge à l’usage que ses équipes font du net

Discours en vogue dans les entreprises : les collaborateurs perdent du temps sur les réseaux sociaux, et même sur internet en général. Il faut donc verrouiller tous les accès.
Si en matière de réseaux sociaux je pense que tout dépend de l’outil et de l’usage, et par conséquent je conseille de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain, je trouve cette attitude plus que regrettable pour ce qui concerne internet en général.

Quels sont donc les motifs invoqués ?

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ICC 2008 ce sera les 13 et 14 octobre

Avec la rentrée vient son petit lot de conférences. Et dans les grands classiques que j’aime retrouver à chaque rentrée il y le salon ICC (Rencontres Innovation, Compétitivité et Connaissance), qui aura lieu cette année à l’Hotel Lutetia, pour la simple et bonne raison qu’il s’agit d’un des trop rares événements où les interventions font preuve d’une réelle compréhension des enjeux à un niveau macro plutot que d’essaier de faire de l’audience avec du “bling bling” sans aucun recul.

Première journée plutot orientée intelligence économique, mais l’évolution de l’entreprise ne va-t-elle pas dans le sens d’une veille économique interne systématisée qui semble être une réponse pertinente aux enjeux de l’économie de la connaissance ?

La seconde journée sera plus orientée vieille et entreprise 2.0.

Profitez de l’excellence du plateau d’autant plus, et c’est assez rare pour le souligner, il s’agit d’un évènement gratuit.

Par ailleurs, ceux qui avaient apprécié mon article sur l’innovation chez Finaref pourront en profiter pour écouter Carlos Diaz revenir sur ce cas.

Dans un futur billet quelques mots sur la web 2.0 expo de Berlin pour laquelle je vous properai des inscriptions à prix préférentiels.

Pour diminuer le risque lié à l’innovation il faut…prendre beaucoup de risques

Il est désormais de nombreuses choses relatives à l’innovation à propos desquelles tout le monde est objectivement d’accord. Objectivement, car certains peinent encore à mettre en pratique ce qu’ils pensent de la question. Bien sur on parle souvent de peur, d’inertie, de résistance au changement…mais tout cela ne viendrait il pas, paradoxalement, d’une mauvaise compréhension des raisons mêmes qui poussent à innover.

Avant tout, quelles sont ces points vers lesquelles convergent un grand nombre d’opinions aujourd’hui ?

- l’innovation est (et sera de plus en plus) un facteur clé de performance et une source d’avantage concurrentiel unique. Il faut en augmenter sans cesse le rythme et la quantité.

- L’innovation ne concerne pas que les produits : elle concerne aussi la manière dont on fait les choses, dont on travaille, dont on manage ses équipes.

- L’innovation peut être une vraie nouveauté comme une simple amélioration aux effets parfois phénoménaux.

- L’innovation n’est pas l’apanage d’une élite, ou tout du moins d’un petit nombre qui en aurait seul la capacité présumée : elle doit être distribuée dans l’entreprise.

- L’innovation demande une accélération du métabolisme de l’information dans l’entreprise ainsi qu’une meilleure exploitation de ses réseaux informels internes.

Mais il n’en reste pas moins que rares sont les endroits où l’on tire toutes les conséquences de ce qui précède. Et ce pour une raison qui semble évidente : tout cela est fort risqué. Raison objective ou idée reçue ? [Read more...]

Comment développer la veille concurrentielle

Pour vous distraire ce week end un petit slide show sur la veille concurrentielle. Pour l’entreprise savoir ce qui se passe, ce qui se dit, ce qui se fait est une arme dont on ne peut plus se passer. Se contenter d’un “service dédié” et refuser d’utiliser cette immense machine à capter l’information qu’est la masse des collaborateurs est pour le moins dommage.

Je remarque donc que le procédé mis en avant ici repose sur différentes phase dont une qui fait appel aux expertises de l’entreprise (qui sont elles, où sont elles, comment les identifier et les mobiliser, commenter les confronter pour enrichir l’information brute ???), que les sources évoquées font la part belle au social computing, que face au volume d’information il faut se doter d’une stratégie adaptée, et que le professionnel de la veille est forcément quelqu’un de connecté (à l’information mais également aux individus).Maitrisée par des experts dédiés, la veille ne pourra qu’être distribuée, collaborative et, surtout, participative.

Le social computing : un moteur pour la veille

Tout le monde l’a compris, la veille est un enjeu stratégique pour l’entreprise. Ceux qui ne l’ont pas forcément compris risquent de ne plus être là pour en parler demain.

Mais la veille c’est difficile : tellement de sources, comment trier, comment réutiliser l’information… les entreprises qui se sont dotées d’un service ad-hoc savent qu’on ne mettra jamais assez de ressources pour répondre à cet enjeu. Face à la certitude de ne jamais pouvoir en faire assez, émerge peu à peu l’idée selon laquelle ce travail pourrait être en partie “distribué” au sein de l’entreprise.

Un autre aspect est souvent relégué au second plan alors qu’il est essentiel : la veille ça n’est pas seulement glaner des informations à l’extérieur mais également à l’intérieur même de l’entreprise. [Read more...]

La surcharge informationnelle est un mythe

surchargeOn l’appelle aussi infobésité et elle est la cause de tous nos maux. Elle met sous stress celui qui ne fait pas gérer un tel volume d’information, elle est source de perte de productivité, et sa croissance se fait de l’avis de tous à qualité décroissante. Le mal est tellement profond que la lutte contre l’infobésité est une cause partagée des managers, DSI, RH…en bref de tous ceux qui sont intéressés au bon fonctionnement de l’entreprise.

Surcharge informationnelle. Vous y croyez, vous ? Parce que pour être franc je n’ai aucunement l’impression d’être surchargé d’information, bien au contraire. D’ailleurs je serais fort satisfait que l’on me donne des moyens d’en avoir encore plus. Primo je manque d’information, Secondo je suis certain que si j’en avais plus je gagnerai beaucoup de temps. Et je pense même que mon cas, loin d’être unique est plutôt une généralité.

Notre problème n’est en aucun cas la surcharge informationnelle qui n’est qu’une vue de l’esprit. Ce n’est pas l’information qui nous sature mais les données. Ce n’est pas qu’un simple changement de terminologie opéré par un tour de passe passe. Passer de la donnée à l’information peut entrainer des remises en cause non négligeables de pas mal de certitudes. [Read more...]

La veille sociale vous connaissez ?

images.jpegFaire de la veille sociale c’est identifier “des gens qui….”. Cela suppose d’avoir des critères d’identification et donc que l’individu émette des signaux susceptibles de le rendre identifiable. Beaucoup de nous émettons ce type de signal en tenant un blog, publiant nos favoris, nos photos etc. On peut dès lors facilement identifier une personne compétente sur un sujet, qui s’intéresse également à un autre et (pourquoi pas) pratique le même sport que soi.

Quels sont les utilités et les enjeux de la veille sociale ? Est elle limitée à la sphère privée ou s’agit il de pratiques à importer en urgence dans le monde de l’entreprise ? [Read more...]