Feedback sur le CNE sur France 2

rachid arhabJ’étais invité sur le plateau de “J’ai Rendez-Vous avec Vous” présenté par Rachid Arhab cet après midi pour un témoignage sur le CNE. Comme il se doit une personne ayant une expérience opposée était également présente.

J’ai énormément apprécié la longue discussion que j’ai eu avec Deborah (c’est son prénom) avant le passage à  l’antenne (forcément trop court) qui nous a permis de comparer nos différences de points de vue et surtout d’en comprendre la raison. Un bel exemple de dialogue constructif sur des expériences opposées.

Son cas: CNE de secrétaire médicale dans un cabinet dentaire. Tout va bien, on lui donne même des primes d’objectifs. Elle est secrétaire de formation donc doit apprendre peu à  peu les spécificités du travail en milieu médical mais s’en sort bien (la preuve on lui donne des primes) et envisage même de s’engager dans une formation complémentaire. Tout d’un coup on lui reproche son inexpérience et bientot elle est priée de faire ses valises. Pis, on lui supprime son outil de travail et on la confine aux taches ingrates pendant son préavis. La discussion “off” me permet de comprendre qu’il était question que le travail soit repris par une personne proche de son employeur.

Moi: je prend le marché du travail à  l’envers, monte un projet, trouve un client, et rentre dans un cabinet pour développer une nouvelle activité. La formule CNE nous permet de nous donner une garantie car le développement d’une nouvelle activité n’est pas neutre pour une entreprise et il faut bien une sortie pour limiter le risque constitué par l’augmentation de masse salariale dès fois que l’activité tourne court. Un employeur à  qui vous coutez plus que vous ne rapportez serait stupide de continuer ainsi. Sans cette garantie de pouvoir dire “stop” le risque de voir des effectifs augmenter sans que la rentabilité soit au rendez vous justifie que toute personne lucide refuse de se lancer. Ainsi dans mon cas, le CNE nous permet d’oser et de risquer. En fait c’est davantage une activité qu’un individu qui est en période d’essai.
Un même contrat, deux sentiments différents…comment pensez vous que furent nos 3h de discussions avant l’émission? Très cordiales car au fond nous étions d’accord sur tout, chose qui m’a enchanté à  l’heure où l’on a davantage tendance à  donner la parole à  des personnes qui s’opposent sans réflechir et sans s’écouter.

Nous sommes tombés d’accord sur le fait que:

– le marché est bloqué est une certaine flexibilité est nécessaire

– certains postes nécessitent une période d’observation plus longue que d’autres
– dans mon cas un CNE était parfait car il s’inscrit dans le fait d’un développement d’activité qui nécessite une observation à  long terme. On est d’ailleurs dans l’observation d’une activité et non dans l’essai d’un collaborateur. Nuance.

– si la personne en CNE “progresse”, se fait remarquer, rien ne l’empêche de planter son employeur pour aller ailleurs du jour au lendemain en le mettant, lui, en difficulté. Car dès qu’on a mis les pieds sur le marché du travail tout devient quand même plus simple. L’objectif de ce type de contrat est de permettre à  l’employeur d’oser. Après encore faut il prendre sa chance et mériter la confiance accordée.

– si aujourd’hui elle refuserait un nouveau CNE ce n’est pas contre le contrat en lui-même (elle reconnait qu’il faut abolir certains freins et qu’être flexible est une bonne chose si on veut inscrire sa carrière dans une logique de progression) mais en raison d’une expérience humaine douloureuse. Comme elle m’a dit “toi c’est adapté à  ton contexte et tu as trouvé le bon employeur, pas moi”.

– Son expérience est donc, comme elle me l’a dit, davantage question de contexte que de contrat. D’ailleurs avec un CDI classique elle aurait certainement subi des “pressions” pour l’inviter à  partir d’elle-même.

Conclusion: arrêtons de dire que tout est blanc ou noir, la preuve c’est qu’il y en a pour qui c’est une véritable chance. Nous étions également d’accord pour dire que cette formule a permi à  mon employeur (le terme de partenaire voire de futur associé est davantage approprié) d’oser, de risquer et de me faire confiance. On peut y gagner tous les deux, le CNE lui permet de ne pas perdre tout. Il y a risque et nous le partageons pour essayer d’avancer. Dans un autre contexte on serait restés chacun à  notre place, moi sans structure pour lancer mon projet, lui en passant à  coté d’une opportunité de développement. Le soucis d’ailleurs n’est il pas que le corps social français refuse le partage du risque pour ne le faire porter que sur le seul employeur? Pour avancer il faut être deux à  jouer le jeu.
Je déplore également que quelques individus qui agissent à  mauvais escient contribuent à  écorner l’image des entreprises en général alors que la plupart son profondemment honnêtes et humains.

Je terminerai en disant que mon “opposante” m’a fait l’effet d’une personne qui voulait travailler dur, s’investir, progresser, à  l’opposé de l’image générale que les medias donnent parfois de cette génération. CNE ou pas elle mérite que des personnes à  l’attitude plus respectueuses que ce qu’elle a connu lui donnent une chance. On restera en contact pour savoir ce qu’elle devient.
En attendant si vous recherchez une jeune secrétaire motivée et visiblement très dynamique (a priori sur Orléans mais je ne connais pas son degré de mobilité, je sens juste qu’elle veut vraiment se bouger donc…) n’hésitez pas à  me laisser un mail, ou contacter éventuellement la réalisation de l’emission qui je pense sera aussi heureuse que moi de faire suivre.

PS: cela peut sembler un lieu commun mais j’ai beaucoup apprécié le contact avec l’équipe de l’émissio, les assistantes qui ont fait un très bon travail d’écoute et de préparation en amont, et je remercie Rachid Arhab pour son écoute, sa proximité et sa disponibilité hors plateau. Il parait qu’ils ne sont pas tous comme ça alors autant dire que la personne est véritablement abordable et humaine.

Update: la vidéo est disponible ici (pour 5 semaines…). Je vous préviens, on passe tout à  fait à  la fin…

Bertrand DUPERRINhttps://www.duperrin.com
Head of People and Operations @Emakina / Ex Directeur Consulting / Au croisement de l'humain, de la technologie et du business / Conférencier / Voyageur compulsif.
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