Le propre d’un management people-centric est d’être à  l’écoute des gens. Quand je dis être à  l’écoute ça ne veut pas dire laisser parler. Ca veut également dire prendre en compte et en tirer les enseignements.

Car en écoutant ses collaborateurs l’entreprise n’écoute pas seulement des Hommes qui s’expriment individuellement, elle s’écoute également elle-même.Une chance inouà¯e de se créer un véritable patrimoine informationnel non ? C’est incroyable en effet ce qui se sait et se dit dans une entreprise qui est d’une utilisé permanente et n’est pourtant ni pris en compte ni capitalisé.

Reprenons donc depuis le début. Pour être à  l’écoute il faut laisser avoir quelque chose à  écouter€¦donc laisser les autres s’exprimer. Je parle bien entendu de sujets touchant à  l’entreprise, à  ses fonctions, à  sa vie€¦les cas personnels relevant bien entendu toujours de la voie hiérarchique traditionnelle.

Les canaux d’expression.

Quelles que soient les modalités utilisées il faut déjà  instaurer un état d’esprit donnant l’envie à  tous de participer à  la remontée d’information, inciter au feed back et à  la production d’information constructive. C’est certes difficile dans un monde qui y est peu habitué mais au fil du temps un tel état d’esprit peu se créer une fois que preuve sera faite que ce qui est dit est considéré et utile. Et une telle démarche peut s’accompagner d’un coaching, d’un teambuilding pour apprendre à  communiquer et oser dire.

Bien entendu on évoquera la traditionnelle communication orale de n-1 à  n+1, mais elle avoue vite ses limites car non formalisée et non partagée. On la réservera aux situations que je qualifie de personnelles.

Idem pour les mails dès que l’on s’adresse à  plus de 2 personnes€¦ou que ce que l’on dit peut être utile à  davantage de personnes ou encore nécessiter une mise à  disposition permanente, le sujet traité étant source de demandes d’informations récurrentes.

Beaucoup plus adaptés : blogs et wikis.

Un « wiki projet », un wiki « boite à  idées » permettent de co-construire l’action d’une équipe projet, ses réponses, de permettre aux salariés de s’impliquer en émettant ensemble des pistes de réflexion, des interrogations et en élaborant collectivement une solution. Dans des entreprises de grande taille, multisites ou mono sites mais ou le nombre ne permet pas d’échanger avec chacun l’apport est réel. Et on se rendra également compte que cela permet de s’appuyer sur des ressources pertinentes mais qui n’auraient peut être pas été identifiées si de tels outils collaboratifs ouverts n’avaient été mis en place. La hiérarchie opérationnelle aura beaucoup à  gagner dès lors à  capter cette création d’information pour l’utiliser au mieux et avoir des feed backs terrain collant réellement à  la réalité et non édulcorés par une « transmission-élagage » de n-1 en n+1 dont les synthétisations successives si elles permettent de gagner en concision font disparaître l’aspect « contextuel terrain » indispensable à  la prise de décisions adaptées.

Un autre canal peut être constitué par les blogs de salariés. Deux opportunités existent : blogs internes lisibles par les seuls collaborateurs de l’entreprises ou sites « externes » consultables par le grand public. Ils correspondent à  deux logique différentes.

Le blog externe permet de valoriser le travail et la réflexion des salariés par le monde extérieur. Il constitue quasiment un outil de marketing externe tant pour l’entreprise que pour le salarié. En contrepartie il faudra être vigilant sur la ligne éditoriale, les sujets traités. Bien évidemment rien de « stratégique » n’y sera abordé et les aspects relatifs au fonctionnement interne de l’entreprise, ses méthodologies, ses « best practices » devront être laissés de coté à  moins, là  encore, qu’il s’agisse d’un choix délibéré visant à  «vendre » l’entreprise à  l’extérieur. A mon sens cette seconde option demande énormement de précautions et la première présente un rapport objectif/risque largement plus intéressant. Je ne m’étendrai pas davantage sur le sujet : l’information véhiculée par le sites externe étant plus utile à  l’extérieur de l’entreprise qu’à  l’intérieur (c’est son but), la valeur ajoutée pour l’entreprise dans son fonctionnement interne n’est pas à  mon avis réellement significative.

Le cas du blog interne est beaucoup plus intéressant et son apport en termes d’utilisation de l’information, de management, de RH€¦ sera beaucoup plus important. Et cela justifie donc que cette problématique soit traitée dans un article spécifique.

A suivre donc€¦

A lire dans la même série

1- Mon projet management 2.0

2- Le départ de la démarche: un certain état d’esprit avant tout

3- Prendre conscience et faire tomber les barrières

4- La démarche Inside-Out

5- La démarche Top-Down

6- Démarche bottom-up (1/2)

7- Démarche bottum up (2/2): les blogs internes

8- Addendum sur les usages internes

9- Une synthèse et quelques mises au point

10: Points de vigilance

11: Role du consultant