Quand l’excès de gouvernance mène à la non gouvernance

Le sujet de la gouvernance des systèmes d’information est d’autant plus capital qu’il s’applique à ce qui constitue l’épine dorsale du fonctionnement de l’entreprise. On n’est jamais efficace, en effet, que lorsqu’on sait quelle est la ligne directrice à long terme, ce qui est permis, ce qui ne l’est pas, la philosophie SI interne. Difficile en effet d’être optimal lorsqu’on ne connait pas les règles du jeu.

Avec l’arrivée du web dit 2.0 dans l’entreprise, la gouvernance connait une seconde vie avec des outils davantage orientés usages/utilisateurs ce qui nécessite une concertation plus large quant à leur mise en place et leur adoption. Ce qui fait, d’ailleurs, qu’une DSI participe pleinement au projet de l’entreprise en se positionnant en centre de service plutôt qu’en centre de coût. Remarquez que c’est une attitude qui n’est pas propre qu’aux projets impliquant du “2.0″.

Quoi qu’il en soit de tels projets ne peuvent que s’inscrire dans le cadre de la gouvernance mise en place dans l’entreprise. C’est là que le bât blesse souvent. Bien entendu je parle de cas suffisamment extrêmes pour être éloquents et ne mets en aucun cas tout le monde dans le même sac. A chacun d’estimer sa propre situation.

Deux cas sont fréquents :

• Faire rentrer les nouveaux outils dans la gouvernance actuelle : ce qui revient à faire rentrer des carrés dans des ronds. Faible personnalisation par l’utilisateur, fonctionnalités dégradées en fonction des rôles, aucune action sans validation hiéarchique etc… vous comprenez bien que ça ne peut pas fonctionner.

• Faire évoluer la gouvernance en fonction de ces nouveaux outils : bonne solution. Mais si on élabore la nouvelle gouvernance avec des principes tels que “limiter l’autonomie de l’utilisateur”, “l’utilisateur est un danger pour le système”, “l’autonomie dans l’utilisation dépend de la position hiérarchique” etc…. ceux là même qui ont ont amené aux règles précédentes, et bien on en arrive bizarrement aux mêmes règles.

On ne “gouverne” que ce qu’on comprend. Le manque de compréhension entraine la peur qui entraine logiquement la mise en place de règles les plus strictes possibles. Il intéressant de se rendre compte que les règles les mieux adaptées sont celles qui sont édictées par ceux qui ont essayé de s’immerger dans quelque chose de nouveau et de le comprendre en amont. A l’inverse de ceux qui essaient de réglementer ce qu’ils ne comprennent pas, ce qui leur est inconnu, qu’ils n’ont pas essayé de comprendre. Dans ces cas réglementer devient rapidement “se protéger contre”.

Cela ne semble pas dommageable outre mesure, après tout chacun est maitre chez soi et est libre, par excès de certitudes, de passer à coté de quelque chose. Ce qui vaut surement mieux que faire n’importe quoi en pensant pouvoir s’affranchir de certaines questions d’ailleurs. Mais le danger devient alors plus insidieux : les exemples de collaborateurs, d’équipes qui ont ouvert des plateformes de travail (ou détourné un outil grand public pour utilisation professionnelle) sont légion. Et là tout échappe à toute forme de régulation, tout se fait “sous le radar”. Créer et administrer son SI en ligne est désormais à la portée de quasi n’importe qui.

Autant dire qu’il faut éviter qu’une gouvernance inadéquate mène à la non gouvernance.

Gouverner c’est prévoir. Mais prévoir c’est également comprendre. Donc pour bien gouverner il est important de prendre le temps de comprendre.

Un dernier points pour finir : on peut se pencher sur le web grand public pour comprendre, mais il faut également se mettre dans la perspective d’une professionnalisation des usages et comprendre que le collaborateur a une attitude plus responsable que l’internaute. On peut d’ailleurs, dans le cadre d’une gouvernance bien conçue, confier ce rôle de professionalisation à une équipe “experte”, garantie que la dite gouvernance sera mise en oeuvre et expliquée, qu’elle sera perçue comme un cadre stratégique et non comme un un cadre coercitif. Et pour les praticiens avides de rentrer dans le vif du sujet, je vous renvois à cet excellent article de Ross Dawson.

L’impossible modélisation de l’entreprise sociale en tant que telle.

J’ai beaucoup aimé le travail de Jeremiah Owyang sur la construction du web social et j’ai été emballé par la discussion que nous avons eu à ce sujet lors de son dernier passage à Paris. Je m’étais interrogé alors sur l’application d’un tel modèle à l’entreprise. Le genre de challenge intellectuel qu’on se fixe pour son plaisir personnel sans trop se demander si c’est utile par ailleurs.

Je suis rapidement arrivé à la conclusion qu’un tel modèle ne pouvait s’appliquer à l’entreprise.

Car finalement, modéliser le web social revient à modéliser le web lui-même. En effet, le web social est la vocation profonde du web. A sa naissance le web avait vocation a devenir ce qu’il est en train de devenir. Analyser le web social revient donc à pratiquer une analyse à deux niveaux : la technologie et les comportements. Ce que me rappelait justement Jeremiah en me disant que son rapport visait les comportements individuels, pas les entreprises. Ces dernières ayant le choix entre sauter dans le train ou rester à l’écart.

Par contre si le web social est le devenir naturel du web, l’entreprise sociale n’est pas le devenir naturel de l’entreprise. Nul besoin d’une démonstration trop longue : ce qui s’est passé, se passe et va se passer sur le web est sous-tendu par l’attirance naturelle de l’internaute vers certains comportements. Ces comportements, même lorsqu’ils sont rendus nécessaires par des nécessités de performance organisationnelle, même lorsque l’entreprise donc enfin les promouvoir, sont tout sauf naturels au sein des organisations.

Disons, en résumant, que si on ne fait rien le web deviendra social. A l’inverse, pour que l’entreprise le devienne il faut beaucoup d’efforts. Si on considère que les membres d’une entreprise (ou de toute forme d’organisation) et les internautes ne sont qu’une seule et même personne, la question vient, une fois encore, de variables externes qui ne sont ni les hommes ni la technologie mais ce qui les conditionne.

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Le web 2.0 a transformé la fracture numérique en fracture sociale

La fracture numérique a été et est toujours une réalité, même dans nos nos pays occidentaux industrialisés. Peut être devrait on d’ailleurs en finir avec cette expression de “pays industralisés” pour évoquer les “pays informatisés”, une réalité beaucoup plus en phase avec notre époque. Certaines mauvaises langues vous diront par ailleurs que c’est d’avoir fermé les yeux sur ce changement de statut qui a fait qu’on s’est retrouvé en 2009 avec des models industriels datant d’une autre époque appliqués à une économie du “soft”, de la connaissance, avec les conséquences que l’on sait.  On pourrait disserter sur les destins croisés de Google et GM, symboles d’un mode qui se transforme mais ça n’est pas le sujet ici, revenons donc à notre fracture numérique.

Au départ, si je ne m’abuse, elle était définie comme liée aux inégalités d’accès à l’outil informatique. Il y a ceux qui y avaient accès, et les autres. Avec les opportunités que l’on imagine pour les premiers, qui ont pu se faire la main et monter en puissance au fur et à mesure que l’industrie de l’informatique puis l’industrie du web gagnaient en maturité alors que les seconds ont du d’un seul coup de mettre à courir un beau jour pour rattraper le retard accumulé. Et beaucoup courent encore.

A titre d’exemple, pour ma génération, je vois la différence entre ceux qui ont eu leur premier ordinateur vers 1985 à l’age de 10 ans, on découvert le web avec un modem 56k en 1995 et ont continué sur cette lignée et ceux qui ont attendu 1997 pour leur premier ordinateur et 2000 pour se connecter. A l’arrivée il n’y a pas photo.

Quoi qu’il en soit, à l’époque les choses étaient claires : il y a ceux qui pouvaient s’offrir un ordinateur (ou demander à leurs parents) et les autres. Parmi ceux qui pouvaient il y avaient ceux qui voulaient et ceux qui n’en voyaient pas l’intérêt. Puis ceux qui ont pu accéder au net d’abord en RTC, puis en cable et ADSL et ceux pour qui la technologie n’était pas disponible dans leur ville ou inabordable pour eux. D’où cette fracture.

Aujourd’hui l’étude du phénomène web 2.0 tant chez les particuliers que dans les entreprises nous montre que la fracture numérique change de nature. Ce qui ne sera pas sans impact sur les moyens à employer pour la réduire.

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Les trois dimensions de l’entreprise 2.0

Beaucoup de choses sont dites sur l’entreprise 2.0, sur ce que c’est, ce que cela implique.  Avec une gradation très différente, selon les centres d’intérêt de chacun. D’un extrême à l’autre on va d’une vision purement utilitaire (mettre de nouveaux outils à disposition) à un big bang culturel (nouvelle philosophie de l’organisation voire de l’économie, valeurs éminemment centrées sur l’humain).  Une extrémité du spectre rassure même si l’efficacité de la vision en question n’est pas démontrée à mon avis, l’autre inquiète franchement l’entreprise. Sans qu’on puisse jamais affirmer qu’aucune soit spécialement pertinente ou inadéquate : il y a un brin de vrai partout que chacun trouve en fonction de sa sensibilité personnelle.

Tout cela n’aide pas vraiment les entreprises à avancer, elles qui sont en quête de certitudes et de garanties. Qu’en est il vraiment dans les faits ? Que faut il croire, à quoi doit on se raccrocher pour avancer ?

Il y a, pour moi, trois dimensions à retenir dans l’immense diversité des discours sur le sujet. Libre à chacun de les mélanger ou pas : elles peuvent s’appliquer de manière autonome ou conjointement.

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Le RSS en entreprise est il mort avant d’avoir vécu ?

En vertu d’une tradition centenaire dont le monde de l’internet ne fait qu’accélérer et les cycles et qui veut qu’on brule ses idoles avec autant d’ardeur qu’on a pu les aduler, il n’est pas une semaine sans qu’on annonce la mort d’une technologie nouvelle ou ancienne. A l’honneur cette fois ci : le RSS (on parlera bien sur du mail et des portails dans de prochains épisodes mais à chaque semaine suffit sa peine).

Lee Bryant s’est fendu d’un très bon billet sur le sujet. Un billet qui dit suffisamment de choses sensées pour qu’il n’y ait pas besoin de revenir dessus. Ce qui me permet de me focaliser sur deux points qui à moi me semblent également importants : l’utilité même du RSS et son éventuel remplacement par des outils de microblogging incarnés dans la conscience collective par Sa Majesté Twitter.

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Des 5 époques du web social à la transformation des organisations

J’ai eu la chance de rencontrer Jeremiah Owyang lors de son récent passage à Paris. Il nous a présenté son rapport sur le futur du web social. S’en est suivi une séance de questions / réponses puis nous sommes allés prendre un verre en ville, l’occasion de poursuivre la conversation.

Une chose intéressante que je pressentais et dont j’ai eu confirmation est la spécificité du questionnement des européens en général et des français en particulier sur les questions liées à la confidentatialité. Jeremiah à d’ailleurs lancé la conversation sur son blog. De manière générale, et j’ai eu l’occasion d’aborder la question à quelques reprises avec des confrères allemands, il me semble évident que la question de l’adoption des médias sociaux hors et dans l’entreprise dépend largement de phénomènes culturels. Culture locale sur le web, culture d’entreprise et culture locale en interne même si dans le cas de l’entreprise le fait de devoir obtenir des résultats ensemble, résultats sur lesquels on est évalué, permet parfois de forcer le verrou culturel. La langue compte également. C’est un sujet que je traiterai d’ailleurs d’ici peu, le temps de me replonger par ailleurs dans les travaux de Gert Hofstede pour ce qui est de la dimension intra-entreprise. Pour l’externe un brin de bon sens suffit à expliquer nombre de choses.

A un moment de la présentation Thierry De Baillon m’a devancé en posant “la” question : comment ces “5 époques” s’appliquent elles en entreprise. Réponse de Jéremiah : je ne m’occupe que de l’externe.  Un point que j’ai pu approfondir avec Jeremiah plus tard dans la soirée.

Le propos de Jeremiah est on ne plus plus sensé : c’est le comportement des internautes, des consommateurs, et l’entreprise doit s’adapter pour suivre. J’ajouterai alors un point : pour suivre le consommateur dans ses nouveaux comportements et adopter les stratégies adéquates vers l’externe, l’entreprise va devoir changer profondément en interne également. Et ce pour plusieurs raisons :

• efficacité : on ne peut avoir la culture, la vision et mettre en œuvre les projets qui permettront de réussir à l’externe s’ils sont en contradiction avec ce qu’on est et la manière dont on travaille en interne. Il y aura un moment où l’élastique cassera, où les collaborateurs ne seront plus en mesure de satisfaire le client.

• crédibilité : tout se sait, tout se dit. On ne peut être engagé dans des dynamiques sociales avec le marché et les clients d’une part et avoir un mode de fonctionnement qui isole l’individu et nie sa spécificité en interne. Le simple fait que le marché apprenne, comprenne comment l’entreprise fonctionne, comment sont traités les collaborateurs, à quel point organisation et management ne sont pas en phase avec la promesse commerciale ruinera tous les efforts entrepris vers l’externe. Vous embaucheriez un boureau comme babysitter ? CQFD. J’ajouterai que l’impact serait catastrophique sur les collaborateurs qui n’accepteront à coup sur pas d’être infiniment moins considérés que les clients, voire d’être complices de ce qu’ils considéreraient comme une mascarade. Impact sur le climat social et la motivation garanti.

• sociologie : vos futurs collaborateurs sont également les acteur de ce web social en construction une fois qu’ils passent la porte de l’entreprise. Pas surprenant qu’avec le temps ils importent leurs pratiques au sein de l’entreprise.

Bref, l’entreprise va devoir s’adapter à la réalité du web social, s’articuler avec lui. L’enjeu : éviter de perdre ses clients et démotiver ses collaborateurs. On a vu meilleur cercle vertueux. Ce qui m’amène justement à m’intéresser à cette articulation…à aux 5 phases de l’entreprise sociale. A votre avis que pourraient elles être ?

Merci à Gil Yehuda de m’avoir fourni ce petit guide pour commencer à avancer.

Mon Webcom 2009 en quelques mots

Vous en avez certainement eu une idée si vous avez la patience de suivre mes twitts d’hier mais avant de détailler tout cela dans de futurs billets voici ce qui m’a marqué lors du webcom qui vient de s’achever. Quelques pensées, idées, coups de cœur en vrac

• Ne pas refuser l’anormalité car elle préfigure la normalité de demain, et ce d’autant plus que les cycles qui permettent de passer de l’un à l’autre sont de plus en plus courts. Il faut au contraire la comprendre. Derrière cela tout est encore question de culture et de son impact sur les modes de prise de décision et la performance organisationnelle.

• L’”open” est le futur. Open stack, open mesh, open social. Oui mais il y a des cas ou je pense que l’open est contre productif, voire dangereux. Mais il s’agit du meilleur (et seul ?) moyen de lutter contre l’éclatement de la personne sur les plateformes sociales, privées et professionnelles et de passer d’un monde centré sur la plateforme à un monde centré sur l’individu. Tout a vocation a être open et portable. Tout ne doit toutefois pas l’être. Vers une open gouvernance nécessaire ?

• La transformation du modèle pyramidal en réseau. Ca tombe bien j’en parlais ce matin. Mais cela ne se fait pas au petit bonheur la chance et une phase d’analyse préalable est nécessaire. Sur ce point j’ai simplement été bluffé par les présentations de Jessica Lipnack de Netage et l’utilisation de l’Orgscope. Une démarche à mon avis indispensable pour penser un projet entreprise 2.0 sachant que quoi qu’on en dise il doit s’articuler sur la structure réelle de l’entreprise et son objectif qui est l’execution des tâches productives. Mais encore faut il savoir comment elle se font réellement.

• Puis les grands classiques : l’entreprise fait face à des challenges qui lui imposent d’adopter de nouveaux outils. Même si elle n’est pas récente pour ceux qui le connaissent, l’approche de Claude Malaison fondée sur des éléments démographiques, sociologiques et les dynamiques intergénérationnelles est toujours aussi pertinente. En tout cas plus que le rêve 2.0 qui arrive tout seul et qui produit des miracles au quotidien sans effort et par hasard. Autre point traditionnel, l’importance de l’”open innovation”, ou innovation ouverte et participative sur lequel Innocentive fait référence à juste titre au regard de son expérience.

• Et une petite touche familiale pour finir. La très raffraichissante intervention de Cyrille de Lasteyrie (CEO de Hellotipi) a eu un double intérêt. Celui de montrer qu’on pouvait délivrer un message fort par le storytelling sans jamais évoquer un produit. Ou peut être justement à cause de cela. Le second c’est qu’il nous amène à réflechir à la dimension sociologique du social media, aux préoccupations des individus en termes de confidentialité, de respect de la vie privée et aux dynamiques trangénérationnelles que rend possible l’adoption massive de tels outils dans notre société. Nul doute que l’entreprise aura à apprendre de ce qui se passe dans ces réseaux familiaux car l’individu qui passe la porte du bureau est le même que celui qui partage avec sa famille les photos du petit dernier. Et derrière des changements comportementaux contraints ses aspirations et ses peurs restent les même dans son esprit.

Un dernier petit mot sur la conférence elle-même. Le Wifi marchait parfaitement ce qui est plutôt une exception dans ce type d’évenement. Dommage pour les “absents”, le live quant à lui n’avait pas la bande passante nécessaire mais d’ici peu toutes les interventions seront disponibles en ligne (faut bien  que quelque chose cloche sinon une conférence ne serait pas une conférence).

Il s’agit de ma second présence à Webcom (toujours en mai..pas assez courageux pour subir le climat de la session de novembre). Je limite ma présence aux conférences diverses pour éviter l’effet “bocal” qui veut qu’à force de se parler entre convaincus on oublie les vrais gens des vraies entreprises. Ici beaucoup de “vrais” gens en quête de réponses à leurs questions, on a davantage l’impression de transmettre quelque chose que se gargariser entre nous. J’aime. J’aime aussi l’ambiance, unique, de webcom. Bien sur il y a les conférences (intéressantes, pas de blabla qui ne sert qu’à valoriser l’intervenant sans que personne n’en retire quoi que que soit), les contacts d’affaires…mais aussi un contact humain avec les gens, la ville, que je ne trouve nulle part ailleurs. Et un événement d’affaire qui vous enrichit également personnellement c’est tellement rare.

Vu le prix, ça vaut la peine de traverser l’Atlantique. De toute façon nous n’avons malheureusement pas l’équivalent en France en termes de conférence orientée “web, business et entreprise”. Dommage.

L’entreprise 2.0 amorce (enfin) son virage vers l’entreprise

Un mouvement intéressant et, surtout, salutaire, est enfin en train de s’amorcer dans le petit monde de l’entreprise 2.0. Il correspond à ce que j’appellerais une dé-technologisation du phénomène et, à mon sens, va permettre de passer un cap en ramenant l’entreprise 2.0 vers un terrain qu’elle n’aurait jamais du quitter : l’entreprise en tant qu’entité productive devant obeir à un ensemble de règles et contraintes internes.

Cela transparaissait dans ma “vieille” définition de l’entreprise 2.0 de 2007 et plus encore dans mes prédictions 2009. Maintenant nous y sommes.Quoi qu’il en soit c’est l’amorce d’un virage entre la vision qui faisait de l’utilisation d’outils un objectif en soi et celle qui en fait un élément d’un système.

J’en veux pour preuve deux exemples récents qui ne sont à mon avis que l’amorce d’une tendance forte.

Dans cette note, l’éminent Robert Scobble se rend compte que, si brillantes soient la dimension technologique du web 2.0 et l’analyse qui en est faite par les “tech bloggers”, la réalité de l’entreprise et de son contexte ne sont pas pris en compte. Si l’objectif et les besoins sont clairs pour tous, manque la compréhension du contexte qui seule permet d’expliquer le “comment faire”. Or, il s’avère que trop souvent l’accent est mis sur un point d’arrivée idéal en méconnaissant totalement le point le départ et les contraintes avec lesquelles composer pour arriver à destination. Voire de se dire que cette destination n’est peut être pas la meilleure ou n’est peut être pas utile à tous. Voilà pour le coté web 2.0.

Coté entreprise 2.0, j’ai noté cette note de Martin Koser au sujet de la préparaton du prochain Enterprise 2.0 Summit de Francfort, et dont les préoccupations me semblent aller dans le bon sens. Il écrit :

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Entreprise 2.0 et dircom’s : le mythe de la prise de parole

Au rang des multiples incompréhensions qui peuvent freiner la diffusion de nouvelles pratiques et des outils qui les accompagnent, on trouve la crainte que la direction de la communication peut avoir de ce qui est présenté comme étant une libération de la prise de parole du collaborateur.

Logique. Le rôle d’une dircom n’est il pas d’assurer la bonne diffusion du message de l’entreprise et éviter toute forme de parasitage. Or le fait que le collaborateur puisse prendre spontanément la parole est à la fois quelque chose qui n’est ni prévu ni concevable et l’incarnation même du pire des parasitages possibles.

Interviewé dernièrement sur le sujet, j’ai tenté de dissiper ce que je considère comme un malentendu néfaste.

Il me semble en effet qu’on se méprend ici à la fois sur la notion de communication et sur le contexte de la prise de parole.

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McKinsey identifie les conditions de succès de l’entreprise 2.0

Cela faisait longtemps qu’ils n’avaient rien publié sur le sujet…voilà qui est fait. McKinsey fait le point sur l’avancée des projets web 2.0 en entreprise et en tire ce qu’ils estiment être les facteurs clé de succès de tels projets. Avant de commencer je vous suggère de vous raffraichir les idées en lisant ce qu’ils disaient sur le sujet il y a quelques mois afin de se donner un peu de perspective et voir si les premières analyses se confirment.

Contexte

Pendant longtemps l’entreprise a cherché à optimiser ses processus transactionnels (ERP, CRM…). On arrive peu à peu au bout de ce que ces logiques peuvent apporter et les prochains enjeux se situent au niveau de la collaboration et de la participation. Dans cette optique nombre d’entreprise ont tenté d’importer les outils du web 2.0 en entreprise, espérant qu’ils permettront de facto de recréer en interne les dynamiques qu’ils permettent dans le web grand public. La plupart du temps ces tentatives se sont soldées par des échecs, et ce pour deux raisons. D’une part l’inconfort de l’encadrement face aux risques qu’ils associent au changement nécessaire, d’autre part le fait que les managers ne sachent tout simplement pas encourager et rendre possibles le type de participation susceptible de créer de la valeur. Quoi qu’il en soit les entreprises persévèrent et ne comptent pas relacher leurs efforts : ce marché devrait connaître une croissance significative en 2009 en dépit de la crise.

A mon sens il s’agit d’une analyse classique de la situation et des enjeux qui ne fait que confirmer ce que tous les experts de la question disent depuis des lustres. L’avantage c’est qu’avec un logo McKinsey ça porte tout de suite mieux. Techniquement parlant j’émettrai une réserve : par rapport au premier tableau de l’étude, il me semble bel et bien que le web 2.0 est lui aussi affaire transactions, mais de transactions d’une nature différente. Peut être serait il intéressant d’ailleurs de qualifier davantage cette évolution de la nature des transactions pour opérer un meilleur positionnement de ce type de projet.

Pour ce qui est de la perséverance des entreprises, j’estime que c’est inévitable. Après logiques d’optimisation de process il faut trouver les gisements de performance ailleurs et si, comme j’ai pu en emettre l’idée, la crise actuelle est davantage une crise du management et des business models qu’une crise économique stricto sensu, rechercher les modes de fonctionnement en adéquation avec les business models de demain est stratégique.

Second bémol avant de rentrer dans le vif du sujet : dans leur tableau explicatif des outils web 2.0 tous sont positionnés comme outils de “broad communication” ou “broad creation” sauf le réseau social qui apparait en “social graphing”.  Je pense qu’il faut sortir de la vision grand public du réseau social déclaratif pour en faire un outil d’analyse des “promixités intellectuelles” ou des “potentiels collaboratifs”. En tout état de cause cela va au delà du “graphing” et participe d’une logique d’intégration entre les contenus publiés dans les différents outils et les profils afin de réaliser le lien individu-information qui permet ce type d’analyse. On en reparlera d’ici peu.

Quoi qu’il en soit McKinsey a identifié six facteurs de succès pour réussir les projets web 2.0 en entreprise. Je vous laisse lire le rapport pour prendre connaissance de leurs analyses, voici le regarde que je porte dessus.

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