Le web 2.0 n’est pas centré sur l’utilisateur, au contraire il le morcelle

Quelques mots sur un principe fondateur du web 2.0 qui s’avère de plus en plus n’être qu’un mythe. Ce qui n’est pas sans poser des questions sur le développement des usages futurs, que ce soit sur le web ou dans l’entreprise, dans la mesure où on atteint les limites d’un des facteurs limitants de toute dynamique collective : le participant.

Principe fondateur : contrairement au web originel, le web 2.0 est “people-centric”. Concrêtement cela signifie que l’individu passe du statut de récepteur passif à celui d’acteur actif, de partie prenante même puisqu’en plus de pouvoir prendre l’initiative sur des médias existants il peut monter son propre média, son propre service.

C’est donc l’individu qui structurerait le web et ses flux, batissant ainsi un réseau dont les noeuds seraient les internautes. Logique, puisque dans un système “people-centric” l’individu est au centre et, par définition, le reste tourne autour.

Force est de reconnaitre que ceux qui ont des usages un tant soit peu avancés ont de plus en plus l’impression d’être non pas au centre, mais d’être totalement écartelés.

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L’entreprise et le web

Finalement beaucoup de débats actuels sont liés à la capacité de l’entreprise à comprendre, apprivoiser et utiliser le web à son profit, en interne. Un sujet a priori anodin puisque purement technologique et nécessitant des compétences autrement plus simples que celles mises en œuvres jusque là sur les infrastructures d’entreprise. Mais au final un sujet pas si anodin que cela.

En effet :

• il s’agit de l’assimilation en interne de quelque chose d’externe, chose jamais aisée culturellement. Et ce d’autant plus que cela a un impact sur les compétences à réunir dans l’entreprise.

• il s’agit, pour la première fois, de l’assimilation par l’entreprise de quelque chose de grand public alors que jusqu’à présent c’était l’entreprise qui était la locomotive pour des technologies qui ensuite se diffusaient dans le grand public.

• l’assimiliation, technologique dans un premier temps, s’est ensuite doublée d’une évolution des usages. Sauf que l’entreprise ne connait que peu le mot usages, elle a, comme nous l’avons vu ici des méthodes, a priori normées. L’idée même qu’on puisse y toucher crée un reflexe d’autodéfense. Ajoutez à celà un volet comportemental et vous comprendrez toute la difficulté de la chose même si l’idée qu’on se fait a priori des choses est souvent largement exagéré par rapport à la réalité. Et cela même si, au final, tout cela permet à l’entreprise d’être plus en phase avec les exigences de son environnement économique et concurrentiel.

Voici donc comment en une dizaine d’année on passe d’un lifting des interface à un vrai projet organisationnel et humain.

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Webcom 2009 : mon programme

Comme promis voici le programme des conférences que je vais suivre demain . Nous nous sommes répartis la tâche avec les autres blogueurs.

En dehors des plénières où nous serons tous présents, je suivrai plus particulièrement (ajoutez 6h pour avoir l’heure française…) :

• 8h50 :Étude de cas : On se prend pour d’autres. Ouvrir son architecture d’information aux utilisateurs. Vous vous demandez surement ce que je vais faire là. Mon objectif sera de comprendre ce cas pour essayer de le transposer à une problématique d’entreprise et de voir dans quelle mesure on peut associer les collaborateurs à la conception d’un système d’information.

• 10h00 : Redéfinir le normal : Le Web comme outil de performance dans une économie de transition. Il suffit de lire la présentation pour deviner ce que je vais y chercher. A la même heure j’aurais voulu assister à la présentation de Caroline Allard sur l’identité numérique de l’entreprise dans les réseaux sociaux pour des raisons qui sont tout aussi évidentes. Rien de grave puisque Caroline m’a promis une interview individuelle, ce qui me permettra d’avoir son opinion sur les sujets qui m’intéressent plus particulièrement.

• 10h40 : Des outils intranet concrets pour communiquer et innover dans l’entreprise. Je crois que ça se passe de commentaires.

• 11h20 : L’innovation «ouverte» – Le moteur de la croissance et du changement. Indispensable non ? Et depuis le temps que je m’intéresse à Innocentive ce sera l’occasion de les voir enfin “on stage”.

• 14h10 : Savoir, savoir faire et faire savoir: Bon dosage des TIC et du potentiel humain dans les organisations. Non je ne me suis pas trompé d’heure, il y a eu permutation de dernière minute dans le programme.

• 14h50 : Panel : La portabilité des données, Ça vous dit quelque chose ? Là mon objectif est d’avoir une idée des fondamentaux sur le sujet pour l’élargir ensuite au monde de l’entreprise en interne d’une part, et d’avoir une vision à plus ou moins long terme sur l’intéropérabilité entre plateformes privées et professionnelles, l’écartellement d’une personne entre un nombre croissant de plateformes alors que l’individu est, lui, unique, ne pourra continuer à aller crescendo.

Puis j’enchainerai avec les séances plénières…avec une attention spéciale pour la transparence en entreprise.

Donc rendez vous demain dès 8h00 (14h00 heure française) sur twitter. Je ferai du “live” et essaierai de glisser un questionnement ou un avis çà et là. Pour la langue ça va alterner entre le français et  l’anglais histoire de faire plaisir à tout le monde. Par la suite j’essaierai de faire des analyses avec davantage de recul. Ca risque de s’étaler sur quelques jours voire semaines (je n’ai que des journées de 24h hein…).

Et ne vous limitez à ma petite personne. Sur twitter (et ailleurs) le tag officiel de la conférence sera…webcom2009.

Webcom c’est mercredi

Après y avoir fait une intervention l’an dernier, c’est es qualité de “blogueur officiel” que je serai à Montreal pour assister à Webcom, avec une fois de plus une programmation alléchante.

J’ai déjà peu ou prou fait mon choix dans les interventions qui m’intéressent (juste un embouteillage possible à 10h car deux sujets m’intéressent qui sont traités à la même heure).

N’ayant jamais trop cru au live blogging (pas le temps de rédiger, manque de recul) je pense agir en deux temps :

• Live sur twitter pendant l’événement ( n’oubliez pas de me suivre http://www.twitter.com/bduperrin si ça n’est pas encore fait).

• Dans les jours voire les semaines qui suivent des analyses ponctuelles des interventions qui m’auraient marqué et mon avis sur le sujet.

• Et éventuellement quelques interviews de…qui j’aurais envie.

J’essaierai d’arrêter mon programme mardi soir afin de le publier pour que vous sachiez ce que je vais voir et à quelle heure…

D’ailleurs, si vous étiez là, vous iriez voir qui vous ? Quels sont les interventions prévues qui vous semblent le plus au cœur de vos préoccupations ? Ca peut m’aider à faire mes choix.

Comment intégrer l’innovation dans votre organisation…grâce à votre DSI

Je reviens sur un article paru en novembre dans la Harvard Business Review et intitulé “Teaming Up to Crack Innovation Enterprise Integration“. Il présente en effet plusieurs intérêts : il traite de la problématique vitale de l’innovation et de son importance pour la croissance, il démontre que la dite innovation ne peut être que distribuée et reposer sur des mécanismes de partage, il montre comment de tels systèmes peuvent être mis en œuvre de manière opérationnelle dans l’entreprise et explique le rôle de la fonction informatique dans tout cela.

• Le principe.

La croissance repose sur la conjonction de deux facteurs : l’innovation (capacité à proposer de nouveaux produits en phase avec les attentes du marche mais également à concevoir de nouveaux processes et business models) et l’intégration (capacité à faire travailler ensemble de multiples entités au sein d’une oragnisation afin de diminuer les coût structurels, augmenter la capacité globale de production et découvrir de nouvelles opportunités).

• Les contraintes.

Intégration et innovation partagent un point commun : ce sont deux logiques totalement inhabituelles pour les entreprises. L’innovation parce qu’elle rompt avec les habitudes est plus souvent étouffée que valorisée, l’intégration, quant à elle, parce qu’elle va à l’encontre d’une logique axée sur l’optimisation locale à laquelle elle substitue une vision systémique.

De plus, parce qu’elles nécessitent des échanges accrus et un important travail sur l’information ces logiques ont besoin d’un support fort des directions informatiques. Or l’article mentionne une étude qui démontre que si la moitié des DSI interrogées sont en charges de l’intégration et un tiers de l’innovation, très peu sont en charge des deux.

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Je suis plus productif en me débarassant des outils que j’utilise

Après une longue réflexion je me suis rendu compte que les outils que j’utilisais étaient une source d’improductivité considérable. Et que ceux que je n’utilise pas me procurent des services inouïs.

Faites y attention dans les jours qui viennent, au bureau. Essayez de prendre du recul sur votre propre expérience et écoutez vos voisins, je pense que vous arriverez au même constat que moi.

Quand quelqu’un parle d’utiliser un outil, ou que vous avez clairement l’impression d’en utiliser un c’est qu’il y a un problème : le simple fait d’avoir conscience d’utiliser quelque chose crée une disruption dans notre travail, une interuption, demande un effort. En deux mots : notre effort ne concerne plus notre travail mais l’utiliser des outils qui nous permettent de le faire. Et à y regarder de plus près c’est dramatique.

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Le 2.0 va-t-il enfin apprendre l’entreprise ?

Comme je le disais dans une note précédente les choses sérieuses vont enfin pouvoir commencer. En général lorsqu’un phénomène nouveau émerge on enchaîne les étapes suivantes : extase et dispersion des initiatives même si ça n’apporte rien, rejet (car on a fait n’importe quoi avant et qu’en plus c’est bien de suivre la mode de ceux qui se mettent à critiquer) puis utilisation efficace et raisonnée.

Dans ce sens l’avantage de la crise, ramenée à l’entreprise 2.0, c’est qu’elle met définitivement un point d’arrêt à la première phase et va réduire la seconde à sa portion congrue car comme je l’expliquais ici il va falloir vite se concentrer sur des enjeux d’efficacité et mettre en place ce qu’il faut, peu importe le nom que ça porte.

Même si cela peut en choquer certains j’ai toujours trouvé qu’en général les contributions les plus intéressantes sur l’entreprise 2.0 venaient non pas du monde du 2.0 mais des professionnels de l’entreprise, bien qu’il y ait quelques heureuses exceptions. Normal, car par définition même, les uns essaient de trouver un espace d’expression pour des outils en rupture avec des modes de fonctionnement traditionnels alors que les autres essaient simplement de résoudre des problématiques business. Fort heureusement nous étions et sommes toujours dans un contexte où les deux se rejoignent.

Maintenant où cela nous mène-t-il ?

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Web et entreprise 2.0 : deux cadavres bien portants

Un indice intéressant dans ce contexte pour le moins difficile où l’on prédit, une fois n’est pas coutûme, la mort de ce qui n’est pas installé depuis la moitié du siècle dernier.

Claude vient de m’annoncer que le record de participants à Webcom Montreal allait être battu mercredi. Plus de 450 personnes pour ce qui est, si je ne m’abuse, la plus grande conférence francophone sur le web.

• Ce sont 400 personnes des plus grandes entreprises françaises et européennes qui se sont inscrites pour assister ce jeudi au lancement de bK2009 ainsi qu’aux interventions de Jon et Stowe.

• On attend encore la cloture des inscriptions au web08 mais une chose est sure, le “104″ ne sera pas vide même s’il manque encore du monde pour atteindre les chiffres de l’an dernier.

Mon avis ?

Comme je le disais il y a quelques temps, en temps de crise les entreprises se recentrent sur le business. Et leur réflexion, par rapport au contexte actuel, les amène à se demander comment trouver de nouveaux leviers, les anciens ayant montré dernièrement leurs limites. Et elles trouvent des pistes dans les nouvelles dynamiques permises par l’entreprise 2.0. Ce qui était avant de la curiosité relève aujourd’hui d’un enjeu autrement plus vital, ce qui explique peut être le succès apparemment supérieur (pour l’instant, sachant que les insciptions de dernière minute sont toujours nombreuses) des deux événements orientés entreprise sur le troisième, plus généraliste et sujet aux effets de l’instinct parfois trop grégaire de la foule.

Bref on ne voit plus le web 2.0 et ses déclinaisons comme des outils à découvrir mais comme des plateformes permettant de supporter de nouvelles logiques opérationnelles. Il était temps, reste à transformer l’essai. Certains écrivent que les blogs se professionalisent, à mon avis c’est (enfin) le 2.0 et le regard qu’on porte dessus qui suit cette voie.

PS : Pour les deux premiers événements il est trop tard, mais on peut encore s’inscrire pour le web08 avec 20% de réduction en cliquant ici.

Outils on the cloud et bénéfices on the ground

Retour Mia-cdgMême si la notion de “cloud computing” ne se confond pas celle de social software ou d’entreprise 2.0 et concerne davantage le mode de mise à disposition des outils qu’une catégorie “fonctionnelle” d’outils, elle me permet des raccourcis simples mais éloquents entre ce qui se passe dans les nuages et certaines réalités de terrain qu’on aurait tendance à trop vite oublier.

Je répète souvent que les bénéfices liés aux outils sociaux ne sont pas forcément à rechercher dans les outils eux-même mais dans le travail des collaborateurs qui lui n’a souvent rien de 2.0 et, au final, dans la production. L’intangible n’a de sens, rappelons le, qu’au service du tangible et, quitte à choquer les âmes chastes, que lorsqu’il finit par produire des espèces sonnantes et trébuchantes.

On peut faire tout ce qu’on veut en mode “2.0″ si tant est que ce buzzword veuille vraiment dire quelque chose, mais au final c’est bien sur le plancher des vaches qu’il faut chercher les bénéfices. Quelques exemples en vrac :

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Réseau ou proximité ? Où est la valeur pour l’entreprise ?

Web 2.0 Expo Europe 2008On met le réseau à toutes les sauces. Sans trop prendre en compte que sa valeur vient de son contexte. Exemple : mon réseau facebook et mon réseau linkedin n’ont rien à voir, le lien est créé pour des raisons différentes, dans des contextes différents. Savoir qu’untel est un de mes contacts sur l’un ou l’autre peut aider à comprendre la nature différente de nos relations. Mais dans chaque cas il y a un point commun : l’un a demandé à l’autre de reconnaitre qu’il est une de ses relations et l’autre l’a accepté en fonction des critères qu’il se fixe. En matérialisant cette relation on crée un lien.

Mais le lien peut se créer différemment. Non en fonction de relations mais d’objets. Dopplr utilise le voyage pour objet. Lastfm la musique. FlickR l’image comme je l’ai expliqué ici. Ce qui crée le lien n’est pas la connaissance de la personne mais un objet.

Maintenant replaçons nous dans un contexte professionnel, au sein d’une entreprise. [Read more...]